Couramiaud ou Couramiau est un gentilé coutumier plus ou moins revendiqué des habitants de Saint-Chamond (Loire).

Ce terme date du Moyen Âge, il est lié aux superstitions concernant les chats noirs, supposés porter malheur et être associés aux sorcières. Dans de nombreux endroits ils étaient chassés et massacrés.

Autrefois dans la ville un feu allumé par les habitants célébrait la fête de la Saint-Jean. Il symbolisait la purification et le renouveau au moment du solstice d'été. Au-dessus, était suspendue, à l'extrémité d'un mât, une cage en osier renfermant des chats noirs. Ils symbolisaient alors le démon. Quand le mât brûlait, la cage tombait et se brisait, les chats plus ou moins brulés s'enfuyaient. Alors, les Couramiauds couraient après les chats. Le nom aurait peut-être été donné par des habitants des communes voisines (comme souvent dans les processus de nomination coutumiers) sur le mode des noms d'usage. Selon cette version du courre-à-miau, variante de sacrifices des chats brulés de la Saint-Jean ou d'Haloween qu'on retrouve ailleurs (liés aux rejets des pratiques druidique certainement, stigmatisées comme sorcellerie) serait moins cruelle que celle qui consistait à jeter des chats directement dans le feu, elle-même moins cruelle de celle de bruler des sorcières... On pourrait même l'interpréter comme jeu avec ce stigmate du chat noir[1], double conjuration en quelque sorte.

Si il connait une forme de réhabilitation, s'inscrivant dans un mouvement général d'une revalorisation des cultures populaire et régionales[2], il a longtemps été perçu comme péjoratif.

Deux étymologies coutumières sont avancées. La première indique que « court après les chats » donne « court après les miaous » courre-à-miau[N 1] ».[3] en variante patois du franco-provençal, agrégé par suite en couramiaud.

Une seconde variante rapprocherait cette coutume du nom même de la ville (selon des sources locales qui tiendraient cela des générations précédentes semble-t-il) soulignant qu'à cette occasion le cri des habitants « mon chat, mon chat » aurait en quelque sorte 'sanctifié' ce « chat mon chat mon » s'associant, si l'on suit cette hypothèse non sourcée au nom du saint de référence de la ville, Saint-Ennemond...entrant en résonance avec la variante Saint-Chamond du nom du même saint. [réf. nécessaire][4]. Cette hypothèse, bien qu'ayant l'air d'une reconstruction possiblement, voire probablement fantaisiste, ouvre l'hypothèse d'une possible interférence sur le choix du nom de la commune lors de son extension à partir de la Colline de Saint-Ennemond au XIIè siècle (voir un aperçu plus détaillé d'une histoire de la ville[5]).

Actuellement, des propositions festives reprennent ce terme de couramiaud, plus ou moins sur la même période de l'année que celle de la Saint-Jean, et connaissent un renouveau relatif[6] (dans le cadre notamment du Festival Rue des Artistes[7]) sans ses modes opératoires primitifs évidemment (les sacrifices de chats ne font plus partie des valeurs partagées). D'autres usages locaux, appellation d'associations par exemple, rendent également hommage à ce gentilé coutumier.

La question d'un renouveau des gentilés coutumiers, même relatif, auquel participent les habitants d'une commune, dans une ville ici inscrite aussi dans une histoire industrielle, est un des aspects qui peuvent interroger la revalorisation des histoires, anthropologies régionales, leur mise en perspective[8].

Notes et références

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  1. Courre n'est plus utilisé qu'à l'infinitif de façon transitive : courre le cerf, courre le lièvre ; « Dagobert le grand venant courre le cerf. ». Sous une forme désuète est lue : « elle [Mme de Clèves] le [duc de Nemours] vid cour[r]e la bague<ref>Marie-Madeleine Pioche de La Vergne La Fayette (comtesse), La Princesse de Clèves, vol. 1, Paris, Claude Barbin, , 223 vues, 4 tomes en 2 vol. ; in-12 (lire en ligne), partie 1, p. 118.

Références

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