Dada Youb El Maghraoui
Dada Youb al-Maghraoui (en arabe : دادا يوب المغراوي), également appelé Sidi Dâdda Yoûb, est une ancienne figure religieuse et thérapeutique associée à Oran. La tradition locale le présente comme un saint guérisseur pratiquant les soins par les eaux thermales, faisant de lui une figure ancienne de la balnéothérapie dans la région. Son nom est resté attaché aux sources thermales de Hamam Dada Youb, ou Bains de la Reine situées sur la corniche oranaise, réputées pour leurs vertus thérapeutiques[1],[2].
| Naissance |
Oran, royaume des Banou Khazar |
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| Appartenance ethno-culturelle |
| Domaine |
Balnéothérapie |
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Biographie
modifierSidi Dada Youb al-Maghraoui est un saint et théologien berbère zénète d’Oran, issu des Maghraoua, auxquels la tradition attribue la fondation de la première cité d’Oran en 902. Ayant vécu au IVe siècle de l’Hégire (Xe siècle), il compte parmi les anciennes figures religieuses associées aux débuts de l’histoire islamique d’Oran.
Son mausolée se trouve sur la corniche oranaise, sur l’ancienne route reliant Oran à Mers el-Kébir. Le sanctuaire est étroitement associé aux sources thermales de Sidi Dada Youb, réputées depuis des siècles pour leurs vertus thérapeutiques. Selon la tradition locale, ces eaux auraient notamment été liées à des guérisons attribuées au saint, faisant du lieu un espace à la fois de soin, de dévotion et de pèlerinage[3].
Les eaux thermales de Dada Youb
modifierLa mémoire de Sidi Dada Youb est étroitement liée aux anciennes sources thermales de la corniche oranaise, à proximité de Mers el-Kébir. Bien avant les aménagements de l’époque coloniale, ces sources auraient constitué un lieu de soins et de pèlerinage fréquenté par des populations venues de différentes régions du Maghreb. La tradition rapporte notamment la venue de pèlerins de Fès, d’Alger et de Tunis, témoignant de l’audience que le sanctuaire et ses eaux auraient acquise au fil des siècles[4].
Le site fut ensuite aménagé durant la période coloniale afin d'y établir un établissement thermal, connu sous le nom de « Bains de la Reine ».
Selon la tradition rapportée par les sources anciennes, les eaux de Dada Youb, dont la température atteindrait environ 55 °C, jouissaient d'une réputation thérapeutique particulière. Elles auraient notamment été associées à la guérison de la lèpre et d'autres maladies attribuée au saint, contribuant ainsi à la renommée du lieu comme espace de soins et de pèlerinage.
La réputation des sources s'étendit également aux populations européennes durant la période de domination espagnole d'Oran.Leurs eaux étaient réputées pour leurs vertus thérapeutiques et utilisées en bains, en douches et en boissons pour traiter certaines maladies, notamment des affections rapportées d’Amérique par les compagnons de Christophe Colomb.
Le cardinal Ximénès et Jeanne de Castille, fille d’Isabelle de Castille, y rétablirent leur santé après diverses infirmités. La renommée de ces guérisons contribua à faire de Sidi-Dedeyop un lieu très fréquenté par la noblesse espagnole, qui venait s’y baigner et s’y désaltérer autant pour ses propriétés curatives que pour les plaisirs de la villégiature.
Les sources devinrent ainsi un important lieu de séjour mondain, comparable aux grandes stations thermales européennes de l’époque telles que Baden-Baden ou Spa. Cette affluence participa au développement et au prestige d’Oran, qui devint alors l’une des villes les plus riches de la Maurétanie césarienne et fut surnommée Corte chica, « la petite cour ».
La fréquentation attribuée à Jeanne de Castille contribua également à l’appellation de « Bains de la Reine », demeurée attachée aux sources de Sidi-Dedeyop.
Publications
modifier- Julien-Pierre Lambert, Notice sur les eaux thermales de Sidi-Dedeyop (Bains de la Reine d’Espagne), près d’Oran (Afrique), thèse présentée et soutenue à la Faculté de médecine de Montpellier le 15 juillet 1850, Montpellier, J. Martel aîné, 1850
Références
modifier- ↑ (ar) Lekehal Mohamed, « بذرة,الزناقي,دادا أيوب,زبانة و آخرون...كلها أسماء يجب أن يحتويها متحف الأمير عبد القادر », sur El makal, (consulté le )
- ↑ Maurice Vernes, Jean Réville, Léon Marillier et René Dussaud, Revue de l'histoire des religions, Presses Universitaires de France, (lire en ligne)
- ↑ (ar) دليل الحيران و أنيس السهران في أخبار مدينة وهران تأليف الشيخ العلامة محمد بن يوسف الزياني تحقيق و تقديم الشيخ المهدي البوعبدلي (lire en ligne)
- ↑ Julien-Pierre Lambert, « Notice sur les eaux thermales de Sidi-Dedeyop (Bains de la Reine d’Espagne), près d’Oran (Afrique) » [PDF], sur wellcomecollection.org, (consulté le )
Bibliographie
modifier- Maurice Vernes, Jean Réville, Léon Marillier et René Dussaud, Revue de l'histoire des religions, Presses Universitaires de France, (lire en ligne)