Colette Magny

auteur-compositrice-interprète française

Colette Magny, née le dans le 4e arrondissement de Paris et morte le à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), est une chanteuse et auteure-compositrice-interprète libertaire[1] française.

Colette Magny
Colette Magny en 1972.
Biographie
Naissance
Décès
(à 70 ans)
Villefranche-de-Rouergue (France)
Sépulture
Nom de naissance
Colette Marie Armande Eugénie MagnyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Période d'activité
Autres informations
Instrument
Label
Genre artistique

Biographie

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Elle est la fille de Georges Magny, chef de service de maison d'alimentation, et de Fernande Collas[2], qui devient comédienne après son veuvage à plus de cinquante ans en travaillant sous le nom de Ferna Claude dans la compagnie de Sacha Pitoëff, puis chez Roger Planchon à Villeurbanne à partir de 1959.

Colette Marie Armande Eugénie Magny naît en 1926 dans le 4e arrondissement de Paris[3]. Sa vie artistique commence tardivement. Alors secrétaire dactylo bilingue pour l’OCDE, elle a 36 ans lorsqu’elle démissionne et commence à chanter professionnellement[4],[5]. Elle publie son premier album studio à l'âge de 38 ans.

Par son allure, son style, ses textes rebelles et ses engagements, Colette Magny est un personnage singulier de la chanson contemporaine[4],[6]. Souvent délaissée par les médias, elle trouve la notoriété, dans les années 1960, grâce à un passage dans Le Petit Conservatoire de Mireille, avec un répertoire beaucoup inspiré par le blues et le jazz, et surtout grâce à sa chanson à succès Melocoton (1963)[4],[6],[7].

La guerre d'Algérie est l'évènement déclencheur de sa prise de conscience politique[7]. Appuyant sa voix grave sur des textes engagés d'écrivains (Louis Aragon, Amiri Baraka, Lewis Carroll, Victor Hugo, António Jacinto, Max Jacob, Antonio Machado, Pablo Neruda, Rainer Maria Rilke, Arthur Rimbaud) ou de politiques (Che Guevara, José Martí, Agostinho Neto), elle s'est aussi préoccupée des problèmes de ce monde : albums Vietnam 67 et Mai 68, témoignages d'une même période contestataire ; Répression, en 1972, dont plusieurs titres portent la parole de l'Amérique noire[8], Kevork, en 1991, où elle dénonce les injustices, les inhumanités et le péril écologique[4],[6].

Sur le plan musical, si elle puise ses influences dans la culture noire américaine[9], des standards du blues jusqu’au jazz expérimental, elle explore également dès ses débuts l’univers des musiques contemporaines. De nombreux musiciens accompagnent son parcours discographique et scénique, parmi lesquels : Georges Arvanitas, Pierre Michelot, Christian Garros, Michel Gaudry, Mickey Baker[10],[11], Claude Barthélémy, Maurice Vander, Patrice Caratini, Henri Texier, Barre Phillips[12], Dominique Mahut, Stéphane Belmondo, Anne-Marie-Fijal[13], Beb Guérin[14],[15], Michel Precastelli[16], François Tusques[17], André Almuró[18], Louis Sclavis[19], Un drame musical instantané[20] et le Workshop de Lyon[21].

Elle vit ses dernières années à Verfeil-sur-Seye (Tarn-et-Garonne) et y fonde l'association culturelle Act'2, dont le festival Des Croches et la Lune a fêté ses 20 ans en 2007. Elle est inhumée au cimetière de Selgues dans la même ville[22].

Hommages

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Colette Magny à la fête du Parti socialiste unifié, à La Courneuve en 1975.

Son nom a été donné à plusieurs lieux :

Le rappeur Orelsan a samplé la chanson J'ai suivi beaucoup de chemins pour son titre Mes grands-parents sur la réédition Épilogue de l'album La fête est finie sortie en 2018[23].

Plusieurs de ses chansons font l’objet de reprises, en disque ou en concert, dont :

Les chanteuses Lila Tamazit, Faïza Kaddour et Tatiana Chambert consacrent, chacune, un spectacle entier à l'œuvre et au parcours de Colette Magny[29],[30],[31].

Depuis les années 1990, le cinéaste marseillais Pierre Prouveze organise différentes rencontres autour de Colette Magny et réalise en 2019 un documentaire intitulé Camarade Curé/Ez Ez dut Nahi, sur les pas de Colette Magny au Pays Basque[32].

En 2017, pour commémorer les 20 ans de la disparition de l'artiste, l'association En garde! Records crée plusieurs événements en France et en Suisse, notamment l'exposition Colette Magnyfique et la réédition de la biographie de Sylvie Vadureau Colette Magny : citoyenne Blues. L’ouvrage est augmenté de photographies inédites et préfacé par le rappeur Rocé[33],[34],[35],[36].

En 2022, la commune de Verfeil-sur-Seye (Tarn-et-Garonne) accueille et co-organise un hommage d'une journée autour de l’œuvre et de l'héritage de Colette Magny[37].

En août 2026, sa nièce Périne Magny participe à Belle-Île-en-Mer, à une soirée hommage pour célébrer le centenaire de la naissance de Colette Magny[38]

Discographie

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Albums studio

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Super 45 tours (EP)

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Collaborations et participations

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Filmographie

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  • 1964 : Le Temps d'une nuit, de Francis Bouchet
  • 1969 : Rhodia 4x8, du Groupe Medvedkine

Notes et références

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  1. ↑
    « L'esprit libertaire et avide d'un idéal de liberté (Choisis ton opium), Colette Magny définit, elle, son propre jeu des sept familles : «Dans la famille coup-de-poing, Ferré c’est le père, Ribeiro la fille, Lavilliers le fils et moi la mère.»» aimait dire cette artiste engagée. »
    Patrice Demailly, Colette Magny : porte-voix, Libération, lire en ligne.
  2. ↑ Claude Pennetier, « MAGNY Colette, Marie, Armande, Eugénie », Le Maitron, Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social,‎ (lire en ligne).
  3. ↑ « MatchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
  4. 1 2 3 4 « Colette Magny », sur Deezer, (consulté le ).
  5. ↑ « Colette Magny (1926-1997), colère géante », sur France Culture, (consulté le ).
  6. 1 2 3 Valérie Lehoux, « Colette Magny, une Léo Ferré au féminin injustement oubliée », sur Télérama, (consulté le ).
  7. 1 2 Marie-José Sirach, « Collette Magny, celle qui filait un « Melocoton » », L'Humanité Magazine, no 813, 30 juin 2022, p. 45.
  8. ↑ « Colette Magny (1926-1997), colère géante », France Culture,‎ (lire en ligne).
  9. ↑ « Colette Magny, une voix engagée du blues français », La Dépêche du Midi,‎ (lire en ligne).
  10. ↑ Le Kingbee, « Colette Magny - Melocoton », Forces Parallèles,‎ (lire en ligne).
  11. ↑ Bayon, « Mickey Baker, du blues aux yéyés et retour », Libération,‎ (lire en ligne).
  12. ↑ « Feu et Rythme - Un Juif à la mer un Palestinien au napalm », sur Point Culture
  13. ↑ « Melocoton / Colette Magny, composition, voix », sur philharmoniedeparis.fr via Internet Archive.
  14. ↑ « Présentation Beb Guérin », sur Editions musicales Nato
  15. ↑ « Colette Magny - Avignon 69 », sur diggersfactory.com via Internet Archive.
  16. ↑ « Michel Precastelli », sur Académie musicale de Villecroze
  17. ↑ Serge Loupien, « François Tusques Trio », Libération,‎ (lire en ligne).
  18. ↑ (en) « Colette Magny & André Almuró », sur Best ever albums.
  19. ↑ AXOME, « Louis Sclavis », sur Henri Selmer Paris, .
  20. ↑ « Un drame musical instantané, Comedia dell'amore 315 », sur Jean-Jacques BIRGÉ.
  21. ↑ « L'actualité du jazz : Workshop de Lyon, le coffret du mi-centenaire », sur France Musique, .
  22. ↑ Cimetières de France et d'ailleurs
  23. ↑ France Inter, « Orelsan - "Mes Grands-parents", un titre inédit au micro d'Augustin Trapenard » [vidéo], sur Youtube, (consulté le ).
  24. ↑ Patrice Demailly, « Colette Magny : porte-voix », Libération,‎ (lire en ligne).
  25. ↑ Claude Richard, « Sages comme des sauvages reprend Melocoton », sur over-blog.com, Colette Magny : articles de presse et écrits, .
  26. ↑ « Paris à nu », sur PARIS à NU / En route vers la…, .
  27. ↑ Pierre Prouveze, « Les Tuileries de Victor Hugo », sur over-blog.com, Colette Magny : articles de presse et écrits, .
  28. ↑ « La lumineuse Chloé Lacan », sur Rocknfool, .
  29. ↑ « Lila Tamazit trio chante Colette Magny, ce jeudi soir, au conservatoire de Bourges »
  30. ↑ « Colette Magny-Faïza KaddourDélit D'Errance », sur Tombés du ciel - Compagnie de Théâtre.
  31. ↑ NUBIANE, « Hommage à Colette Magny » Accès payant, France-Guyane, .
  32. ↑ Josef Ulla, « Marcher sur les pas de Colette Magny, avec Pierre Prouvèze », Dissonances,‎ (lire en ligne).
  33. ↑ « Colette Magnyfique », sur Colette Magnyfique.
  34. ↑ « Festival Colette Magnyfique, 2 semaines en hommage à Colette Magny », sur paris-luttes.info.
  35. ↑ Mathieu Jouan, « Colette Magny : porte-voix », Citizen Jazz,‎ (lire en ligne).
  36. ↑ « Colette Magny, l’artiste qui portait la voix des oubliés jusque dans les usines en grève », sur paris-luttes.info.
  37. ↑ « Colette Magny revit le temps d’une journée », La Dépêche, .
  38. ↑ « D’aucuns la décrivent comme libertaire, révolutionnaire, rebelle, féministe, communiste… "C’est sans doute un peu tout à la fois… Mais elle a toujours refusé d’être cataloguée, réduite ou enfermée. Ce qu’elle veut avant tout, c’est être une femme libre !" déclare Périne Magny, la nièce de Colette Magny. », Rédaction, À Belle-Île, une soirée hommage pour célébrer le centenaire de la naissance de Colette Magny, Ouest-France, 20 août 2026, lire en ligne.
  39. ↑ « Chronique de l'album Feu et rythme », sur sefronia.com.
  40. ↑ Chant pour les enfants du Chili, G. Brassens, J. Clerc, J. Ferrat, J. Gréco, M. Le Firestier, C. Magny, Y. Montand - Mouloudji - G. Moustaki, S. Reggiani, F. Solleville, A. Sylvestre, https://www.encyclopedisque.fr/disque/68530.html, 1977, Ils chantent pour la solidarité. Chant pour les enfants du Chili, un disque du Secours populaire français pour les cantines populaires, 33 tours

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Sylvie Vadureau, Colette Magny, citoyenne-blues, Paris, En Garde !, 2017 (1996), 143 p. (ISBN 2-911573-00-5)
  • Takayuki Nakamura, Colette Magny, la forme d'une âme (livre en japonais), 19/12/2021
  • Yann Madé. Colette Magny, les petites chansons communistes. Éd. Jarjille, 2022.
  • Périne Magny Lecoy, Colette Magny, Remettre le western à l'endroit, Saint-Sulpice-La-Pointe (81), Les Fondeurs de Brique, , 270 p. (ISBN 978-2-916749-70-9)

Émission de radio

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Liens externes

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