Coati de Nelson

sous-espèce de mammifère

Nasua narica nelsoni, Nasua nelsoni

Nasua nelsoni
Description de cette image, également commentée ci-après
Un coati de Nelson à l’aise au bord de la Playa Palancar, sur l’île de Cozumel.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Procyonidae
Sous-famille Procyoninae
Genre Nasua
Espèce Nasua narica

Sous-espèce

Nasua narica nelsoni
(Merriam, 1901)

Statut de conservation UICN

( EN )( EN )
EN  : En danger

Statut CITES

Sur l'annexe  III  de la CITES Annexe III , Rév. du 13/04/87

Répartition géographique

Description de l'image Cozumel Raccoon area.png.

Synonymes

  • Nasua nelsoni C. H. Merriam, 1901[1] (Protonyme)
  • Nasua thersites O. Thomas, 1901[1]
  • Nasua narica nelsoni Wozencraft, 2005[2]

Le Coati de Nelson (Nasua narica nelsoni) est une sous-espèce de mammifère carnivore de la famille des procyonidés. Cette population du Coati à nez blanc (Nasua narica), endémique de l’île de Cozumel au Mexique [3], illustre un cas marquant de nanisme insulaire.

Historiquement objet de débats taxinomiques quant à son élévation potentielle au rang d'espèce à part entière (Nasua nelsoni), il se distingue morphologiquement de ses congénères continentaux par une taille nettement plus réduite et par un pelage court, doux et brun roussâtre, dépourvu de motifs annelés nets sur la queue.

Son écologie générale demeure très proche de celle des coatis du continent, mais l'espèce fait face à des menaces critiques liées à sa distribution extrêmement restreinte. Soumis à des perturbations naturelles telles que les ouragans et fragilisé par l'introduction d'espèces invasives, le développement touristique ainsi que la fragmentation de son habitat par les infrastructures routières, le coati de Nelson est considéré comme un carnivore insulaire extrêmement rare et menacé.

Dénomination

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  • Nom scientifique valide : Nasua narica nelsoni (Merriam, 1901) selon ITIS ()[1] ;
  • Nom vulgaire typique et recommandé en français : Coati de Nelson[4] ;
  • Autre nom vulgalore : Coati de Cozumel[5].

Taxonomie

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Le statut taxonomique de cette population insulaire a longtemps fait l'objet de débats au sein de la communauté scientifique. Initialement décrit comme une espèce à part entière sous le nom de Nasua nelsoni par C. H. Merriam en 1901, puis soutenu par plusieurs auteurs tels que Jones et Lawlor (1965), Hall (1981) ou Ronald M. Nowak en raison de sa morphologie distincte [6], d'autres spécialistes comme Glatston (1994) ont suggéré qu'il pouvait s'agir d'une population introduite par les Mayas sur l'île.

À la suite d'analyses morphologiques comparatives menées par D. M. Decker en 1991, la majorité des autorités taxonomiques récentes le traitent comme une sous-espèce du Coati à nez blanc (Nasua narica nelsoni) [7]. Cependant, des recherches plus récentes combinant des données de l'ADN mitochondrial et des examens morphologiques (Cuarón et al. 2004, 2009 ; McFadden et al. 2008) plaident en faveur d'un maintien ou d'une reconnaissance en tant qu'entité spécifique distincte (ou au moins d'un carnivore insulaire hautement prioritaire) en attendant des données génétiques définitives[3],[8],[9].

Description

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Un groupe de coatis de Nelson sur une plage.

Illustrant un cas classique de nanisme insulaire[3], le coati de Nelson se distingue par des dimensions nettement inférieures à celles des formes continentales[6],[3]. Il atteint une longueur totale de 74 à 78 centimètres, bien que de légers chevauchements de taille existent avec les plus petits spécimens des autres sous-espèces, là où ces dernières dépassent généralement un mètre de long [6],[3].

Son pelage se caractérise par une texture courte, douce et soyeuse, d'une teinte brun roussâtre foncé avec des nuances gris [6],[10]. Contrairement au Coati à nez blanc continental, sa queue ne présente pas de motifs en anneaux [10].

Écologie et comportement

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En raison de la rareté des populations et de la discrétion de l'animal, son écologie comportementale globale reste très peu documentée, bien qu'elle soit supposée très proche de celle observée chez le Coati à nez blanc (Nasua narica) [8].

Menaces et conservation

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Le coati de Nelson est considéré comme un animal extrêmement rare [8]. Il a été listé par l'UICN comme « En danger » (Endangered, EN) en 1996[11]. En raison des révisions taxonomiques l'assimilant à une sous-espèce, il ne bénéficie plus d'une évaluation indépendante distincte sur la Liste rouge de l'UICN, bien que des propositions de conservation le qualifient provisoirement de « En danger critique d'extinction » (Critically Endangered, CR) [12].

L'île de Cozumel étant située directement dans une zone majeure de formation d'ouragans, les perturbations naturelles d'origine climatique constituent une menace environnementale récurrente [8]. L'espèce ne possède pas de prédateur naturel terrestre natif majeur, mais elle subit la prédation des chiens domestiques ou errants [8]. L'introduction d'espèces exotiques envahissantes, telles que le boa constricteur, les rats, les souris, ainsi que les chiens errants et les chats harets, engendre de fortes pressions de prédation, de compétition pour les ressources et de transmission de nouveaux agents pathogènes [8].

Parmi les facteurs anthropiques et écologiques additionnels figurent le risque d'introgression génétique et de contamination par des maladies apportées par des coatis continentaux introduits sur l'île, le braconnage destiné au marché des animaux de compagnie, ainsi que l'impact de la croissance démographique et de l'expansion touristique [8]. Enfin, le développement et l'aménagement du réseau routier augmentent significativement la mortalité due aux collisions avec les véhicules, tout en entraînant la perte et la fragmentation sévères de son habitat naturel [8].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 3 Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  2. ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  3. 1 2 3 4 5 Alfredo D. Cuarón, Miguel Angel Martínez-Morales, Katherine W. McFadden, David Valenzuela, Matthew E. Gompper, « The status of dwarf carnivores on Cozumel Island, Mexico », Biodiversity & Conservation, vol. 13, no 2, , p. 317–331 (DOI 10.1023/B:BIOC.0000006501.80472.cc)
  4. Encyclopédie du monde animal, Paris, Bruxelles, Montréal, Sélection du Reader's Digest, (ISBN 978-2709802840, lire en ligne)
  5. Luc Chazel et Muriel Chazel, Le loup hurle-t-il à la lune ? : 180 clés pour comprendre les carnivores, Éditions Quae, , p. 117
  6. 1 2 3 4 Ronald M. Nowak, Walker's Carnivores of the World, Johns Hopkins University Press, , 136–137 p. (ISBN 978-0801880339)
  7. D. M. Decker, « Systematics Of The Coatis, Genus Nasua (Mammalia, Procyonidae) », Proceedings of the Biological Society of Washington, vol. 104, , p. 370–386 (lire en ligne)
  8. 1 2 3 4 5 6 7 8 Alfredo D. Cuarón et al., « Conservation of the endemic dwarf carnivores of Cozumel Island, Mexico », Small Carnivore Conservation, vol. 41, , p. 15–21 (lire en ligne)
  9. K. W. McFadden, M. E. Gompper, D. G. Valenzuela, J. C. Morales, « Evolutionary history of the critically endangered Cozumel dwarf carnivores inferred from mitochondrial DNA analyses », Journal of Zoology, vol. 276, no 2, , p. 176–186 (DOI 10.1111/j.1469-7998.2008.00461.x)
  10. 1 2 Fiona Reid, A Field Guide to the Mammals of Central America and Southeast Mexico, Oxford University Press, , 266 p. (ISBN 978-0195343229)
  11. 1996 IUCN Red List of Threatened Animals, Union internationale pour la conservation de la nature, , 17 p.
  12. Jerrold L. Belant, Jan Schipper, James Conroy, « The conservation status of small carnivores in the Americas », Small Carnivore Conservation, vol. 41, , p. 3–8

Liens externes

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