Complot d'empoisonnement de la citadelle de Hanoï

Le complot d'empoisonnement de la citadelle de Hanoï (vietnamien : Hà Thành đầu độc) a lieu en 1908 lorsque des tirailleurs vietnamiens tentent d'empoisonner toute la garnison française dans la citadelle de Hanoï. La ville est alors la capitale de l'Indochine française. Le but du complot est de neutraliser la garnison et de permettre à l'armée rebelle de Hoàng Hoa Thám de s'emparer de Hanoï. Le complot est révélé, puis réprimé par les Français.

Citadelle de Hanoï.

Contexte et empoisonnement

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Conspirateurs capturés.

Au début de 1908, Hoàng Hoa Thám collabore avec des nationalistes vietnamiens, dont Phan Boi Chau, pour organiser un complot visant à reprendre Hanoï aux Français. Les cuisiniers vietnamiens doivent neutraliser les militaires français en empoisonnant leur repas. Dans le même temps, les soldats vietnamiens doivent attaquer et empêcher les troupes françaises à Don Thuy, Son Tay et Bắc Ninh de venir en aide à la citadelle de Hanoï, et Hoàng Hoa Thám doit attendre à l'extérieur de la citadelle et lancer une attaque sur Gia Lam lorsque le signal arrive de l'intérieur[1].

Le plan est exécuté le soir du , lorsque les cuisiniers vietnamiens réussissent à mélanger du datura avec la nourriture qu'ils ont préparée pour une fête[1],[2]. Le poison intoxique immédiatement près de 200 soldats français mais ne les tue pas[1],[2]. De plus, l'un des cuisiniers se sent coupable et se rend dans une église pour se confesser, et le prêtre français rapporte ensuite l'incident aux responsables du gouvernement ; le général français commandant la place d'Hanoï proclame immédiatement la loi martiale et ordonne l'arrestation des conspirateurs[2]. À l'extérieur de la citadelle, Hoàng Hoa Thám ne reçoit pas le signal qu'il attend, comprend que le complot a échoué et retire toutes ses troupes[3].

Conséquences

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Les têtes des conspirateurs exécutés exposées en public.

En réponse rapide au complot, les Français exécutent à la guillotine treize conspirateurs[4]. Le , 24 autres condamnations à mort sont prononcées et les rebelles restants sont condamnés à la réclusion à perpétuité ou à l'exil[1]. Des mesures sévères de répression sont prises contre les activistes vietnamiens, et des centaines d'entre eux, dont Phan Châu Trinh, sont envoyés à la prison de Con Dao[4]. Les Français accusent également Phan Boi Chau du complot, le forçant à fuir au Japon[4],[5]. Ce complot avorté est l'un des nombreux incidents qui finissent par conduire Chau en prison en 1914[6]. D'autre part, les Français traquent Hoang Hoa Tham. Ils attaquent et vainquent Tham dans onze batailles du au , puis l'encerclent à Yên Thế (en), mais Tham s'enfuit et continue à se battre jusqu'à son assassinat en 1913[4].

Notes et références

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Bibliographie

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  • Johann Grémont, « Le complot des empoisonneurs de juin 1908 », Terrain, Association Terrain, vol. 77,‎ , p. 176-181 (DOI 10.4000/terrain.23687, lire en ligne).
  • (en) Oscar Chapuis, The last emperors of Vietnam: from Tu Duc to Bao Dai, Greenwood Publishing Group, (ISBN 0-313-31170-6).
  • (en) Herbert Ingram Priestley, France Overseas: Study of Modern Imperialism, Routledge, (ISBN 0-7146-1024-0)
  • (en) Martin Thomas, The French empire between the wars: imperialism, politics and society, Manchester University Press, (ISBN 0-7190-6518-6)
  • (en) V. Largo, Vietnam: Current Issues and Historical Background, Nova Publishers, (ISBN 1-59033-368-3).
  • (en) David G. Marr, Vietnamese Anticolonialism, 1885-1925, University of California Press, (ISBN 0-520-01813-3).
  • (en) Mark Bradley et John Lewis Gaddis, Imagining Vietnam and America: The Making of Postcolonial Vietnam, 1919-1950, UNC Press, (ISBN 0-8078-4861-1).
  • (en) Robert D. Schulzinger, A Time for War: The United States and Vietnam, 1941-1975, Oxford University Press, (ISBN 0-19-512501-0).