Coup du lapin
Le coup du lapin est un traumatisme du rachis cervical, qui peut être dû au mouvement de la tête ou à un coup porté. Ce type de coup peut provoquer des blessures graves et irréversibles, notamment des lésions à la moelle épinière, ainsi que des lésions cérébrales potentiellement mortelles. Il est interdit dans les principaux sports de combat.
| Handicap | Cervicalgie post-traumatique |
|---|
| Spécialité | Médecine d'urgence et orthopédie |
|---|
| CIM-10 | S13.4 |
|---|---|
| CIM-9 | 847.0 |
| DiseasesDB | 14122 |
| MedlinePlus | 000025 |
| MeSH | D014911 |
Ce terme vient d’une pratique qui consistait à tuer le lapin par un coup direct derrière la nuque qui produit un traumatisme en hyperextension avec une fracture ou une luxation haute du rachis cervical entraînant des troubles neurologiques et la mort par lésion du bulbe rachidien.
Étymologie
modifierTraumatisme indirect
modifierIl s'agit dans ce cas d'un traumatisme indirect du rachis cervical en flexion-extension, en général lors d'un accident dans un véhicule brutalement arrêté. Il produit plutôt des entorses du rachis cervical, habituellement bénignes, mais pas toujours. Il peut également produire des fractures, particulièrement des fractures du corps en compression. Pour l’éviter, les véhicules sont équipés d'appui-têtes.
La locution anglaise pour le même phénomène est « whiplash injury », traumatisme en « coup de fouet ».
Traumatisme direct
modifierDans ce cas, le coup du lapin désigne un coup reçu au niveau du cou ou à la base du crâne. Il est dangereux à cause des risques de dommage à la colonne vertébrale et par conséquent à la moelle épinière, qui peuvent entraîner la paralysie ou la mort.
En anglais, ce type de coup porte le nom de « rabbit punch » pour les mêmes raisons qu'en français. Il a donné son nom à un film de 1948, Un lapin qui a du punch (Rabbit Punch) montrant Bugs Bunny engagé dans un combat de boxe.
Signes cliniques et traitement
modifierOn observe des cervicalgies immédiates (ou retardées) allant de l'occiput jusqu'au dos en passant par les épaules. Il est aussi possible de constater des vertiges, pertes de mémoire, acouphènes et autres.
Dans 50 % des cas, la guérison se fait spontanément au bout de trois à quatre semaines. Dans 40 % des cas, les plaintes se poursuivent pendant un an. Il faut donc envisager une prise en charge médicale. Le traitement est principalement le port de la minerve ou d'un collier cervical. La rééducation par mobilisation active est un bon moyen de récupération. Dans quelques cas, il est possible de faire des infiltrations ou de prendre des médicaments prescrits par le médecin.
Lorsque les signes cliniques persistent plus d'un an on parle alors de « late post-whiplash syndrome ».
Dans le sport
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Les coups du lapin sont interdits dans les principaux sports de combat, notamment en boxe et en arts martiaux mixtes (MMA). En boxe anglaise, le coup du lapin est interdit du fait de sa dangerosité. Les coups portés derrière la tête sont interdits par les règlements de la Fédération internationale et de la Fédération française de boxe[3].
Ces coups présentent un risque important de blessures graves en raison de la zone touchées, notamment au niveau de la tête et du cou. Le World Boxing Council souligne notamment les risques de lésions graves liés aux coups portés à cette région[4].
Plusieurs incidents très médiatisés mettent en évidence les dangers des coups du lapin :
- Le , le boxeur portoricain Prichard Colón affronte Terrel Williams lors d'un combat disputé à Fairfax (Viriginie). Au cours du combat, Williams lui porte à plusieurs reprises des coups à l'arrière de la tête, dont certains sont sanctionnés par l'arbitre. Colón se plait notamment de vertiges, mais le combat se poursuit. Après la rencontre, il s'effondre dans les vestiaires et est transporté à l'hôpital, ou une hémorragie cérébrale est diagnostiquée. il subit une intervention chirurgicale d'urgence et reste dans le coma pendant 221 jours[5]. À son réveil, Colón souffre de graves séquelles neurologiques et reste dans un état végétatif pendant plusieurs années. Il nécessite des soins et une assistance constants, tout en poursuivant des séance de rééducation[6]. Il meurt le , à l'âge de 33 ans[7].
- Le , le boxeur mexicain Francisco « Frankie » Leal affronte Raul Hirales à Cabo San Lucas (Mexique). Leal est mis KO au huitième round et s'effondre peu après. Transporté à l'hôpital, il est diagnostiqué avec une grave lésion cérébrale et tombe dans le coma. Il meurt le à San Diego, à l'âge de 26 ans[8].
- Le , John Bieniewicz, arbitre de football, est frappé au cou par Bassel Abdul-Amir Saad, un joueur mécontent, lors d'un match amateur à Livonia (Michigan). Bieniewicz perd connaissance à la suite du coup et meurt deux jours plus tard à l'hôpital. Une autopsie conclut qu'il est mort d'un traumatisme contondant au cou. Saad est initialement poursuivi pour agression avec intention de causer des blessures graves, puis inculpé pour meurtre au deuxième degré après le décès de Bieniewicz[9].
Notes et références
modifier- ↑ (en) « Idiom Origins - Rabbit punch - History of Rabbit punch », sur idiomorigins.org (consulté le )
- ↑ (en) « Definition of RABBIT PUNCH », sur www.merriam-webster.com, (consulté le )
- ↑ Fédération Française de Boxe, « Code sportif de la boxe professionelle » [PDF],
- ↑ (en) « Referees must rigorously apply the Prichard Colon Rule », (consulté le )
- ↑ (en) Lance Pugmire Lance Pugmire is the Los Angeles Times’ former boxing/MMA/Ducks beat writer, « Family of injured boxer Prichard Colon praying, seeking answers », sur Los Angeles Times, (consulté le )
- ↑ (en) « A Boxer's Recovery - Prichard Colon », sur Charlotte Kesl (consulté le )
- ↑ « L'ancien boxeur portoricain Prichard Colón est mort à 33 ans. », sur L'Équipe, (consulté le )
- ↑ (en) Dan Rafael, « Francisco Leal dies of brain injury », sur www.espn.com, (consulté le )
- ↑ (en) « Trial Ordered For Dearborn Man In Murder Of Soccer Referee », CBS News, (lire en ligne)
Annexes
modifierArticles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la santé :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
