Correspondance (transports)
Une correspondance ou un changement est, dans un voyage en transports en commun, une étape nécessitant de changer de ligne. La descente du premier véhicule et la montée dans le second peuvent se faire au terminus de la ligne ou à une escale intermédiaire.

Motivations
modifierUne correspondance est nécessaire si aucune ligne de transport ne dessert la relation entre un point de départ et la destination. Cela arrive notamment quand le trafic entre deux points n'est pas suffisant pour qu'une compagnie puisse assurer une liaison directe dans des conditions de rentabilité satisfaisantes.
La massification des flux de transport est en effet un levier pour limiter les coûts de transport.
Impact commerciaux
modifierLa SNCF estime que le désagrément ressenti par le voyageur devant subir une correspondance est équivalent à 1 h 30 min de trajet supplémentaire[2]. D’autres études conduisent à des valeurs plus modérées, autour de 30 minutes en moyenne. Cette pénalité regroupe trois composantes : le temps d'attente proprement dit, le temps de déplacement entre les deux services en correspondance et un facteur fixe représentant les inconvénients liés au fait même de devoir changer de véhicule[3].
Ces métriques restent très théoriques car elles regroupent des situations très hétérogènes. Il serait par exemple audacieux de prétendrer comparer le changement à quai entre les lignes du métro de Paris 1 et 6 de la station Charles de Gaulle - Étoile et un voyage aérien en correspondance avec transfert entre les aéroports de Londres-Heathrow et de Gatwick.
Offre commerciale
modifierLes companies de transport vendent des voyages avec une ou plusieurs correspondances.
La correspondance peut impliquer des moyens de transport gérés par deux sociétés différentes. Un accord entre les deux compagnies peut alors améliorer l'expérience client, par exemple pour l'achat d'un billet combiné ou la prise en charge des ruptures de correspondance. Railteam, alliance de compagnies ferroviaires européennes, propose un accord concernant la poursuite du voyage (d)
pour sécuriser les voyages en correspondances entres les réseaux de ses membres[4]. Les alliances de compagnies aériennes proposent des services similaires.
Par opposition un voyage en correspondance autonome (self-connecting) consiste à acheter chaque trajet séparément, souvent auprès de compagnies de transport différentes.
Tarification
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Lorsque les voyages ne sont pas facturés en fonction de la distance parcourue mais selon une somme forfaitaire par voyage, les modalités tarifaires pour pouvoir effectuer une ou plusieurs correspondances diffèrent selon les réseaux.
Ainsi, même si ce n'est pas toujours le cas et qu'il est parfois nécessaire d'acheter un nouveau titre de transport à chaque correspondance, certains réseaux permettent, après une correspondance, de continuer à utiliser le titre qui a été validé pour la première partie du voyage. Les correspondances que le voyageur peut effectuer de cette manière sont généralement limitées : par une durée de validité entre la première et la dernière validation (de l'ordre de 60 ou 90 minutes, selon l'ampleur du réseau) ou en nombre, et il n'est parfois pas permis de reprendre la même ligne, que ce soit dans la même direction pour reprendre un voyage interrompu ou dans le sens inverse pour revenir à son point de départ. Par exemple, dans les réseaux de transport en commun de la région parisienne, le Île-de-France Mobilités prévoit que le voyageur muni d'un ticket t+ peut utiliser ce ticket pour effectuer une correspondance entre lignes de bus et entre ces lignes et les lignes de tramways sur une durée d'une heure trente entre la première et la dernière validation, sans cependant autoriser un aller-retour ou une interruption sur une même ligne de bus ou de tramway et sous réserve de certaines exceptions (bus de nuit, notamment)[5].
De surcroît, cela nécessite parfois d'utiliser un billet spécifique en plus du premier : le billet de correspondance, qui est délivré sur demande du voyageur en même temps que le titre principal ; selon les réseaux, ce billet de correspondance peut être gratuit, ou nécessiter le paiement d'un supplément.
Le billet de correspondance le plus connu est sans doute la « contremarque de passage » au format ticket de métro. Il permet à un voyageur muni d'un billet au départ d'une gare TER ou grande ligne et à destination d'une gare Transilien ou vice-versa de franchir les lignes de contrôles automatiques lors du passage sur le réseau transilien, ce que ne permettent pas les billets grandes lignes ou TER en raison de leur différence de format par rapport aux billets transilien. La contremarque de passage est remise gratuitement à tout voyageur qui en fait la demande à la gare de départ au moment de l'achat du billet principal ou sur présentation de celui-ci.
Par ailleurs, il est parfois possible d'effectuer des correspondances avec un même titre de transport entre plusieurs réseaux différents, si ces derniers ont passé des accords (par exemple, la RATP et transilien SNCF).
En Île-de-France :
- dans le cas particulier du métro, la validation se fait généralement une seule fois pour pénétrer dans le réseau, et le nombre de correspondances y est alors illimité jusqu'à ce que le voyageur ressorte du réseau ;
- concernant le RER et les trains Transilien, la validation s'effectue non seulement à l'entrée mais aussi à chaque correspondance et très souvent en sortie du réseau ;
- dans tous les cas, si le voyageur interrompt son trajet en cours de route (hormis les interruptions imposées par les correspondances), le billet perd automatiquement sa validité (sauf pour les cartes d'abonnements illimités comme la carte Navigo), même si la gare de destination n'est pas atteinte et que le temps limite n'est pas dépassé. Le voyageur devra alors racheter un nouveau titre de transport pour terminer son parcours. À l'inverse, avec un billet grande ligne ou TER, sauf billets spécifiques (comme billets TGV avec réservation, billet à usage immédiat...), le voyageur peut interrompre son parcours à tout moment, même s'il n'est pas en correspondance, et reprendre son trajet avec le même billet, tant que celui-ci reste valable (24 h à compter de la première validation ou du premier compostage).
Le skiplagging est une technique consistant à réserver un billet d'avion avec correspondance puis de s'arrêter à la correspondance sans prendre l'avion pour la destination finale[6].
Par mode de transport
modifierLe changement peut se faire soit au sein du même réseau, soit de manière intermodale, c'est-à-dire en changeant également de mode de transport.
Transport aérien
modifierDans le domaine du transport aérien, les correspondances entre vols sont facilitées par des plates-formes de correspondance.
Cependant elles peuvent être beaucoup plus complexes si elles impliquent un changement de terminal dans un grand aéroport (comme O'Hare de Chicago, avec ses quatre terminaux et neuf halls), voire aller à un autre aéroport (par exemple, correspondance entre Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly). Le voyageur doit dans ce cas récupérer ses bagages, passer la douane, se rendre au nouvel aéroport ou au nouveau terminal, ré-enregistrer ses bagages et repasser de nouveau la douane, augmentant ainsi de manière importante le temps de transit et la fatigue.
Si la correspondance nécessite de quitter la zone sous douane, les voyageurs doivent se conformer aux règles d'entrée dans le pays de transit[7] .
Transport ferroviaire
modifierTransports urbains
modifierGestion des flux
modifierElle est très complexe et utilise de plus en plus les modélisations multi-agent[8].
Aspects spatiaux
modifierLes pôles d'échanges sont les lieux où l'on change de mode de transport, dans le domaine du transport de passagers.
Correspondance quai à quai
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La forme la plus simple de correspondance consiste à descendre d'un véhicule à un arrêt et à monter à bord d'un autre véhicule au même arrêt.
Les deux rames peuvent se suivre sur le même voie, dans le tronçon central d'une exploitation en branches. Elles peuvent aussi s'arrêter de part et d'autre d'un quai central.
Transfert en station
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Certaines correspondances nécessitent de descendre à un arrêt et de monter à bord d'un autre véhicule à un arrêt (quai) différent dans la même station. Le couloir de correspondance peut être long et justifier la mise en place d'un transport hectométrique.
Correspondance par la voie publique
modifierUne correspondance sur la voie publique est un changement de transport en commun nécessitant de sortir de la station et d'en prendre une autre, éventuellement au niveau de la rue. Ces correspondances peuvent dissuader les usagers qui ne connaissent pas le quartier ou avoir des conséquences sur le prix du billet. Elle peuvent par exemple sortir de la zone contrôlée délimitée à l'intérieure d’une station ou d’une gare par des équipements de validation et entrainer la fin de validité du titre de transport. Dans le métro de Paris seules quelques correspondances par la voie publique sont ainsi autorisées avec le même ticket[9].
Changement de gare
modifierQuand la distance entre les deux arrêts est trop importante pour que la marche soit envisageable, il faut qu'une offre de transport soit disponible. C'est souvent le cas par exemple entre les aéroports et les gares grandes lignes situées en centre-ville.
Cette offre de transport peut être une navette dédiée (par exemple CDGVAL) ou utiliser le réseau publique (péri)urbain de la ville. Les formalités d'achats du billet, le coût supplémentaire de celui-ci, le temps d'interconnexion, les risques de retard ... sont autant de frein supplémentaires à l'attractivité de la correspondance.
Aspects temporels
modifierLa durée de correspondance est également importante. Trop courte, elle risque de poser des problèmes aux usagers occasionnels ou à mobilité réduite, sans parler du risque de retard d’un des modes de transports. Trop longue, elle peut être rebutante.
Le temps de correspondance minimum (d)
(ou TCM) est le délai minimum pour qu'un passager puisse faire une correspondance
Plage de rendez-vous
modifierUne plage de rendez-vous correspond au moment où au moins deux lignes de transport s'arrêtent en même temps et offrent une possibilité réciproque de commutation. Par exemple une plate-forme de correspondance aéroportuaire est organisée pour coordonner les arrivées et les décollages des vols longs et court courriers en correspondances.
Dans un réseau ferroviaire utilisant un horaire cadencé, un point nodal (nœud) est une gare de correspondance qui a la particularité d'être située au point de croisement des trains grande-ligne. Dans une gare de ce type, il est possible d'organiser des rendez-vous à l'instant T du croisement des deux trains de manière à optimiser les possibilités de correspondance entre train régional et grande-ligne mais aussi entre deux trains régionaux.
Prise en charge de l'attente
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Les services en gare (presse, restauration…) peuvent rendre plus acceptable ce temps d'attente.
Ce temps d'attente offre une clientèle captive, par exemple aux boutiques hors taxes des aéroports.
Le stopover consiste à allonger la durée d'une correspondance pour visiter la ville d’escale[10].
Rupture de correspondance
modifierIl faut prendre en compte les situations dégradées, c'est-à-dire les cas de retard du premier véhicule ayant forcé le passager à manquer le départ du second.
Le contrat de transport peut prévoir la prise en charge du voyageur (indemnisation, rapatriement..).
Bagagerie
modifierDans un aéroport le transfert des bagages de soutes peut être pris en charge, sinon le voyageur doit récupérer ses bagages entre deux vols pour les enregistrer à nouveau.
Une consigne automatique permet aux voyageurs de déposer temporairement leurs effets.
Alternatives
modifierUne voiture directe est une voiture de chemin de fer permettant aux voyageurs d'effectuer un très long trajet sans changement de train.
Notes et références
modifier- ↑ Station appartenant à la RATP et desservie par 4 lignes de métro (plus trois autres via trois stations, accessibles via des souterrains).
Elle est reliée directement par un ensemble de souterrains aux gares Saint-Lazare (desservie par des relations grandes lignes, TER et Transilien), Haussmann-Saint-Lazare et Auber (desservies chacune par une ligne de RER). Les deux premières appartiennent à la SNCF, la dernière à la RATP. - ↑ L'expérience du TGV tracté entre Nantes et les Sables d'Olonne, p2 Michel Carrier, Conseil général des ponts et chaussées, 1 novembre 2003.
- ↑ Tables rondes FIT Évaluer la commodité d'usage des transports publics p.48, International Transport Forum · 2014
- ↑ Hop on the next available train (HOTNAT)
- ↑ Décision n° 2007/463 du 28 juin 2007 relative aux conditions générales de vente et d'utilisation du ticket t+, annexe, § 2
- ↑ Julie Malo, « «Skiplagging» : la fausse bonne astuce pour payer son billet d'avion moins cher ? », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ Peut-on sortir de l’aéroport pendant une escale aérienne ?
- ↑ Thèse de doctorat de Hakim Laïchour, "Modélisation multi-agent et aide à la décision : Application à la régulation des correspondances dans les réseaux de transport urbain. "USTL, Automatique et informatique industrielle. PDF, 213 pages
- ↑ Règles de correspondances et correspondances par la voie publique, iledefrance-mobilites.fr
- ↑ "Stopover" : l'escale entre deux vols, nouvelle arme de séduction massive