Dahabieh
Une dahabieh est un type de voilier fluvial spécifique à l'Égypte et naviguant sur le Nil.
| Dahabieh | |
Le dahabieh Lazuli sur le Nil en Égypte. | |
| Généralités | |
|---|---|
| Type | Bateau à voile traditionnel |
| Lieux | Nil en Égypte |
| Sous-types | Voilier |
| Caractéristiques courantes | |
| Taille | 12 à 32 m |
| Propulsion | Voile |
| Matériaux | Bois |
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Histoire
modifierDepuis les temps les plus reculés, les déplacements en Égypte ne pouvaient se faire que par bateau, les crues du Nil empêchant d'établir un vrai système de routes longeant le fleuve.
La barque solaire de Khéops est certainement la première forme de « dahabieh » connue. Durant l'Égypte romaine, les dahabiehs sont les voiliers utilisés par les préfets romains. Elles servaient d’hôtel flottant aux voyageurs fortunés au XIXe siècle et étaient le moyen de navigation privilégié des élites égyptiennes[1].
Au début du XXe siècle, elles furent utilisées en maisons flottantes amarrées sur les rives du Nil au Caire. Elles servaient également à transporter nourriture, cuisine et autres chargements qui ne pouvaient pas tenir facilement sur les canges trop étroites.
La dahabieh du dernier vice-roi d'Égypte, le khédive Abbas II, a été restaurée à l'identique. La plus ancienne dahabieh qui navigue de nos jours sur le Nil en Égypte entre Louxor et Assouan est la dahabieh Dongola ; elle été restaurée par ses propriétaires successifs.
Au début des années 2000, l'égyptologue américain Kent Weeks (en) et son épouse Susan remettent au gout du jour ce type d'embarcation en rénovant une des rares dahabieh anciennes encore existantes, la Kingfisher[1]. Elle avait été construite en 1899 pour le Britannique Thomas Cook[1]. Ce navire devient leur maison et il le loue alors parfois pour des croisières privées[1] L'idée est reprise par d'autres, ce navire présentant l'avantage de pouvoir être amarré presque partout le long du fleuve, donc près des grands sites archéologiques ou près de petits villages ou des îles[1]. La construction de nouveaux bateaux se développe après 2010 et ils commencent à intégrer les circuits et les catalogues de tour-opérateurs[1] ; la demande décolle juste après la pandémie de Covid-19 avec la construction de nombreux navires[1].
Depuis l'été 2025 et suite à certains excès — certaines dahabieh faisant plus de 60 mètres de long —, la River Transport Authority égyptienne réglemente les dahabieh, fixant ainsi une longueur maximale de 45 mètres[1]. Mais des opérateurs craignent que les nouveaux critères d'aménagement et de sécurité, plus pensé pour les grands navires-hôtels fluviaux[1].
En 2026, près de 350 dahabieh comptant moins d'une dizaine de cabines sillonnent le fleuve, à la voile ou remorquées par une embarcation à moteur[1].
Description
modifierPlus grand que les autres voiliers fluviaux traditionnels égyptiens, sandals et les felouques et ressemblant à des canges, la dahabieh est assez longue (plus d'une trentaine de mètres), et effilée (largeur d'environ sept mètres), d'un faible tirant d'eau (60 cm) et portant une énorme voile latine à l'avant et une plus petite à l'arrière.

Notes et références
modifierVoir aussi
modifierBibliographie
modifier- Auguste Jal, Glossaire nautique, répertoire polyglotte de termes de marine anciens et modernes [détail des éditions]
- Max Boucard, En Dahabieh, illustrations de Félix Régamey, Joseph Ducher,
- Régis Hueber, Dahabiehs, almées et palmiers. Dessins du premier voyage en Orient 1855-56 d'Auguste Bartholdi, Colmar, Musée Bartholdi,
- Nicole Tuccelli et Gérard Réveillac (Prix 2002 Jacques de Morgan-Vachon de l'Académie de Marseille), Le Nil en dahabieh, Paris, Paris-Méditerranée, coll. « Méditerranée pour mémoire », , 181 p. (ISBN 2-84272-120-9)