Croix allemande

distinction militaire allemande du Troisième Reich
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La croix allemande est une décoration militaire du Troisième Reich, instituée le par Adolf Hitler pour récompenser les mérites militaires répétés. Elle est divisée en deux classes : or, pour le mérite au combat, et argent, pour le mérite acquis dans des rôles non combattants. Une troisième classe, or avec diamants, a été esquissée en 1942, mais n’a jamais été décernée. Au total 24 024 croix allemandes en or et 1 114 en argent ont été remises entre 1941 et 1945.

Croix allemande
(de) Kriegsorden den Deutschen Kreuzes
Illustration.
Croix allemande en or.
Conditions
Décerné par Troisième Reich
Type Ordre militaire
Décerné pour Actes de bravoure
Éligibilité Militaires déjà titulaires de la croix de fer de 1re classe ou de la croix du mérite de guerre de 1re classe
Détails
Statut N’est plus décernée
Grades Argent et or
Statistiques
Création
Première attribution
Dernière attribution 1945
Total 24 024 pour l’or et 1 114 pour l’argent.

Prenant la forme d’une plaque aisément reconnaissable par sa croix gammée proéminente, la médaille est déclinée en plusieurs variantes, la plupart d’entre elles cherchant à atténuer son encombrement et son poids, qui en rendent le port difficile. Elle est notamment déclinée dans une variante textile destinée à être cousue sur l’uniforme de service, évitant ainsi d’endommager ou de perdre l’original. Du fait de sa grande croix gammée, le port de la médaille est strictement encadré dans de nombreux pays interdisant d’exhiber les symboles nazis. En Allemagne, le port de la version originale est interdit, mais autorisé sous une forme dénazifiée sans croix gammée depuis 1957.

Histoire

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Peu après le début de l’opération Barbarossa en 1941, Adolf Hitler fait savoir que l’ordre de la croix de fer déjà existant ne lui semble pas permettre de récompenser correctement le mérite militaire étendu sur une longue durée. Il ordonne par conséquent à ce que soit créé un nouvel ordre militaire, qui doit être nommé « ordre du swastika » et destiné à servir d’intermédiaire entre la croix de fer de première classe et la croix de chevalier, sans pour autant constituer un grade de cet ordre[1],[2].

La demande est tièdement accueilli au sein des états majors de la Wehrmacht, notamment par les généraux d’obédience plus traditionaliste que nazie. Finalement, ceux-ci parviennent à convaincre Hitler de changer le nom, qui devient Kriegsorden des Deutschen Kreuzes (« ordre militaire de la croix allemande »), généralement abrégé en Deutsches Kreuz ( «croix allemande »), voire simplement DK[1]. La conception des médailles associées, une version or et une argent, est confiée au professeur Klein[3].

L’ordre est officiellement créé le [1]. La première cérémonie de remise de la croix allemande en or a lieu le et concerne trente-huit officiers et sous-officiers. La forme et le poids de la médaille rendant difficile de la porter en service actif sans la perdre ou l’endommager, une version textile de la croix allemande en or est autorisée le [4]. Hitler établi également en 1942 un nouveau grade, la croix allemande en or avec diamants, qu’il place au-dessus de la croix de chevalier de la croix de fer. Vingt exemplaires de cette médaille sont produits en par le bijoutier munichois Peter Rath pour 2 800 Reichsmark. Ils restent néanmoins dans les coffres de la chancellerie et du château de Klessheim et aucun n’est cependant remis avant la fin de la guerre[5]. La raison pour laquelle elles n’ont pas été remises n’est pas connue, bien qu’il soit supposé que Hitler ait voulu attendre la fin de la guerre[6].

Au total, 24 024 croix allemandes en or et 1 114 en argent ont été remises, dont la plupart ont été attribuées par la Heer, la Luftwaffe venant en deuxième[7].

À l’instar des autres décorations allemandes, le port de la médaille du combat au corps à corps est interdit en Allemagne le par la Haute commission alliée et sa fabrication devient un délit passible de cinq années de prison et 25 000 DM d’amende. L’interdiction de port est allégée en Allemagne de l’Ouest par la loi sur les décorations (Ordengesetz) du  : les titulaires de la médaille peuvent la porter, mais uniquement dans une version « dénazifiée » ne comportant pas la croix gammée[8].

Description

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Médaille

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Forme standard

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Croix allemande en argent, Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - musée Jean-Moulin.

La médaille est une plaque construite en cinq pièces. L’avers comprend une plaque en argent composée d’une étoile à huit branches, au centre de laquelle domine une croix gammée proéminente noire à bordure dorée, posée sur un cercle blanc argenté, lui-même entouré d’un disque rouge, l’ensemble évoquant l’insigne des membres du NSDAP. Une couronne de laurier, à la base de laquelle figure un cartouche avec l’inscription « 1941 », rappelant l’année de création de la décoration, recouvre en partie le cercle rouge. Cette couronne est dorée pour la croix allemande en or et argentée pour la croix allemande en argent, seule distinction entre les deux classes. De cette couronne émanent des rayons, qui recouvrent les pointes de l’étoile et dont les ceux sont patinés par oxydation chimique[9],[10].

Le revers est composé d’une plaque en or, qui suit les contours de l’avers tout en dépassant légèrement, ce qui donne à la fois un effet de relief et un contour doré aux rayons de l’avers. Une épingle verticale avec une charnière de grandes dimensions occupe une grande partie du revers. Celui-ci comporte généralement des inscriptions identifiant le producteur, soit par son nom, soit par son numéro, les chiffres « 1 », « 4 » et « 21 » ayant été observés[10].

Variations

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Variante textile de la croix allemande en or destinée à la Heer.

En général, la plaque du revers est fixée à celle de l’avers par quatre rivets, mais il existe une variation, dite « type autrichien » utilisant six rivets[10]. Par ailleurs, les exemplaires de début de production sont des pièces pleines et par conséquent lourdes, avec une masse de 65 g. Ce poids rendant la médaille difficile à porter correctement, une version allégée, reconnaissable à ses rivets creux et pensant environ 50 g, est introduite par la suite, avec le défaut d’être plus fragile[4].

Afin de permettre le port au quotidien sans risque d’endommager la médaille, celle-ci peut être portée sous forme textile cousue sur l’uniforme. Cette variante n’existe que pour la croix allemande en or. De même taille que la médaille métallique, la médaille textile est bordée en fil de coton, de soie et d’aluminium, avec toutefois une couronne de laurier généralement en métal léger. Elle est disposée sur un fond de la couleur de l’uniforme[4].

La variante en or et diamant est très similaire à la croix allemande en or, la principale différence étant qu’un grand nombre de petits diamants sont sertis dans la couronne de laurier. Le revers comporte les six rivets du type autrichien et le nom du fabricant est gravé sur l’épingle sous la forme « RATH MÜNCHEN »[11].

Emballage et accessoires

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Diplôme préliminaire.

La médaille est remise dans une boîte carrée noire, avec une garniture intérieure en velours noir pour le socle et en soie blanche pour le couvercle. La version en or avec diamants dispose d’une boîte différente, qui se distingue par sa couleur extérieure rouge avec un Reichsadler doré sur le couvercle. L’intérieur est similaire à la version standard, à l’exception de la présence du nom du fabricant inscrit en lettres dorées dans la partie basse[11].

Les titulaires reçoivent également un diplôme, sous deux formes : préliminaire et définitive. Le diplôme préliminaire est remis dès que l’attribution est connue. Il s’agit d’une feuille de papier préimprimée monochrome de petit format, sur laquelle figure en haut une reproduction de la médaille, au centre le nom de la médaille, placé en dessous d’un espace libre pour inscrire le nom et le grade du titulaire. En bas figure à droite la date et un facsimilé de la signature du chef d’état major et à gauche le tampon de celui-ci. Le diplôme définitif reprend la même disposition, mais est imprimé en meilleure qualité, sur une feuille plus grande et en couleurs. La version en or avec diamants n’ayant pas été remise, il n’existe pas de diplôme pour celle-ci[11].

L'emplacement réglementaire de la croix allemande est au centre de la poche de poitrine droite. Elle peut être portée en permanence et donc sur n'importe quel uniforme. Lorsque le titulaire détient également la croix d’Espagne, qui est placée au même endroit, celle-ci est décalée vers le bas, la croix allemande ayant préséance sur elle[12].

Attribution

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Bien que l’ordre dispose de deux classes, celles-ci ne sont pas liées aux mêmes conditions d’attribution. L’attribution de la classe or n’est donc pas conditionnée à la réception préalable de la classe argent, qui fonctionnent indépendamment l’une de l’autre. Il est par conséquent possible de recevoir à la fois la croix allemande en or et la croix allemande en argent. Il s’agit néanmoins d’une situation rare, seuls l’amiral Paul Meixner et Odilo Globocnik semblant avoir été dans ce cas[7].

Ainsi, la croix allemande en or ne peut être décernée qu’aux militaires déjà titulaires de la croix de fer de 1re classe et faisant preuve d’une conduite méritante répétée au front, tandis que le prérequis pour la croix allemande en argent est de disposer de la croix du mérite de guerre de 1re classe et d’avoir fait preuve d’une conduite méritante prolongée pour soutenir l’effort de guerre dans des rôles non directement combattants[10],[4].

Bien qu’étroitement associée à l’ordre de la croix de fer, la croix allemande n’en est pas un échelon. Il est ainsi possible de recevoir la croix de chevalier de la croix de fer sans avoir reçu la croix allemande et vice versa. Par exemple Max Simon devient chevalier de la croix de fer en 1941, mais ne reçoit la croix allemande qu’à la fin de l’année 1943[3],[9]. En ce qui concerne les SS, les titulaires de la croix allemande reçoivent en revanche automatiquement le SS-Ehrenring[5].

Les conditions d’attribution de la croix allemande en or avec diamants, qui n’a jamais été décernée, ne sont pas clairement établies en dehors du fait que le prérequis semble avoir été de disposer déjà de la croix de chevalier de la croix de fer[5].

Annexes

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Répartition entre les services

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Croix allemande en or[5]
Service Nombre
Heer 14 639
Kriegsmarine 1 481
Luftwaffe 7 248
SS et police 822
Étrangers 14
Total 24 024
Croix allemande en argent[5]
Service Nombre
Heer 874
Kriegsmarine 105
Luftwaffe 65
SS et police 70
Total 1 114

Bibliographie

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  • (en) Christopher Ailsby, Combat Medals of the Third Reich, Wellingborough, Patrick Stephens, (ISBN 0-85059-822-2).
  • (en) Robin Lumsden, Medals and Decorations of Hitler’s Germany, Airlife, (ISBN 9781840371789).

Articles connexes

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Liens externes

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Notes et références

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