Contes immoraux
Contes immoraux est un film érotique à sketches français réalisé par Walerian Borowczyk et sorti en 1974.
| Réalisation | Walerian Borowczyk |
|---|---|
| Scénario | André Pieyre de Mandiargues |
| Acteurs principaux |
Fabrice Luchini Charlotte Alexandra Paloma Picasso |
| Pays de production |
|
| Genre | Érotique |
| Durée | 103 minutes |
| Sortie | 1974 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Il met en scène le libertinage à travers les époques par le biais de quatre contes érotiques, chacun précédé d'un prologue. Le film fait scandale à sa sortie, notamment pour aborder et romantiser plusieurs types violences sexuelles, comme le viol, l'inceste et la pédophilie[1].
Synopsis
modifierLe film commence par une citation des Maximes de La Rochefoucauld : « L'amour, tout agréable qu'il est, plaît encore plus par les manières dont il se montre que par lui-même. »
Le film se compose de quatre séquences. Chaque séquence est introduite par un prologue contextuel.
La Marée : « Julie, ma cousine, avait seize ans, j'en avais vingt, et cette petite différence d'âge la rendait docile à mes commandements. »
Ce segment est adapté du récit éponyme issu du recueil Mascarets de l'écrivain André Pieyre de Mandiargues. On y voit André emmener sa cousine mineure sur une plage de Normandie puis, lorsque la marée monte, la forcer à lui faire une fellation, pour son « instruction » selon ses dires.
Thérèse philosophe : . « Les habitants de notre région demandent la béatification de Thérèse H., la pieuse jeune fille honteusement violée par un vagabond. » La Gazette du Dimanche.
Thérèse est punie par sa tante et enfermée dans un débarras. Elle s'amuse alors des objets divers qu'elle y trouve, jusqu'à tomber sur un livre érotique et des photographies de nus. Elle s'initie alors à la masturbation. Ce segment mêle l'imagerie religieuse catholique et l'érotisme. A la fin elle s'échappe du débarras par une fenêtre, et semble se faire agresser dans un champ par un homme.
La Bête : En 1765. Un monstre, la bête de Gévaudan, sème la terreur en France, dans le Massif Central
Une jeune femme part à la recherche de sa brebis égarée dans les bois, et est victime d'un viol par un ours. Ce segment est une adaptation libre de la nouvelle Lokis de Prosper Mérimée. Il est retiré de la version remastérisée du film mais sera réutilisé dans une version longue, sortie l'année suivante.
Erzsébet Báthory : En 1610. la comtesse Erzsébet Báthory, accompagnée de son page, visite les villages et hameaux de son comtat de Nyitra en Hongrie.
La comtesse Báthory fait ramener les femmes d'un village modeste pour les faire assassiner par son page lors d'une orgie sexuelle surréaliste, et se baigner dans leur sang. Elle épargne tout de même l'une d'elle et en fait son amante. La comtesse est finalement arrêtée sur ordre du roi.
Lucrezia Borgia : En 1498. Lucrezia Borgia, accompagnée de son mari Giovanni Sforza, rend visite à son père, le pape Alexandre VI, et à son frère, le cardinal Cèsare Borgia. Le dominicain Hyeronimo Savonarola dénonce la vie dissolue du milieu ecclésiastique.
Tandis que Savonarola dénonce les dérives de l'église catholique, Lucrezia Borgia a une relation incestueuse avec son père et son frère simultanément. Le prédicateur est alors arrêté par les gardes suisses.
Fiche technique
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- Titre original : Contes immoraux
- Réalisation : Walerian Borowczyk
- Scénario : Walerian Borowczyk ; André Pieyre de Mandiargues (La Marée)
- Production : Anatole Dauman
- Société de production : Argos Films
- Photographie : Bernard Daillencourt, Guy Durban, Michel Zolat, Noël Véry
- Musique : Maurice Leroux
- Pays de production :
France - Genre : érotique
- Durée : 103 minutes / 125 minutes
- Dates de sortie :
- Classification :
Distribution
modifier- Fabrice Luchini : André
- Lise Danvers : Julie
- Charlotte Alexandra : Thérèse
- Paloma Picasso : Élisabeth Bathory
- Pascale Christophe : Istvan
- Florence Bellamy : Lucrezia Borgia
- Jacopo Berinizi (Mario Ruspoli) : Alexandre VI
- Cesar Berinizi (Fabrizio Ruspoli) : Cesare Borgia
- Philippe Desboeuf
- Nicole Karen
- Tomas Hnevsa
- Mathieu Rivollier
- Robert Capia
- Gerard Tcherka
- Kjell Gustavsson
- Marie Forså : l'une des victimes de la comtesse (non créditée)
Production
modifierSur La Marée, le chef opérateur habituel de Borowczyk, Guy Durban, est remplacé au dernier moment par Noël Véry, initialement prévu comme opérateur caméra. C'est à Véry que l'on doit les plans magnifiques sur les falaises et la mer[3]. Borowczyk est tellement satisfait de la qualité de la photo qu'il confie également à Véry — sans en informer Durban — le début d'Erzsébet Báthory. Les images de la campagne y sont superbes. Ce qui fait dire à Olivier Bitoun : « On doit donc à Véry les passages les plus somptueux du film, l'ex-opérateur comprenant parfaitement les desiderata d'un cinéaste qui apporte un soin constant à l'élaboration de ses images[3]. ». Durban a plus de mal à se plier aux exigences de Borowczyk. Ulcéré de la façon dont il a été supplanté sur le début d'Erzsebet Bathory, il se brouille définitivement avec le cinéaste[3].
Mario Ruspoli et son fils Fabrizio Ruspoli sont crédités au générique sous les pseudonymes Jacopo et Lorenzo Berinizi.
Distinctions
modifier- Prix de l'Âge d'or, 1974
Notes et références
modifier- ↑ « Contes immoraux (1974) de Walerian Borowczyk – L'Oeil sur l'écran », (consulté le )
- ↑ Visa d'exploitation no 41659 sur Centre National du Cinéma
- 1 2 3 Olivier Bitoun, « Contes immoraux », sur dvdclassik.com, 10 mars 2017 (consulté le 7 octobre 2019).
Liens externes
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