Cuisse madame
La Cuisse Madame ou Cuisse de Dame est une variété de poire précoce. Jacques Des Gachons, décrit le fruit comme « allongé, jaune olivâtre, lavé de carmin-chair juteuse »[1].
Les Cuisses de Dame sont également une pâtisserie[2] que l'on retrouve en période de carnaval dans le canton du Jura (Suisse) et en Alsace.


aquarelle d'Hedrick.
Synonymie
modifier- Improprement 'Jargonelle' et 'Epargne'. « Prévost constatait en 1839, dans ses Cahiers-pomologiques (p. 65), que beaucoup de pépiniéristes qui ne connaissaient pas la Cuisse-Madame, livraient sous son nom, et pour elle, la poire d'Epargne. Cette plainte fut fondée; les pépiniéristes angevins se trouvaient au nombre des propagateurs de la fausse Cuisse-Madame. En Angleterre, pareille confusion eut lieu vers 1780 on y greffa (Philippe Miller) la Jargonelle pour la Cuisse-Madame, souvent aussi on a réuni à la Cuisse-Madame, la Windsor, qui en differe sensiblement et n'est autre que la poire de Madame, cultivée dès 1628 dans l'Orléanais »[3].
- 'De Rives' (Henri Hessen, Gartenlust, 1690, p. 278), 'de Fusée d'été' (Herman Knoop, Fructologie, 1771, pp. 103 et 135), 'Cuisse-Dame d'été' (de Liron d'Airoles, Liste synonymique des variétés du poirier, 1859, p. 38)[4].
- 'Madeleine d'Angers' est aussi nommée 'Petite Cuisse-Madame' (Pierre Leroy, Catalogue de ses pépinières, 1790, p. 23)[5].
- Cuisse de Dame (en Provence)[6].
Origine
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Selon André Leroy (1869) « la Cuisse-Madame reste une des plus anciennes variétés connues en France, où personne, pensons-nous, ne l'a citée avant Daléchamp (1586). Le nom qu'elle porte lui fut, évidemment, donné en raison de la forme assez allongée qu'on lui voit prendre souvent. Au XVIIe siècle, ce poirier dut être fort commun dans les environs de l'une des diverses localités françaises nommées Rives, car on appelait alors ses produits, ou poires de Rives ou poires Cuisse-Madame »[4]. Elle est mentionnée dans le catalogue de Nicolas de Bonnefons (1665) dans les « fruits connus aux alentours de Paris. Poires qui sont bien mûres fin juin et en juillet »[7], puis par John Evelyn (1679) dans les poires de juillet[8]. Par la suite elle est abondamment mentionnée en allemand, en anglais. Noël-A. Pluche largement lu et traduit écrit que son « jus admirable mérite d'être protégé des vents, car le moindre souffle le tire de l'arbre »[9].
En 1756, un exemplaire est planté à l'abbaye de Valloires (Somme). L'arbre est toujours présent, c'est l'un des plus vieux poiriers de France[10].
Description
modifierArbre
modifierCe cultivar accepte diverses formes: plein-vent, espalier à l'est, et en gobelet[11]. Exposition ensoleillée recommandée pour une bonne fructification[12], la variété est adaptée à l'altitude[13].
Époque de floraison
modifierC'est une variété précoce, floraison rose abondantes en avril[14].
Pollinisateurs
modifierCuisse Madame est un poirier utilisé comme pollinisateur d’autres variétés dans un verger mixte[12].
Mise à fruit
modifierLa mise à fruit est difficile et le rendement mauvais avec le cognassier comme porte greffe[15], en revanche le cultivar est vigoureux lorsqu'il est greffé sur franc[16].
Productivité
modifierAprès une mise à fruit tardive, d'une fertilité remarquable, l'arbre est d'un bois fort[17].
Fruit
modifierForme et calibre
Forme allongée, peau rouge et jaune à brune. Fruit de taille moyenne, pyramidale. La queue est longue.
Épiderme à maturité
La peau est rugueuse, vert olivâtre, ponctuée de roux, lavée de rouge brun au soleil[17].
Chair
Elle est d'un blanc jaunâtre, peu abondante en sucre et parfumée comme la Martin-Sec. Sujette à devenir farineuse quand elle est trop mûre. « La chair est tendre et cassante, accompagnée d'une eau assez abondante, agréable quand elle est bien mûre »[18], demi fondante et légèrement musquée.
Date de récolte - Maturité naturelle
Maturité en juillet - août. Le fruit se récolte dès juillet, suivant les régions[19]. La conservation est médiocre, le fruit se mange frais.
Notes et références
modifier- ↑ Jacques (1868-1945) Auteur du texte Des Gachons et Jacques Auteur du texte Peyrot, Au jardin de mon père..., (lire en ligne), p 130
- ↑ « Patrimoine culinaire Suisse Patrimoine culinaire », sur patrimoineculinaire.ch (consulté le )
- ↑ André Leroy, Dictionnaire de pomologie: Poires, Dans les principales libraires agricoles et horticoles, (lire en ligne), p. 608
- 1 2 André Leroy, Dictionnaire de pomologie: Poires, Dans les principales libraires agricoles et horticoles, (lire en ligne), p. 607
- ↑ André Leroy, Dictionnaire de Pomologie, contenant l'histoire, la description, la figure des fruits anciens, et des fruits modernes, etc., (lire en ligne), p. 386
- ↑ Henri Laure, Manuel du cultivateur provençal, ou Cours d'agriculture simplifié pour le midi de l'Europe et le nord de l'Afrique, chez Monge et Villamus, (lire en ligne), p. 463
- ↑ (en) « Der Frantzösische Baum- und Stauden-Gärtner / Der Frantzösische Becker / Der Frantzösische Confitirer / Der Frantzösische Koch / Der Frantzösische Küchen-Gärtner : Nicolas de Bonnefons, Georg Greflinger : Free Download, Borrow, and Streaming », sur Internet Archive (consulté le )
- ↑ John Internet Archive, Sylva, or a discourse of forest-trees, ... 1679, (lire en ligne), p. 14
- ↑ (en) Internet Archive, Spectacle de la nature: or, nature display'd. Being discourses on such particulars of natural history, as were thought most proper to excite the curiosity, and form the minds of youth. Illustrated with copper plates. Translated from the original French, by Mr. Humphreys. The sixth edition, corrected. 1743: Vol 2, (lire en ligne), p. 149
- ↑ Mathilde Dondeyne, « Abbaye de Valloires : le poirier le plus vieux de France menace le bâtiment », La Voix du Nord, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Mordant De Launay, Le Bon Jardinier, Almanach avec Supplément pour l'année 1815, (lire en ligne), p. 142
- 1 2 « Poirier 'Cuisse Dame' - Pyrus communis 'Cuisse de Dame' - scion - AB », sur Atmosvert (consulté le )
- ↑ « Cuisse Dame », sur Les Communs des Bois (consulté le )
- ↑ « Poire Cuisse Madame - Parc Naturel Régional Normandie-Maine », sur parc-naturel-normandie-maine.fr (consulté le )
- ↑ (en) M. Duhamel Du Monceau, Traité des arbres fruitiers, contenant leur figure, leur description, leur culture, etc., t. 2, Paris : Saillant, (lire en ligne), p. 127
- ↑ M. Missouri Botanical Garden et Julian Fleischman, Traite des arbres fruitiers : contenant leur figure, leur description, leur culture, (lire en ligne), p. 126
- 1 2 André Leroy, Dictionnaire de pomologie..., 1867, t. 1, Poires, p. 607.
- ↑ François-Alexandre Harvard University, Dictionnaire universel d'agriculture et de jardinage : de fauconnerie, chasse, pêche, cuisine et manége : en deux parties .., Paris : David le jeune, (lire en ligne), p 309
- ↑ M. Noel Chomel, prêtre, curé de la paroisse de Saint Vincent de Lyon, Dictionnaire œconomique, contenant divers moyens d'augmenter son bien, et de conserver sa santé avec plusieurs remèdes ..., Paris, chez la Vve Ganeau, (lire en ligne), p. 696
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- De Liron d'Airoles, Les poiriers les plus précieux.
- Alexandre Bivort, Annales de pomologie belge, 1859.
- André Leroy, Dictionnaire de pomologie, Poires, t. 1.
- Alphonse Mas, Poires d'Automne, 1867.
- Barthélemy Charles Joseph Dumortier et M. W. Brown, Pomone Tournaisienne : Société Royale D'Horticulture et d'Agriculture de Tournay, Tournai, Casterman (Vve H.), , 251 p. (lire en ligne), p. 1-251
- Société pomologique de France, Le verger français, catalogue descriptif des fruits adoptés par le congrès pomologique, t. 1 [lire en ligne], impr. B.Arnaud, Lyon-Paris, 1947, 576 pp., avec schémas et photos en N&B, t. 2 [lire en ligne], Extraits inédits [lire en ligne].
- Masseron et Trillot au CTIFL, Le Poirier, (1993), 224 p..
- Charles Baltet, Les Bonnes poires, (1859), 272 p.
- Henri Kessler, « Pomologie illustrée », imprimeries de la Fédération S.A., Berne.