Collyre

préparation pharmaceutique en solution liquide contenant un ou plusieurs principes actifs destinée à l'instillation oculaire

Les collyres, ou gouttes ophtalmiques, sont des préparations pharmaceutiques définies selon la pharmacopée comme des solutions ou des suspensions aqueuses ou huileuses contenant un ou plusieurs principes actifs, destinées à l'instillation oculaire (voie ophtalmique). Ce sont des médicaments liquides qu'on applique sur la conjonctive de l'œil[1].

Les collyres ont une action locale et permettent de traiter les infections des yeux ou des paupières.

L’absorption systémique du principe actif des collyres peut être également réduite en comprimant l’angle interne de l’œil immédiatement après l’instillation.

Étymologie

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Suivant Saumaise et ses successeurs[2], collyrium dérive du grec κoλλύρα, parce que les collyres affectaient la forme d’un petit pain qui portait ce nom[3]. Forcellini[4], au contraire, estime que collyrium est formé de κόλoς, « coupé, » et oὐρά, « queue. ». Oribase dit[5], en effet, que les collyres doivent avoir une longueur de quatre doigts et être façonnés en forme de queue de souris.

Composition

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Les collyres modernes sont généralement solubles. Ils peuvent être légèrement visqueux ; ils contiennent dans ce cas un agent épaississant.

Le soluble est généralement une solution aqueuse mais peut aussi être une solution huileuse. Galien avait déjà préparé des collyres à base d'huile d'olive du temps des Romains.

Le liquide peut être, plus rarement, une émulsion ou une suspension.

Dans tous les cas, un collyre est un liquide stérile. La préparation est idéalement isotonique et d'un pH neutre ; néanmoins des variations importantes de ces deux paramètres sont possibles.

D'autres collyres servent à corriger l'hypertension intra-oculaire, facteur de risque aggravant du glaucome.

Conditionnement

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Les collyres sont conditionnés en flacons multidoses ou en conditionnement monodose[1].

Les flacons en matériaux plastiques remplacent majoritairement aujourd'hui les conditionnements en verre, les flacons pouvant être utilisés plusieurs fois après première ouverture. Le collyre contient généralement dans ce cas un agent conservateur. Les conservateurs ont, néanmoins, des effets délétères sur la cornée et les tissus conjonctivaux (allergies, mais également une toxicité et une perturbation du film lacrymal)[1].

Il existe depuis le milieu des années 1990, des flacons permettant de délivrer des collyres sans conservateur. Les flacons multidoses contiennent généralement un volume de liquide compris entre 3 et 10 mL[1].

Les conditionnements monodoses permettent également l'élimination des agents conservateurs. Ces conditionnements présentent l'intérêt d'être à usage unique et d'être plus facilement tolérés du fait de l'absence de conservateur. Ils peuvent contenir des quantités de 0,4 mL (petite unidose) à 10 mL (dosette)[1].

L'un des plus connus est la désomédine.

Histoire

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Les collyres ont été employés dès la plus haute antiquité. Le mot « collyre » désignait à l’origine un onguent solide destiné a être inséré dans une cavité quelconque, naturelle ou artificielle, du corps[6]. Peu à peu le mot ne désigna plus qu'un remède pour les yeux[7] ; mais, dans ce sens restreint, on étendit la dénomination des collyres solides aux collyres en poudre, en onguents et même liquides.

L'emploi de collyre chez les Égyptiens est attesté par des papyrus[8] et des étuis à collyre, comme celui conservé au musée du Louvre[9]. Les Grecs et les Romains ont recueilli les traditions orientales : ils confectionnaient les collyres avec du vin, du vinaigre ou de l’huile d'olive mêlée de terres réputées (terre de Samos ou de Chio), de certains sels métalliques (cuivre, antimoine, fer, plomb), de fleurs ou de racines pilées avec différentes essences de bois préalablement réduites en charbon pulvérisé ; avec des ossements, de la corne, des poils, du sang, le lait ou la bile de différents animaux, etc. Chez tous les médecins de l’antiquité, la bile animale est une des substances les plus fréquemment prescrites contre les maladies d’yeux[10]. Marcellus[11] dit que l’œil atteint du leucoma, aussitôt après l’application d’un collyre, « s’en dépouille comme d’une écaille. »

Bibliographie

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  • Van Ooteghem M., Préparations ophtalmiques, Lavoisier, 1995.
  • Sous la dir. de P. Wehrlé, Pharmacie galénique : Formulation et technologie pharmaceutique, 2012, 2e éd. (ISBN 978-2-224-03142-8).
  • Phi 41 : Pharmacotechnie industrielle, 2016, IMT éditions (ISBN 979-10-95285-02-1).

Références

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  1. 1 2 3 4 5 Alain Le Hir, Jean-Claude Chaumeil et Denis Brossard, Pharmacie galénique : bonnes pratiques de fabrication des médicaments, Masson, 9e éd., 2009 (ISBN 978-2-294-61204-6).
  2. Saumaise, Exercitationes plinianæ, in-f°, Paris, 1689, t. ii, p. 936-937.
  3. Plaute, Perses, I, iii, 12.
  4. Forcellini, Lexicon, édit. V. de Vit, au mot Collyrium ; Saumaise, op. cit., p. 937
  5. Oribase, Medicin. coll., x, 23, dans les Medicæ artis principes, p. 396.
  6. Oribase, op. cit.
  7. Celse, VI, vi, 2, trad. Védrènes, in-8°, Paris, 1876, p. 399 ; Horace, Satires, I, v, 31 etc.
  8. Le Papyrus Ebers, trouvé vers 1860, à El-Assasif, près de Thèbes, et qu’on fait remonter à l’an 1550 avant J.-C, contient des recettes pour les collyres. Cf. sur ce point (de) Ebers, Georg, Das hermetische Buch über die Arzneimittel der alten Aegypter, Leipzig, Engelmann, , pl. 54-64.
  9. Cet étui est composé de quatre cylindres réunis en faisceau autour d’un cylindre central. Il est en bois de cèdre, haut de 57 mm. Sur deux des côtés, en vis-à-vis, est un trou peu profond, ayant servi d’un côté à fixer, de l’autre à arrêter un couvercle plat qui s’ouvrait en pivotant sur lui-même. Cf. H. Thédenat, Note sur un étui à collyre égyptien conservé au Musée du Louvre, Paris, , in-8°.
  10. Cf. Héron de Villefosse et H. Thédenat, Cachets d’oculistes, vol. I, Paris, Libr. Champion, , p. 41.
  11. Marcellus, Medicæ artis principes, livre VIII, p. 277.