Colette Andris
Colette Andris, pseudonyme de Pauline Toutey, née le à Marseille et morte le à Paris, est une actrice, artiste de variétés et écrivaine française. Elle s'est produite nue aux Folies Bergère. Son œuvre principale est le roman La Femme qui boit, paru en 1929.
Biographie
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Colette Andris grandit dans une famille d'universitaires et étudie la littérature à Paris. Elle s'essaie au théâtre et au cinéma, devient la première danseuse nue de l'histoire du music-hall.
Elle fait ses débuts sur scène en 1926 à Paris.
Elle se marie le avec André Georges Risler, de vingt ans son aîné et fils de Georges Risler, mariage qui lui procure l’aisance matérielle[1].
En 1928, elle écrit et joue sa pièce en 7 tableaux Mon petit au théâtre Albert Ier[2].
Elle publie en 1929 un roman d’avant-garde sur un sujet tabou : La Femme qui boit. Le volume paraît dans la collection « Les Livres du Jour » aux Éditions Gallimard et connaît huit éditions dès sa première année de parution. Il reçoit un large accueil de la presse et du public ; les lecteurs de la revue Minerva le qualifient de « l'un des cinq meilleurs romans féminins publiés cette année-là ». L’auteure devient alors l’indéfectible représentante de la modernité des « Années folles »[3].
En 1931, elle joue dans Arthur, film de Léonce Perret.
En 1932, c’est dans le film de Maurice Sollin, Brumes de Paris, qu’elle apparaît.
En 1934, un procès l’oppose à Paul Derval, directeur des Folies bergères qui voulait qu’elle renonce à la nudité [4]. Elle perd ou gagne son procès, selon le point de vue et déclare : « le tribunal a proposé un accord que je n'ai pas cru devoir refuser, m’accordant le principal de ce que je demandais : pouvoir immédiatement quitter les Folies-Bergère[5]. »
Cette même année, elle immortalise sa danse du ballon devant Fernandel dans le film de Maurice Cammage, Une nuit de folies.
Elle fut la première femme en France autorisée à danser entièrement nue sur scène.
Après un séjour dans un sanatorium en Savoie, elle meurt à Paris le [6].
Mémoires
modifier- Claude Pichois dans Nudité (1943) : « Colette Andris, la plus nue et la plus gracieuse, est morte trop vite. »
- En 1952, son roman La Danseuse nue a été adapté au cinéma par Pierre-Louis[7].
Livres
modifier- La Femme qui boit, Gallimard 1929, réédition collection « L'Imaginaire », 2023
- Une danseuse nue, Flammarion 1933
- L'Ange roux, Louis Querelle 1935
Références
modifier- ↑ Archives de l’État civil de Paris : “ Le douze août mil neuf cent vingt-sept, onze heures, devant Nous ont comparu publiquement en la Mairie : André Georges Risler, ingénieur, chevalier de la Légion d'honneur, croix de guerre, né à Rouen (Seine-Inférieure) le quatorze mai mil huit cent quatre-vingt-un : quarante-six ans, domicilié à Paris, rue Lamennais 6, fils de Georges Henry Risler, Président du Musée Social, commandeur de la Légion d'honneur, et de Anne Émelie Adrienne Heilmann, son épouse, sans profession, domiciliés à Paris, avenue des Champs-Élysées, 115, divorcé de Marguerite Jeanne Briot depuis le vingt-sept juillet mil neuf cent vingt-sept, d'une part et
Pauline Marie Louise TOUTEY, sans profession, née à Marseille (Bouches-du-Rhône) le vingt-un juin mil neuf cent un : vingt-six ans, domiciliée à Paris, place Edmond Rostand, 2, avec ses père et mère, fille de Paul Emile Toutey, inspecteur d'académie, chevalier de la Légion d'honneur et de Françoise Raymond, son épouse sans profession, d'autre part ; aucune opposition n'existant. Les futurs époux déclarent qu'un contrat de mariage a été reçu le huit août courant par Me Louis Bossy, notaire à Paris. André Georges RISLER et Pauline Marie Louise Toutey ont déclaré l'un après l'autre vouloir se prendre pour époux et Nous avons prononcé au nom de la loi qu'ils sont unis par le mariage. En présence de Henri de Lacombe, sans profession, rue Louis David, 18 et de Paule Michel, sans profession, rue de Tolbiac, 163, témoins majeurs qui lecture faite ont signé avec les époux et Nous, Jean Carpentier, … adjoint au Maire du sixième arrondissement de Paris.” - ↑
Comoedia, 29 févr. 1928, p. 3/6
Les avant-premières
"Mon Petit"
et "La Chasse au miroir"
au Théâtre Albert-Ier
… … Colette Andris, jeune artiste qui débuta comme interprète dans Eugénie Grandet, rôle de premier plan, aborde sur la même scène une autre création importante dans une pièce en sept tableaux dont elle est l'auteur. Double débuts.
Mlle Colette Andris jouera et dansera dans sa pièce. On répète fièvreusement mais avec bonne humeur et les scènes sont des plus variées.
L'excellent Fichel, plein de finesse et de sûreté, campe avec maîtrise, un brave notaire provincial, Roger Maxime le chapeau sur l'oreille, s'avance avec nonchalance. Et voici Mlle Colette Andris qui a tous les soucis de l'auteur et de l'interprète. Heureusement elle est néanmoins souriante. D'ailleurs comment ne serait-elle pas déridée par Joé Alex, le prestigieux Joé Alex, qui vient répéter son tableau, et qui joue, chante et danse avec un art parfait et le comique le plus fin, par M. André Moreau, Mmes Oidy, Montalet, Desmoulins, Blondel, Grasset.
Mme Colette Andris eut un beau succès comme interprète dans Eugénie Grandet. Nous lui souhaitons la double victoire qu'elle mérite pour cette première pièce qui révèle déjà une précoce maturité et une puissante originalité. — L. H. - ↑ Sylvie Tanette: Publié il y a 100 ans, “La Femme qui boit” est un récit libre et moderne à découvrir d’urgence, Les Inrockuptibles, 29 June 2023
- ↑ Aux écoutes, 21 avril 1934, p. 30/36
Mme Colette Andris a perdu le procès qu’elle intentait à M. Paul Derval, directeur des Folies Bergère. … - ↑ Aux écoutes, 28 avr. 1934, p. 32/36
Une lettre de Mme Colette Andris
Mme Colette Andris nous adresse la lettre suivante :
Monsieur le directeur,
Je vous serais très obligée de bien vouloir rectifier une information parue à mon sujet dans votre dernier numéro : je n’ai pas perdu le procès que j'avais intenté à M. Derval, puisque, après une trop longue instance, le tribunal a proposé un accord que je n'ai pas cru devoir refuser, m’accordant le principal de ce que je demandais : pouvoir immédiatement quitter les Folies-Bergère.
Quant à l'accusation « d’indécence » dont me taxe M. Derval je tiens à vous signaler que le film-témoin, pris par Mlle Mistinguett, le fut au cours de l’unique répétition nue qu’on me fit faire : Inutile de vous dire que trois ou quatre répétitions ultérieures de mise au point m’auraient permis de me présenter au public aussi chastement que je l’ai fait sur toutes les autres scènes où j’ai dansé jusqu’ici.
Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée, et croire que je vous remercie d’avance pour votre courtoisie dont je ne doute pas.
Colette Andris - ↑ Pariser Tageblatt, Vol. 4, 19.02.1936, Nr. 799, p. 3
- ↑ La Gazette provençale, 7 mars 1953, p. 4/6.
Liens externes
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