Cybermanifestation

manifestation virtuelle qui se déroule sur internet ou dans un jeu vidéo

Une cybermanifestation ou une cyber-riposte est un acte collectif coordonné de cybermilitantisme, parfois de grande ampleur, à la manière d'une manifestation dans la vraie vie. C'est, d'après Lysenko et Desouza (2010), « l'imbrication structurelle et la production réciproque des processus d'auto-organisation d'Internet et ceux du système de protestation de la société, se produisant mutuellement et s'influençant l'un l'autre[1] ».

Elle est généralement à l'initiative d'activistes ou de groupes de pression. Elle peut se dérouler sous la forme de slacktivisme (utilisation massive d'un hashtag sur les réseaux sociaux et partage d'une pétition en ligne[2],[3]) ou de hacktivisme (attaques informatiques coordonnées contre des sites web).

Au sein d'un jeu en ligne, des joueurs peuvent organiser une cybermanifestation en regroupant leurs personnages dans un espace précis de l'univers virtuel. L'objectif est alors, le plus souvent, de dénoncer une modification des règles du jeu par les développeurs de ce dernier[4]. La manifestation dans Second Life en 2011 est cependant le fait de salariés d'IBM, la firme disposant d'une multitude d'îles virtuelles au sein du jeu dans lesquelles elle organise fréquemment des conférences avec ses employés[5].

Contre un ou plusieurs gouvernements

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En 2008, une manifestation virtuelle 24h contre la censure a lieu sur le site Internet de Reporters sans frontières (RSF). L'organisation souhaite « dénoncer la censure exercée par certains gouvernements et réclamer plus de libertés sur Internet » en permettant aux personnes de se créer un avatar et de choisir le message de leur banderole pour manifester virtuellement dans neufs pays considérés par RSF comme les pires en matières de censure : Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Égypte, Érythrée, Tunisie, Turkménistan et Vietnam[6],[7].

En 2015, une cybermanifestation lancée par 14 000 sites Internet perturbe le portail du Sénat américain, afin de montrer l'opposition à la modification de la loi dédiée à la cybersurveillance de masse[8].

Contre une ou plusieurs entreprises

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En 2010, des internautes bloquent l'accès des sites Web d'Amazon, Visa et Mastercard, accusés de collaborer avec le gouvernement américain dans sa bataille juridique contre Wikileaks[9].

Représentation d'une personne avec le masque d'Anonymous devant un ordinateur portable.

En 2014, des Anonymous lancent une dizaine d'attaques pour manifester contre la « décadence » et l'« injustice économique » du Brésil, alors que s'y tient la Coupe du monde de football[10].

En 2020, alors que l'entreprise Proximus lance une première phase de déploiement du réseau mobile 5G dans trente communes belges, un collectif invite à une cybermanifestation pour l'arrêt du processus[11].

Dans un jeu vidéo

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Logo de World of Warcraft.

En 2005 se déroule The Million Gnome March aussi appelée Warrior Protest, sur le jeu World of Warcraft. Les joueurs ont manifesté en incarnant des personnages de la classe gnome de niveau 1 à la suite de changements sur la classe guerrier ayant subi plusieurs nerfs (diminution de la puissance de la classe sur plusieurs aspects)[12],[13],[4].

Logo d'Eve Online.

En 2011 se tient une manifestation au point d'échange Jita sur le jeu Eve Online. Près de 1000 pilotes se sont retrouvés autour de la station et ont volé pendant plusieurs heures afin d'exprimer leur mécontentement à la suite de la mise en boutique d'un monocle vendu 70 vrais dollars mais aussi vis-à-vis des mécaniques pay-to-win ajoutées récemment dans le jeu.

En a lieu une manifestation des salariés italiens contre IBM sur le jeu Second Life à l'initiative du syndicat international Union Network International[14].

Notes et références

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  1. Volodymyr V. Lysenko et Kevin C. Desouza, « Cyberprotest in contemporary Russia: The cases of Ingushetiya.ru and Bakhmina.ru », Technological Forecasting and Social Change, vol. 77, no 7, , p. 1179–1193 (ISSN 0040-1625, DOI 10.1016/j.techfore.2010.04.021, lire en ligne, consulté le )
  2. Vinisa Nurul Aisyah, « Potret Cyberprotest Dalam Media Sosial Di Indonesia », eprints.ums.ac.id, , p. 1–12 (lire en ligne, consulté le )
  3. « Вы точно человек? », sur КиберЛенинка (consulté le ).
  4. 1 2 Valentin Cebo, « Tournez manette - De la grogne réelle à la grogne virtuelle, quand les manifestations s'invitent sur les serveurs » Accès libre, sur gamekult.com, 2019-10-19cest09:30:00+0200 (consulté le )
  5. « Second Life Enterprise was a costly mistake », sur hypergridbusiness.com,
  6. Astrid GIRARDEAU, « Cyber-manifestation contre la censure sur rsf.org » Accès libre, sur Libération, (consulté le )
  7. « RSF appelle à la cybermanifestation contre la censure », sur clubic.com, (consulté le )
  8. Damien Bancal, « Cybermanifestation contre la modification de la loi dédiée à la cybersurveillance de masse », sur ZATAZ.COM, (consulté le )
  9. Richard Stallman, « De la nécessité des cyber-manifestations pour défendre WikiLeaks » Accès libre, sur telerama.fr, (consulté le )
  10. Damien Bancal, « Cyber manifestation : l’autre coupe du monde du Brésil », sur ZATAZ.COM, (consulté le )
  11. « Cybermanifestation ce samedi contre la 5G déployée à Huy », sur sudinfo.be, (consulté le )
  12. (en-US) Scott Andrews, « WoW Archivist: Class protests and the Million Gnome March » Accès libre, sur Engadget, (consulté le )
  13. Ludovic Lecomte, « Quand les Hackers s’en prennent aux Gamers… » Accès libre, sur InCyber, (consulté le )
  14. « Première manifestation sur Second Life jeudi par les salariés d'IBM Italie » Accès libre, sur Franceinfo, (consulté le )

Voir aussi

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