Couvent des Grands-Augustins

couvent situé à Paris, en France

Le Couvent des Grands-Augustins est un ancien couvent parisien, détruit pendant la Révolution.

Couvent des Grands-Augustins
Image illustrative de l’article Couvent des Grands-Augustins
Le couvent des Grands-Augustins.
Présentation
Type Couvent
Rattachement Augustins
Début de la construction v. 1263
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Commune 6e arrondissement de Paris
Coordonnées 48° 51′ 24″ nord, 2° 20′ 01″ est
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Couvent des Grands-Augustins
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Couvent des Grands-Augustins

Situation

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Il se trouvait sur la rive gauche le long de la Seine (6e arrondissement), face à l'île de la Cité et au Pont-Neuf. Le couvent était limité au nord par le quai des Grands-Augustins, à l'est par la rue des Grands-Augustins (le chœur de l'église occupait l'angle des deux voies), et s'étendait à l'ouest au-delà de la rue Dauphine (ouverte en 1607 sur son territoire contre indemnisation, lors de la construction du Pont-Neuf), et au sud au-delà de l'actuelle rue du Pont-de-Lodi ouverte de 1798 à 1802 sur son ancien domaine après l'expulsion des religieux et la vente des terrains comme bien national.

Historique

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Les Augustins de l'ancienne Observance viennent s'établir à Paris sous le règne de Saint Louis, d'abord au-delà de la porte Saint-Eustache, où leur arrivée est attestée en 1259[1]. La construction du monastère des Augustins, dits « francs-sacs », débute vers 1263 à l'initiative de Louis IX. Le , ils prennent possession du couvent des Frères Sachets sur le bord de la Seine, dans le territoire de Saint-Germain-des-Prés. Ils entreprirent la construction d'un grand couvent au siècle suivant.

Ces moines se réclament de la règle établie par Saint Augustin, Père de l'Église (354-430), ils ne relèvent que de Rome. L'édifice est construit entre 1368 et 1453, date de la dédicace de l'église sous le règne de Charles VII. Cette église abrite la sépulture de quelques personnages célèbres, tels l'historien Philippe de Commynes (mort en 1509) et des poètes de la Pléiade.

Le couvent des Augustins (clocher près de la Seine) sur le plan de Truschet et Hoyau (1550).

On sait que fourbisseurs et couteliers y avaient leur confrérie[2].

C'est dans ce couvent qu'Henri III fonda l'ordre des Chevaliers du Saint-Esprit (ordre du Saint-Esprit), le 1579, et en 1583 la confrérie des Pénitents-Blancs. C'est également en ce lieu que Louis XIII fut intronisé, le soir même de l'assassinat de son père Henri IV, tandis que sa mère Marie de Médicis était nommée régente.

Le couvent prend une grande importance, et ses vastes salles au cœur de Paris devinrent des lieux d'assemblée pour le Parlement, la Chambre des Comptes, les États généraux de 1614, les assemblées générales du clergé de France à partir de 1615, et pour la Chambre de justice de 1716[3].

En 1751, l'Académie de Saint-Luc y organise son exposition[4].

La partie ouest des dépendances du couvent est achetée (vers 1572 ?[5]) par Louis IV de Gonzague-Nevers pour agrandir les jardins du vaste hôtel particulier qu'il se fait construire en aval (Hôtel de Nevers, ancien hôtel de Nesles, emplacement actuel de l'hôtel de la Monnaie).

Le reste du couvent fut détruit durant la Révolution française. Après avoir abrité une imprimerie d'assignats, le terrain et les bâtiments sont mis en vente en 1797 en partie comme bien national sur lesquelles la rue du Pont-de-Lodi est ouverte, et le Marché de la Vallée, une grande halle aux arcades de pierre, est établi à l'emplacement de l'église (il a été démoli en 1867, là où se trouve actuellement une résidence hôtelière, « Les Citadines »).

Il ne reste plus de l'ancien couvent (au n°55 du quai) qu'un cadran solaire visible au fond du jardin, au quatrième étage, et deux pierres tombales[6] dont celle du frère Nicaise de Hautpas qui trépassa en l'an 1314[7].

Grands et Petits Augustins

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Il y avait à Paris d'autres lieux appelés «Augustins» :

Le couvent des Petits-Pères, à proximité de la place des Victoires, sur le plan de Roussel de 1730.

Les « Petits Augustins », originellement « couvent des Petits-Augustins déchaussés », puis « réformés », et dont l'histoire est liée à la reine Marguerite de Valois, qui en 1613 leur offre un terrain issu de son hôtel particulier avec promesse de faire construire un monastère. Ce bâtiment, protégée par la jeune Anne d'Autriche, fut construit à partir de 1619. La rue qui longe le monastère fut baptisée « rue des Petits-Augustins » (future rue Bonaparte). Le couvent est occupé par les moines jusqu'à la Révolution française, avant d'être vendu comme bien national et en partie détruit après la suppression des ordres religieux. C'est là que fut inauguré le musée des Monuments français en 1795, bâtiment octroyé ensuite à l'École nationale des beaux-arts en 1816[8], dont le prieuré de la Saint-Trinité[9].

Des « Augustins déchaussés » quittèrent en 1629 cette communauté pour aller s'établir rive droite sur l'actuelle place des Petits-Pères, près de la rue Notre-Dame-des-Victoires. Leur lieu est appelé « Couvent des Petits Pères ». Ils y font construire une église en 1656, actuelle basilique Notre-Dame-des-Victoires de Paris.

La mairie de l'ancien 3e arrondissement de Paris occupait ce qui resta du couvent après la Révolution. Les restes du couvent furent détruits à partir de 1849 pour laisser place à la mairie du 2e et à une caserne de pompiers.

Notes et références

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  1. , sur data.bnf.fr.
  2. James Buchan, John Law : A Scottish Adventurer of the Eighteenth Century, Londres, Maclehose Press, , p. 123
  3. Jules Guiffrey, Livrets des expositions de l'Académie de Saint-Luc à Paris pendant les années 1751, 1752, 1753, 1736, 1762, 1764 et 1774, avec une notice et une table, (1915), Librairie des Arts et Métiers, Nogent-le-Roi, 1991, Réédition par Jacques Laget, pp. V et VI.
  4. Cette cession n'est pas mentionnée par Hillairet (1-382 : Hôtel de Nevers, 11 quai de Conti), et doit être mieux sourcée.
  5. Hillairet, Dict. (1985) p 599a.
  6. « École Nationale Supérieure des Beaux-Arts (ancien couvent des Grands-Augustins) », notice no PA00088507, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. Prieuré de la Sainte-Trinité des Petits-Augustins, sur data.bnf.fr.

Voir aussi

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Sources et bibliographie

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  • Aubin-Louis Millin, Antiquités nationales, ou recueil de monuments pour servir à l'histoire générales et particulière, tome 3, Paris, 1791, lire en ligne ;
  • Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, 1963 (8e éd, les Éditions de Minuit, 1985), vol 1, p 598-599 (quai des Grands -Augustins), et p 210 (14 rue Bonaparte, Petits-Augustins).

Articles connexes

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Liens externes

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