Fluctuation du cours des actions
La fluctuation du cours des actions résulte de trois facteurs d'importance comparable : les performances intrinsèques de la société, des facteurs macro-économiques, des facteurs psychologiques.
La décision d'achat ou de vente par un investisseur d'une quantité d'actions à un prix donné est fonction de ces facteurs dans des proportions variables et souvent personnelles. Tant que leur conjonction est favorable, les investisseurs achètent, quitte à accepter un prix supérieur. Si le courant d'achat est significatif, le cours de bourse monte, à moins que certains investisseurs vendent.
Lorsque la conjonction de ces trois facteurs est défavorable, les investisseurs vendent, même à un cours plus bas que la cotation. Le cours peut alors baisser.
Lorsque les acheteurs sont plus nombreux que les vendeurs, le cours monte fortement ; au-delà d'un certain pourcentage de hausse, il peut être bloqué par l'AMF (Autorité des marchés financiers à Paris). Il est alors réservé (à la hausse) en attendant qu'un équilibre se trouve.
Lorsque les vendeurs sont plus nombreux que les acheteurs, le cours baisse ; il peut être réservé à la baisse en attendant un nouvel équilibre. Les vendeurs réalisent alors des prises de bénéfices ou prennent des positions à perte.
Les cours peuvent aussi être réservés à la demande de la société émettrice, dans l'attente de diffusion d'information (augmentation de capital, offre publique d'achat ou OPA etc.).
Les trois facteurs de variation
modifierInfluence des performances de la société
modifierQuand la société réalise des performances financières supérieures aux attentes du marché, le cours a tendance à augmenter.
La corrélation entre les bénéfices et le cours est mesurée par le price-earnings ratio, c'est-à-dire le ratio cours/bénéfice net par action. Les comparaisons de PER n'ont de sens qu'entre sociétés du même secteur.
Les investisseurs peuvent être plus sensibles aux perspectives de performances, qu'au résultat présent. Si une société annonce de bons résultats, mais que les perspectives sont défavorables, le cours ne montera pas.
Quelques événements ont généralement un effet à la hausse sur le cours :
- annonce de bons résultats ;
- prévisions de bons résultats dans les mois qui suivent ;
- plan de restructuration destiné à diminuer les frais généraux ;
- vente d'un secteur de l'entreprise moins rentable que la moyenne de l'entreprise ;
- vente d'un secteur qui n'est pas dans le cœur du métier de l'entreprise (l'entreprise recentrée aura une meilleure rentabilité) ;
- vente de filiale de l'entreprise avec une forte plus-value par rapport au prix payé pour l'acquérir ;
- rachat d'actions par la société (quand la société rachète ses propres actions). Ces informations sont publiées sur le site de l'AMF ;
- rachat d'actions de la société par ses dirigeants : il dénote une confiance des dirigeants dans leur société. Ces informations sont publiées sur le site de l'AMF ;
- arrivée d'un dirigeant avec une bonne réputation ;
- offre publique d'achat (OPA), quand la société est la cible d'une OPA, c'est-à-dire quand une autre société propose d'acheter ses titres à un cours supérieur au cours actuel, ou offre publique d'échange (OPE) lorsque le paiement se fait en titres de la société qui acquiert.
Certains événements peuvent avoir aussi un effet à la baisse, par exemple, une augmentation de capital (par opposition au rachat d'actions par la société) ou une OPA quand la société en est à l'origine (elle essaie d'en acquérir une autre en payant un prix supérieur au cours actuel). Les mêmes événements peuvent susciter des espérances de développement : ils influencent alors le cours des actions dans un sens positif.
Influence de facteurs macro-économique
modifierUn climat économique favorable (période de croissance) va avoir un effet positif sur la plupart des cours. À l'inverse, un climat de récession les poussera à la baisse.
Les perspectives du secteur de l'entreprise (distribution, pétrole, technologie) influent sur tous les titres du secteur, amplifiant ou corrigeant les cotations selon qu'elles sont corrélées au climat général des affaires.
Les bons résultats annoncés par une société concurrente (société du même secteur) ont souvent un effet à la hausse. Même si les deux sociétés sont dans une situation de forte concurrence, comme Alstom et Siemens, par exemple.
La hausse des taux d'intérêt (fixés aux États-Unis par la Fed et en Europe par la BCE) a un effet négatif sur la bourse. Elle augmente le coût du crédit et gêne le développement des entreprises.
La publication de statistiques économiques : inflation, chômage, confiance des consommateurs ou des chefs d'entreprise, a une influence. Des indicateurs normés, publiés par des instituts ou des universités, reconnus par le marché comme l'Université du Michigan aux États-Unis, peuvent également jouer.
Des agences de notation (Moody's, Standard & Poor's, Fitch Ratings...) attribuent des notes à la plupart des grandes sociétés. Ces notes sont censées représenter la solidité financière de la société. La baisse de la note d'une société entraîne souvent une baisse de son cours : elle anticipe une dégradation des résultats. La baisse de la note gênera l'entreprise dans son développement : les banques augmenteront le taux d'intérêt de leurs futurs crédits.
La hausse du cours d'une devise défavorise les sociétés exportatrices de la zone de la devise : elles exporteront moins, deviendront moins compétitives. La hausse de l'euro sur la société EADS) en est un exemple. À l'inverse, elle a un effet favorable sur les sociétés importatrices, ou les sociétés dont l'essentiel du marché est hors de la zone.
Les hausses du coût de l'énergie a un effet défavorable sur les entreprises consommatrices et favorable sur les sociétés productrices (pétrolières et gazières ainsi para-pétrolières (prospection, extraction, transport, stockage). Elles affectent particulièrement les sociétés de transport (compagnies aériennes, transports routiers).
Les hausses de cours des métaux et autres produits transformables (comme les plastiques) ont un effet favorable sur les sociétés productrices (sociétés minières, pétrochimiques, de première transformation). Elles ont un effet défavorable sur les secteurs qui consomment ces matériaux, tels que le bâtiment, l'automobile ou les travaux publics.
Les hausses de cours de produits alimentaires ont un effet favorable sur les semenciers, les sociétés de matériels agricoles, les sociétés agro-alimentaires bien établies qui peuvent répercuter les coûts dans leurs prix de vente. Elles ont un effet défavorable sur les sociétés qui ne peuvent pas répercuter ces coûts. Ces hausses affectent la grande consommation et donc les résultats des entreprises de distribution.
Des évènements extérieurs peuvent avoir un effet à la baisse sur les cours : menaces de nationalisation par les dirigeants d'un pays où la société est implantée, climat d'insécurité, appel au boycott...
Influence limitée des crises sur la bourse
modifierLa bourse est plus sensible aux périodes de récession (déclarée ou à venir) qu'aux périodes de crise[1][source insuffisante].
| Crise | 1 an après | 2 ans après |
|---|---|---|
| Blocus de Berlin (19/07/1948) | -3,3 % | +13,2 % |
| Guerre de Corée (13/07/50) | +28,8 % | +39,3 % |
| Crise des missiles de Cuba (23/10/62) | +33,8 % | +57,3 % |
| Assassinat de John F. Kennedy (22/11/63) | +25,0 % | +33,0 % |
| Incidents du golfe du Tonkin (06/08/64) | +7,2 % | +3,1 % |
| Premier choc pétrolier (06/12/74) | +42,2 % | +66,5 % |
| Deuxième choc pétrolier (17/03/80) | +27,9 % | +5,9 % |
| Guerre du Golfe (23/08/90) | +23,6 % | +31,3 % |
| Attentats du 11 septembre 2001 | -2 % (env.) | +9 % (env.) |
| Début de la Guerre d'Irak (3/2003) | +36 % | +42 % |
| Crise bancaire et financière de l'automne 2008 | +16 % (env.) | +30 % (env.) |
Influence des facteurs psychologiques
modifierCertains facteurs immatériels jouent sur les cours :
- les rumeurs (fondées ou non) : rumeurs de bons (ou de mauvais) résultats, d'innovations et de nouveaux produits, rumeurs d'OPA. Utiliser des informations privilégiées à son profit ou au profit de tiers est un délit puni par la loi : délit d'initiés ;
- les tendances et les modes, comme celle des sociétés internet qui a provoqué une bulle spéculative au début des années 2000 ;
- les réactions (sous-réactions et surréactions notamment) individuelles et collectives des investisseurs au marché sont étudiées par la finance comportementale ;
- les méthodes de bourse : quand elles sont appliquées par de nombreux investisseurs, elles peuvent être auto-réalisatrices si de très nombreux investisseurs vendent (ou achètent) un titre dont le cours réalise une certaine figure d'analyse technique ;
- les comportements moutonniers qui amplifient une hausse ou une baisse au-delà du raisonnable. Ils peuvent notamment aboutir à une utilisation trop intensive du levier financier sur les marchés à terme (achats à terme ou ventes à terme, notamment à découvert), ainsi que des options boursières et ceux des produits dérivés.
Conséquences et points divers
modifierPenny stock
modifierQuand le cours d'une action baisse en dessous d'une seuil souvent fixé à 1 dollar ou 1 euro, il reçoit l'appellation de penny stock. Un titre de penny stock souffre d'une image défavorable dans le grand public, mais est apprécié des traders.
Corrélations
modifierDes indicateurs extérieurs à la bourse pourraient influencer les indices boursiers. Une corrélation originale est celle proposée par Paco Rabanne dans son livre Trajectoires (p. 107 dans l'édition de poche de J'ai lu)[2]. Il expose que dans la mode, la longueur des jupes et des robes est en corrélation avec la situation économique. Les robes sont courtes en période de prospérité économique et rallongent dans les périodes de récession. Il prend l'exemple de la sortie de la Première Guerre mondiale avec les jupes plus courtes suivies par la période prospère dite des Années Folles. En 1927, le couturier Jeanne Lanvin rallongea les jupes aux chevilles, peu de temps avant la crise de 1929. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les jupes étaient de nouveau courtes, au début de la période faste des Trente Glorieuses. La minijupe est à son apogée dans les années 1960. La mode du rétro et des jupes longues précéda la crise du pétrole en 1973. Si non e vero...
Notes et références
modifier- ↑ Données avant l'année 2000 extraites de : Journal le Monde (journal) dimanche 23 et lundi 24 avril 2001 ; données après l'année 2000 prises sur le site http://www.Boursorama.com
- ↑ Paco Rabanne, Trajectoire, Paris, Michel Lafon, coll. « J'ai lu », , 188 p. (ISBN 2-277-23411-7)
Annexes
modifierArticles connexes
modifier- Histoire des bourses de valeurs
- Bourse des valeurs
- Journal Investir
- Analyse technique (des cours de bourse)
- Dead cat bounce
- Renko chart
Bibliographie
modifier- Theory of Financial Risk and Derivate Pricing, J-P Bouchaud, M. Potters (Cambridge University Press, 2003). (ISBN 0521819164)
- Secrets pour gagner en bourse par Stan Westein ; Valor Éditions ; 2T 2000 ; 343 pages.
