Décolonisation du Rwanda

La décolonisation du Rwanda désigne le processus par lequel le Rwanda a accédé à l’indépendance après avoir été successivement sous domination allemande puis belge.

Contexte colonial

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Le Rwanda devient un protectorat allemand à la fin du XIXe siècle, intégré à l’Afrique orientale allemande. Après la Première Guerre mondiale, le territoire est confié à la Belgique sous mandat de la Société des Nations, puis sous tutelle de l’ONU après 1945, formant avec le Burundi le territoire du Ruanda-Urundi[1].

Les autorités coloniales belges, influencées par des théories raciales, institutionnalisent une hiérarchie entre les groupes sociaux : les Tutsis, considérés comme une élite « naturelle », sont favorisés dans l’administration et l’éducation, au détriment des Hutus, majoritaires[2].

Déroulement de la décolonisation

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Ce processus s’est déroulé dans un contexte de tensions sociales et ethniques croissantes, qui ont profondément marqué l’histoire politique du pays[3],[4],[5].

Montée des tensions et revendications

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À partir de 1956, les revendications pour l’autonomie se multiplient. Le Manifeste des Bahutu (1957) marque un tournant : des intellectuels hutus y dénoncent la domination tutsie et réclament une réforme du pouvoir. En 1959, la révolution sociale éclate : des violences interethniques opposent Hutus et Tutsis, entraînant la fuite de milliers de Tutsis vers les pays voisins[6].

Vers l’indépendance

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Sous pression internationale, la Belgique organise des negociations en 1960, remportées massivement par les partis hutus. Mais ils acceptent d'abord une semi-indépendance. Le roi tutsi Kigeli V est exilé. Le , la monarchie est abolie et une République rwandaise est proclamée à Gitarama[7].

Le Rwanda devient officiellement indépendant le . Grégoire Kayibanda, leader du Parmehutu (Parti du Mouvement de l’émancipation hutu), devient le premier président du pays[8].

Conséquences

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La décolonisation du Rwanda s’est accompagnée de profonds bouleversements sociaux et politiques[9] : l’élite tutsie traditionnelle est renversée, ce qui provoque un exil massif de Tutsis, à l’origine de la création du Front patriotique rwandais (FPR). Parallèlement, un régime républicain dominé par les Hutus est mis en place.

Ces dynamiques ont contribué à alimenter les tensions qui culmineront avec le génocide des Tutsis en 1994.

Références

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  1. ↑ « Rwanda, une histoire immédiate 1/4 : De la décolonisation du Rwanda à la veille du génocide », sur France Culture, (consulté le ).
  2. ↑ « Rwanda : de la colonisation au génocide », sur Le Monde diplomatique, (consulté le ).
  3. ↑ Jean-Pierre Chrétien, Histoire du Rwanda : des origines à nos jours.
  4. ↑ Bernard Lugan, Rwanda : un génocide en questions.
  5. ↑ (nl) L'empire coloniale Belge.
  6. ↑ Jean-Pierre Chrétien et Marcel Kabanda, « Chapitre 4. La « révolution sociale » (1957-1962) », Alpha,‎ , p. 125–164 (lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ Collectif France Génocide Tutsi, Le Rwanda sous la colonisation et les deux premières républiques.
  8. ↑ Jean-Pierre Chrétien & Marcel Kabanda, « Chapitre 4 : La révolution sociale (1957–1962) », dans Histoire du Rwanda : des origines à nos jours.
  9. ↑ Catherine Coquio, « Guerre coloniale française et génocide rwandais : la responsabilité, l’implication de l’état français et sa négation », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, no 99,‎ , p. 49–71 (ISSN 1271-6669, DOI 10.4000/chrhc.785, lire en ligne, consulté le ).