Galictis cuja

espèce de mammifères
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Petit grison, Cuja

Galictis cuja
Description de cette image, également commentée ci-après
Petit grison photographié au parc animalier de San Carlos
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Famille Mustelidae
Sous-famille Ictonychinae
Tribu Lyncodontini
Genre Galictis

Espèce

Galictis cuja
(Molina, 1782)[1]

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Répartition géographique

Description de l'image Distribuição geográfica do furão-pequeno.png.

Synonymes

Le Petit grison également connu sous le nom de Cuja (Galictis cuja), est une espèce de mammifères carnivore de la famille des Mustélidés. Bien que ressemblant à un ratel miniature, il en est assez éloigné phylogénétiquement, il fait partie de la sous-famille des Ictonychinae qu’il partage avec les vraies zorilles, mais est de la tribu des Galictini qu’il partage avec d’autres mustélidés sud-américain comme le Lyncodon de Patagonie mais surtout le Grison (Galictis vittata) duquel il partage le genre Galictis, et surtout tire son nom, de part ses dimensions légèrement plus réduites. On le rencontre dans les zones les plus septentrionales d’Amérique du Sud, là où;son comparse fréquente les régions plus au Nord.

Dénominations

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Taxonomie

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La première description du petit grison dans la littérature scientifique remonte à l’histoire naturelle du Chili par le prêtre jésuite Juan Ignacio Molina en 1782. L'auteur y distingue deux taxons qu'il considère alors comme des espèces différentes[6] : la « Cuya » (Mustela cuja), décrite comme un animal de la taille d'un furet au pelage noir et doux, et le « Quiqui » (Mustela quiqui), défini comme une sorte de belette brunâtre à tête plate et au tempérament « féroce et extrêmement colérique ». Molina précise que le nom de ce dernier est utilisé par les habitants pour surnommer les personnes s'emportant facilement. Bien qu'il note des similitudes dans leur mode de vie et leur alimentation composée de rongeurs, il les traite comme deux animaux distincts dans sa classification[7]. L’espèce étant très similaire à son homologue septentrional G. vitatta, elle a été confondue avec cette dernière[2], notamment à l’occasion de sa première association au genre Galictis par Robert Waterhouse dans Zoologie du Voyage du H.M.S. Beagle en 1838[8].

Sous-espèces

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Les sous-espèces connues actuellement ont été décrites ou principalement par Oldfield Thomas au début du XXe siècle siècle.

Liste des sous-espèces selon ITIS ()[9] :
Sous-espèces Description Synonymes
Galictis cuja cuja
(Molina, 1782)
  • Molina décrit initialement la « Cuya » avec un pelage épais, doux et totalement noir.
  • Thomas précise que cette forme chilienne est beaucoup plus grise que G. furax, les parties chamoisées étant remplacées par du blanc ou du blanchâtre.
  • Elle possède un crâne plus petit que celui de G. c. huronax et de G. c. melinus[10],[11].
  • Mustela quiqui Molina, 1782
  • Grisonella ratellina Thomas, 1921
  • Grisonella shiptoni Thomas, 1926
  • Grison furax melinus Thomas, 1912
Galictis cuja furax
(Thomas, 1907)
  • Une des plus petites formes du groupe, d'une couleur fortement jaunâtre ou chamoisée.
  • Le sous-poil du dos est brun et les membres ainsi que la surface ventrale sont entièrement noirs [12].
* Grison furax Thomas, 1907
Galictis cuja huronax
(Thomas, 1921)
  • Cette forme est la plus grande du genre.
  • La bande faciale est bien marquée et de couleur crème-chamois.
  • Le crâne est robuste et lourd avec des crêtes bien développées[13].
* Grisonella huronax Thomas, 1921
Galictis cuja luteola
(Thomas, 1907)
  • Similaire à G. furax, mais avec une coloration générale plus pâle.
  • Les bandes faciales et les pointes des poils sont d'un chamois très prononcé.
* Grison furax luteolus Thomas, 1907

Description

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Vue du crâne et de la mandibule du petit grison.

Le petit grison possède un corps long et svelte, des pattes courtes et une queue touffue. Il présente un long cou et une petite tête avec un front aplati et des oreilles arrondies. Il est plus petit que son proche parent, le grand grison, avec une longueur tête-corps comprise entre 27 et 52 cm et une queue de 14 à 19 cm de long. Les adultes pèsent de 1,2 à 2,4 kg. Les femelles sont légèrement plus petites et plus sveltes que les mâles[14]. Le sommet de la tête, le dos, les flancs et la queue présentent des poils de jarre noirs et grossiers avec des pointes de couleur chamois sur un sous-poil plus doux, ce qui leur donne une couleur grisâtre chinée. Le reste du corps est noir, ou presque, à l'exception d'une bande pâle de couleur chamois allant du front jusqu'aux épaules le long de la bordure inférieure de la zone de pelage gris. Les pieds sont palmés, avec cinq doigts se terminant par des griffes acérées et incurvées[14].

Écologie et comportement

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Un petit grison nageant en Argentine.

Les petits grisons sont carnivores et se nourrissent de rongeurs de petite à des taille moyennes, ainsi que de lapins, d'oiseaux, de grenouilles, de lézards et de serpents. Ils peuvent également consommer des fruits, tels que l'avocat. Ils figurent parmi les principaux prédateurs des cobayes, y compris les cobayes sauvages, et des grèbes nicheurs.

Ils sont semi-plantigrades, marchant partiellement sur la plante de leurs pieds ; malgré leurs palmures, leurs pieds sont davantage adaptés à la course et à l'escalade qu'à la nage. Ils possèdent des glandes anales odoriférantes qui pulvérisent une substance chimique nocive similaire à celle des moufettes, bien que probablement moins puissante. Ils sont monogames et chassent ensemble lorsqu'ils élèvent leurs portées de deux à cinq petits.

Le petit grison chasse principalement durant la journée, localisant ses proies au moins partiellement grâce à son odorat. Ils sont soit solitaires, soit vivent en petits groupes familiaux composés des parents et de leur progéniture, voyageant ensemble en file indienne. Ils sont réputés pour être particulièrement féroces et pour jouer avec leur proie jusqu'à 45 minutes avant de la consommer. Durant la nuit, ils dorment dans des arbres creux, des crevasses naturelles ou des terriers creusés. Ces terriers peuvent atteindre m de profondeur et possèdent des entrées dissimulées par des feuilles.

Il a été montré que le petit grison est l'hôte d'un ver parasite intestinal de la classe des acanthocéphales, Pachysentis gethi[14],[15],[16],[17].

Le petit grison et l’Homme

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Animal écrasé sur la route

Les petits grisons peuvent être apprivoisés s'ils sont élevés dès leur plus jeune âge. Ils étaient utilisés par le passé pour chasser les chinchillas sauvages, les poursuivant dans leurs terriers d'une manière similaire à celle des furets, bien que les chinchillas soient désormais trop rares pour que cette pratique soit viable. Ils sont encore parfois gardés pour contrôler les populations de rongeurs dans les fermes, bien qu'ils puissent également être chassés, particulièrement lorsqu'ils sont soupçonnés de s'attaquer à la volaille domestique. Ils ont également été signalés comme l'une des espèces de mammifères les plus fréquemment victimes de collisions routières au Brésil. Le petit grison peut agir comme un réservoir de la Maladie de Chagas. Les corps de petits grisons ont également été utilisés comme charmes magiques en Bolivie, où leurs peaux sont rembourrées de laine et décorées de rubans et de papier pour servir d'offrandes rituelles à la Pachamama. Une sépulture sacrificielle apparente en Argentine a été datée de 1 420 BP. Elle a été découverte aux côtés de restes humains, l'animal portant un collier décoré et étant placé sur une peau de bête, en association avec de nombreux autres biens funéraires et des corps de souris[18],[14],[19],[20].

Notes et références

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  1. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  3. Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, Dictionnaire classique d'histoire naturelle, vol. Tome 8 (I–Lin), Paris, Rey et Gravier, Baudouin Frères, (OCLC 3900928, DOI 10.5962/bhl.title.33901, lire en ligne), p. 212
  4. (en) Amy Chernack (dir. et Project Co-ordinateur), Normand David et Michel Gosselin (French common names), All the Mammals of the World, Barcelone, Lynx Nature Books, , 800 p. (ISBN 978-84-16728-66-4), p. 687
  5. Linné, Carl von (1707-1778), Système de la nature, de Charles de Linné. Classe 1re du règne animal contenant les quadrupèdes vivipares et les cétacés. Traduction française par Mr. Vanderstegen de Putte,... d'après la 13e édition latine... corrigée par J. F. Gmelin, Bruxelles, Lemaire, (lire en ligne)
  6. ASM Mammal Diversity Database, consulté le .
  7. (it) Giovanni Ignazio Molina, Saggio sulla storia naturale del Chili, Bologne, S. Tommaso d'Aquino, , 291-292 p. (lire en ligne) :
    « 2. La Cuya, Mustela Cuja... è un piccolo animale fomigliante al furetto... il fuo pelame è folto, morbido, e affatto nero. 3. Il Quiqui, Mustela Quiqui... è una specie di donnola di color bruniccio... Questo animale è di fua natura feroce, e oltremodo collerico. [2. La Cuya, Mustela Cuja... est un petit animal ressemblant au furet... son pelage est épais, doux et tout à fait noir. 3. Le Quiqui, Mustela Quiqui... est une espèce de belette de couleur brunâtre... Cet animal est de sa nature féroce, et extrêmement colérique.] »
  8. (en) George Robert Waterhouse et Charles Darwin, The Zoology of the Voyage of H.M.S. Beagle. Part II: Mammalia, Londres, Smith, Elder and Co., (lire en ligne)
  9. Integrated Taxonomic Information System (ITIS), www.itis.gov, CC0 https://doi.org/10.5066/F7KH0KBK, consulté le .
  10. (en) Oldfield Thomas, « XXII.—On Mammals from the Province of San Juan, Western Argentina », The Annals and Magazine of Natural History, vol. 7, no 38, , p. 215 (lire en ligne)
  11. (en) Oldfield Thomas, « Notes on the South-American Species of Galictis », The Annals and Magazine of Natural History, vol. 10, no 55, , p. 46 (lire en ligne)
  12. (en) Oldfield Thomas, « On Neotropical Mammals », The Annals and Magazine of Natural History, vol. 20, no 116, , p. 162-163 (lire en ligne)
  13. (en) Oldfield Thomas, « On the "Huron" of the Argentine », The Annals and Magazine of Natural History, vol. 8, no 44, , p. 213 (lire en ligne)
  14. 1 2 3 4 (en) E. Yensen et T. Tarifa, « Galictis cuja », Mammalian Species, vol. 728, , p. 1–8 (DOI 10.1644/728, S2CID 198124064)
  15. (pt) Artur Schmitt et Mario Arthur Favretto, « Registro de frugivoria em furão-pequeno (Galictis cuja) no Brasil », Revista Acta Ambiental Catarinense, vol. 18, no 1, , p. 129–133 (DOI 10.24021/raac.v18i1.5550)
  16. (en) J. Burger, « Grebes nesting in gull colonies: protective associations and early warning », American Naturalist, vol. 123, no 3, , p. 327–337 (DOI 10.1086/284207)
  17. (en) Luís C. Muniz-Pereira, Pilar Corrêa, Cecília Bueno et Fabiano M. Vieira, « Rediscovery of Pachysentis gethi (Acanthocephala: Oligacanthorhynchidae), a parasite of wild lesser grison Galictis cuja (Carnivora: Mustelidae) from Brazil », Revista Mexicana de Biodiversidad, vol. 87, no 4, , p. 1356–1359 (DOI 10.1016/j.rmb.2016.10.010)
  18. (en) J.E. Jiménez, « The extirpation and current status of wild chinchillas Chinchilla lanigera and C. brevicaudata », Biological Conservation, vol. 77, no 1, , p. 1–6 (DOI 10.1016/0006-3207(95)00116-6)
  19. (en) D. Brooks, « Some notes on terrestrial mustelids in the central Paraguayan Chaco », Mustelid and Viverrid Conservation, vol. 4, , p. 5–6 (lire en ligne)
  20. (en) C. Wisniveski-Colli et al., « Sylvatic American trypanosomiasis in Argentina. Trypanosoma cruzi infection in mammals from the Chaco forest in Santiago del Estero », Transactions of the Royal Society of Tropical Medicine and Hygiene, vol. 86, no 1, , p. 38–41 (DOI 10.1016/0035-9203(92)90433-D)

Liens externes

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