Cynisca (personnalité)
Cynisca, ou Kyniska, (en grec ancien Κυνίσκα / Kuníska ) est une riche princesse de Sparte née vers . Elle est la première femme de l'histoire à gagner un prix aux jeux olympiques antiques en et .
| Princesse |
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| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture |
Hérôon de Cynisca à Sparte (d) |
| Nom dans la langue maternelle |
Κυνίσκα |
| Activité | |
| Famille |
Eurypontides (d) |
| Père | |
| Mère | |
| Fratrie |
Agis II Agésilas II Teleutias (en) |
| Distinctions |
Vainqueur du quadrige aux Jeux olympiques antiques (d) ( et ) |
|---|
Sa victoire en fait un modèle pour les participantes futures des jeux olympiques et mène la création d'un culte en son honneur à Sparte.
Biographie
modifierJeux olympiques
modifierUne victoire inédite
modifierElle participe et remporte l'épreuve de quadrige à deux jeux olympiques, possiblement en et [1]. Elle devient la première femme remportant une épreuve des jeux olympiques[4]. Même si lors des courses un aurige conduit le quadrige, c'est le propriétaire du char, et donc ici Cynisca, qui est reconnu vainqueur[1],[5]. Elle n'a pas pu être présente lors des courses, comme l'entrée du sanctuaire des jeux est interdit aux femmes[6],[7]. Les victoires de Cynisca ne changent pas les règles de participation féminine aux jeux, même si elles ouvrent la voie par l'exemple pour la participation d'autres femmes, comme Euryleonis en [8],[9],[10].
Concourir et gagner à la course de quadrige aux jeux olympiques ne sont accessibles qu'à de riches propriétaires[6],[11]. Les victoires de Cynisca montrent donc sa richesse, probablement obtenue grâce à l'héritage de son père, dans un contexte d'inégalité grandissante à Sparte[12].
Célébration des victoires
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Les victoires de Cynisca sont honorées par deux groupes de statues en bronze d'Apelle, d'aucune mesure avec celles pour d'autres athlètes spartiates de l'époque. La première était érigée dans l'Altis à Olympie, représentant Cynisca regardant la chariot et l'aurige vainqueurs. La deuxième est une paire de chevaux, qui était présente dans le pronaos du temple de Zeus d'Olympie[6],[13]. Sur la première des deux statues, on peut retrouver écrite à la première personne l'inscription suivante :
Les rois de Sparte sont mes pères et frères. |
Σπάρτας μὲν βασιλῆες ἐμοὶ |
Un hérôon à la gloire de Cynisca a été érigé proche du Platanistas, quartier symboliquement important de Sparte. Elle est la première femme à obtenir un tel culte, alors qu'il était rare pour les athlètes d'obtenir cet honneur[6],[9].
Impact politique
modifierSparte est interdite de participation par Élis aux jeux panhelléniques de à ou . Les victoires de Cynisca ont donc lieu dans les premières après la reprise des participations spartiates. Elles sont vues comme une revanche de l'exclusion de Sparte[4],[14].
La participation de Cynisca dans les jeux olympiques pourrait être motivée totalement ou partiellement par des questions politiques au service de son frère Agésilas II, nouvellement couronné. Les motivations politiques évoquées sont : dévaloriser les sports équestres, assoir le pouvoir de son frère et renforcer le prestige de Sparte dans un contexte de tension avec les cités d’Athènes et d'Élis[5],[3],[15]. Agésilas promeut le succès de Cynisca. Ce dernier apporte à la Spartiate une renommée internationale[1].
Postérité
modifierZoe Karelli, poétesse grecque moderne, a écrit un poème sur l'amour que Cynisca portait à ses chevaux et sur la victoire olympique qui l'a rendue célèbre[réf. nécessaire]. Cynisca figure parmi les 1 038 femmes référencées dans l'œuvre d’art contemporain The Dinner Party (1979) de Judy Chicago[16],[17]. Une équipe cycliste féminine s'est nommée Cynisca Cycling en honneur à la spartiate[18].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Son nom évoquerait l'univers de la chasse.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 Annalisa Paradiso, « L'exercice du pouvoir royal : Agésilas, Cynisca et les exploits olympiques », Ktèma, vol. 40, no 1, , p. 233–241 (DOI 10.3406/ktema.2015.1477, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Paradiso et Roy 2021, p. 57.
- 1 2 Paradiso et Roy 2021, p. 58.
- 1 2 (en) Donald G. Kyle, Sport and spectacle in the ancient world, Wiley Blackwell, coll. « Ancient cultures », , 359 p. (ISBN 978-1-118-61356-6 et 978-1-118-61567-6), p. 184-185
- 1 2 (en) Donald G. Kyle, « "The Only Woman in All Greece": Kyniska, Agesilaus, Alcibiades and Olympia », Journal of Sport History, vol. 30, no 2, , p. 183–203 (ISSN 0094-1700, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 3 4 César Fornis, « Cynisca l’Eurypontide : genre, autorité et richesse dans la Sparte impériale du début du IVe siècle avant notre ère », Mètis. Anthropologie des mondes grecs anciens, vol. N.S.12, , p. 311 (DOI 10.4000/books.editionsehess.3251, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Hodkinson 2000, p. 316.
- ↑ (en) Ryszard Kulesza, « The Women of Sparta », Anabasis. Studia Classica et Orientalia, vol. 4, , p. 5–34 (ISSN 2082-8993, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en) Lynette G. Mitchell, « The Women of Ruling Families in Archaic and Classical Greece », The Classical Quarterly, vol. 62, no 1, , p. 17-19 (ISSN 0009-8388, DOI 10.1017/S0009838811000590, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Hodkinson 2000, p. 328.
- ↑ Paradiso et Roy 2021, p. 59-63.
- ↑ Hodkinson 2000, p. 102-103.
- ↑ Hodkinson 2000, p. 312.
- ↑ Hodkinson 2000, p. 311.
- ↑ Hodkinson 2000, p. 309-311.
- ↑ Musée de Brooklyn - Centre Elizabeth A. Sackler - Cynisca
- ↑ Judy Chicago, The Dinner Party : From Creation to Preservation, Londres, Merrel 2007. (ISBN 1-85894-370-1).
- ↑ (en) Julien Pretot, « Cynisca team aims to spark U.S. women's revival », Reuters, (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- (en) Paul Cartledge, The Spartans: An Epic History, 2nd edition 2003.
- César Fornis, « Cynisca l’Eurypontide : genre, autorité et richesse dans la Sparte impériale du début du IVe siècle avant notre ère », Mètis, Paris, Éditions de l'EHESS, no S. 12, , p. 311-324 (ISSN 1105-2201, lire en ligne)
- (en) Stephen Hodkinson, Property and wealth in classical Sparta, Duckworth Classical press of Wales, , 498 p. (ISBN 978-0-7156-3040-2)
- (en) Annalisa Paradiso et James Roy, « Kyniska : production and use of wealth », dans Stephen Hodkinson, Chrysanthi Gallou, Luxury and Wealth in Sparta and the Peloponnese, Classical Press of Wales, , 313 p. (ISBN 978-1910589830, DOI 10.2307/jj.890645.8, JSTOR jj.890645.8), p. 57-76
Textes historiques
modifier- Agésilas (trad. du grec ancien par Michel Casevitz), Paris, Les Belles Lettres, (1re éd. 2008), 164 p. (ISBN 978-2-251-33951-1).

- Pierre Chambry (dir.) (trad. Pierre Chambry), Xénophon. Œuvres complètes : Cyropédie. Hipparque. Équitation. Hiéron. Agésilas. Les Revenus, t. I, Garnier-Flammarion, (1re éd. 1967).

Article connexe
modifier- Euryleonis, une autre femme renommée de Sparte qui a gagné deux courses de chars en 368 av. J.-C.