Commanderie de Laon

commanderie à Laon (Aisne)

La commanderie de Laon ou chapelle des Templiers, consacrée à Saint-Jean-Baptiste, date du XIIe siècle[2]. Ancienne commanderie templière devenue hospitalière après 1312, elle est aujourd'hui propriété de la commune et fait partie du complexe du Musée d'art et d'archéologie de Laon[3].

Chapelle des Templiers de Laon
Image illustrative de l’article Commanderie de Laon
Vue extérieure de la chapelle montrant la nef octogonale, le porche et le clocher-mur.
Présentation
Fondation Drapeau de l'Ordre du Temple Templiers
Reprise Drapeau des chevaliers hospitaliers Hospitaliers
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Province historique Picardie
Département Aisne
Ville Laon
Géolocalisation
Coordonnées 49° 33′ 47″ nord, 3° 37′ 38″ est
Géolocalisation sur la carte : Aisne
(Voir situation sur carte : Aisne)
Chapelle des Templiers de Laon
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Chapelle des Templiers de Laon

Édifiée vers 1140, la chapelle est un rare exemple conservé en France d'architecture templière à plan centré octogonal. Elle est classée au titre des monuments historiques par liste dès 1840 (et confirmée en 1846)[1].

Histoire

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Implantation des Templiers à Laon et constitution du temporel (XIIe siècle)

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Les Templiers s'établissent dans la ville vers 1128, avec le soutien de l'évêque Barthélemy de Jur[3],[4] et l'accord des autorités ecclésiastiques (notamment au moment du concile de Troyes). Vers 1134, l'évêque facilite leur installation à la limite sud du cloître cathédral, à la porte du quartier canonial[3]. Le 2 janvier 1141, le roi Louis VII confirme la donation de la maison occupée par les Templiers, les affranchissant du cens royal, privilège confirmé par deux autres chartes royales avant 1149[3].

Pour assurer le financement de leurs activités, les Templiers constituent un vaste domaine temporel par des dons et achats auprès de la noblesse locale et des établissements religieux (famille de l'abbaye Saint-Denis de Laon, seigneurs de Vaux, Marle, Rozoy, Roucy, Montaigu, Pierrepont ou Catillon)[3]. Ils obtiennent des biens fonciers (vignes, terres, bois) à Sainte-Croix, Marchais, Bruyères, Lierval ainsi qu'au domaine de Puisieux, au pied de la colline.

En 1139, la bulle papale Omne datum optimum accorde aux Templiers le droit de bâtir leurs propres oratoires et d'y enterrer leurs frères. À Laon, cette prérogative engendre des conflits d'intérêts avec les moines de l'abbaye Saint-Vincent de Laon, qui revendiquaient le monopole des sépultures privées[3].

Développement urbain et chute de l'Ordre (XIIIe – XIVe siècle)

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Au XIIIe siècle, les Templiers agrandissent leur enclos intra-muros sur le plateau laonnois jusqu'à constituer un domaine d'un tiers d'hectare comprenant la chapelle, un four, un pressoir et des granges. Parallèlement, ils exploitent le domaine agricole d'Ardon au bas de la montagne[3].

En 1307, lors de l'arrestation des Templiers ordonnée par le roi Philippe IV le Bel, le précepteur de la maison de Laon, Gervais de Beauvais, est arrêté avec les frères de la communauté[3].

Période hospitalière et réaffectations (1312 – 1789)

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En 1312, après la dissolution de l'ordre du Temple au concile de Vienne, les biens sont attribués à l'Ordre des Hospitaliers en 1319. La maison laonnoise devient la résidence urbaine du commandeur de Puisieux-sous-Laon et le siège de son administration[3].

Usages civils et campagnes de restauration (XIXe et XXe siècles)

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Sous la Révolution française, les bâtiments devenus biens nationaux abritent une prison en 1792, puis servent de maison d'arrêt et de justice pour le département de l'Aisne de 1800 à 1835[3].

Rachetée par la ville de Laon en 1835, la chapelle voit ses abords loués aux Frères des écoles chrétiennes (1835-1842), puis au collège Le Nain (1842-1888). En 1891, le musée de Laon s'installe dans les bâtiments contigus.

Menacée de démolition lors de projets d'aménagement en 1832 et 1882, la chapelle est sauvée grâce aux interventions de Ludovic Vitet et Prosper Mérimée[3]. Trois principales campagnes de restauration marquent l'édifice :

  • 1844-1847 : Consolidation des fondations par l'architecte Van Cléemputte et dégagement de 200 tombereaux de terre dans le jardin[3].
  • 1893-1914 : Reprise des sous-œuvres par l'architecte Harot à la suite des dégradations causées par un fossé creusé en 1878, et démolition en 1889 de l'aile moderne accolée au porche[3].
  • 1974-1975 : Rejointoiement, réfection de la charpente, pose de renforts sur les voûtes et restauration de la toiture[3].

Architecture et description

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Vue du chœur de la chapelle, avec son dallage géométrique en marbre et deux statues-colonnes médiévales de prophètes.

Structure et évolution du bâtiment

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La chapelle de la commanderie, de forme octogonale, a été construite vers 1140. Son plan centré s'inspire directement du Saint-Sépulcre de Jérusalem[3].

L'édifice a connu trois phases majeures d'aménagement[3] : 1. Phase primitive (vers 1140) : Une nef octogonale d'environ 9 mètres de diamètre intérieur couplée à une petite abside. 2. Agrandissement (XIIe siècle) : Prolongement du chœur vers l'est se terminant par une abside voûtée en cul-de-four et ajout d'un porche (avant-nef) voûté à l'ouest. 3. Surélévation (XIVe siècle) : Ajout d'un étage au-dessus du porche pour former un clocher-mur.

La nef octogonale est recouverte d'une coupole en pierre sur huit nervures d'ogives retombant sur des consoles sculptées. La clef de voûte est ornée de l'Agnus Dei (Agneau pascal)[3].

Mobilier lapidaire et sépultures

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L'édifice religieux servit de chapelle funéraire. Les dalles tumulaires conservées comprennent notamment celles du chapelain Grigoires (1268), de Jacques de Haute Avesnes, de F. P. Spifame et de Charles de Bellotte (1616)[3]. Deux statues-colonnes médiévales encadrent également le chœur.

Archéologie

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En mai 1999, des sondages archéologiques et géotechniques menés au pied du bâtiment ont confirmé que les fondations reposent entre 1,30 m et 1,50 m de profondeur sur des sables tertiaires. Les fouilles ont mis au jour une sépulture individuelle en cercueil de bois orientée tête à l'ouest, ainsi que deux cavités souterraines situées sous l'abside[3].

Galerie

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Notes et références

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Sur les autres projets Wikimedia :

  1. 1 2 « Chapelle des Templiers », notice no PA00115712, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Christophe Staf, « Site Templier : La chapelle de Laon », sur www.templiers.org (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 Caroline Jorrand et Jean-Pierre Jorrand, La Chapelle des Templiers de Laon.
  4. Pascal et Thierry, « La chapelle des Templiers à #Laon #02 #02000 http://bit.ly/A87Xot », sur www.petit-patrimoine.com (consulté le )

Bibliographie

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  • Caroline Jorrand et Jean-Pierre Jorrand, La Chapelle des Templiers de Laon.
  • Alain Saint-Denis, Institution hospitalière et société aux XIIe et XIIIe siècles : L'Hôtel-Dieu de Laon, Paris, 1983.
  • Martine Plouvier, Laon, une acropole à la française, Cahiers du Patrimoine, 1995.

Annexes

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