Édification de la nation

développement d'une identité nationale
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L’édification de la nation ou la construction de la nation (en anglais nation-building) est un processus par lequel un État utilise ses pouvoirs pour développer, de la part d'un groupe de personnes, une identité nationale et une appartenance à l'État.

Affiche de propagande de 1916 montrant les alliés de la Triple-Entente « sur la route de la victoire » au cours de la Première Guerre mondiale, conflit survenu dans un contexte d'affirmation du nationalisme des puissances européennes.

L'édification de la nation peut aussi user de la propagande ou de massifs développements d'infrastructure pour promouvoir l'harmonie sociale et l'expansion économique.

Rôle de la littérature

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En créant des fictions qui articulent des valeurs collectives et en popularisant des personnages, la littérature a joué un rôle clé dans la construction des identités nationales[1],[2]. Benedict Anderson souligne le rôle de l’imprimerie dans la configuration des « communautés imaginées », générant une identité nationale fondée sur un imaginaire collectif et certains aspects communs, comme la langue[3],[1].

La littérature fut d’abord une question nationale, avant de s'étendre progressivement à l'échelle internationale, jusqu’à devenir un phénomène global, lié au jeu d'influences entre littératures (au pluriel) et ouvrant de nouvelles possibilités de création[1].

Anne-Marie Thiesse, en étudiant la construction de l'identité à travers la littérature, notamment celle de l'État-nation à travers le roman (le « roman national »), en particulier la construction des identités européennes depuis le 18e siècle et les relations entre centre et périphérie dans la formation de l'identité française, souligne qu'il existe une série d'éléments nécessaires à l'élaboration de la nation : une histoire liée à des ancêtres glorieux, des héros paradigmatiques des vertus nationales, une langue, des monuments, un folklore, un paysage typique, une mentalité particulière, des représentations officielles (hymne et drapeau) et des identifications particulières (vêtement typique, spécialités culinaires, animaux emblématiques)[4],[1].

Rôle de l'éducation

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L'expansion de l'enseignement primaire est souvent considérée comme un facteur clé du processus de l'édification de la nation[5]. Au cours du 19e siècle, les dirigeant européens s'appuyaient sur l'enseignement primaire public pour inculquer à leurs sujets une langue commune, une identité partagée et un sens du devoir et de la loyauté envers le régime. Par exemple, en Prusse, l'enseignement primaire de masse a été introduit afin de promouvoir la « loyauté, l'obéissance et le dévouement au roi »[6]. Ces convictions pour forger la loyauté au souverain par le pouvoir de l'éducation, ont également été adoptées par des États d'autres régions du monde, dans des contextes démocratiques comme non démocratiques. Des rapports sur les écoles du temps de l'URSS illustrent le fait que les programmes d'éducation financés par l'État mettaient l'accent non seulement sur les contenus et les compétences académiques, mais aussi sur « l'amour de la patrie et la fermeté envers l'ennemi, la ténacité face aux difficultés, une discipline de fer, l'amour des peuples opprimés, l'esprit d'aventure et l'effort constant »[6].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 (ca) Jaume Garcia Llorens, La ciutat de València. Estudi interdisciplinari contemporani. Local i universal. Memòria i contemporaneïtat. Individu i societat. Espai i escriptura (thèse de doctorat), Castellón de la Plana, Universitat Jaume I, , 670 p. (lire en ligne), p. 43 — disponible sous licence CC BY 4.0.
  2. (en) Anthony D. Smith, Nationalism: Theory, Ideology, History, Polity, , 2e éd., p. 45.
  3. (en) Benedict Anderson, Imagined Communities: Reflections on the Origin and Spread of Nationalism, Verso, (ISBN 978-1-84467-086-4, lire en ligne).
  4. Anne-Marie Thiesse, La création des identités nationales, Paris, Seuil, , 307 p. (ISBN 978-2-02-041406-7), « Histoires nationales », p. 133-162.
  5. (en) Keith Darden et Harris Mylonas, « Threats to Territorial Integrity, National Mass Schooling, and Linguistic Commonality », Comparative Political Studies, (DOI 10.1177/0010414015606735 Accès limité)
  6. 1 2 (en) Felbiger, cité dans Melton 2002, « The Non-Democratic Roots of Mass Education: Evidence from 200 Years » [PDF], Cambridge University Press,

Annexes

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