Commanderie de Châteauneuf sur Cher

La commanderie Saint-Jean de Châteauneuf-sur-Cher est un ancien établissement religieux situé à Châteauneuf-sur-Cher, dans le département du Cher, en Berry. Attribuée à l'ordre du Temple par les descriptions locales, elle est documentée à l'époque moderne comme un membre de la commanderie de La Racherie, relevant de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et du grand prieuré d'Auvergne. Sa date de fondation et ses fondateurs ne sont pas établis par les sources citées[1],[2].

Commanderie Saint-Jean de Châteauneuf-sur-Cher
Présentation
Fondation Origine templière attribuée ; date inconnue
Reprise Hospitaliers
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Cher
Ville Châteauneuf-sur-Cher
Géolocalisation
Coordonnées 46° 51′ 31″ nord, 2° 19′ 18″ est
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Commanderie Saint-Jean de Châteauneuf-sur-Cher
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Commanderie Saint-Jean de Châteauneuf-sur-Cher
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Commanderie Saint-Jean de Châteauneuf-sur-Cher

La demeure identifiée comme l'ancienne commanderie se trouve face au secteur de l'actuelle basilique Notre-Dame-des-Enfants, à l'entrée de la rue de la Ville-Haute, près du château et de ses anciennes écuries[3].

Localisation et origines

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L'établissement se situe en contrebas du château de Châteauneuf-sur-Cher, presque en face de la basilique actuelle. Le circuit patrimonial local identifie une grande demeure à porte ancienne, jouxtant le château et ses écuries, comme l'ancienne commanderie. La basilique voisine constitue un repère moderne : sa construction commence au XIXe siècle[3],[4].

L'origine templière est retenue par la présentation touristique de la demeure et par le répertoire toponymique de Denis Jeanson. Ce dernier relève une mention de 1766 attribuant à l'établissement une fondation en 1300, avec pour référence les Archives départementales du Cher, 2 F 147, {fol.} 91. Cette indication est tardive ; elle ne permet pas, à elle seule, de fixer la fondation ni de désigner un fondateur[2].

Histoire

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Mentions médiévales et du XVIe siècle

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Denis Jeanson relève une préceptorerie de Châteauneuf dans le pouillé de Bourges de 1422, puis un hôpital Saint-Jean en 1490 dans les archives du chapitre de Châteauneuf. Il signale également des mentions de la commanderie en 1526 et en 1567[2]. Ces mentions attestent l'ancienneté de l'établissement, sans préciser les circonstances de sa création.

Les archives de gestion conservent la mémoire de reconnaissances plus anciennes : un dossier du Rhône contient des copies, collationnées en 1674, d'actes extraits de terriers de 1548, 1612 et 1637[5].

Un membre de La Racherie

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À l'époque moderne, Saint-Jean de Châteauneuf est administré avec les autres membres de La Racherie. Le dénombrement de 1640 mentionne une chapelle, des dîmes, des terres, un pré et une vigne. Les fermes de Saint-Jean conservées pour les années 1669–1684 prévoient un loyer annuel de 170 livres[6],[5].

Les quittances et procédures de 1670–1674 font intervenir Alexandre de Costaing de Pusignan, commandeur de La Racherie. Des visites et améliorissements sont conservés pour 1693–1694, 1703, 1734, 1750, 1766 et 1777[7],[6].

La visite de 1734 décrit à Châteauneuf une chapelle Saint-Jean et une maison. Elle mentionne également l'ermitage Saint-Thibaut, avec une chapelle et un logement occupé par frère Charles Dromac. Un acte du 13 mai 1736 précise que cette chapelle, située dans la paroisse de Condé, baronnie de Linières, dépend de Châteauneuf, lui-même membre de La Racherie[6],[8].

Du XVIIIe siècle à l'époque contemporaine

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Le terrier reçu par Néret en 1764–1768 est accompagné d'une concordance avec des terriers antérieurs. Une liève en est également conservée. Le fonds du Cher comprend des baux généraux allant jusqu'en 1788, tandis que les archives du Rhône conservent une déclaration des biens de La Racherie et de ses membres dressée en 1790 par Jacques-Antoine-Charles de La Roche-Aymon[1],[9],[6].

La présentation patrimoniale actuelle indique que la demeure a appartenu à la famille Corvisart, qu'elle présente comme proche de la famille impériale, par un de ses membres, médecin de Napoléon Bonaparte. Elle signale une girouette figurant Napoléon auprès d'un canonnier sur les dépendances[3].

Commandeurs et administration

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Saint-Jean étant un membre de La Racherie, le tableau suivant rassemble les commandeurs de ce chef attestés dans les documents concernant l'ensemble ou la maison de Châteauneuf. Les dates indiquent des attestations et ne constituent pas toutes des dates de début ou de fin de mandat[6],[7].

Commandeur Dates attestées Éléments documentaires et liens avec d'autres maisons
Alexandre de Costaing de Pusignan 1670–1674 ; 1686–1687 Quittances et reconnaissance de rente à Saint-Jean ; également attesté comme commandeur de La Racherie dans un contentieux concernant Huvert[7].
Claude Mareschal de Franchesse 1693–1694 Commandeur de La Racherie lors de la visite. En 1703, il intervient comme visiteur avec le titre de commandeur des Bordes[6].
Philibert-Bernard de Froissard de Broissia 1734 Titulaire à la requête duquel est effectuée la visite décrivant Saint-Jean et Saint-Thibaut[6].
Jean-Alexis de Boislinard de Margou Prise de possession le 3 juin 1744 ; visite en 1750 Commandeur de La Racherie ; en 1766, intervient comme visiteur avec le titre de commandeur de Montchamp et de bailli de Lyon[6].
François de Bosredon de Villevoisin 1766 Commandeur à la requête duquel est dressée la visite de cette année[6].
Jacques de La Roche-Aymon Prise de possession le 3 décembre 1770 ; visite en 1777 Commandeur de La Racherie. La déclaration des biens de 1790 est donnée au nom de Jacques-Antoine-Charles de La Roche-Aymon[6].

Possessions et revenus

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Les biens de Saint-Jean associent des immeubles, des terres et des droits de perception dispersés dans plusieurs paroisses[6],[9].

Lieu Biens ou droits documentés Source
Châteauneuf-sur-Cher Chapelle Saint-Jean, maison, pré et vigne ; fermes des revenus. 48 H 2549 ; 48 H 2550, pièces 1 et 5[5],[6].
Villecelin et Orcenais Dîmes mentionnées en 1640. 48 H 2550, pièce 1[6].
Saint-Germain-des-Bois Terres mentionnées en 1640. 48 H 2550, pièce 1[6].
La Petite-Croix, Saint-Baudel Cens et rente sur une maison et ses dépendances, 1659–1787. 53 H 2[9].
Saint-Thibaut, paroisse de Condé Chapelle et maison d'ermitage ; rattachement à Saint-Jean attesté en 1736. 48 H 2550 ; 48 H 467[6],[8].

Le terrier de 1764–1768 comporte une concordance avec les terriers de Mignonnat en 1548, Bonnet en 1634, Ragueau en 1674, Gillet en 1704 et Godet en 1733. La graphie du nom du rédacteur du dernier terrier varie entre Néret et Neiret dans l'instrument de recherche[1].

Architecture, travaux et mobilier

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Les descriptions de l'époque moderne distinguent la chapelle et la maison de Saint-Jean. Le dossier propre au membre conserve vingt-cinq pièces de marchés et quittances de réparations, datées de 1668 à 1734, ainsi qu'un devis non daté pour l'ermitage Saint-Thibault[5].

Un arpentage de La Racherie et de ses membres est réalisé en 1744 par Jean Dubauchet, commissaire à terrier et arpenteur royal établi à Charroux. Le cahier conservé est incomplet[10].


Relations avec les autres établissements et l'aristocratie

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Réseau hospitalier

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Le lien institutionnel principal est celui qui unit Saint-Jean à La Racherie. Les visites font intervenir des chevaliers titulaires d'autres commanderies : Gilbert de Fougère du Cluzeau, commandeur de Carlat, en 1693–1694 ; Léonard d'Ussel de Châteauvert, commandeur des Bordes, et Jean-Bertrand de Madon, commandeur de Courteserre, en 1750 ; Jean-Alexis de Boislinard de Margou, commandeur de Montchamp, en 1766. Ces fonctions de visiteurs témoignent du fonctionnement du grand prieuré d'Auvergne[6].

Noirlac et les institutions locales

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Le fonds de l'abbaye de Noirlac comprend des titres concernant plusieurs des mêmes paroisses : Orcenais, Châteauneuf, Saint-Baudel et Saint-Germain-des-Bois. Ces documents renseignent le voisinage foncier et ecclésiastique de Saint-Jean ; leurs analyses ne suffisent pas à établir une dépendance de la maison envers l'abbaye[11].

Familles seigneuriales et propriétaires

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Le dénombrement de 1640 emploie pour le membre le nom de Châteauneuf Lébauspin, lié à l'appellation seigneuriale de la ville. Les L'Aubespine acquièrent la seigneurie de Châteauneuf en 1564. Cette possession du château et de la seigneurie est distincte des biens hospitaliers ; les documents cités n'attribuent pas la fondation de Saint-Jean à cette famille[6],[12].

Pour l'époque postérieure, la famille Corvisart est associée à la demeure par le circuit patrimonial local[3].

Notes et références

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  1. 1 2 3 Archives départementales du Cher, « 53 H 3 : terrier reçu par Néret, 1764–1768 », sur archives18.fr (consulté le ). Le producteur du fonds est identifié comme la commanderie de Châteauneuf-sur-Cher, membre de La Racherie.
  2. 1 2 3 Denis Jeanson, « Commanderie : Cher », sur denisjeanson.fr (consulté le ), rubrique relative à Saint-Jean de Châteauneuf-sur-Cher.
  3. 1 2 3 4 Office de tourisme de Lignières-en-Berry, « Circuit de la ville de Châteauneuf-sur-Cher » [PDF], sur lignieresenberry-tourisme.fr (consulté le ), étape 19, « La commanderie », et itinéraire depuis la basilique.
  4. ↑ Commune de Châteauneuf-sur-Cher, « La basilique », sur chateauneufsurcher.fr (consulté le ).
  5. 1 2 3 4 Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, 48 H 2549, membre de Saint-Jean de Châteauneuf, 1668–1734, pièces 1–37 ; analyses dans Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, « Ordre de Malte, 48 H 1–3432 » [PDF], sur archives.rhone.fr (consulté le ), p. 853–854.
  6. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, 48 H 2550, dénombrement, visites et améliorissements de La Racherie et de ses membres, notamment pièces 1, 3, 5, 8, 9, 11 et 12 ; analyses dans Ordre de Malte, 48 H 1–3432, p. 854, inventaire en ligne. La première pièce est analysée sous la date de 1640, bien que l'intitulé général de l'article commence en 1644.
  7. 1 2 3 Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, 48 H 2548, notamment pièces 12–16, procédure de 1686–1687 qualifiant Alexandre de Costaing de Pusignan de commandeur de La Racherie ; 48 H 2549, pièces 6–10 et 37, gestion de Saint-Jean en 1670–1674 ; analyses dans Ordre de Malte, 48 H 1–3432, p. 853–854.
  8. 1 2 Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, 48 H 467, portefeuille de 1736, acte du 13 mai concernant Pierre La Philippe et la chapelle Saint-Thibaud ; analyse dans Ordre de Malte, 48 H 1–3432, p. 310, inventaire en ligne.
  9. 1 2 3 Archives départementales du Cher, 53 H 1–4, commanderie de Châteauneuf-sur-Cher, 1659–1788 : baux généraux, rente de Saint-Baudel, terrier et liève ; état des fonds, série H.
  10. ↑ Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, 48 H 2551, pièce 20, livre d'arpentage de Jean Dubauchet, 1744 ; analyse dans Ordre de Malte, 48 H 1–3432, p. 854–855, inventaire en ligne.
  11. ↑ Archives départementales du Cher, 8 H 29–33, biens et droits à Orcenais, et 8 H 67–70, biens de Noirlac à Châteauneuf et dans les paroisses voisines ; état des fonds, série H, abbaye de Noirlac.
  12. ↑ Communauté de communes Arnon Boischaut Cher, « Châteauneuf-sur-Cher », sur comcomabc.fr (consulté le ), historique communal.

Annexes

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Sources archivistiques

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  • Archives départementales du Cher, 53 H 1–4 : baux généraux, rente de Saint-Baudel, terrier et liève, 1659–1788.
  • Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, 48 H 2549 : membre de Saint-Jean de Châteauneuf, 1668–1734 ; 48 H 2550 : visites et dénombrements de La Racherie et de ses membres ; 48 H 2551 : gestion et arpentage ; 48 H 467 : dépendance de Saint-Thibaut, acte du 13 mai 1736.

Bibliographie

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  • Augustin Vayssière, « L'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem ou de Malte en Bourbonnais », Archives historiques du Bourbonnais, t. 1,‎ , notamment rubrique Saint-Jean de Châteauneuf, p. 343, signalée par la table publiée par la Société d'émulation du Bourbonnais.
  • Comte de Toulgoët-Tréanna, « Les commanderies de Malte en Berry », Mémoires de la Société des antiquaires du Centre, t. 31,‎ 1907–1908, p. 97–187. Collection de la revue sur Gallica.
  • Archives du département du Rhône et de la métropole de Lyon, « Ordre de Malte, 48 H 1–3432 » [PDF], sur archives.rhone.fr, section La Racherie et ses membres, notamment p. 853–855.

Articles connexes

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Liens externes

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