Comique troupier
À partir de la fin du XIXe siècle, sous l'impulsion des comédies de Georges Courteline, le comique troupier devient un genre à la mode pour des artistes masculins de café-concert, vêtus sur scène en uniformes militaires, qui interprètent des monologues ou des chansons comiques liées à la vie de soldat[1].

Historique du genre
modifierLe premier artiste connu du genre est Éloi Ouvrard, qui se fait remarquer autour de 1876-1877[2]. Le comique troupier a plusieurs représentants comme Polin, Dranem, Bach, Croidel, Vilbert, Paul Lack, Blon D'hin, Gabriel Vallez, Dufleuve et Gaston Ouvrard, le fils d'Éloi. Plus tard, Bourvil et Fernand Raynaud commenceront leur carrière dans le comique troupier.
Comme d'autres artistes de l'époque, Fernandel, Maurice Chevalier, Raimu, Rellys et Louis-Jacques Boucot ont commencé leur carrière en tant que comiques troupiers. Le costume typique est celui du soldat de première classe : képi, pattes de collet et pantalon rouge garance, capote en laine gris de fer bleuté à martingale, jambières et brodequins en cuir[3].
Le genre connaît son apogée avant la Première Guerre mondiale et s'éteint peu à peu, avec quelques résurgences occasionnelles : la chanson-sketch Les Tourlourous, de Jean Broussolle, figure au programme des Compagnons de la chanson à la fin des années 1950. Lorsque la mode du music-hall fut passée, et dans le sillage de la contestation de l'autorité et du pacifisme de mai 68, le film de bidasses, une comédie ayant pour cadre l'armée et notamment le service militaire, devint un genre cinématographique dans les années 1970, en particulier des films avec les Charlots.
Notes et références
modifier- Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Troupier » (voir la liste des auteurs).
- ↑ TLFi.
- ↑ Brunschwig, Calvet, Klein, p. 293.
- ↑ L'infanterie française - Le troupier
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Bibliothèque du SHD, « Du rire dans les casernes. L'humour et l'Armée », Revue historique des Armées, no 308 « L'Histoire et les Armées. Recherche et pratiques », , p. 111-116 (ISSN 0035-3299, e-ISSN 1965-0779, DOI 10.3917/rha.308.0111).
- Christian Bosséno, « De la soupe ou du rata... Le comique troupier », Cinémaction, no 95 « Le cinéma du sam'di soir », , p. 146-148 (ISSN 0243-4504).
- Chantal Brunschwig, Louis-Jean Calvet et Jean-Claude Klein, Cent ans de chanson française, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points. Actuels » (no 45), , 447 p. (ISBN 2-02-006000-0).
- Jean-Michel Frodon, « Comique militaire sur grand écran », Inflexions : civils et militaires : pouvoir dire, no 53 « Humour », , p. 15-20 (ISSN 1772-3760, e-ISSN 2728-445X, DOI 10.3917/infle.053.0015, lire en ligne).
- Mathieu Marly, « Rire des punitions : le comique troupier », dans Elsa Génard et Mathilde Rossigneux-Meheust (dir.), Routines punitives : Les sanctions du quotidien, XIXe – XXe siècle, Paris, CNRS Éditions, , 398 p. (ISBN 978-2-271-13311-3, DOI 10.3917/cnrs.rossi.2023.01.0335), p. 335-339.
- Odile Roynette-Gland, « Le comique troupier au XIXe siècle : une culture du rire », Romantisme, no 161 « Le Militaire », , p. 45-59 (ISSN 0048-8593, e-ISSN 1957-7958, DOI 10.3917/rom.161.0045, lire en ligne).