Créatine

Composé chimique utilise dans la formation de l'ATP/PCr.

La créatine (ou acide N-méthylguanido-acétique[2]), est un dérivé d’acide aminé naturel, présent principalement dans les fibres musculaires et le cerveau de la plupart des vertébrés. Elle joue un rôle dans l’apport d’énergie aux cellules musculaires et dans la contraction musculaire. C'est un zwitterion et elle a donc un rôle de tampon[3].

Créatine
   
Molécule de créatine, avec sa charge + délocalisée.
Identification
Nom UICPA acide 2-(carbamimidoyl-méthyl-
amino)acétique
No CAS 57-00-1
No ECHA 100.000.278
No CE 200-306-6
Code ATC C01EB06
PubChem 586
ChEBI 16919
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule C4H9N3O2  [Isomères]
Masse molaire[1] 131,133 2 ± 0,005 g/mol
C 36,64 %, H 6,92 %, N 32,04 %, O 24,4 %,
Propriétés physiques
fusion 528 K (255 °C)
Solubilité 13,00 g·L-1 à 20 °C
Masse volumique 1,3 à 20 °C, liquide
Précautions
Directive 67/548/EEC
Irritant
Xi



Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Dans les muscles et les cellules cérébrales, environ 60 à 67% de la créatine est transformée, par la créatine kinase, en phosphocréatine qui est la forme active de la créatine. Elle est métabolisée sous forme de créatinine, qui est excrétée dans les urines[4].

Elle a été découverte en 1832 par le chimiste français Eugène Chevreul[5]. Le mot vient du grec κρέας (kreas) : chair[2].

Pharmacologie

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Biosynthèse

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Synthèse de la créatine.

La créatine est naturellement produite ou synthétisée dans le corps humain à partir de certains acides aminés (glycine, arginine et méthionine) dans le foie, le pancréas et les reins. Chez les omnivores, la synthèse endogène représente la moitié de l'apport en créatine ; l'autre moitié provient de la nourriture, principalement de la viande et du poisson (500 g de steak de bœuf renferment 2,5 g de créatine). En revanche, chez les végétariens, la synthèse endogène est responsable de la production totale de créatine. Une étude sur 18 végétariens et 24 omnivores concernant l'effet de la créatine chez les végétariens a montré que la quantité totale de créatine était inférieure par rapport aux omnivores, ce qui fait que les végétariens ont une réponse à la supplémentation plus importante que les omnivores[6],[7].

La créatine est ensuite transportée par le sang jusqu'aux muscles. Approximativement 95 % de la créatine contenue dans le corps humain est stockée dans les muscles du squelette, le reste dans le cerveau, le cœur et les testicules.

Dans les muscles, une fraction de la créatine totale se lie au phosphate. La réaction est catalysée par la créatine kinase, et résulte en phosphocréatine (PCr). La phosphocréatine se lie à l’ADP pour le reconvertir en ATP, une importante source d’énergie cellulaire.


Élimination

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2% de la créatine est métabolisée sous forme de créatinine, qui est excrétée par les reins dans les urines. Le reste de la créatine est éliminé en forme inchangé par la même voie d'élimination[4].

Supplémentation

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Disponible en tant que complément alimentaire en pharmacie et dans certains magasins spécialisés pour le sport, la créatine existe sous différentes formes : en gélules, en micro-granules et en poudre. Elle est également présente dans certains mélanges de compléments alimentaires.

Il existe plusieurs formes de suppléments de créatine : la créatine monohydrate, la créatine anhydre, la tri-créatine orotate, le chlorhydrate éthyl-ester de créatine, la créatine citrate, le gluconate de créatine, la créatine malate, la créatine magnésium et la créatine phosphate. Il n'existe aucune preuve de la supériorité d'une de ces formes[8]. La créatine monohydrate étant la moins chère, c'est la forme que l'on retrouve le plus fréquemment en boutique.

Ce complément est très recherché par les adeptes de musculation. Il est recommandé pour optimiser naturellement le potentiel énergique cellulaire, en accélérant la resynthèse de l'ATP[8] (adénosine triphosphate) pour fournir une source d'énergie immédiatement disponible, lors d'efforts explosifs et des petites séries de forte intensité. La créatine améliore la performance des muscles en effort anaérobie, mais demeure cependant efficace pour des efforts d'endurance[8]. La prise de créatine augmente le niveau de phosphocréatine dans les muscles jusqu’à 20 %, rendant ceux-ci plus efficaces en effort intense et rapide.

La créatine ne fait pas partie de la liste des produits dopants selon le code mondial antidopage. Son apport doit être bien dosé, pour ne pas fatiguer excessivement les reins.

Les revendeurs de créatine tendent à soutenir que la créatine augmente la masse musculaire, alors qu'il s’agit plus d’une augmentation de la masse d’eau temporaire dans le muscle transportée par les molécules de créatine. Néanmoins, le travail musculaire, dès lors plus intense, favorise l'hypertrophie musculaire.

Selon une revue systématique et une méta-analyse, la supplémentation en créatine pourrait augmenter la puissance moyenne lors des tests de sprint répétés du fait du renforcement de muscles servant dans cette discipline[9].

Cette substance aurait aussi des bienfaits cognitifs. La prise de créatine par voie orale aurait un effet positif sur la mémoire à court terme et le raisonnement des personnes en bonne condition physique[10].

Absence de risque connu

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Dans les dosages recommandés de 3 à 5 grammes par jour ou de 0,1 gramme par kg de masse corporelle par jour, la supplémentation en créatine monohydrate n'a pas de risques connu sur le corps[8],[11]. Aucune interaction médicamenteuse grave n'est à ce jour documentée[12].

Certaines études indiquent la possibilité d'augmentation de la rétention d'eau dans les premiers jours d'une supplémentation en créatine. Sur une durée de cinq à dix semaines, aucune rétention d'eau significative n'est observée[8].

Les études animales et certains cas ont pu suggérer un lien entre supplémentation en créatine et diminution des fonctions rénales. On observe bien une augmentation de la créatinine chez certains individus, mais les essais randomisés n'indiquent pas une diminution des fonctions rénales chez les sujets sains[8],[13],[14]. A ce jour, il n'existe pas de preuve d'une diminution des fonctions rénales, y compris chez les personnes atteints de maladies rénales[11].

La consommation de créatine n'engendre ni augmentation de la masse graisseuse, ni calvitie[8].

Syndromes de déficit cérébral en créatine

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Les syndromes de déficit cérébral en créatine[a] rassemblent trois maladies héréditaires rares du métabolisme affectant le transport ou la production de créatine[15],[16]. Ils ont été décrits pour la première fois en 1994[15].

Ces syndromes causent une absence totale ou une très grande diminution de la créatine dans le cerveau[17]. Ils entraînent un retard développemental et intellectuel, un trouble de l'acquisition de la parole et, fréquemment des crises d'épilepsie et des troubles du comportement[16],[18].

Leurs traitements comprennent une supplémentation en créatine et un traitement complémentaire suivant le syndrome[18].

Autres utilisations

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La créatine est parfois utilisée comme produit de coupe par les trafiquants de cocaïne[19].

Notes et références

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  1. On retrouve trois dénominations équivalentes trouble de déficit en créatine (Creatine Deficiency Disorders), syndromes de déficit en créatine (Creatine Deficiency Syndromes) et syndromes de déficit cérébral en créatine (Cerebral Creatine Deficiency Syndromes).

Références

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  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. 1 2 « Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine », sur www.academie-medecine.fr (consulté le )
  3. (en) R.P. Barcelos, S.T. Stefanello, J.L. Mauriz et J. Gonzalez-Gallego, « Creatine and the Liver: Metabolism and Possible Interactions », Mini-Reviews in Medicinal Chemistry, vol. 16, no 1, , p. 12–18 (DOI 10.2174/1389557515666150722102613, lire en ligne, consulté le )
  4. 1 2 (en) PubChem, « Creatine », sur pubchem.ncbi.nlm.nih.gov (consulté le )
  5. Jean-Pierre de Mondenard, Dictionnaire du dopage, Paris, Masson, , 1237 p. (ISBN 2-294-00714-X et 978-2-294-00714-9), p. 354
  6. (en) Burke DG, Chilibeck PD, Parise G, Candow DG, Mahoney D, Tarnopolsky M., « Effect of creatine and weight training on muscle creatine and performance in vegetarians », Med Sci Sports Exerc, vol. 35, no 11, , p. 1946-55. (PMID 14600563)
  7. Margaret E. Brosnan et John T. Brosnan, « The role of dietary creatine », Amino Acids, vol. 48, no 8, , p. 1785–1791 (ISSN 1438-2199, PMID 26874700, DOI 10.1007/s00726-016-2188-1, lire en ligne, consulté le )
  8. 1 2 3 4 5 6 7 (en) Jose Antonio, « Common questions and misconceptions about creatine supplementation: what does the scientific evidence really show? », Taylor & Francis Online, (DOI 10.1186/s12970-021-00412-w, lire en ligne Accès libre)
  9. Mark Glaister et Lauren Rhodes, « Short-Term Creatine Supplementation and Repeated Sprint Ability-A Systematic Review and Meta-Analysis », International Journal of Sport Nutrition and Exercise Metabolism, vol. 32, no 6, , p. 491–500 (ISSN 1543-2742, PMID 36041731, DOI 10.1123/ijsnem.2022-0072, lire en ligne, consulté le )
  10. Konstantinos I. Avgerinos, Nikolaos Spyrou, Konstantinos I. Bougioukas et Dimitrios Kapogiannis, « Effects of creatine supplementation on cognitive function of healthy individuals: A systematic review of randomized controlled trials », Experimental Gerontology, vol. 108, , p. 166–173 (ISSN 1873-6815, PMID 29704637, PMCID 6093191, DOI 10.1016/j.exger.2018.04.013, lire en ligne, consulté le )
  11. 1 2 (en) Richard B. Kreider, Douglas S. Kalman, Jose Antonio et Tim N. Ziegenfuss, « International Society of Sports Nutrition position stand: safety and efficacy of creatine supplementation in exercise, sport, and medicine », Journal of the International Society of Sports Nutrition, vol. 14, no 1, (ISSN 1550-2783, PMID 28615996, PMCID 5469049, DOI 10.1186/s12970-017-0173-z, lire en ligne, consulté le )
  12. Sergej M. Ostojic, « Potential interactions between creatine supplementation and prescription drugs: a narrative review and evidence-mapping perspective », Current Therapeutic Research, vol. 105, , p. 100844 (ISSN 0011-393X, PMID 42757020, PMCID 13584064, DOI 10.1016/j.curtheres.2026.100844, lire en ligne, consulté le )
  13. (en) Igor Longobardi, Bruno Gualano, Antonio Carlos Seguro et Hamilton Roschel, « Is It Time for a Requiem for Creatine Supplementation-Induced Kidney Failure? A Narrative Review », Nutrients, vol. 15, no 6, , p. 1466 (ISSN 2072-6643, PMID 36986197, PMCID 10054094, DOI 10.3390/nu15061466, lire en ligne, consulté le )
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  18. 1 2 Department of Medical Genetics, University of Alberta Faculty of Medicine and Dentistry, Edmonton, Alberta, Crystal Mulik, Neurosciences and Mental Health Institute, University of Alberta, Edmonton, Alberta et Saadet Mercimek-Andrews, « Creatine Deficiency Disorders: Phenotypes, Genotypes, Diagnosis, and Treatment Outcomes », Turkish Archives of Pediatrics, vol. 58, no 2, , p. 129–135 (PMID 36856349, PMCID 10081004, DOI 10.5152/TurkArchPediatr.2023.23022, lire en ligne, consulté le )
  19. (en) Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), Summary report - International Quality Assurance Programme (IQAP) International Collaborative Exercise (ICE), Vienne, Autriche, The Laboratory and Scientific Section, UNODC, , 65 p. (lire en ligne)