Courlis à bec grêle

espèce d'oiseaux

Numenius tenuirostris

Numenius tenuirostris
Description de cette image, également commentée ci-après
Illustration naturaliste du Courlis à bec grêle.
Classification COI
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Aves
Ordre Charadriiformes
Famille Scolopacidae
Genre Numenius

Espèce

Numenius tenuirostris
Vieillot, 1817

Statut de conservation UICN

( EX )( EX )
EX  : Éteint

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 29/07/1983

Le Courlis à bec grêle (Numenius tenuirostris) est une espèce d'oiseaux Charadriiformes de la famille des Scolopacidae. C'est un limicole disparu depuis 1996 qui vivait l'été en Sibérie et hivernait au sud et à l'est du pourtour méditerranéen[1]. En raison de sa rareté, les connaissances sur ce courlis sont très faibles ; ses mœurs et son milieu de vie exact nous sont inconnus. Cet oiseau éteint à la fin du XXe siècle est l'emblème de l'Union pour la protection des oiseaux de Russie. Selon la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 15.2, 2026)[2], c'est une espèce monotypique (non subdivisée en sous-espèces).

Description

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L'espèce mesure entre 36 et 41 cm, ce qui lui donne une taille proche de celle du Courlis corlieu (Numenius phaeopus). Il se distingue de ce dernier et du Courlis cendré (Numenius arquata), plus grand, par son bec très fin, ses taches noires presque rondes (en forme de gouttes) sur la poitrine et les flancs et son croupion et sa queue plus clairs. Il est à noter que le juvénile n'a pas (ou très peu) de taches en forme de gouttes sur les flancs.

Le cri de contact de cet oiseau est un "klu-iie" qui ressemble au cri du Courlis cendré en étant plus doux, plus aigu et plus rapide (parfois devenant un trille)[3]. En vol, il émet le cri d'alarme "kou-i".

Répartition

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Ancienne aire de répartition.
  • Présence en période de nidification.
  • Présence en période d'hivernage.

Cet oiseau nichait en Sibérie occidentale et hivernait notamment au Maroc, dans la lagune de Merja Zerga[4]. Des données hivernales existent également dans de nombreux pays méditerranéens. Des données incertaines récentes en Mésopotamie et dans le golfe Persique suggéraient l'existence de sites d'hivernage inconnus mais les recherches entreprises n'ont pas abouti[4]. En migration, l'espèce fréquentait l'Europe de l'Est, de l'Italie à la Grèce, et était même régulière dans le midi de la France au XIXe siècle[5]. Il migrait vers la Méditerranée en faisant halte pour s'alimenter sur les sites lagunaires des limans des bouches du Danube, du lac Vistonide dans le parc national de Macédoine-Orientale-et-Thrace en Grèce du Nord et de la saline d'Ulcinj au Monténégro[6],[7].

La chute rapide de sa démographie au XXe siècle est due à la disparition de son biotope, les zones humides, par leur drainage pour l'agriculture intensive[8].

Les premières alertes sur le possible déclin de l'espèce sont émises dès 1912[9].

Rarement photographié, un cliché de cet oiseau a été pris en France en dans la réserve naturelle nationale de la baie de l'Aiguillon en Vendée par Michel Brosselin, secrétaire général de la LPO et photographe animalier, en observation sur le site. À marée haute, les populations de limicoles rejoignaient la pointe d’Arçay, où la chasse est interdite[10].

Le seul enregistrement du Courlis à bec grêle connu à ce jour a été fait par l'ornithologue français Claude Chappuis. Après le décès de ce dernier en 2021, la sonothèque qu'il a constituée, incluant le Courlis à bec grêle, a été léguée à la Macaulay Library de l'Université Cornell à Ithaca (État de New York)[11].

En 1988, l'espèce apparaît sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)[4].

La dernière observation du Courlis à bec grêle remonte à 1995 au Maroc[12],[8].

Un plan d’action est établi en 1996, mais sans succès. Entre 2009 et 2011, une opération de la dernière chance est menée par la RSPB et Birdlife International. Plus de 700 sites dans une trentaine de pays sont quadrillés à la recherche du Courlis à bec grêle. Du Maroc au Kazakhstan, de la Serbie à l’Arabie saoudite, des bénévoles arpentent des marais salants, des lagunes, des estuaires, des deltas, mais en vain[10].

Une étude publiée en dans la revue ornithologique Ibis, estime à 96 % le risque que Numenius tenuirostris ait été effacé du globe depuis 1996. Ses conclusions se fondent sur l'application de la méthodologie de l’UICN sur l’ensemble des données existantes concernant le Courlis à bec grêle[9].

Dans l'écozone paléarctique occidentale, il s'agit de la première espèce d'oiseau à connaître ce statut[8].

Comportement, nidification

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Pratiquement rien n'est connu de cet oiseau. Son nid ne fut observé qu'à de rares reprises, en Sibérie occidentale, sur les rives du fleuve Irtych où il nichait en petites colonies, pondant ses œufs en mai[4]. En hiver, l'espèce migrait vers la Méditerranée où elle était grégaire.

Habitat

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Les seuls nids qui furent trouvés étaient situés dans une zone de transition, au nord de la steppe eurasienne et au sud de la taïga[4]. En migration et en hivernage, l'espèce fréquentait les milieux humides.

Systématique

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Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Numenius tenuirostris Vieillot, 1817[13].

Ce taxon porte en français le nom normalisé de « Courlis à bec grêle »[13],[14],[15],[4].

Références

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  1. (en) « Slender-billed Curlew Numenius tenuirostris » Accès libre, sur BirdLife International (consulté le ).
  2. Congrès ornithologique international, version 15.2, 2026.
  3. Gejl 2016, p. 323.
  4. 1 2 3 4 5 6 UICN, consulté le .
  5. Inventaire des oiseaux de France.
  6. (en) Damijan Denac, Martin Schneider-Jacoby et Borut Stumberger, Adriatic Flyway : Closing the gap in bird conservation, Radolfzell, Euronatur Foundation, (ISBN 978-3-00-032626-4, lire en ligne [PDF]).
  7. (en) « Ulcinj Salina – a “birds’ airport” » Accès libre, sur balkangreenenergynews.com, (consulté le ).
  8. 1 2 3 « Première extinction d’une espèce continentale d’oiseau en Europe » Accès libre, sur lpo.fr, (consulté le ).
  9. 1 2 (en) Graeme M. Buchanan, Ben Chapple, Alex J. Berryman et Nicola Crockford, « Global extinction of Slender‐billed Curlew (Numenius tenuirostris) », Ibis, vol. 167, , p. 357-370 (ISSN 0019-1019 et 1474-919X, DOI 10.1111/ibi.13368 Accès libre).
  10. 1 2 Perrine Mouterde, « Le courlis à bec grêle, échassier des zones humides, n’existe plus : récit de la première extinction d’un oiseau continental depuis cinq siècles » Accès payant, sur lemonde.fr, (consulté le ).
  11. (en) « 2024 Year in Review: eBird, Merlin, Macaulay Library, and Birds of the World » Accès libre, sur ebird.org, (consulté le ).
  12. Anne-Sophie Tassart, « Aperçue une dernière fois en 1995, cette espèce d'oiseau serait aujourd'hui éteinte » Accès payant, sur sciencesetavenir.fr, (consulté le ).
  13. 1 2 GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le .
  14. MNHN & OFB [Ed]. 2003-présent. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Site web : https://inpn.mnhn.fr, consulté le .
  15. CITES, consulté le .

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Marc Duquet et Michel Brosselin, « Le Dernier Courlis à bec grêle Numenius tenuirostris observé en France : 40 ans déjà ! », Ornithos, Rochefort, Ligue pour la protection des oiseaux, vol. 15, no 6, , p. 426-429 (ISSN 1254-2962).
  • Lars Gejl (trad. du danois par Marie-Anne Tattevin), Guide d'identification des limicoles d'Europe Europas Vadefugle »], Paris, Delachaux et Niestlé, , 376 p. (ISBN 978-2-603-02442-3), p. 322-323.
  • (en) Peter Hayman, John Marchant et Tony Prater, Shorebirds: an identification guide to the waders of the world, Boston, Houghton Mifflin Company, , 412 p. (ISBN 0-395-37903-2, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 318-319 & planche 52 p. 140-141.
  • (en) T. Piersma, J. van Gils et P. Wiersma, « Family Scolopacidae (Sandpipers, Snipes and Phalaropes) », dans Josep del Hoyo, Andrew Elliott et Jordi Sargatal, Handbook of the Birds of the World, vol. 3 : Hoatzin to Auks, Barcelone, Lynx edicions, , 821 p. (ISBN 978-84-87334-20-7, lire en ligne Inscription nécessaire), p. 504 & planche 42 p. 500.

Liens externes

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