Crique Alama

rivière française de Guyane

La Crique Alama est un cours d'eau long de 58 km situé dans la zone contestée entre la Guyane française et le Suriname. C'est un affluent du fleuve Maroni en rive droite.

Crique Alama
Illustration
Caractéristiques
Longueur 58,3 km [1]
Bassin 398 km2
Bassin collecteur Maroni
Régime pluvial équatorial
Cours
Source Massif du Mitaraka
· Localisation Maripasoula
· Altitude 436 m
· Coordonnées 2° 16′ 13″ N, 54° 32′ 31″ O
Confluence Itany
· Localisation Maripasoula
· Altitude 156 m
· Coordonnées 2° 26′ 13″ N, 54° 25′ 11″ O
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Département Guyane
Régions traversées Drapeau de la Guyane Guyane
Principales localités Maripasoula

Sources : SANDRE : « 54020500 », Géoportail, OpenStreetMap

Hydronymie

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En Wayana, Alama signifie mouche mélipone (ou mouche à miel). Ainsi, soit des Alamajana (littéralement les gens d’Alama en Wayana) qui sont un des groupes fondateurs des Tïlïyo, qui étaient alliés avec les Kukujana (un des clans Wayana), occupaient cette crique autrefois, et ils lui ont laissé leur nom (ou l’inverse). Soit la crique fut envahie par des mélipones à un moment donné, et elle en porte le nom car le miel est une denrée recherchée[2].

Géographie

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Cours de la rivière

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La crique Alama prend sa source à 436 m d'altitude dans le massif du Mitaraka, à l'extrémité sud-ouest de la Guyane, tout près de la frontière avec le Brésil. La rivière coule d'abord vers l'est-sud-est pendant environ un tiers de son parcours, puis effectue un virage à 90° pour prendre une direction nord-nord-est avant de finir par couler vers le nord-ouest sur son dernier tiers. La crique rejoint l'Itany en rive droite, à 156 m d'altitude, après un parcours forestier de 58 km à travers le parc amazonien de Guyane et sur la commune de Maripasoula[1]. L'Itany devient ensuite la Lawa, puis le Maroni avant de se jeter dans l'océan Atlantique.

En amont du village d'Antécume-Pata, un accord sur la frontière entre la France et le Suriname n'a toujours pas été trouvé. En effet, selon la France, la frontière est située sur l'Itany tandis que selon le Suriname, le Malani fait office de frontière. Ainsi, puisque la crique Alama est située entre ses deux rivières, elle coulerait sur le territoire surinamais selon le Suriname[3].

Commune traversée

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La crique Alama traverse donc selon la France la seule commune de Maripasoula, dans le département de la Guyane et dans l'arrondissement de Saint-Laurent-du-Maroni[1].

Bassin versant

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Son bassin versant a une superficie de 398 km2 et arrose la seule commune de Maripasoula[4].

Affluents

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La crique Alama compte de nombreux affluents de faibles longueurs dont aucun ne porte de nom. Le plus important mesure 17,9 km[5].

Hydrologie

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Histoire

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Vers le XVIIIe siècle, plusieurs groupes amérindiens de Guyane, ont migré des rivières Jari et Paru au Brésil afin de fuir les traqueurs d’esclaves armés par les traiteurs portugais. Ils se sont alors implantés dans les monts Tumuc-Humac, certains sur la haute Litani et les autres au pied du massif du Mitaraka, et notamment le long de la crique Alama dans le village d'Alama patatpë. Ces différents groupes culturels ont alors fusionné pour créer le peuple Wayana. Ils y ont vécu au moins cent ans, avant leur longue descente du Maroni par le Marouini et la Litani. Les traces des plus anciens villages Wayana se situent donc sur les rives de la crique Alama. Ainsi, le lieutenant Vidal, envoyé pour reconnaître la frontière franco-hollandaise en 1861, note la présence d’un village à l’embouchure de la crique Alama, village qui faisait le lien avec les villages du Jari, et qui facilitait les relations de commerce avec les Boni. L’explorateur Henri Coudreau relève quant à lui, trente ans plus tard, en 1890, les traces d’un ancien village plus en amont sur la crique Alama à deux jours de marche de l’embouchure. La crique Alama fut ainsi un des lieux de vie des différents groupes proto-Wayana[2].

Aménagement et écologie

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Milieu naturel

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La crique prend sa source dans le massif du Mitaraka qui constituent, avec le Tchoukouchipann, une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un site avec une diversité écologique, abritant une biodiversité patrimoniale[6]. Ce massif granitique fait partie des légendaires monts Tumuc-Humac, qui correspond enfaîte à un vaste ensemble de savanes-roches et d'inselbergs émergeant de manière spectaculaire de la forêt guyanaise environnante[7]. Cette région possède une biodiversité exceptionnelle avec de nombreuses espèces rares ou endémiques de Guyane comme le saki satan pour les grands mammifères et le coq-de-roche, le martinet à collier blanc et le faucon orangé pour l'avifaune. Certaines espèces liées aux forêts d'altitude y sont aussi présentes comme le tangara orangé et le toucanet de Derby. L'ananas pousse également dans le massif.

La crique passe ensuite un peu plus en aval à l'ouest du pic Coudreau, qui constitue également une ZNIEFF[8]. Le pic Coudreau est un très haut inselberg se présentant en un dôme et un piton émergeant verticalement sur plusieurs centaines de mètres du couvert forestier environnant. La ZNIEFF couvre également plusieurs savanes-roches avec une biodiversité exceptionnelle. Par exemple, l'amazone de Dufresne, le tangara à galons rouges, le coq-de-roche orange, l'hocco alector, le pénélope marail, l'agami trompette sont des espèces d'oiseaux présentes dans cette région. La présence du tapir et de l'atèle y est aussi avérée[8].

La totalité du cours de la rivière est également compris dans le cœur de parc du parc amazonien de Guyane.

Voir aussi

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Notes et références

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  1. 1 2 3 Fiche de la Crique Alama sur le site du SANDRE.
  2. 1 2 Marie Fleury, « Archéologie participative avec les Wayana dans les Tumuc-Humac (Mont Mitaraka, crique Alama, Guyane Française) », Revue d’ethnoécologie, , p. 21 (lire en ligne)
  3. « Guyane française – Suriname : le tracé définitif de la frontière officiellement fixé sur 400 km », Eduscol, (consulté le )
  4. Zone hydrographique selon Carthage 2017 Code Sandre : 5402
  5. Fiche de 54020510 sur le site du SANDRE.
  6. ZNIEFF 00460001 - Massif du Mitaraka et Tchoukouchipann, INPN.
  7. ZNIEFF 00460000 - Reliefs des Tumuc-Humac, INPN.
  8. 1 2 ZNIEFF 00460002 - Pic Coudreau du Sud, INPN.
Ressource relative à la géographieVoir et modifier les données sur Wikidata :