Déboulonnage

Déboulonnage de la statue de Sadam Hussein en 2003.

Communards en 1871 devant la statue de Napoléon, place Vendôme à Paris.

En 1776, pendant la guerre d'indépendance américaine, déboulonnage de la statue équestre de George III sur Bowling Green à New York.

Abatage en août 1792 de la statue de Louis XIV située place des Victoires à Paris.

Timbre postal albanais représentant le renversement d'une statue à la gloire d'Enver Hoxha.

Renversement de la statue du conquistador Diego de Mazariegos le 12 octobre 1992 à San Cristobal de Las Casas (Mexique).
![Déboulonnage, en avril 2015, de la statue de Lénine à Kramatorsk en Ukraine.]()
Déboulonnage, en avril 2015, de la statue de Lénine à Kramatorsk en Ukraine.
![La statue de Christophe Colomb abattue à Saint Paul, au Capitole de l'État du Minnesota, le 10 juin 2020.]()
La statue de Christophe Colomb abattue à Saint Paul, au Capitole de l'État du Minnesota, le 10 juin 2020.
Un déboulonnage est une opération au cours de laquelle une statue située dans l'espace public en est retirée du fait de l'intervention d'un groupe aux yeux duquel la personnalité représentée en sculpture ne mérite pas l'honneur d'un tel monument, ou ne le mérite plus. C'est un exemple de dé-commémoration.

Il prend souvent la forme d'un renversement qui voit une statue se tenant jusqu'alors debout, basculée vers le sol depuis son éventuel piédestal, sans aucun ménagement particulier, le plus généralement à la faveur de la traction sur une ou plusieurs cordes, par les participants à un mouvement sociopolitique condamnant le pouvoir ou la moralité du sujet de l'œuvre en question.

Forme de vandalisme iconoclaste jouant de la violence symbolique pour marquer de façon spectaculaire un changement de régime, le déboulonnage fait partie du répertoire d'actions des révolutionnaires. Selon Matthew Parris, la foule qui déboulonne une statue n'efface pas l’histoire, mais au contraire elle l’écrit[1].
Quelques déboulonnages célèbres
modifier- 1871 : colonne Vendôme et statue de Napoléon, pendant la Commune de Paris, France.
- 1970 : statue d'Adolphe Thiers à Nancy, France.
- 2003 : statue de Sadam Hussein à Bagdad, Irak.
- 2011 : Monument à l'Humanité (en), de Mehmet Aksoy (en), à Kars, symbolisant l'amitié turco-arménienne, détruit à la demande du Premier ministre Erdogan[2].
- 2015 : statue de Cecil Rhodes sur le campus du Cap en Afrique du Sud, dans le cadre de la campagne Rhodes Must Fall.
- 2015 : statue de Lénine à Kramatorsk, Ukraine.
- 2020 : statues de Victor Schoelcher, Joséphine de Beauharnais et Pierre Belain D'Esnambuc en Martinique.
- 2020 : statue d'Edward Colston à Bristol, Royaume-Uni.
- 2020 : statue de Christophe Colomb à Saint Paul, États-Unis.
- de 2017 à 2021 : 6 statues du général Lee sont déposées dans différentes villes des États-Unis, voir détail sur la page Robert Lee.
Galerie
modifier- En 1776, pendant la guerre d'indépendance américaine, déboulonnage de la statue équestre de George III sur Bowling Green à New York.
- Abatage en de la statue de Louis XIV située place des Victoires à Paris.
- Renversement de la statue du conquistador Diego de Mazariegos le à San Cristobal de Las Casas (Mexique).
- Déboulonnage, en avril 2015, de la statue de Lénine à Kramatorsk en Ukraine.
- La statue de Christophe Colomb abattue à Saint Paul, au Capitole de l'État du Minnesota, le 10 juin 2020.
Références
modifier- ↑ Matthew Parris, « Tant mieux si les statues des esclavagistes tombent ! », sur Courrier international, (consulté le )
- ↑ Ragip Duran, « L’amitié turco-arménienne en morceaux », sur Libération (consulté le )
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Derek Moss, « Un rituel de déboulonnage de statue » in La Revue nouvelle, no 7, .
- (en) Alex von Tunzelmann, Fallen Idols: Twelve Statues That Made History, Headline, 2021.
- (en) Matthew Fraser, Monumental Fury: The History of Iconoclasm and the Future of Our Past, Prometheus, 2022.
- Jacqueline Lalouette, Les statues de la discorde, Paris, Passés composés, , 239 p. (ISBN 978-2-3793-3640-9).
- Bertrand Tillier, La disgrâce des statues : Essai sur les conflits de mémoire, de la Révolution française à Black Lives Matter, Paris, Éditions Payot & Rivages, coll. « Histoire Payot », , 288 p. (ISBN 978-2-228-93162-5).
- Françoise Vergès, De la violence coloniale dans l'espace public, Shed Publishing, , 192 p. (ISBN 2957749807)
- Sarah Gensburger et Jenny Wüstenberg (dir.), Dé-commémoration : Quand le monde déboulonne des statues et renomme des rues, Fayard, , 448 p. (EAN 9782213722054, présentation en ligne)
Articles connexes
modifier- Dé-commémoration
- Déchoucage
- Décolonisation de l'espace public
- Mobilisation des métaux non ferreux en France durant la Seconde Guerre mondiale