Crack Attack!
Crack Attack! est un jeu vidéo de réflexion libre développé par Daniel Nelson au début des années 2000. Distribué sous licence GNU GPL, il s'inspire du jeu Tetris Attack de Nintendo[1] et est disponible sous Linux et Windows ; un portage indépendant vers Mac OS X est également réalisé.
| Développeur |
Daniel Nelson, Andrew Sayman |
|---|
| Genre | |
|---|---|
| Mode de jeu |
Un joueur, multijoueur |
| Plate-forme | |
| Langue |
Anglais |
| Moteur |
| Site web |
|---|
Le jeu a été diffusé dans l'écosystème GNU/Linux des années 2000 grâce à son intégration dans plusieurs distributions et à sa présence dans différents magazines et ouvrages consacrés à Linux.
Système de jeu
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Le principe de Crack Attack! est inspiré de Tetris Attack[2]. Le joueur doit empêcher une pile de blocs colorés d'atteindre le sommet de l'écran. Pour éliminer les blocs, il permute deux blocs adjacents afin d'aligner au moins trois blocs de même couleur, horizontalement ou verticalement.
Les alignements multiples (« combos ») et les réactions en chaîne génèrent des blocs d'obstacles (« garbage ») envoyés à l'adversaire lors des parties multijoueurs, ou au joueur lui-même en mode solo. Le jeu comprend un mode solo basé sur le score et un mode multijoueur, en réseau local ou par Internet. Une variante appelée X-treme introduit des types de blocs supplémentaires et augmente la difficulté.
La vitesse à laquelle la pile monte s'accroît progressivement au fil de la partie, rendant le jeu de plus en plus exigeant : il requiert une concentration soutenue et mobilise à la fois la réactivité, le sens de l'observation et les réflexes du joueur[3],[4].
Développement
modifierLe projet est créé par Daniel Nelson au début des années 2000. Écrit en C++, il utilise OpenGL pour l'affichage graphique et requiert une carte graphique gérant l'accélération 3D[5] ; il propose dès ses premières versions un mode multijoueur en réseau[1].
Les premières versions publiques remontent à 2001 ; le jeu est intégré aux archives de Debian dès décembre 2001[6]. À partir de la version 1.1.10, Andrew Sayman participe au développement et assure les versions suivantes[7]. La version stable 1.1.14, qui ajoute notamment le son (composé par Miguel Ángel Vilela), un mode graphique très allégé et un adversaire géré par l'ordinateur, paraît le 14 mai 2005[7].
En juin 2006, Andrew Sayman annonce une version alpha, numérotée 1.1.15, destinée à tester une réécriture de la couche réseau reposant sur la bibliothèque ENet (transport UDP), dans le but de réduire la latence des parties[8]. Cet effort bénéficie alors de contributions extérieures, en particulier de Thorbjørn Lindeijer, qui apporte des améliorations au rendu et au réseau[9]. Cette version expérimentale introduit un protocole réseau incompatible avec les versions précédentes. Le développement se poursuit ensuite de façon sporadique sur la branche de la future version 1.1.15 — avec notamment l'ajout, en 2008, de cubes 3D aux textures personnalisables par l'utilisateur —, mais aucun successeur stable de la version 1.1.14 n'est publié ; le dernier changement enregistré dans le dépôt date du 20 février 2009[10]. En mai 2012, Andrew Sayman annonce sur son blog l'abandon du développement, expliquant que la finalisation de la 1.1.15 s'était enlisée lorsqu'il s'était tourné vers la programmation d'une intelligence artificielle[9].
Bien que le développement du jeu soit arrêté, celui-ci continue d'être porté et entretenu par des amateurs sur de nouvelles plateformes. Il fait ainsi l'objet d'un portage indépendant vers Mac OS X, baptisé Mac Crack Attack! et réalisé par Daniel Aarno, qui y ajoute le son, un mode plein écran et une interface native Cocoa[11]. Présenté dès 2006 par le magazine Macworld australien[12], ce portage est maintenu bien après l'arrêt du jeu original : une version parue en 2021 prend encore en charge les Mac récents, à processeur x86 comme Apple silicon[11]. Le jeu fait également l'objet d'un portage homebrew pour la console Wii, réalisé par Alberto Mardegan et publié sur l'Open Shop Channel en 2024[13].
Diffusion et réception
modifierCrack Attack! fait partie des jeux libres régulièrement diffusés dans l'écosystème GNU/Linux des années 2000[14]. Intégré aux archives de Debian dès décembre 2001[6], il y figure toujours plus de vingt ans plus tard, son paquet restant maintenu par l'équipe Debian Games[15] ; selon le curriculum vitæ de son auteur, il est aussi présenté dans Linux Magazine en 2003[16] et empaqueté pour la plupart des grandes distributions Linux — Mandrake, Red Hat Linux et Fedora, ainsi que SuSE —, et figure encore aujourd'hui dans les dépôts d'openSUSE[5],[17],[18]. L'édition Mandriva Linux 2006 le propose ainsi parmi ses jeux[19]. Il est notamment fourni d'origine sur l'ordinateur portable Asus Eee PC[20],[21],[22], distribué sur de nombreux CD et DVD de magazines informatiques entre 2004 et 2010 dans au moins neuf pays[23],[24],[25],[26],[27],[28],[29],[30], et mentionné dans divers ouvrages consacrés à Linux[31],[2],[32],[33],[34],[35],[36].
Le jeu reçoit un accueil favorable dans la presse informatique, qui souligne sa prise en main immédiate et son rythme nerveux[37],[38],[39],[40]. Le site Acid Play, qui lui attribue la note de 8,5 sur 10, le décrit comme « un excellent jeu de réflexion, rapide » au gameplay « addictif et abouti »[3]. Dans son hors-série Linux Starter Pack (2008), Linux Format juge le mode à deux joueurs « presque aussi amusant que possible sur une machine Linux »[41], tandis que PC Professionale conclut en 2010 que « le plaisir est garanti »[4].
Communauté
modifierAu début des années 2000, une communauté de joueurs se structure autour du jeu. Des classements en ligne sont mis en place sur le site attackscores.de.vu[42] et une ligue indépendante permet aux joueurs d'organiser des rencontres multijoueurs[43]. Le jeu est également répertorié sur The Linux Game Tome, l'un des principaux annuaires de jeux Linux de l'époque[44]. Le jeu est par ailleurs cité comme favori par plusieurs figures de l'écosystème Linux : la rédaction de Linux Format le compte, dans son numéro final en 2025, parmi ses deux jeux officieux de prédilection, aux côtés d'Unreal Tournament[45] — son ancien rédacteur en chef Paul Hudson y confiant avoir « joué à bien trop de parties de Crack Attack »[46] —, tandis que des contributeurs des communautés Debian et Ubuntu le mentionnent parmi leurs logiciels favoris[47].
Notes et références
modifier- 1 2 (en) « Crack Attack! », sur nongnu.org (consulté le )
- 1 2 (en) Mary Leete, Free Software For Dummies, Wiley, , 440 p. (ISBN 978-0-7645-9579-0, lire en ligne), p. 358 :
« Crack Attack is similar to Tetris Attack […] »
- 1 2 (en) moshboy, « Crack Attack » [archive], sur Acid Play (consulté le ) : « Crack Attack is an excellent, fast paced puzzle game […] the game play is really addictive and polished. It does not feel like a 'rushed' clone […] »
- 1 2 (it) « Crack Attack », PC Professionale, Mondadori, no 233, , p. 103 (lire en ligne) :
« il divertimento è assicurato »
- 1 2 (en) « Crack attack », sur LinuxSOFT.cz (consulté le )
- 1 2 (en) « Installed crack-attack 1.1.2-1 (powerpc source) », sur Debian Project,
- 1 2 (en) « Crack-Attack! 1.1.14 released », sur Savannah,
- ↑ (en) « Crack-Attack! 1.1.15 Alpha needs testing! », sur Savannah,
- 1 2 (en) Andrew Sayman, « Letting Go of Crack Attack! », sur gnu-lorien.livejournal.com, : « I'm not going to do any more actual work to maintain Crack Attack! »
- ↑ (en) « gnu-lorien/crack-attack — historique des commits », sur GitHub (consulté le )
- 1 2 (en) « Mac Crack Attack », sur SourceForge (consulté le )
- ↑ (en) « MacCrackAttack 1.1.3 », Macworld Australia, , p. 27 (lire en ligne)
- ↑ (en) « Crack-Attack », sur Open Shop Channel (consulté le )
- ↑ « Crack-attack », sur Framalibre
- ↑ (en) « crack-attack — Debian Package Tracker », sur Debian (consulté le )
- ↑ Daniel Nelson, Curriculum Vitæ, section « Crack Attack! ».
- ↑ (en) « RPM Search : crack-attack », sur rpm.pbone.net (consulté le )
- ↑ (en) « Package crack-attack » [archive], sur software.opensuse.org (consulté le )
- ↑ Sébastien Blondeel, Daniel Cartron et Juliette Risi, Débuter sous Linux avec Mandriva, Eyrolles, (ISBN 978-2-212-11689-2), p. 506
- ↑ (en) « Eee PC User's Manual (Eee PC 2G Series) — annexe « GNU General Public License » », sur ASUSTeK Computer,
- ↑ (en) Jes Hall, « ASUS Eee PC », Linux Journal, no 167, , p. 43 (lire en ligne) (version web : « ASUS Eee PC », sur linuxjournal.com).
- ↑ (en) Joel McNamara, Asus Eee PC For Dummies, Wiley, , 366 p. (ISBN 978-0-470-41154-4, lire en ligne), p. 128 et 131
- ↑ (en) « Linux Format no 48 — CD », sur Internet Archive
- ↑ (de) « Computer Bild 1/2010 — DVD », sur Internet Archive,
- ↑ (pl) « Komputer Świat Extra — Twój Niezbędnik 3/2004 », sur Internet Archive,
- ↑ (tr) « PCnet, Eylül 2004 — 111 ücretsiz oyun », sur Internet Archive,
- ↑ (tr) « PCnet — CD « 100+ oyun » », sur Internet Archive,
- ↑ (cs) « Tetrismanie », sur Internet Archive,
- ↑ (uk) « Gameplay no 3 (19) 2007 — CD », sur Internet Archive, ITC Publishing,
- ↑ (en) « Linux For You no 70 — DVD « FunStuff » », sur Internet Archive, EFY Enterprises,
- ↑ (en) David Brickner, Test Driving Linux : From Windows to Linux in 60 Seconds, O'Reilly Media, , 341 p. (ISBN 978-0-596-00754-6, lire en ligne), p. 104 et 335 :
« This game looks a bit like a Tetris clone, but it's actually much more difficult. The object of the game is to line up three or more blocks of the same color, either vertically or horizontally […] »
- ↑ (en) Binh Nguyen, Linux Dictionary (lire en ligne), p. 430
- ↑ (en) Nicolae Sfetcu, Game Preview, (lire en ligne), p. 68
- ↑ (nl) Rob Baas, Windows 7, Easy Computing, , 847 p. (ISBN 978-90-456-4730-2, lire en ligne), p. 589-590
- ↑ (en) Sean McManus, Raspberry Pi For Dummies, Wiley, (ISBN 978-1-119-41200-7, lire en ligne), p. 83
- ↑ (en) John Locke, Open Source Solutions for Small Business Problems, Charles River Media, (ISBN 1-58450-320-3, lire en ligne), p. 515
- ↑ (nl) « Spelletjes op de +CD : Crack Attack! 1.0 », c't, nos 11/2001, , p. 30 (lire en ligne)Édition néerlandaise de c't.
- ↑ (de) « Knoppix 5.3 », c't, Heise, nos 6/2008, , p. 167 (lire en ligne) :
« durch coolen Sound und schicke 3D-Grafik »
- ↑ (en) « Crack Attack », Atomic, no 61, , p. 69 (lire en ligne) :
« so criminally addictive that you won't care »
- ↑ (en) « Open-source games », Atomic, no 85, , p. 26 (lire en ligne) :
« if I can mention only one classic puzzle game, it has to be Crack-Attack »
- ↑ (en) « Linux games : Crack Attack », Linux Starter Pack, Future Publishing, , p. 60 (lire en ligne) :
« two-player Crack Attack games are about as much fun as you can have with your Linux box »
- ↑ (en) « Crack Attack! Highscores », sur attackscores.de.vu
- ↑ (en) « CrackAttack League », sur lumpn.de
- ↑ (en) « Crack Attack! », sur The Linux Game Tome
- ↑ (en) « Join the revolution! », Linux Format, no 329, , p. 8 (lire en ligne) :
« Linux Format had two unofficial-official games of choice – Unreal Tournament (curse you, Hudzilla) and the less resource-hungry Crack Attack (curse you again, Hudzilla) »
Rétrospective des 25 ans, numéro final (LXF329). - ↑ (en) Paul Hudson, « Join the revolution! : 25 years of Linux Format », Linux Format, no 329, , p. 9 (lire en ligne) :
« And I also played far, far too many games of Crack Attack »
- ↑ (en) « MOTU Interview: Steve Kowalik », Full Circle Magazine, no 10, , p. 25 (lire en ligne)
Bibliographie
modifier- (en) David Brickner, Test Driving Linux : From Windows to Linux in 60 Seconds, O'Reilly Media, (ISBN 978-0-596-00754-6)
- (en) Mary Leete, Free Software For Dummies, Wiley, (ISBN 978-0-7645-9579-0)
- (en) Joel McNamara, Asus Eee PC For Dummies, Wiley, (ISBN 978-0-470-41154-4)
- (en) Binh Nguyen, Linux Dictionary
- (en) Nicolae Sfetcu, Game Preview,
- (nl) Rob Baas, Windows 7, Easy Computing, (ISBN 978-90-456-4730-2)