Magdala (association)

association catholique féministe française
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Magdala, auparavant le Comité de la jupe jusqu’en 2025, est une association loi de 1901 visant à promouvoir la place des femmes dans l'Église catholique et lutter pour l'égalité réelle entre tous les baptisés. Elle a été fondée en 2008 par Anne Soupa et Christine Pedotti à la suite de propos du cardinal-archevêque de Paris André Vingt-Trois qu’elles qualifient de misogynes.

Magdala
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
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Organisation
Fondatrices
Présidentes
Sylvaine Landrivon (depuis ), Adeline Fermanian (d) (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Idéologie
Site web
Identifiants
RNA
SIREN
OpenCorporates

Histoire

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Le , sur le plateau de Radio Notre-Dame, André Vingt-Trois, archevêque de Paris, est interrogé sur la possibilité pour les femmes de lire la Bible au cours des célébrations — ce qui est déjà habituel mais parfois remis en cause au sein de l'Église catholique. Il répond alors :

« Le plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées. Le tout n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête[1]. »

Un comité d'une quinzaine de femmes, initié par Christine Pedotti et Anne Soupa[2],[3],[4], se constitue alors et dépose plainte auprès de l'Officialité de Paris, un tribunal ecclésiastique, au nom de « l'égale dignité des baptisés » hommes ou femmes. La plainte est retirée à la suite des excuses d'André Vingt-Trois pour sa « maladresse »[1], mais le Comité de la jupe perdure[5],[6],[7].

En 2013, l‘association monte un conclave des femmes[4]. Prudent au départ et voulant agir de l‘intérieur pour donner aux femmes une place égale à celle des hommes dans l’Église, le Comité de la Jupe devient plus affirmé avec la série de scandales sexuels dans l’Église catholique à la fin des années 2010. La théologienne Anne Soupa pose notamment sa candidature à la succession de l’archevêque Barbarin de Lyon, impliqué dans un de ces scandales[4].

En juin 2022, l‘association le Comité de la Jupe organise le colloque Catholique et féministe ! à Lyon[4].

En 2023, le comité Féminisme en Église, expulsé de sa paroisse après une messe inclusive, rejoint le Comité de la Jupe[4]. Le comité Femmes Hommes Égalité, Droits et Libertés dans les Églises et la Société (FHEDLES), héritier de groupes des années 1970, fusionne avec le Comité de la Jupe en 2024[4]. En 2024, l'association compte environ 250 membres et revendique 3 000 abonnements à sa newsletter[8].

Le , le Comité de la jupe annonce se renommer « Magdala », en référence à Marie la Magdaléenne[9],[4].

En 2026, l’association compte 300 membres dans environ 10 comités en France et en Suisse[4].

Ligne politique

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L’association Magdala revendique une place pleine et entière des femmes dans l’Église catholique, et l’accès à tous les postes pour les femmes, bien au-delà du diaconat féminin[4]. Elle milite pour l’accueil inconditionnel des personnes LGBT et soutient le droit à l’avortement[4] et un « féminisme attentif à la race, aux minorités et à d‘autres formes d’intersectionnalités »[4].

En , autour de la remise par la Commission Sauvé du rapport de la Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Église) faisant état de violences sexuelles sur mineurs et sur les personnes vulnérables dans l'Église catholique en France depuis les années 1950, le Comité de la jupe se positionne en faveur des personnes victimes, dénonce la sacralisation de la figure du prêtre et appelle à une « démission collective des évêques »[10],[11].

Actions

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Le , l'association organise une marche des « cathos citoyens »[12]. La création de la Conférence catholique des baptisé-e-s francophones est annoncée.

En 2012, le Comité de la jupe crée sur son site web une carte collaborative pour repérer et dénoncer les paroisses où les femmes sont exclues du service de l'autel[13]. Il en conclut que 39 % des paroisses sont concernées[14]. Laurent Villemin, prêtre et professeur d'ecclésiologie, a jugé l'initiative « intéressante parce qu'elle contribuait à libérer la parole, en s'appuyant sur le réseau Internet. »

La présidente du Comité de la Jupe, Anne Soupa, a présenté sa candidature au poste d'archevêque de Lyon, après la démission de cardinal Barbarin[15]. À sa suite, sept autres femmes du collectif Toutes Apôtres! ont déposé le à la nonciature de Paris leur candidature à des postes de responsabilité dans l'Église[16],[4].

Les actions de l'association, mobilisée dès l’origine pour l’accès des femmes aux responsabilités dans l’Église et pour une relecture moins patriarcale de l’histoire sacrée et de l’anthropologie chrétienne, s'étendent progressivement à d’autres revendications en opposition frontale au magistère, tel l’accès des femmes aux ministères ordonnés (prêtrise et diaconat) ou le droit à l’avortement et à la contraception[8].

Au printemps 2025, le Comité de la jupe relaie en France le mouvement « Catholic Women Strike » initié par l'association américaine Women's Ordination Conference : pendant les 40 jours du temps liturgique du carême, les femmes catholiques sont appelées à faire grève, en suspendant leurs activités bénévoles dans les paroisses et mouvements d'Église, pour « jeûner du sexisme et du patriarcat »[17] et dénoncer l'absence de reconnaissance du travail de l'ombre mené par les croyantes alors que les postes de responsabilités sont toujours réservés aux hommes dans l'Institution. L'initiative, sans bloquer dans les faits le fonctionnement des paroisses catholiques en France, a un fort retentissement médiatique dans la presse chrétienne et généraliste[18],[19],[20].

Organisation

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L'association se compose d'un bureau national et de cinq groupes locaux ainsi que d'un groupe en ligne[21],[22].

Ouverture interreligieuse

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Le , le Comité organise avec la CCBF (Conférence catholique des baptisé-e-s francophones) un « Conclave des femmes » pour débattre de l'avenir de l'Église catholique[23].

L'association coorganise La Nuit des femmes à Troyes avec le centre Rachi en 2017[24][source insuffisante].

Publication

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En 2023, le Comité de la jupe édite une brochure didactique qui résume l’histoire des relations entre femmes et Église : Femmes et catholicisme, qu’est-ce qui cloche ?[25]

Critique

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En 2009, Laurent Villemin, prêtre et professeur d'ecclésiologie, se montre très critique envers la Conférence des baptisés de France organisée par le Comité de la Jupe en 2009[26].

Notes et références

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Références

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  1. 1 2 Nicolas Senèze, « Le cardinal André Vingt-Trois clôt «l'affaire de la jupe» », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. ↑ « Informations télévisées Euronews (tout début de l’émission) » [vidéo], (consulté le ).
  3. ↑ « Informations télévisées France24 (4 min 50 s) » [vidéo], (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Alix Champlon, « Féministes chrétiennes : Enquête sur une nouvelle génération », Le Cri, 21 mai 2026.
  5. ↑ « André Vingt-Trois accuséde propos «sexistes» », sur LEFIGARO, (consulté le )
  6. ↑ « Le mea-culpa du cardinal Vingt-Trois », Témoignage chrétien, 11 décembre 2008.
  7. ↑ « Comment le féminisme religieux bouscule le patriarcat », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. 1 2 Gaétan Supertino, « Catholique et « emporté par la vague féministe », le Comité de la jupe fait pression sur l’Eglise », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  9. ↑ « Le Comité de la Jupe devient Magdala », sur magdala-feministes.org, (consulté le ).
  10. ↑ Sophie Lebrun, « Abus dans l’Église : des victimes et des catholiques appellent les évêques à passer « de la parole aux actes » », La Vie,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. ↑ « Abus sexuels : « L’Église des pères a failli, sa structure patriarcale est coupable » », La Croix,‎ (lire en ligne [tribune], consulté le ).
  12. ↑ Le Comité de la Jupe marche contre une église rétrograde, RTL, 11 octobre 2009
  13. ↑ Le comité de la jupe dresse une carte de l'exclusion des femmes de la liturgie, La Croix, mars 2012
  14. ↑ 39 % des paroisses excluent les femmes de services liturgiques. Premier bilan de notre cartographie sur le site du Comité de la jupe
  15. ↑ « Anne Soupa, la femme qui défie l'Église catholique - 28 minutes - ARTE 28 minutes », sur arte.fr, (consulté le )
  16. ↑ Héloïse de Neuville et Xavier Le Normand, « Après Anne Soupa, sept nouvelles candidates à des ministères dans l’Église » Accès payant, La Croix, (consulté le )
  17. ↑ Adeline, « Grève internationale des femmes catholiques », sur Magdala, (consulté le ).
  18. ↑ « « Notre parole n’est pas prise en compte » : un appel à la grève pour la reconnaissance des femmes dans l’Église », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. ↑ « "Elles sont les petites mains mais n’ont pas accès aux décisions" : les femmes catholiques appelées à faire grève pendant le Carême », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le ).
  20. ↑ « Carême : les femmes catholiques de Lyon appelées à se mettre en grève pour dénoncer les inégalités - Elle », sur elle.fr, (consulté le ).
  21. ↑ « Groupes locaux », sur Magdala (consulté le )
  22. ↑ Sixtine Chartier, « Les féministes catholiques du Comité de la jupe changent de nom, signe d’un changement de génération », sur La Vie, (consulté le ).
  23. ↑ « "Elles ont demandé aux hommes d'Église de ne plus porter de robes" », L’Express, (consulté le ).
  24. ↑ « La nuit des femmes » [PDF], sur institut-rachi-troyes.fr, (consulté le ).
  25. ↑ « Femmes et catholicisme: qu'est-ce qui cloche ? », sur Forum protestant (consulté le ).
  26. ↑ « Quelle place peuvent "revendiquer" les laïcs dans l'Eglise ? », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

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