Côtes-de-provence Sainte-Victoire

Un côtes-de-provence Sainte-Victoire, ou plus simplement un sainte-victoire[1], est un vin rouge ou rosé produit autour de Trets (à l'est de la ville d'Aix-en-Provence), c'est-à-dire au pied de la montagne Sainte-Victoire, à la limite entre les Bouches-du-Rhône et le Var.

Côtes-de-provence Sainte-Victoire
Image illustrative de l’article Côtes-de-provence Sainte-Victoire
Vignoble de l'AOC côtes-de-provence Sainte-Victoire.

Appellation(s) principale(s) côtes-de-provence[1]
Type d'appellation(s) dénomination au sein d'une AOP
Reconnue depuis 2005
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Provence
Localisation Bouches-du-Rhône et Var
Saison deux sèches (en hiver et en été) et deux plus humides (en automne et printemps)
Climat méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 873 heures (à Aix)[2]
Sol calcaire et grès argileux
Superficie totale 2 225 hectares
Superficie plantée 744 ha (en 2024)[3]
Nombre de domaines viticoles 32 caves particulières et coopératives
Cépages dominants syrah, grenache, cinsault et mourvèdre
Vins produits 97 % rosés et 3 % rouges
Production 26 676 hectolitres (en 2024)[3]
Pieds à l'hectare min. 4 000 ceps/ha, soit max. 2,5 m2/pied[4]
Rendement moyen à l'hectare 36 hl/ha en rosé et 26 en rouge (en 2024)[3]

Il s'agit d'une dénomination géographique au sein de l'AOC côtes-de-provence, à l'extrémité occidentale de l'aire d'appellation. Depuis août 2025, son nom est devenu le « cru Sainte-Victoire ».

Histoire

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Le littoral provençal a été colonisé par les Grecs : vers -600, les Phocéens s'installent à Marseille (en grec, Massalia; en latin, Massilia). Ils essaiment à Nice (Nikaia), Antibes (Antipolis), Hyères (Olbia), Six-Fours (Tauroeis), Arles (Arelate), Agde (Agathé), et au sud de Nîmes. Antérieurement la région était peuplée de Celtes appelés aussi Ligures ou Celto-Ligures[5].

C'est lors de la création de Massalia que les Phocéens implantent la vigne dans la Gaule celtique, les vignobles étant circonscrit à d'étroits espaces proches du littoral[6].

Laurent Bouby explique[7] : « Au 1er millénaire avant notre ère, avec la colonisation phocéenne à Marseille et le dynamisme commercial des civilisations méditerranéennes (étrusques, grecques et phénico-puniques), la production et les échanges de vins explosent dans l’Ouest méditerranéen. On devine aisément la suite : des millions d’hectolitres de vins inondent le monde gaulois »[6].

Justin, dans son Abrégé des histoires philippiques (Historiarum Philippicarum, Livre XLIII, chap. IV,1-2), un ouvrage qu'il présente dans sa préface comme un florilège des passages les plus importants et les plus intéressants du volumineux Historiæ phillippicæ et totius mundi origines et terræ situs rédigé par Trogue Pompée à l’époque d’Auguste, explique : « Sous l'influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie et apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s'habituèrent à vivre sous l'empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l'olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu'il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce »[8].

Passées les grandes invasions, les abbayes provençales de Saint-Victor, à Marseille, de Saint-Honorat, dans l'île de Lérins, puis du Tholonet, vont reconstitué et développer le vignoble[9]. René d'Anjou, angevin de naissance et provençal de cœur, qui avait sa cour à Aix-en-Provence, affectionnait les vins de Provence. Sous l'impulsion d'Éléonore de Provence, qui deviendra Reine d'Angleterre par son mariage avec Henry III, ils s'imposèrent même à la Cour d'Angleterre[10]. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, « les friands vins de clérets de la Provence » furent très appréciés à la Cour de France, où leur notoriété bénéficia de la plume de Madame de Sévigné qui effectuait de fréquents séjours en Provence.

Le vignoble, déjà connu en 1848 sous le nom de « Côtes de Provence », a dû être reconstruit au début du XXe siècle après la crise phylloxérique. Grâce aux efforts de quelques pionniers, un nouveau pas est franchi en 1951 avec l’accession en VDQS « côtes-de-provence ». Elle sera agrandie par deux arrêtés, puis l’accession en AOC par le décret du . La dénomination géographique complémentaire (qui peut être rajoutée à la suite du nom de l'appellation) « Sainte-Victoire » est reconnue en février 2005[11], renommée en « cru Saint-Victoire » en août 2025[4].

Vignoble

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Aire de la dénomination

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Images externes
Carte de l'aire d'appellation
Carte des communes concernées
Cartes parcellaires de la dénomination
Orthophotos du parcellaire de la dénomination

Neuf communes sont concernées entre Aix-en-Provence et la montagne Sainte-Victoire. Dans le département des Bouches-du-Rhône se trouvent : Châteauneuf-le-Rouge, Le Tholonet, Meyreuil, Peynier, Puyloubier, Rousset et Trets ; dans celui du Var : Pourcieux et Pourrières[4]. Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2024 sous l'appellation est de 744 hectares, dont 716,8 ha en rosé et 27,3 ha en rouge[3].

Géologie

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Le vignoble à Pourrières.

Les sols sont pauvres et peu profonds, essentiellement formés de calcaire et de grès argileux, ce qui leur permet d'accueillir un vignoble de qualité fournissant des vins rouges friands ou charpentés ainsi que des rosés aux arômes subtils[12].

Le climat est méditerranéen avec des influences légèrement continentales dues aux Monts Auréliens, au massif de la Sainte-Baume, aux coteaux de la haute vallée de l'Arc et à la barre rocheuse de la Sainte-Victoire. L'influence du Mistral est moins vive que dans la vallée du Rhône mais protège les vignes des attaques des parasites[12].

La station météorologique d'Aix-en-Provence (devant les bureaux de Météo-France, à 173 mètres d'altitude : 43° 31′ 46″ N, 5° 25′ 28″ E)[13] est proche de l'aire de la dénomination.

Relevés à Aix-en-Provence de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 11,8 12,8 16,3 19,1 23,4 27,9 31 30,8 25,9 21 15,4 12,2 20,6
Moyenne 6,7 7,2 10,3 13,1 17,2 21,3 24 23,8 19,6 15,7 10,5 7,3 14,7
Minimale moyenne 1,6 1,5 4,3 7,1 11 14,7 17 16,8 13,4 10,3 5,5 2,4 8,8
Nombre de jours avec gel 13,1 11,1 3,8 0,4 0 0 0 0 0 0,2 4 10,5 43,1
Précipitations
Hauteur (mm) 52,8 35,9 33,2 58,4 47,5 36,4 15,9 33,8 88,2 77,1 78,6 51 608,8
Ensoleillement
Heures 150,8 176,7 233,4 244,3 296,6 330,7 370 331,6 256,5 189,5 152,4 140,9 2 873,2
Source : Météo-France[2].
11,8
1,6
52,8
30 mm
60 mm
jan.
12,8
1,5
35,9
fév.
16,3
4,3
33,2
mars
19,1
7,1
58,4
avril
23,4
11
47,5
mai
27,9
14,7
36,4
juin
31
17
15,9
jui.
30,8
16,8
33,8
août
25,9
13,4
88,2
sep.
21
10,3
77,1
oct.
15,4
5,5
78,6
nov.
12,2
2,4
51
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

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Bouteilles de côtes-de-provence Sainte-Victoire lors d'une dégustation officielle

Cépages principaux : deux cépages principaux obligatoires parmi :

Méthodes culturales et réglementaires

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Les vignes sont conduites en taille courte, à coursons à deux yeux, soit en gobelet soit en cordon de royat (double ou simple). Sauf pour la syrah pour laquelle la taille longue (taille en guillot) est autorisée avec un maximum de 8 yeux francs par pied et 6 yeux francs maximum sur le long bois. La densité de plantation doit être au minimum de 4 000 pieds par hectare avec un rendement maximal autorisé de 50 hl/ha et un rendement moyen de 47 hl/ha[4].

Côtes-de-provence Sainte-Victoire de Rousset.

La superficie potentielle de ce vignoble atteint 2 225 hectares, seuls 360 hectares revendiquent cette AOC. Ils produisent 17 000 hectolitres de vins rosé et rouge, soit plus de 2 millions de cols/an[12].

Type d'exploitations

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Dégustation au domaine des Masques, producteur de côtes-de-provence Sainte-Victoire.

Il y a 32 caves particulières et coopératives dans l'appellation[12].

Vinothèque Sainte-Victoire

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Elle est installée dans la Maison Sainte-Victoire à Saint-Antonin-sur-Bayon et présente l’ensemble de la gamme produite par les vignerons de la Sainte-Victoire. Elle propose la dégustation et la vente des vins de l’appellation[12].

Notes et références

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  1. 1 2 Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  2. 1 2 « Fiche 13001009 » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  3. 1 2 3 4 « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 « Cahier des charges de l'appellation d'origine protégée « Côtes de Provence » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du et au BO Agri du .
  5. Dominique Garcia, La Celtique méditerranéenne, éditions Errance, Paris, 2004, 206 p.
  6. 1 2 Laurent Bouby, ingénieur d’étude au CNRS-CBAE, Montpellier, Vins, vignes, pépins, production viticole aux temps anciens : la science mène l’enquête ! sur le site cnrs.fr
  7. Histoire de la vigne et du vin De la Préhistoire à l'Antiquité:
  8. La fondation de Massalia, Justin, écrivain latin du IIe siècle
  9. Histoire du vignoble sur le site vinsdeprovence.com
  10. La Route des hauts Lieux de Provence, L'appellation Côtes de Provence, Historique
  11. « Décret du 9 février 2005 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Côtes de Provence » », publié au JORF no 34 du .
  12. 1 2 3 4 5 « Côtes de Provence Cru Sainte-Victoire », sur vinsdeprovence.com.
  13. « 13001009 – AIX EN PROVENCE – GALICE » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Jefferson Desport (photogr. Emmanuel Perrin), Les vignerons de la Sainte-Victoire, Bordeaux, Terre de vins éditions, , 279 p. (ISBN 978-2-8177-1078-5).
  • Pierre Bedot, Guide des vins du Var, Marseille, Jeanne Laffite, , 275 p. (ISBN 2-86276-142-7).

Articles connexes

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