Le congrès de Prague est une conférence des représentants diplomatiques des grandes puissances européennes qui a lieu à Prague du au . Sa tenue est prévue par l'armistice de Pleiswitz, signé le précédent à la demande de la Prusse et de la Russie entre Napoléon et les forces de la Sixième Coalition. Le congrès se solde par l'échec des négociations et la déclaration de guerre de l'Autriche à la France.

Congrès de Prague
Type Diplomatique
Pays Empire d'Autriche
Localisation Prague
Date Du au
Participant(s) Empire d'Autriche
Royaume de Prusse
Empire russe
Empire français

Contexte

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Battus par l'armée française lors des batailles de Lützen et de Bautzen en , les troupes russes et prussiennes de la Sixième Coalition sont aux abois. Pour autant, ces victoires françaises ne sont pas décisives[1]. Le chancelier Metternich propose alors la médiation de l'Autriche et la négociation d'un armistice. Cette manœuvre vise en réalité à gagner du temps pour que, d'une part, les coalisés réorganisent leurs forces, et d'autre part, que l'Autriche prépare son entrée en guerre contre la France. Un temps opposé à ces négociations de paix qu'il voit comme un piège, Napoléon est finalement convaincu par son grand écuyer Armand de Caulaincourt qui met en avant le désir de paix du peuple français. L'armistice est signé à Pleiswitz le suivant et valable, dans un premier temps, jusqu'au . Il prévoit l'ouverture d'un congrès qui doit se tenir à Prague. Dans le même temps, la Russie, la Prusse et l'Autriche s'entendent avec l'Angleterre pour signer les traités de Reichenbach pour imposer des conditions de paix très strictes à la France et rejeter sur elle la responsabilité d'une reprise de la guerre. Alors que Napoléon a lui aussi besoin de refaire ses troupes, en particulier sa cavalerie, accepte de prolonger l'armistice jusqu'au [2].

Un « simulacre de congrès »

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Le congrès s'ouvre le à Prague. Du côté français, Caulaincourt et l'ambassadeur en Autriche Louis de Narbonne sont nommés ministres plénipotentiaires. Ils doivent principalement traiter avec l'Autrichien Metternich, chargé de porter également les intérêts russes et prussiens[3]. Leur première rencontre a lieu le . Fervent défenseur du parti de la paix[4], Caulaincourt affiche une posture défaitiste et confie notamment à Metternich : « Vous ne voyez pas en moi le représentant des lubies de l'Empereur, mais de son intérêt véritable et de celui de la France. [...] Ramenez-nous en France par la paix ou par la guerre, et vous serez béni par 30 millions de Français, et par tous les serviteurs et amis éclairés de l'Empereur[5]. »

La proposition de paix consiste à revenir sur la surexpansion française depuis l'avènement de l'Empire en 1804

L'Autriche propose alors à la France une paix générale si elle accepte le démembrement du duché de Varsovie, l'indépendance des départements français d'Allemagne annexés en 1811, et des Pays-bas, la rétrocession de ses provinces illyriennes ainsi que la cession des départements d'Italie au delà des Apennins au royaume d'Italie ; et l'abdication formelle du roi d'Espagne, Joseph Bonaparte[6]. De même, elle souhaite que Napoléon renonce à tous ses titres « royaux » : protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la Confédération suisse, et surtout roi d'Italie. Enfin, l'Autriche et la Prusse doivent-être restaurés dans leur frontières pré-révolutionnaire. La paix aurait alors laissé à la France ses frontières de 1806, et les royaumes de Westphalie, d'Italie et de Naples comme alliés, sous les couronnes respectives de Jérome Bonaparte, d'Eugène de Beauharnais, et de Joaquim Murat, tous des membres directs ou indirects de la famille impériale française, ainsi que le grand-duché de Berg. Napoléon refuse ces offres dans un premier temps, avant de les accepter in extremis, considérant qu'il n'est pas en mesure d'obtenir de meilleures conditions de paix à cause de son manque de cavalerie et de réserves[7]. Cependant, le , à minuit, Metternich annonce la clôture sans résultat du congrès, malgré une dernière tentative de conciliation de la part de Caulaincourt[8] au cours de laquelle il annonce que l'empereur cède à toutes les exigences des puissances européennes.

Le congrès de Prague visait en réalité avant tout à prolonger la trêve de quelques semaines afin de permettre à Vienne de parachever ses préparatifs militaires avant d'entrer en guerre contre la France aux côtés des Coalisés. Ainsi, les offres formulées n'avaient pas pour véritable vocation de terminer la guerre en proposant une paix acceptable par Napoléon, mais bien de prolonger les discussions encore de quelques jours afin de gagner du temps, le tsar Alexandre étant à ce stade déterminé à renverser l'empereur des Français et l'Autriche résolue à abattre le système napoléonien. Enfin, l'ultime offre transmise par Caulaincourt, dans la nuit du 10 au 11 aout, lors de laquelle il annonce que Napoléon cède à l'ensemble des conditions qui lui sont soumises, fut rejetée par Metternich car elle serait selon lui arrivée trop tard[9].

En tout état de cause, rien ne dit que la paix signée à Prague aurait été plus durable que celle d'Amiens. Depuis l'invasion de la Russie, motivée par le non respect des exigences françaises sur le blocus continental, il était clair pour tous que Napoléon était déterminé à installer son hégémonie totale sur le continent.

Le , l'Autriche déclare la guerre à la France[8].

Notes et références

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  1. ↑ Bertaud 2014, p. 238-239.
  2. ↑ Bertaud 2014, p. 240-243.
  3. ↑ d'Arjuzon 2012, chap. 39 « Un simulacre de congrès ».
  4. ↑ Olivier Varlan, « La « trahison » d'Armand-Louis de Caulaincourt : l'éthique d'un diplomate à la fin du Premier Empire », Histoire, Économie et Société,‎ , p. 34-45 (lire en ligne).
  5. ↑ Albert Sorel, L'Europe et la Révolution française, t. VIII, , p. 165.
  6. ↑ Ce dernier avait déjà fui son royaume après le désastre de Vitoria
  7. ↑ Albert Sorel, « Les Alliés et la paix en 1813 », Revue des Deux Mondes,‎ , p. 312–343 (lire en ligne, consulté le )
  8. 1 2 Bertaud 2014, p. 244.
  9. ↑ Albert Sorel, « Les Alliés et la paix en 1813 », Revue des Deux Mondes,‎ , p. 312–343 (lire en ligne, consulté le )

Annexes

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Articles connexes

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Bibliographie

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