Conrad Alexandre Gérard

diplomate français

Conrad Alexandre Gérard ( à Masevaux – à Paris), dit « Le Grand Gérard » (pour le différencier de son frère Mathias Joseph Gérard de Rayneval dit « Le Petit Gérard »), est un diplomate français. Il est surtout connu pour son travail relatif à la reconnaissance officielle des États-Unis par la France.

Conrad Alexandre Gérard
Fonctions
Préteur royal
Strasbourg
-
Ambassadeur de France aux États-Unis
-
Titre de noblesse
Comte
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 60 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Le Grand GérardVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Fratrie
Autres informations
Membre de
Société des Cincinnati de France (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Biographie

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Conrad Alexandre Gérard naît en 1729 dans la province d'Alsace, à Masevaux, chef-lieu de la vallée de la Doller en 1729, de Claude Gérard (1688-1769) né à Vagney, dans les Vosges, qui remplit les fonctions de procureur fiscal des villes et seigneuries de Masevaux et Rougemont, avec la charge des actes de justice, des décomptes financiers et d'autres documents administratifs, et de Marie Françoise Wetzel (1707-?), née en Alsace, à Burnhaupt-le-Bas. Il fait ses études au collège des jésuites de Colmar puis de 1747 a 1749 à l'université protestante de Strasbourg où il est reçu docteur en droit à l'âge de 20 ans.

Il devient alors avocat au conseil souverain d'Alsace. En 1753, parlant couramment l’anglais et l’allemand, il entre, comme son frère Mathias Joseph quelques années plus tard, dans les services diplomatiques du roi de France, qui est alors Louis XV. Ses premières missions l'envoient à Mannheim, en Allemagne, puis en 1761 à Vienne, en Autriche en tant que secrétaire d'ambassade. En 1766 il devient premier commis du ministère des Affaires étrangères. Il a l'honneur d'accueillir en 1770 à Strasbourg la jeune princesse Marie-Antoinette de Habsbourg-Lorraine, future épouse de Louis XVI et reine de France. Cette même année 1770, il acquiert du prince de Nassau-Sarrebruck les deux villages de Moselle actuelle de Munster (à ne pas confondre avec Munster dans la Haut-Rhin actuel) et Insviller[1].

Il est anobli en janvier 1778 sous le nom de Monsieur de Gérard, Comte de Munster[2], titre et nom qu'il n'utilise qu'exceptionnellement, préférant continue à se faire appeler « Monsieur Gérard ».

Portrait de Conrad Alexandre Gérard.

Le , il suit officiellement à l'hôtel de Coislin, situé au 4 place de la Concorde à Paris[3], les négociations menées par le ministre Charles Gravier de Vergennes avec les émissaires américains des treize colonies, venus solliciter l'aide de la France. Le 6 février 1778, il signe au nom du roi Louis XVI avec les députés du Congrès Benjamin Franklin, Arthur Lee et Silas Deane le Traité d'alliance (1778) et le traité d'Amitié et de Commerce franco-américain par lesquels la France reconnaissait également implicitement les États-Unis comme nation souveraine et indépendante.

Le de la même année, il est nommé ministre plénipotentiaire du roi Louis XVI "auprès du Congrès général de l'Amérique septentrionale". Il embarque à Toulon[4], sous le nom secret de Monsieur de Munster pour Philadelphie sur le vaisseau du vice-amiral Charles Henri d'Estaing, navire amiral d'une escadre qui transporte 4 000 soldats français. Arrivé le 12 juillet à Philadelphie, Gérard est le premier ambassadeur de France « aux États-Unis ». Son séjour dure 17 mois.

Son activité nous est connue grâce à la correspondance soutenue qu'il échange avec le ministre français de Vergennes. Elle consiste principalement à subventionner des écrivains — dont Thomas Paine fut le plus célèbre — afin de susciter un courant d'opinion favorable à un renforcement de l'alliance avec la France. Il entretient aussi des relations avec divers membres du Congrès. Ses communications au Congrès prennent le plus souvent la forme d'allocutions orales prononcées lors de séances à huis clos. Durant son séjour en Amérique, il se voit décerner un doctorat en droit par l'université Yale et est admis comme membre de la Société des Cincinnati.

Le , atteint de mauvaises fièvres, il est de retour.en France à bord du Confederacy.

Pour le remercier, le roi Louis XVI le nomme conseiller d'État, "commissaire aux limites du royaume" et lui offre la charge devenue vacante de préteur royal de Strasbourg.

De 1781 à 1789, installé à Strasbourg, il prend à cœur ses nouvelles fonctions[5] Il favorise et encourage la culture des plantes nouvelles rapportées d'Amérique comme le tabac[6]. Malade, il obtient un congé de longue durée le 30 juin 1789. Il meurt à Paris le .

Hommages

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  • Son portrait en pied occupe une place d’honneur au musée de l’Indépendance à Philadelphie.
  • À Masevaux, un collège et une avenue lui sont dédiés.
  • Le , l’ambassadeur des États-Unis a dévoilé la plaque apposée à la maison natale, au no 22, place des Alliés[7].

Notes et références

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  1. ↑ « GÉRARD Conrad Alexandre - Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie d'Alsace », sur Fédération des Sociétés d'Histoire et… (consulté le ).
  2. ↑ Christophe Luraschi, Conrad Alexandre Gérard, éd. Séguier, juin 2008.
  3. ↑ « 7-8eme arrondissements », sur usembassy.gov via Wikiwix (consulté le ).
  4. ↑ Frédéric Magnin, Mottin de La Balme : cavalier des deux mondes et de la liberté, éd. L'Harmattan, 2005
  5. ↑ Antoine Fantin Des Odoards, Histoire philosophique de la Révolution de France, éd. 1807
  6. ↑ Château Anglais, Bischheim
  7. ↑ Elle rappelle que dans cette maison sont venus au monde Conrad Alexandre Gérard et son frère Joseph Mathias Gérard de Rayneval. Les deux frères ont avec les différents ministres depuis Choiseul jusqu'à Vergennes participé à l'élaboration de la politique étrangère de la France et à la direction des services du ministère.

Voir aussi

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Sources et bibliographie

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  • Georges Livet, « Conrad Alexandre de Gérard », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 12, p. 1149
  • Charles Sauter et Paul Bedel, Conrad-Alexandre Gérard, éd. Alsatia.
  • Recueil général des anciennes lois françaises : depuis l'an 420 jusqu'à la Révolution de 1789, Léger, Jourdan, Decrusy, Isambert, ed. Berlin-Le-Prieur, 1826. (p. 196)
  • Archives municipales et registres de délibérations du conseil municipal de Masevaux
  • Histoire de Masevaux, abbaye et sanctuaires, PP Tresch, annoté par E. Martin-Tresch
  • Monographie d'Édouard Gasser sur Masevaux
  • Patrimoine Doller, Bulletin de la société d'histoire de la vallée de Masevaux. Textes : René Limacher, révisés par Jean-Marie Ehret.
  • Yves Stravidès, « Conrad-Alexandre Gérard et les Amériques Septentrionales », dans L'Express, , [lire en ligne]
  • Françoise Noël, Une famille à Remiremont, Éditeur Gérard Louis, 2005
  • Christophe Luraschi, Conrad-Alexandre Gérard (1729-1790), Séguier, (ISBN 2840495341)

Articles connexes

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Liens externes

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