Colombine (commedia dell'arte)
Colombine, ou Colombina en italien, est un personnage type de la commedia dell'arte.
| Colombine | |
Colombine illustrée en costume du XVIIe siècle par Maurice Sand en 1860. | |
| Origine | Italie |
|---|---|
| Sexe | Féminin |
| Espèce | Humaine |
| Activité | servante |
| Entourage | Arlequin, Pantalon |
| Première apparition | XVIe siècle |
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Colombine est plutôt de taille moyenne, avec des cheveux bruns. Elle est vêtue d'une robe à double-jupon, généralement rouge. Il lui est attribué de multiples personnalités selon les créations théâtrales au fil des époques : une femme de chambre, une servante, un cavalier, un médecin.
Histoire du personnage
modifierLe type de Colombine a subi diverses modifications à la scène, au fil du temps, suivant l'imagination des actrices qui ont créé les figures de Betta, Francisquine, Diamantine, Marinette, Violette, Coraline et la Guaiassa[1]. Betta, flatteuse et corrompue, parut dès 1528, sur le théâtre de Padoue, dans les comédies d'Angelo Beolco, dit Ruzzante[2].
Francisquine est le nom emprunté, demeuré au théâtre, de Silvia Roncagli, de la troupe des Gelosi venue en France en 1578[3]. De même, la romaine Patricia Adami, qui débuta à Paris en 1660, rendit fameux le nom de Diamantine[4],[5]. Marinette fut le nom porté par la femme de Fiurelli et par Angélique Toscano[6]. Violette rappelle le souvenir de Marguerite Rusca, femme du célèbre Vizentini dit Thomassin[7], laquelle faisait partie, en 1716, de la troupe italienne du Régent[8], et Coralinna, celui de la vénitienne Anna Veronese[9].
On ne trouve aucune mention, dans les premiers documents italiens sur la commedia dell’arte, d’une actrice ayant Colombina comme nom ou pseudonyme. Le texte le plus ancien où le nom de « Colombina » est cité est Cicalamento in canzonette ridicolose, o vero Trattato di matrimonio tra Buffetto, e Colombina comici (1646) de Carlo Cantù dit Buffetto. Mais le véritable personnage de théâtre nommé Colombine (en français), avec toutes ses grâces physiques et ses imperfections morales, n’apparaît qu’à la fin du XVIIe siècle au théâtre parisien de la Comédie-Italienne. C’est Catherine Biancolelli (1665-1716)[10], fille de l’arlequin Dominique et femme de l’acteur Pierre Le Noir de la Thorillière, qui débute sous ce pseudonyme, en 1683, dans Arlequin Protée de Nolant de Fatouville[11].
par Jean-Baptiste Pater
Musée d'Art d'El Paso
Au XVIIIe siècle, Colombine échange son nom contre ceux de Zerbinette, Olivette, Tontine, Mariette, Farinette, Babet, Perrette, Fiametta, Catte, etc. Elle a aussi été appelée Ricciolina ou Rosetta. C'est son évolution dans le modèle français de la Comédie italienne et à Goldoni, qui a ancré ce personnage dans la comédie italienne de cette époque[12],[13].
En 1900, elle tient le rôle titre du ballet Harlequinade créé par Marius Petipa au Théâtre impérial de Saint-Petersbourg[14].
Les chercheuses Michèle Clavilier et Danielle Duchefdelaville soulignent la position délicate de l'actrice incarnant traditionnellement Colombine. Celle-ci, en plus de l'opprobre social réservé aux comédiens et comédiennes, est confrontée à deux problématiques supplémentaires : elle est de sexe féminin, et Colombine ne porte pas de masque. Elle doit donc jouer à visage découvert et porter du maquillage pour le changer, ce qui lui fait encourir le reproche de « collaborer » à « l'œuvre du diable » et le risque d'être associée à une prostituée[15]. La comédienne Isabella Andreini « célèbre pour son talent, sa beauté et sa vertu » fait exception[16].
Caractère
modifierC’est une demoiselle qui ne sait garder sa langue dans la poche et a oublié d’être sotte. On la connaît aussi sous de multiples noms. C’est une fille-mère qui a abandonné son enfant et qui est femme de chambre d’une grande dame de l’aristocratie. Dans certains cas, elle a été séduite par Arlequin puis abandonnée. Par chance, il lui arrive d’être protégée par une fée ou une marraine magicienne qui la fait marier à Arlequin. Comme ce dernier, elle est fondamentalement optimiste, bien que n’ayant plus d’illusion. Elle déborde d’énergie. Elle est piquant, indépendante et maîtresse dans l'art des intrigues. Elle sait utiliser les hommes pour parvenir à ses fins. Vis-à-vis de son maître, elle a un sacré franc-parler et reste libre d’agir à sa guise. Elle est la parfaite alliée de sa maîtresse dont elle favorise les amours.
Villageoise, confidente, humble servante ou soubrette éveillée, gracieuse[17], hardie et insolente à l’esprit vif, Colombine est tour à tour fille, femme ou maîtresse de Cassandre, cavalier, avocat ou médecin[18],[19]. Colombine est amoureuse d’Arlequin[20].
Belle, très malicieuse, faussement ingénue[21], elle mène Arlequin par le bout du nez, tout comme Pantalon, ce qui provoque la jalousie d’Arlequin. Comme tous les serviteurs, elle réagit par la bêtise, la cupidité et la discorde.
Costume
modifierColombine peut être vêtue de tissus colorés fantaisie ou d'un tablier à volant avec un bonnet de soubrette. Son décolleté est généralement généreux. Elle porte parfois un masque « domino » autour des yeux et son visage maquillé est agrémenté de mouches[10].
Culture contemporaine
modifierEn 1997, dans les pantomimes jouées au théâtre de Tivoli c'est une danseuse gracieuse auprès d'Arlequin[22]. Pour l'encyclopédie Britannica, la soubrette des comédies musicales du XXe siècle est une version du personnage de Colombine[20]. C'est un personnage récurrent du carnaval de Venise.
en 2022 , le jeux video genshin impact a utilisée le nom de Colombina pour leur 3 éme executrice des fatui, plus tard révélée comme la déese de la lune, et principale divinité de la région de Nod-krai.
Notes et références
modifier- ↑ Sand 1860, p. 208-212.
- ↑ Sand 1860, p. 208.
- ↑ Sand 1860, p. 209.
- ↑ Guy Boquet, « Les Comédiens Italiens à Paris au temps de Louis XIV », Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, vol. 26, no 3, , p. 422–438 (DOI 10.3406/rhmc.1979.1065, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Sand 1860, p. 212.
- ↑ Sand 1860, p. 226.
- ↑ Sand 1860, p. 104.
- ↑ Sand 1860, p. 227.
- ↑ Sand 1860, p. 237.
- 1 2 Giuliana Z, « Colombine : Séduisante et Impertinente », sur Masques du Carnaval Vénitien, (consulté le )
- ↑ Martine de Rougemont, « Esquisse d'une histoire de la parodie théâtrale en France », Pratiques, vol. 119, no 1, , p. 173–192 (DOI 10.3406/prati.2003.2021, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Manuel Gómez García, « Diccionario Akal del teatro », sur search.worldcat.org, (consulté le ), p. 187
- ↑ « Colombina », sur www.enciclopedia.cat (consulté le )
- ↑ (en) « Harlequinade », sur The Marius Petipa Society, (consulté le )
- ↑ Michèle Clavilier et Danielle Duchefdelaville, Commedia dell'arte : le jeu masqué, Grenoble, PUG (Presses Universitaires de Grenoble), , 140 p. (ISBN 978-2-7061-1805-0 et 2706118059, OCLC 858205909, lire en ligne), p. 49
- ↑ (es) Ricart Salvat, « El teatro, como texto, como espectáculo », sur search.worldcat.org (consulté le ), p. 44
- ↑ Marc Favreau, Commedia dell'Arte ou la combine de Colombine, VLB, coll. « Théâtre », (ISBN 978-2-7604-0608-7, lire en ligne)
- ↑ Nicole Quentin-Maurer, « Colombine | Arts », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
- ↑ Maurice Sand, Colombine dans Les personnages de la commedia dell'arte, BnF, coll. « Les essentiels » (lire en ligne)
- 1 2 (en) « Columbine - Commedia dell’arte, Harlequin, Pantalone », sur www.britannica.com (consulté le )
- ↑ Éditions Larousse, « Colombine », sur www.larousse.fr (consulté le )
- ↑ (da) Courbé Holm, « Kolumbine », sur Lex, (consulté le )
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Maurice Sand, Colombine dans Masques et bouffons (comédie italienne), Paris, Michel Lévy frères, (lire en ligne [PDF]), p. 205-236.
. - Marc Monnier, Les Aïeux de Figaro, Paris, Louis Hachette, .
- Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, .
- (it) Sergio Monaldini, « Arlecchino figlio di Pulcinella e Colombina. Note sulla famiglia Biancolelli tra Bologna e Parigi », L'Archiginnasio, vol. XCI, , p. 83–161.
- Michèle Clavilier et Danielle Duchefdelaville, Commedia dell'arte : le jeu masqué, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble (PUG), .
Liens externes
modifier- Fiche de Catherine Biancolelli sur le site César
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :