Conseil national des femmes de Tuvalu
Le Conseil national des femmes de Tuvalu (en anglais : Tuvalu National Council of Women, abrégé TNCW) est une organisation non gouvernementale fondée en , qui représente et coordonne les organisations féminines des huit îles des Tuvalu.
Il œuvre à la reconnaissance des droits des femmes aux Tuvalu et à accroître leur participation aux processus décisionnels à l'échelle nationale. L'organisation met également l'accent sur l'autonomisation économique des femmes et développe des programmes de formation. Elle poursuit par ailleurs un objectif de sensibilisation juridique des femmes, afin de leur permettre de mieux comprendre et défendre leurs droits au sein de la société tuvaluane.
Historique
modifierLe Conseil national des femmes de Tuvalu est créé à la fin des années , dans le contexte de l'accession des Tuvalu à l'indépendance, afin de structurer et de coordonner les politiques liées aux femmes à l'échelle nationale[1]. Il fonctionne depuis comme une organisation non gouvernementale faîtière reliant les associations de femmes de l'ensemble des îles de l'archipel, en particulier autour de Funafuti[2].
Dès sa création, le Conseil s'inscrit dans un mouvement plus large de reconnaissance institutionnelle de la place des femmes dans le développement national des Tuvalu, et se développe parallèlement à l'engagement progressif du gouvernement tuvaluan sur ces questions à partir de la fin des années [1]. Il s'impose comme un acteur clé du dialogue entre les femmes des communautés insulaires et l'État, disposant de sa propre constitution et d'un statut d'association caritative enregistrée selon le droit tuvaluan[3].
Dans les années , le Conseil bénéficie de programmes de renforcement mis en place par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de la Commission du Pacifique Sud (CPS) visant à consolider son rôle et ses capacités organisationnelles, notamment à travers des séminaires nationaux consacrés au renforcement de son action et de sa gouvernance[4]. Il est également encouragé à participer à la prise de décision nationale par les autorités publiques, notamment dans le cadre de politiques de développement féminin et de santé communautaire[4].
En 1999, le Conseil lance un « Legal Literacy Project » (« projet de littératie juridique ») en partenariat avec la Pacific Regional Rights Resource Team (RRRT), projet qui évolue par la suite vers un programme plus large de promotion des droits humains[2].
Depuis les années , l'organisation s'implique de manière croissante dans les débats relatifs au changement climatique et à ses impacts spécifiques sur les femmes, contribuant aux discussions nationales et internationales sur l'adaptation et la résilience (en)[5].
Organisation
modifierLe Conseil national des femmes de Tuvalu est dirigé par un comité de gestion composé de 17 femmes représentant les huit communautés insulaires du pays[6]. Ce comité constitue le lien institutionnel entre le gouvernement et les femmes des communautés locales[3]. Le fonctionnement de l'organisation repose sur un secrétariat, composé d'une coordinatrice et de deux membres du personnel et chargé de la mise en œuvre des projets et programmes du Conseil[3],[7].
Dès sa création, des femmes occupent les fonctions dirigeantes et jouent un rôle structurant dans l'organisation, notamment avec la vice-présidence assurée par Naama Latasi lors des premières années d'existence du Conseil[8]. En , sa coordinatrice est Pulafagu Toafa (en)[9]. Lilian Falealuga Tine lui succède[10],[11],[12].
Financement
modifierEn 2006, le Conseil reçoit un financement du gouvernement japonais pour améliorer le Women's Handicraft Centre, établi à Funafuti[13].
En et , le Conseil est financé par le gouvernement tuvaluan par un budget annuel de 10 000 dollars australiens. En et , cette somme est diminuée de moitié, comme pour toutes les organisations non gouvernementales supportées par l'État tuvaluan, à la suite de la crise financière mondiale de 2007-2008[7].
Objectifs
modifierLe Conseil national des femmes de Tuvalu a pour objectif principal la promotion de l'égalité des genres et l'amélioration de la condition des femmes dans les domaines social, économique et politique[2]. Il œuvre à la reconnaissance des droits des femmes et à leur participation accrue aux processus décisionnels à l'échelle nationale[3].
L'organisation met également l'accent sur l'autonomisation économique des femmes à travers des projets générateurs de revenus, des systèmes de microcrédit et des initiatives liées à l'artisanat et à la pêche. Elle développe des programmes de formation couvrant des domaines variés tels que le leadership, la santé familiale, le développement économique et la sensibilisation au VIH/sida[3].
Le Conseil poursuit par ailleurs un objectif de renforcement des connaissances juridiques des femmes, afin de leur permettre de mieux comprendre et défendre leurs droits au sein de la société tuvaluane[2],[12]. En , sa directrice générale, Lilian Falealuga Tine, explique considérer cette diffusion de l'information juridique comme un enjeu central pour lutter contre les discriminations et favoriser l'égalité[2].
Actions
modifierLe Conseil national des femmes de Tuvalu coordonne régulièrement des événements nationaux, notamment à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, en réunissant des représentantes des différentes îles autour d'activités culturelles, religieuses et de sensibilisation. Ces initiatives visent à renforcer la solidarité entre les femmes et à attirer l'attention sur les enjeux globaux affectant les femmes, tels que la sécurité alimentaire et l'accès à l'eau[2].
L'organisation mène également des actions liées à l'adaptation au changement climatique, en particulier à travers des ateliers de jardinage domestique destinés à améliorer la sécurité alimentaire. Elle soutient le développement de techniques agricoles adaptées, comme la culture de plantes vivrières en pots afin de limiter les effets de la salinisation et des submersions marines[5].
Le Conseil participe à des consultations nationales et internationales sur les politiques climatiques et de développement, en collaboration avec les autorités publiques et des partenaires internationaux[14]. Il encourage l'intégration des communautés locales féminines dans les discussions portant sur les enjeux globaux, estimant que cette participation renforce leur compréhension et leur capacité d'action[5].
Le Conseil bénéficie du soutien de programmes gouvernementaux et du Cadre intégré renforcé (CIR) pour renforcer les capacités des femmes, notamment dans les domaines du commerce et de l'entrepreneuriat dans les îles les plus isolées[15].
Bibliographie
modifier- (en) Susie Saitala Kofe et Fakavae Taomia, « Advancing Women’s Political Participation in Tuvalu : A Research Project Commissioned by the Pacific Islands Forum Secretariat (PIFS) », A Woman's Place is in the House–the House of Parliament, , p. 209-255 (lire en ligne).

Notes et références
modifier- 1 2 Kofe et Taomina 2006, p. 221.
- 1 2 3 4 5 6 (en) « Tuvalu National Council of Women International Women’s Day release », Pacific Women, (lire en ligne [archive du ]
). - 1 2 3 4 5 Kofe et Taomina 2006, p. 223.
- 1 2 Pari Soltan-Mohammadi, Renforcement de la planification et de la mise en œuvre des programmes féminins nationaux dans le Pacifique, Nouméa, Commission du Pacifique Sud, , 29 p. (lire en ligne), p. 3-5.
- 1 2 3 (en) Ian M. McGregor, Hilary Yerbury et Ahmed Shahid, « The Voices of Local NGOs in Climate Change Issues: Examples from Climate Vulnerable Nations », Cosmopolitan Civil Societies: An Interdisciplinary Journal, vol. 10, no 3, , p. 69-71 (ISSN 1837-5391, DOI 10.5130/ccs.v10.i3.6019, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) ONU Femmes, Gender Equality Brief for Tuvalu, (lire en ligne), p. 4.
- 1 2 (en) Secretariat of the Pacific Community, Stocktake of the Gender Mainstreaming Capacity of Pacific Island Governments: Tuvalu, Nouméa, (lire en ligne), p. 15-16.
- ↑ Kofe et Taomina 2006, p. 228.
- ↑ (en) Miho Kitamura, « Progressing Women’s Empowerment in Tuvalu », Borgen Magazine, (lire en ligne
). - ↑ (en) « Raising the voice of rural women in Tuvalu », United Nations Development Programme, (lire en ligne
). - ↑ (en) Tomu Paneta Hauma, « A Study on the Commercial Development for Handicrafts to Enhance and Strengthen the Handicraft Industry in (Funafuti) »
[PDF], sur enhancedif.org, (consulté le ). - 1 2 Marie-Lise Rousseau, « La lutte des femmes de Tuvalu vers l’égalité », Gazette des femmes, (lire en ligne
, consulté le ). - ↑ (en) « Japan Provides Funds to Tuvalu National Council of Women »
, sur fj.emb-japan.go.jp (consulté le ). - ↑ (en) Fonds vert pour le climat, Gender Assessment, (lire en ligne), p. 50.
- ↑ Hang Tran, « S'appuyer sur un écosystème commercial unique à Tuvalu », CIR, (lire en ligne
, consulté le ).