Coup d'État de 1925 au Chili
Le coup d'État du 23 janvier 1925 est un soulèvement militaire survenu au Chili ayant renversé la junte au pouvoir présidée par le général Luis Altamirano Talavera et favorise le retour du président constitutionnel Arturo Alessandri Palma, qui se trouve en Europe à la suite de la crise politique de 1924. Le mouvement est principalement dirigé par de jeunes officiers et des officiers de rang intermédiaire de l'armée, parmi lesquels Marmaduque Grove et Carlos Ibáñez del Campo, qui cherchent à réorienter la politique du pays et à garantir la mise en œuvre d'un processus de réforme constitutionnelle.

Histoire
modifierLe , des officiers de rang intermédiaire, coordonnés principalement par Marmaduque Grove et Carlos Ibáñez del Campo, mènent un coup d'État qui renverse la junte d'Altamirano. Les militaires firent irruption dans le palais de La Moneda et arrêtèrent le président de la junte ainsi que les autres membres du gouvernement militaire. Divers récits indiquent qu'une brève fusillade a eu lieu dans la cour du palais, faisant quelques morts et blessés, bien que les chiffres précis varient selon les sources et l'historiographie[1].
Les putschistes ne cherchent pas à instaurer leur propre régime, mais à rétablir l'autorité du président Alessandri, qu'ils considèrent comme la figure légitime pour mener un processus de réorganisation institutionnelle et mettre en œuvre des réformes sociales et politiques. Après la chute d'Altamirano, une première junte provisoire présidée par le général Pedro Pablo Dartnell est constituée. Son mandat est toutefois de courte durée en raison de la pression exercée par divers secteurs politiques et militaires qui exigent une direction plus large. Quelques jours plus tard, Dartnell est remplacé par une junte civilo-militaire dirigée par l'avocat et diplomate Emilio Bello Codesido, aux côtés de représentants de l'armée de terre et de la marine. Cette junte, connue sous le nom de « gouvernement de janvier », se donne pour mission de préparer le retour du président constitutionnel[2].
La nouvelle administration adresse une invitation officielle à Arturo Alessandri pour qu'il revienne dans le pays et reprenne ses fonctions, dans l'objectif mener à bien un processus de réformes institutionnelles en profondeur[3].
Alessandri rentre le au Chili, où il est accueilli par une immense manifestation populaire à Santiago. Après avoir repris le pouvoir, il déclare son intention de réorganiser les institutions politiques du pays et de mettre fin au système parlementaire, qu'il tient pour responsable de l'instabilité des années précédentes[4].
Notes et références
modifier- ↑ (es) Francisco Antonio Encina, Historia de Chile, vol. XL, Santiago, .
- ↑ (es) Patricio Silva, Los militares y la política en Chile, Santiago, Ediciones UDP, .
- ↑ (es) « Archivo Nacional Histórico | Archivo Nacional », sur archivonacional.gob.cl (consulté le ).
- ↑ (es) Biblioteca del Congreso Nacional de Chile, La Constitución de 1925.