Colonne de Merten
La colonne de Merten, également appelée Cavalier à l'anguipède, est une colonne monumentale en ronde-bosse réalisée en grès et datée du IIe ou du IIIe siècle. Découverte à Merten, en Moselle, elle appartient aux collections du musée de la Cour d'Or à Metz. Une réplique de la colonne est installée rue Serpenoise à Metz depuis 1989[1].
| Date |
IIIe siècle |
|---|---|
| Matériau | |
| Hauteur |
1 200 cm |
| Lieu de découverte | |
| Localisation |
Découverte et restauration
modifierLa colonne est découverte le 3 janvier 1878 à Merten, près de Boulay, lorsqu'un habitant met au jour des fragments dans son jardin alors qu'il creuse un puits à 2 m de profondeur. Au total, 214 fragments sont exhumés. Ils sont déposés aux musées de Metz le 3 avril 1879[2]. Après restauration, l'ensemble rejoint la galerie lapidaire du musée en 1885. La reconstitution permet de restituer une colonne monumentale d'environ 12 à 15 m de hauteur pour 71 cm de diamètre, composée de plusieurs éléments superposés[3].
Description
modifierLa colonne se compose de cinq parties principales. À sa base se trouve un socle rectangulaire orné de représentations de quatre divinités : Hercule, Apollon, Junon et Minerve. Le deuxième élément est un tambour octogonal à niches présentant les divinités associées aux sept jours de la semaine : la Lune pour le lundi, Mars pour le mardi, Mercure pour le mercredi, Jupiter pour le jeudi, Vénus pour le vendredi, Saturne pour le samedi et le Soleil pour le dimanche. Le fût supérieur est surmonté d'un chapiteau corinthien orné de quatre visages représentant les saisons et de feuilles d'acanthe. Il supporte le groupe sculpté du cavalier à l'anguipède. L'inscription IOM, abréviation de Iovi Optimo Maximo (« À Jupiter très bon et très grand »), permet d'identifier le cavalier comme Jupiter.
Le groupe représente Jupiter, assimilé au dieu gaulois Taranis, terrassant un anguipède, créature dont le corps est en partie humain et en partie serpentin. Dans la mythologie grecque, l'anguipède est généralement associé à la race des Géants. La scène fait référence à la Gigantomachie, au cours de laquelle les Géants affrontent les dieux de l'Olympe. Dans certaines interprétations, le géant représenté sous les traits de l'anguipède est identifié à Porphyrion, foudroyé par Zeus, assimilé ici à Jupiter.
Dans le contexte gallo-romain, cette représentation peut être interprétée comme une image du triomphe de l'ordre divin et impérial sur les forces considérées comme hostiles. Le cavalier incarne ainsi Jupiter, tandis que l'anguipède représente la puissance vaincue. La présence de monuments comparables à proximité du limes rhénan a notamment contribué à développer cette interprétation.
Présentation au musée
modifierL'ensemble restauré est présenté en trois parties dans une salle qui lui est consacrée. De forme cylindrique, celle-ci est peinte en bleu nuit afin d'évoquer la voûte céleste, domaine associé à Jupiter.
Réplique de Metz
modifierUne réplique de la colonne est installée rue Serpenoise à Metz et inaugurée le 10 février 1989. Sa réalisation utilise notamment un mélange de sable alsacien et de microbilles de verre, qui permet de reproduire l'aspect brillant caractéristique du grès[4]. L'inauguration de la réplique a lieu en présence de Jean-Marie Rausch, maire de Metz, et de François Grasmuck, maire de Merten.
Galerie
modifierNotes et références
modifier- ↑ Musée Metz.
- ↑ Metz un musée la cour d'or, Lienart, , 271 p. (ISBN 978-2-35906-422-3), p. 250.
- ↑ Patrimoine de lorraine.
- ↑ Site de la ville de Metz.