Cunhambebe (dont le nom est parfois également orthographié Quoniambec ou Quoniambebe) est un chef indigène brésilien de la tribu Tupinambá, qui dominait la région située entre l'actuelle Cabo Frio (Rio de Janeiro) et Bertioga (São Paulo)[1]. Il vivait dans le village d'Iperoig (près d'Ubatuba).

Quoniambebe tel que décrit dans les pages de la Revista do Instituto Histórico e Geográfico Brasileiro (en), une image tirée de La Cosmographie Universelle d'André Thevet, publié trente ans avant l'exemple ci-dessous.
Cunhambebe, tel que décrit par André Thevet, cosmographe français qui accompagna l'expédition de Nicolas Durand de Villegaignon.

Carrière militaire

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Illustration de 1642 tirée d'un livre d'Ulisse Aldrovandi.

Cunhambebe est également le principal représentant et le chef élu de la Confédération Tamoyo, une alliance militaire entre les tribus côtières tupies dirigée contre les colons portugais. La Confédération Tamoyo mène la guerre aux Portugais jusqu'à la paix d'Iperoig (pt) de 1567. Elle combat également les forces portugaises alliées aux envahisseurs français commandés par Nicolas Durand de Villegagnon (1510-1571) lors de l'épisode historique connu sous le nom de France antarctique.

Selon la description donnée par le prêtre français André Thevet, le soldat de fortune et marin allemand Hans Staden (1525-1579) est prisonnier du père de Cunhambebe (qui porte le même nom) entre 1554 et 1557. Les Tupinambá sont des guerriers féroces et des cannibales, comme le décrit Hans Staden, qui leur a échappé de justesse et à plusieurs reprises alors que ceux-ci s'apprêtaient à le tuer et à le manger[2].

La guerre menée par la Confédération Tamoyo entrave fortement les efforts de colonisation portugaise. Aussi, les deux prêtres jésuites portugais qui ont fondé São Paulo dos Campos de Piratininga (en) (devenue l'actuelle mégalopole de São Paulo), Manoel da Nóbrega (1517-1570) et José de Anchieta (1534-1597), entreprennent une mission de paix en se rendant au péril de leur vie au village de Cunhambebe. Bien qu'accueillis avec méfiance, Anchieta, qui maîtrise parfaitement le tupi, leur permet d'échapper à la mort.

Finalement, Anchieta parvient à négocier un traité de paix, respecté par Cunhambebe et les Tupinambás. Ce traité prend fin lorsqu'une armée menée par le conquistador portugais Estácio de Sá (1520-1567) tente de chasser les envahisseurs français. À cette occasion, les tribus Tamoyo viennent en aide aux Français, se sentant trahies par les Portugais, et aussi parce que les tribus Temimino, leurs ennemis jurés traditionnels, combattent aux côtés des Portugais.

Cunhambebe meurt de la peste bubonique quelque temps après 1563, date à laquelle il est mentionné comme accompagnant Manoel da Nóbrega (1517-1570) et José de Anchieta (1534-1597) lors d'une visite diplomatique à São Vincente[3], avant les événements qui ont finalement conduit à la destruction presque complète des Tamoyos vers la fin du XVIe siècle.

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Cunhambebe » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Eve M. Duffy et Alida C. Metcalf, The Return of Hans Staden: A Go-between in the Atlantic World, JHU Press, , 59–68 p. (ISBN 978-1-4214-0346-5, lire en ligne)
  2. (en) Eduardo Viveiros de Castro, From the Enemy's Point of View: Humanity and Divinity in an Amazonian Society, University of Chicago Press, , 270–271 p. (ISBN 978-0-226-76883-0, lire en ligne)
  3. (en) John Hemming, Red Gold, London, Papermac, , 131-2 p. (ISBN 0-333-44858-8)

Articles connexes

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