Direction départementale des Territoires

administration d'Etat en France
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La direction départementale des Territoires (DDT) est un service déconcentré de l'État français créé au [1], prenant la forme d'une direction départementale interministérielle (DDI), et officiant auprès du préfet de département dans les domaines des politiques d'aménagement des territoires et de leur développement durable.

Direction départementale des Territoires
Histoire
Fondation
Fusion de
DDE et DDAF
Cadre
Sigle
DDT-MVoir et modifier les données sur Wikidata
Zone d'activité
Type
Domaine d'activité
Urbanisme, Aménagement du territoire, Logement, Environnement, Agriculture.
Pays
Organisation
Dépend de
Affiliation

Cette administration territoriale est issue de la fusion : des directions départementales de l'équipement (DDE), des directions départementales de l’agriculture et de la forêt (DDAF), et des directions départementales des affaires maritimes (DDAM), pour les départements littoraux.

Dans les départements côtiers, le service prend le nom de direction départementale des Territoires et de la Mer (DDTM). Il s'agit des départements : Alpes-Maritimes, Aude, Bouches-du-Rhône, Calvados, Charente-Maritime, Côtes-d'Armor, Eure, Finistère, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Gard, Gironde, Hérault, Ille-et-Vilaine, Landes, Loire-Atlantique, Manche, Morbihan, Nord, Pas-de-Calais, Pyrénées-Atlantiques, Pyrénées-Orientales, Seine-Maritime, Somme, Vendée et Var. Il y a donc 26 DDTM et 66 DDT.

Histoire

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Les Directions départementales de l'agriculture sont créées en 1965[2], puis sont devenues des Directions départementales de l'Agriculture et de la Forêt (DDAF) en 1984. Les Directions départementales de l'Équipement (DDE) sont créées en 1967, elle dépendent du Ministère des Transports et de l'Équipement créé la même année.

Avec l'arrivé au pouvoir de la gauche, en 1982, débute une politique de décentralisation en France. Les DDE sont particulièrement affectées par les changements d'organisation administrative de la France, notamment car une partie de leurs missions sont transférées aux nouveaux conseils généraux.

En 1993, un rapprochement entre services des DDE et DDAF est engagé par la circulaire du . Cette première tentative n'a pas eu de résultats concrets fautes d'objectifs clairement définis et de pilotage au niveau central et dans un contexte de réduction des budgets[3]. Cependant des Mission interservice de l'eau sont progressivement mise en place dans les départements.

En 2007, le Président de la République Nicolas Sarkozy lance une Révision générale des politiques publiques dont l'objectif est de réduire les dépenses publiques. Cette réforme passe entre autres par une réorganisation des administration centrales et territoriales. La fusion entre DDE et DDAF est d'abord expérimentée au dans huit départements-test : Ariège, Aube, Cher, Loir-et-Cher, Lot, Yvelines, Territoire de Belfort et Val-d'Oise[4], puis la fusion est généralisée, dès le , dans 47 départements de métropole supplémentaires[5]. Les derniers départements devaient être concernés à partir de 2010, pour mettre en place des directions départementales de l'Équipement et de l'Agriculture dans tous les départements. Cette première étape de la réorganisation des services est interrompue. Une autre réforme, dite Réforme de l'administration territoriale de l'état (RéATE), met en place des Directions départementales des territoires par regroupement des DDEA (dans 55 départements) ou des DDE et DDAF (dans les 40 autres départements) avec les services « environnement » des préfectures, au [6],[7].

La fusion s'est accompagnée d'une réduction des effectifs et d'un transfert de certaines missions au profit des services régionaux (DREAL, DRAAF), créés la même année, par fusion d'anciens services déconcentrés de l’État, en particulier en ce qui concerne le ministère de l'écologie. Ainsi, le sociologue François-Matthieu Poupeau calcule que « la plupart des DDT(M) affichent des baisses d’effectifs de l’ordre de 10 à 15 % en 2009 et 2010 »[8].

Par ailleurs, la RGPP puis la RéATE positionnent le Préfet comme pilote des services déconcentrés de l’État au niveau du département. Les directeurs départementaux des territoires perdent donc leur autonomie au profit des préfets et des directeurs des services régionaux, d'après plusieurs sociologues comme Debar[9] ou Poupeau[8].

Le Sénat note une « attrition » (une diminution continue) des effectifs, dans les DDT entre 2012 et 2019, le nombre d'agents étant passé de environ 22 000 ETP à 15 000 ETP[10]. La Cour des comptes précise que ce sont les DDTM qui accusent les réductions d'effectifs les plus fortes, qu'elles sont excessives et que leur répartition est sans rapport avec l'évolution de la population départementale ou de l'activité[11]

Une série d'inspections, menées entre 2017 et 2018, dans les DDT(M) de 9 départements tendait à montrer que ces administrations continuaient a exercer globalement l'ensemble de leurs missions à cette époque. Malgré tout, les DDT(M) ne participaient plus au comité de pilotage des SAFER et diminuait les contrôles dans tous les domaines (contrôles de légalité en matière d’urbanisme, des déclaration au titre de la loi sur l'eau, des bailleurs sociaux ...) ainsi que l'accueil du public, le suivi des plaintes et le conseil juridique[12].

Presque dix ans plus tard, dans un rapport sur la police de l'eau, publié en mai 2026, la Cour des comptes note que les DDT(M) se concentrent sur un rôle d'instruction de demandes d'autorisation au détriment des contrôles qui sont peu nombreux et ne donnent que très peu lieu à des sanctions. La cour juge ainsi la mise en œuvre de cette politique à la fois inefficiente par rapport aux moyens qui y sont consacrés et inefficace pour atteindre les objectifs d'amélioration de la qualité de l'eau[13],[14].

Entre 2020 et 2021, les services des ressources humaines et autres services supports (par exemple logistique, et informatique) des différentes directions départementales dépendantes des préfets (entre autres DDT et préfectures) sont fusionnés, pour créer des services généraux communs départementaux (SGCD). Une enquête de l'Inspection générale de l'administration montrait en 2023 que la fusion n'avait pas atteint ses objectifs de diminution des dépenses publiques et avait eu des conséquences négatives sur la qualité des services tant pour les personnels de l’État que pour les usagers du service public. Parallèlement les SGCD rencontrent des difficultés de recrutement[15].

Organisation

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La Direction départementale est une direction départementale interministérielle. Elle tient ses ordres du préfet de département, et elle est gérée au quotidien par un directeur départemental des territoires. Ce dernier est nommé par arrêté conjoint du premier ministre et du ministre de l'intérieur. Depuis 2025, il est nommé après avis du préfet de département.

Les services de la DDT(M) sont organisés de façon spécifique dans chaque département.

Missions

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Une direction départementale des Territoires avec ses services, Ariège

Domaines d'intervention

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Les principales missions des DDT recouvrent les domaines suivants :

  • Aménagement et urbanisme : avec des enjeux importants de préservation des terres agricoles, de limitation de l’étalement urbain et de croissance responsable ; planification ou suivi des grands projets (LGV, ZAC) ; instruction des autorisations de construire et d'aménager relevant de la compétence de l’État ;
  • Logement, habitat et construction : avec la gestion et le contrôle des aides publiques pour la construction de logements sociaux ainsi que la rénovation urbaine des quartiers sensibles, la lutte contre l’habitat indigne et la précarité énergétique ;
  • Agriculture et forêt : avec la promotion de leurs fonctions économiques, sociales et environnementales, le conseil aux agriculteurs pour l'instruction de la politique agricole commune (PAC) ;
  • Politiques en faveur de la préservation de l’environnement, notamment :
    • Protection et gestion durable des eaux, des espaces naturels, forestiers et de leurs ressources : police de l’eau et des milieux aquatiques, sécurisation de la ressource en eau, biodiversité, évaluation des incidences dans les zones « Natura 2000 », stratégie départementale pour les aires protégées[ex 1] ;
    • Protection et gestion de la faune et de la flore sauvages : notamment préservation des habitats et espèces menacées ;
    • Gestion des déchets et des nuisances (notamment nuisances sonores des infrastructures de transport) ;
  • Prévention des risques naturels et technologiques : avec l'élaboration et la mise en œuvre des plans de prévention des risques naturels[ex 2] ou technologiques ;
  • Politique d'éducation et de sécurité routière : notamment déploiement des radars automatiques et de la réglementation relative aux routes dites à grande circulation, organisation et tenue des examens du permis de conduire.

Il est important de noter que la répartition des compétences entre les services de l’État n'est pas uniforme dans tout les départements, ainsi certaines missions, exercées dans un département par la DDT(M), peuvent l'être dans un autre département par le bureau environnement de la préfecture ou par la DREAL ou la DRAAF. Par exemple, dans le domaine de la biodiversité, les demandes de dérogation à l'interdiction de porter atteinte aux espèces protégées sont instruites par les DDTM en région Pays-de-la-Loire, Bretagne ou Centre, alors qu'en région Normandie, Auvergne-Rhône-Alpes ou Nouvelle-Aquitaine ce sont les DREAL qui instruisent ces dossiers.

Disparition progressive de l'assistance aux collectivités

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À leur origine, dans les années 1970, les Directions départementales de l'équipement réalisent les projets des collectivités, à la fois à l'étape de l'ingénierie et des travaux. En 1979, une nouvelle mission est confiée aux services départementaux de l'État (à la fois DDE et DDAF), celle de conseiller et d'assister les communes « en matière d'aménagement et d'habitat ». La nature des missions évolue peu avec la décentralisation même si une partie se voit confiée aux collectivités nouvellement créées. En 2001, la loi Murcef prévoit que la prestation de service devienne soumise au Code des marchés publics et donc à la concurrence, on parle alors d’ingénieure publique concurrentielle[16]. Exceptionnellement pour les petites communes rurales les services déconcentrés continuent de réaliser ces mission dans le cadre de la politique dite d'assistance technique pour raisons de solidarité et d'aménagement du territoire (Atesat) sans être soumis à la concurrence. La compétence d'ingénierie publique concurrentielle est finalement supprimée en 2011 comme prévu par une circulaire du [17]), puis l'ATESAT en 2014 (date de suppression dans la loi des finances[18]) y compris pour les petites communes.

Le nouveau gouvernement socialiste met en place un « nouveau conseil au territoire », en 2016, pour palier à la perte de l'ATESAT. La nouvelle mission est confiée aux DDTM prioritairement et aux Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (CEREMA)[18].

Transfert de l'instruction des autorisations du droit des sols aux collectivités

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À partir du , les services déconcentrés de l'État arrêtent d'instruire les demandes d'autorisation au titre du droit des sols (permis de construire et autres Autorisation d'urbanisme) pour le compte des communes. Aucune ressource n'est transférée de l'État aux collectivités pour assurer cette mission[19].

Émergence des questions de risques et d'environnement

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Galerie

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Notes et références

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  1. Décret no 2009-1484 du 3 décembre 2009 relatif aux directions départementales interministérielles.
  2. Décret n°65-224 du 26 mars 1965 relatif à l'organisation et aux attributions des directions départementales de l'agriculture
  3. Patrice Duran, « Les pannes de la déconcentration : l'échec du rapprochement des directions départementales de l'équipement et des directions départementales de l'agriculture et de la forêt en 1993 », Revue française d'administration publique, nos 2006/4 n°120, , p. 757-776 (lire en ligne)
  4. A.L., « Réforme de l'Etat - Huit départements expérimentent la fusion des DDE et des DDAF », sur Banque des territoires, (consulté le )
  5. Décret n° 2008-1234 du 27 novembre 2008 relatif à la fusion des directions départementales de l'équipement et des directions départementales de l'agriculture et de la forêt dans certains départements.
  6. « Les dde et ddea deviennent les ddt - DDT, Direction Départementales des Territoires », sur Association des paysagistes-conseils de l'état, (consulté le )
  7. Dominique Brachet, « Réforme de l’organisation de l’administration départementale de l’Etat. », sur Association de maires de France, (consulté le )
  8. 1 2 François-Mathieu Poupeau 2011.
  9. Anne Debar, « Les directeurs départementaux sont-ils encore les « patrons » de l’État local ? », L’État et ses territoires, no 90, (lire en ligne, consulté le )
  10. Isabelle BRIQUET, commission des finances du Sénat, Les secrétariats généraux communs, une réforme au milieu du gué : Rapport d'information n° 740 (2021-2022), (lire en ligne), "L'essentiel" partie I, A (voir en particulier la figure à la fin de la section)
  11. C.M, « Etat déconcentré : des réductions d'effectifs excessives, et c'est la Cour des comptes qui le dit », sur Banque des territoires, (consulté le )
  12. « Missions d’examen de l’organisation et du fonctionnement des directions départementales interministérielles (DDI) - Rapport de synthèse 2017 » [PDF], sur CFDT, (consulté le )
  13. Frédéric Fortin, « Pour la Cour des comptes, la police de l'eau n’est pas étanche », sur Banque des territoires, (consulté le )
  14. « La police environnementale de l'eau : Un droit à clarifier, une action à rendre plus efficace pour une ressource vitale mieux protégée », sur Cour des comptes, (consulté le )
  15. « SGCD : Évaluation de l’organisation et du fonctionnement des secrétariats généraux communs de département (SGCD) », sur Syndicat CFDT, (consulté le )
  16. Marie Wozniak, « Vers un nouveau conseil aux territoires : quel rôle de l’État local dans l’accompagnement des communes rurales et de montagne ? », dans Sylvie Lardon; Alexis Perne, Explorer le territoire par le projet. L’ingénierie territoriale à l’épreuve des pratiques de conception, Presses Universitaires de Saint-Etienne, (lire en ligne), volume 5 p.103-115
  17. « Prestations d'expertise - Réforme de l'ingénierie publique : une circulaire précise les modalités de mise en œuvre », (consulté le )
  18. 1 2 « Les collectivités et l'ANCT au défi de l'ingénierie dans les territoires : Rapport d'information n° 591 (2019-2020) », sur senat.fr, (consulté le )
  19. « Fin de l'instruction des autorisations du droit du sol par l'État pour le compte des collectivités territoriales : Question de M. DANESI René (Haut-Rhin - UMP) publiée le 19/03/2015 », sur senat.fr, (consulté le )
  20. « La Caserne Coligny », sur Orléans, Hier et Aujourd'hui (consulté le )

Exemple de mise en œuvre des politiques publiques

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  1. Lise Degoy, Déclinaison de la stratégie nationale pour les aires protégées dans le Rhône : analyse des nouvelles démarches mises en place (Travail de fin d’études pour le diplôme d’ingénieur de l’École nationale des travaux publics de l’État), (lire en ligne)
  2. Fabien Doussière, Valérie Ziolkowski, Laurent Laturelle et Marc Delbec, « L’expérience de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer du Pas-de-Calais dans l’évaluation, la cartographie et la prévention des risques de ruissellement », Hydroscience Journal, no 107(1), (lire en ligne, consulté le ), pour un exemple de mise en œuvre de cette politique.

Annexes

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Bibliographie

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  • François-Mathieu Poupeau, « (Con) fusion dans l'Etat départemental : la mise en place des directions départementales des territoires (et de la mer) », Revue française d'administration publique, nos 2011/3 n° 139, , p. 517-535 (lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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