Croix du combattant
La croix du combattant est une décoration honorifique française créée en 1930 à l'intention des Poilus de la Première Guerre mondiale, modifiée par la suite pour être décernée aux anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale et d'autres conflits impliquant les forces armées françaises[1],[2].
| Croix du combattant | ||||||||
| Décernée par ONaCVG | ||||||||
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| Type | Décoration militaire | |||||||
| Éligibilité | Militaires et civils | |||||||
| Campagne | Première Guerre mondiale | |||||||
| Décerné pour | Vétérans des opérations militaires | |||||||
| Statut | Toujours décernée | |||||||
| Chiffres | ||||||||
| Date de création | ||||||||
| Importance | ||||||||
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Barrette | ||||||||
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Histoire
modifier« Ils ont des droits sur nous. » (Georges Clemenceau)
Les Poilus de la Première Guerre mondiale ont voulu faire reconnaître par la nation un statut particulier à ceux qui avaient participé aux durs combats de 1914-1918. La loi du a créé la carte du combattant pour ceux de la Première Guerre mondiale mais également pour ceux de 1870-1871 et des guerres coloniales antérieures à la Première Guerre mondiale. La décoration ne fut créée que trois ans plus tard par la loi du [1],[2].
Le projet retenu par le jury est l'œuvre d'Eugène-Baptiste Doumenc[3], ancien combattant. Il a la forme d'une croix pattée aux branches reliées par une couronne de lauriers. Le médaillon central porte la mention « République française » avec une effigie de la République française coiffée d'un casque lauré. Au revers un glaive est surmonté de rayons avec la mention « Croix du combattant ». Le ruban de 37 mm de large est bleu horizon avec sept raies verticales rouge garance de 1,5 mm, assorties aux couleurs des uniformes de Poilus.
Le , l'État français a créé une croix du combattant 1939-1940 spécifique : l'insigne était rigoureusement le même que celui de la Grande Guerre mais avec ajout des dates 1939-1940 au revers. Le ruban présentait le même fond bleu horizon mais avec 5 bandes verticales noires (2 de 4,5 mm sur les bords et 3 de 2 mm au centre). Il aurait existé une première version différente du ruban : bleu horizon avec 7 raies verticales noires régulières de 1,5 mm. Par ordonnance du , le port de la croix du combattant 1939-1940 est interdit[1].
Un décret du énonce que les dispositions de la loi de 1930 relatives à l'attribution de la carte de combattant et de la croix du combattant sont applicables aux participants de la Seconde Guerre mondiale. La loi du étend le bénéfice de l'attribution de la croix du combattant aux guerres d'Indochine et de Corée[1].
La loi du a étendu l'attribution de la croix du combattant aux opérations d'Afrique du Nord entre le et le [4]. Un arrêté du a ouvert le droit à la carte de combattant (donc au port de la croix du combattant) à ceux qui ont participé aux opérations du Rwanda, d'Afghanistan, du Cambodge, du Cameroun, du Golfe, du Liban, de Madagascar, de Suez, de Somalie, de la République centrafricaine, du Tchad, de Yougoslavie, du Zaïre[1].
Le , l'Assemblée nationale a voté, dans le cadre du projet de loi de finances 2015, un texte élargissant l'attribution de la carte du combattant donnant droit au port de la croix du combattant[4]. Tous les personnels ayant participé à une opération extérieure de 120 jours, consécutifs ou non, peuvent se faire attribuer cette carte du combattant depuis le [5]. Cette durée de présence a été ramenée à 112 jours par décret du [6].
Attribution
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Depuis la loi du , l'attribution de la carte de combattant constitue la reconnaissance du statut de combattant de ses titulaires et, par conséquent, de citoyens de l'Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaCVG)[7],[8]. Accompagnée de nombreux avantages (retraite de combattant, aide à la réadaptation, soutien matériel et moral, etc.), cette carte ouvre symboliquement le droit de porter la croix du combattant[8],[9]. En 90 ans d'existence, les conditions d'octroi de ce titre ont considérablement évolué en raison des différents conflits qu'a connus la France.
Il existe un ensemble spécifique d'exigences pour chaque conflit ou opération militaire concernant l'octroi de la carte de combattant et de la croix de combattant [1].
- Pour le service dans une unité déclarée comme unité de combat (service en première ligne) par le ministère de la Défense : quatre-vingt-dix jours de service ou de blessure reçue ou maladie contractée pendant le service, ou quatre-vingt-dix jours de détention par l'ennemi.
- Pour tout service dans une unité : citation à l'ordre du jour pour bravoure, ou participation directe à cinq combats armés, ou blessure au combat, ou détention par l'ennemi sans application de la Convention de Genève.
- À compter du , cette mesure a été étendue à tout le personnel militaire ayant participé à des opérations en dehors de la zone métropolitaine pendant 120 jours (qu'elles soient consécutives ou non).
Description
modifierLa croix du combattant est une croix pattée en bronze de 36 mm de large avec une couronne de laurier entre les branches de 36 mm de large. Contrairement à la croix de guerre, elle ne comporte pas d'épées entre les bras. Sur l'avers, au centre, l'effigie de la République avec Marianne portant un casque Adrian couronné de feuilles de laurier, entourée de l'inscription en relief RÉPUBLIQUE FRANÇAISE. Au revers, l'inscription en relief CROIX DU COMBATTANT le long de la circonférence inférieure encadre une glaive verticale pointant vers le bas, avec des rayons projetés horizontalement et vers le haut depuis la poignée en un arc de 180°[1],[2]. La médaille est suspendue à un ruban bleu clair de 37 mm de large, composé dans le sens de la longueur de sept rayures rouge garance de 1,5 mm. Les couleurs du ruban rappellent celles des uniformes de Poilus[2].
Régime de Vichy
modifierLa Croix du combattant de la guerre 1939-1940 est créée par le Régime de Vichy par le décret du [10],[11]. La médaille était exactement la même que celle de la Grande Guerre, à ceci près qu'on y ajoutait les dates 1939-1940 au revers. Le ruban avait le même fond bleu clair, mais avec 5 bandes noires verticales (de 2 à 4,5 mm sur les bords et de 3 à 2 mm au centre). Il existait une première version différente du ruban : bleu clair avec 7 lignes verticales noires régulières de 1,5 mm, espacées uniformément. Cette croix a été interdite par décret le [1].
- Avers représentant le casque Adrian et une couronne de laurier.
- Revers avec le glaive et les rayons.
- Simulation du ruban de la croix du combattant du Régime de Vichy.
- Barrette de ruban de la croix du combattant de Vichy.
Destinataires notables (liste partielle)
modifier| Nº | Nom | Fonctions |
|---|---|---|
| 1 | Général Charles de Gaulle | Chef de la France libre et président de la République française |
| 2 | Général Marcel Letestu | Commandant de la Légion étrangère française |
| 2 | Général Antoine Béthouart | Commandant français à la bataille de Narvik |
| 3 | Général Jeannou Lacaze | Chef d'état-major des armées |
| 4 | Soldat René Riffaud | L'un des derniers Poilus ; il a vécu jusqu'à 108 ans |
| 5 | Sergent Eugene Bullard | Pilote de l'escadrille La Fayette |
| 6 | Sergent Dominique Venner | Journaliste et militant de l'OAS |
| 7 | Comte Henri d'Orléans | Prince de la maison d'Orléans |
| 8 | Robert Merle | Écrivain français |
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 Marc Champenois, « Croix du Combattant », sur SAMLHOC (consulté le )
- 1 2 3 4 « Les croix de guerre », sur Theatrum Belli, (consulté le )
- ↑ Pierre-Yves Raynier, « Croix du Combattant », sur Ordres, décorations et médailles 1914-1918 (consulté le )
- 1 2 Laurent Lagneau, « L'Assemblée nationale vote l'assouplissement des conditions d'attribution de la carte du combattant », sur Zone Militaire, (consulté le )
- ↑ « Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : Article L311-1 », sur Légifrance, (consulté le )
- ↑ Sébastien Lecornu et Patricia Mirallès, « Conseil des ministres du 20 décembre 2023. Carte du combattant et composition des conseils départementaux pour les anciens combattants et victimes de guerre et la mémoire de la Nation. », sur Vie Publique, (consulté le )
- ↑ « Livre III : Droits et avantages attachés à la qualité d'ancien combattant ou de victime de guerre. (Articles R228 à R391-7) » [archive du ], sur Légifrance, (consulté le )
- 1 2 « Cérémonie de remise de la Croix du Combattant », sur Les services de l'État en Haute-Corse, (consulté le )
- ↑ « A quoi sert la carte du combattant ? », Union nationale des combattants, (lire en ligne)
- ↑ « Décret du 28 mars 1941 portant institution de la Croix du combattant de la guerre 1939-1940 », sur legifrance.gouv.fr, Légifrance, 28 mars 1941 (jo du 15 avril 1941) (consulté le ).
- ↑ Pierre Vermeersch, « De la légitimité républicaine retrouvée à un système honorifique recréé : les décorations de la seconde guerre mondiale de 1944 à 1954 », sur cairn.info, (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Jacques Demougin et Bertrand Galimard Flavigny (préf. Jean-Philippe Douin), Les Décorations françaises, Paris, Éditions du Layeur, coll. « Trésor du Patrimoine », , 2e éd., 115 p. (ISBN 978-2-35444-115-9, OCLC 902791123, lire en ligne)
- Henry-Jacques Fournier (préf. Jacques Chirac), La marque du courage : croix de guerre, valeur militaire, Paris, LBM, , 189 p. (ISBN 978-2-915347-35-7, OCLC 239619995, lire en ligne)