Danielle Smith
Marlaina Danielle Smith, dite Danielle Smith, née le à Calgary (Alberta), est une journaliste et femme politique canadienne. Membre du Parti conservateur uni, elle devient première ministre de l'Alberta le à la suite de la démission de Jason Kenney, puis remporte les élections générales du pour un mandat de quatre ans.
| Danielle Smith | |
Danielle Smith en 2014. | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Première ministre de l'Alberta | |
| En fonction depuis le (3 ans, 10 mois et 27 jours) |
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| Élection | 29 mai 2023 |
| Monarque | Charles III |
| Lieutenant-gouverneur | Salma Lakhani |
| Gouvernement | D. Smith |
| Prédécesseur | Jason Kenney |
| Cheffe du Parti conservateur uni | |
| En fonction depuis le (3 ans, 11 mois et 1 jour) |
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| Prédécesseur | Jason Kenney |
| Cheffe de l'opposition officielle de l'Alberta | |
| – (2 ans, 7 mois et 23 jours) |
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| Premier ministre | Alison Redford Dave Hancock Jim Prentice |
| Prédécesseur | Raj Sherman |
| Successeur | Heather Forsyth |
| Cheffe du Parti Wildrose | |
| – (5 ans et 2 mois) |
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| Prédécesseur | Paul Hinman |
| Successeur | Heather Forsyth |
| Députée à l'Assemblée législative de l'Alberta | |
| En fonction depuis le (3 ans, 9 mois et 30 jours) |
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| Élection | (partielle) |
| Réélection | 29 mai 2023 |
| Circonscription | Brooks-Medicine Hat |
| Législature | 30e et 31e |
| Prédécesseur | Michaela Frey |
| – (3 ans et 11 jours) |
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| Circonscription | Highwood |
| Législature | 28e |
| Prédécesseur | George Groeneveld |
| Successeur | Wayne Anderson |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Marlaina Danielle Smith |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Calgary (Alberta, Canada) |
| Nationalité | Canadienne |
| Parti politique | Parti conservateur uni (depuis 2017) Parti Wildrose (2009-2014) Association progressiste-conservateur (1998-2009, 2014 à 2017) |
| Diplômée de | Université de Calgary |
| Profession | Journaliste |
| Résidence | High River |
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| Premiers ministres de l'Alberta | |
| modifier |
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Biographie
modifierPremières années
modifierDanielle Smith est issue d'un couple qui a eu cinq enfants. Son grand-père paternel, Philipus Kolodnicki, était un immigrant ukrainien qui anglicisa son nom en « Philip Smith » après son arrivée au Canada en 1915. Elle étudie à l'Université de Calgary et obtient un diplôme en anglais et en économie. Durant ses études, elle est active au sein des progressistes-conservateurs tant au niveau fédéral que provincial, et elle remporte la présidence du parti au niveau de son campus[1]. Elle commence à travailler par un stage d'une année au sein de l'Institut Fraser. En 1998, à l'âge de 27 ans, elle entre en politique en devenant candidate pour le poste de Comité directeur du Calgary Board of Education (en).
En 2006, Smith est la directrice des affaires provinciales de l'Alberta pour la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. Elle travaille également en tant que journaliste dans la presse écrite, la radio et la télévision.
Débuts en politique
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Smith dirige le Parti Wildrose à partir de 2009 et occupe le poste de cheffe de l'opposition de 2012 à , date de sa démission et de son ralliement aux Progressistes-conservateurs du premier ministre Jim Prentice.
Elle représente la circonscription de Highwood à l'Assemblée législative de l'Alberta entre 2012 et 2015.
Première ministre de l'Alberta
modifierCourse à la chefferie
modifierEn , Danielle Smith annonce qu'elle se lance dans la course à la chefferie du Parti conservateur uni (PCU), après que le chef du parti et premier ministre Jason Kenney ait annoncé sa démission. Sa campagne tourne autour de la promulgation de la Alberta Sovereignty Within a United Canada Act (la « Loi sur la souveraineté de l'Alberta dans un Canada uni »), une pièce législative autonomiste permettant notamment à la législature de la province de déterminer quand une loi fédérale empiète sur les compétences provinciales et le cas échéant, quand ignorer telle loi[2]. Le premier ministre sortant Jason Kenney critique cette position et qualifie la loi d'« attaque à l'État de droit »[3].
Le , elle est élue cheffe du Parti conservateur uni en remplacement de Jason Kenney au sixième tour et avec 53,8 % des voix[4]. De ce fait, elle lui succède automatiquement comme première ministre de l'Alberta, le [5].
Premières mesures
modifierPeu après son accession au pouvoir, Smith affirme ne pas vouloir continuer les restrictions gouvernementales liées à la régulation de la propagation de la Covid-19 et déclare à ce propos que les gens non vaccinés « forment le groupe le plus discriminé [qu'elle a] vu de [s]a vie »[6] et qu'elle ne compte pas « créer une société ségrégationniste basée sur des choix médicaux »[7].
Le , en retirant la participation de la province de la Coalition mondiale pour la valeur des soins de santé du Forum économique mondial — une organisation visée par plusieurs théories du complot — Smith affirme qu'elle « ne travaillerait pas avec un groupe qui parle de contrôler des gouvernements » composé de « milliardaires qui se vantent du contrôle qu'ils ont sur des dirigeants politiques », alimentant de ce fait des accusations de la part de certains de ses adversaires relativement à sa croyance à des théories du complot[8].
Élection comme députée
modifierToujours non membre de l'Assemblée législative albertaine lors de son accession au pouvoir, Danielle Smith se présente dans la circonscription de Brooks-Medicine Hat (en) à l'occasion d'une élection partielle. Le , elle remporte l'élection avec 54,5 % des voix et fait donc son entrée à l'Assemblée comme députée[9].
Le , Smith fait adopter la loi sur la souveraineté de l’Alberta dans un Canada uni, qui lui accorde le pouvoir d’ignorer « les lois fédérales et les initiatives jugées contraires aux intérêts de la province ». Il s'agit en particulier de contrer les mesures fédérales comme le contrôle des armes à feu à venir et la taxe nationale sur le carbone, qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre en passant progressivement de 50 dollars canadiens par tonne d’émissions de CO2 actuellement à 170 dollars en 2030[10],[11].
Élections de 2023
modifierDanielle Smith remporte les élections législatives du , mais avec une majorité réduite de 14 sièges par rapport à la précédente législature[12]. Son parti, le Parti conservateur uni remporte néanmoins 52,6 % des voix au niveau provincial et elle est réélue députée de Brooks-Medicine Hat (en) avec 56,9 % des voix[13]. Son parti ne récolte néanmoins aucun vote à Edmonton, devient le deuxième parti en importance à Calgary, mais remporte tous les sièges de la province à l'exception de quatre à l'extérieur de ces deux grandes villes. Smith devient la troisième femme première ministre élue lors d'élections générales dans la province, après Alison Redford et Rachel Notley.
Trente-et-unième législature
modifierLe , Smith annonce la suspension durant six mois de toutes les approbations gouvernementales dans le domaine des énergies renouvelables, invoquant des impacts sur l'environnement et les zones rurales[14]. En , elle poursuit en annonçant de nouvelles restrictions au développement de telles énergies dans la province d'Alberta[15]. Bien que cela ait été démenti subséquemment par les deux organisations concernées, Smith déclare que la Commission des services publics et l'Association des municipalités rurales de la province appuyaient sa décision[16].
Au moment où le président des États-Unis, Donald Trump, menace le Canada d'imposer des tarifs douaniers sur les marchandises du pays et discute de la possibilité d'annexer le Canada, Danielle Smith est la seule première ministre à refuser de participer à la signature d'une déclaration commune des premiers ministres canadiens sur la réponse à formuler dans l'éventualité où Donald Trump mettrait à exécution ses menaces[17]. En , elle décide plutôt de rendre visite à Donald Trump à sa résidence de Mar-a-Lago[18].
Le , Smith annonce son intention d'interdire les livres à contenu sexuel dans les bibliothèques scolaires de l'Alberta[19]. Des groupes anti-LGBT fournissent pour l'occasion une liste de livres qu'ils considèrent devoir faire l'objet d'un retrait[20]. L'interdiction qui devait entrer en vigueur le est suspendue quelques semaines auparavant en raison du tollé créé par la liste de livres devant faire l'objet d'un retrait proposée par la Commission scolaire d'Edmonton[21].

En , Danielle Smith fait l'objet d'une pétition en vue de la destituer[22], faisant d'elle le premier premier ministre à faire l'objet d'un tel recours depuis William Aberhart, il y a 90 ans[23]. L'instigatrice de la pétition argue le manque d'implication de Smith à titre de députée de Brooks-Medicine Hat (en), le fait qu'elle ne représente pas ses électeurs et le fait qu'elle ne résiderait pas dans la circonscription. Les pétitionnaires disposent alors de trois mois pour recueillir des signatures équivalant à 60 % du nombre de votes exprimés dans la circonscription en 2023. En cas de succès, un vote est organisé pour décider du maintien de Smith à son poste[22]. La pétition recueille près de 2 300 signatures, mais il en fallait au moins 12 000 pour qu'elle soit validée[24].
Organisation d'un référendum
modifierEn , Smith annonce la tenue d'un référendum en portant sur neuf questions, dont l'immigration et des modifications constitutionnelles. Une dixième question portant sur l'indépendance de la province pourrait également figurer sur le bulletin suivant la décision d'une cour de justice à cet effet[25]. Le , Smith annonce une dixième question référendaire, portant sur le maintien de l'Alberta au sein du Canada ou sur la tenue d'un référendum contraignant sur la séparation d'avec le Canada[26].
Positions
modifierLibertarienne, Danielle Smith se déclare favorable au droit à l'avortement et soutient le mariage homosexuel[27]. À l'époque où elle était journaliste pour le Calgary Herald, elle déclare également être en faveur de la légalisation du travail du sexe[28]. Lorsqu'elle est chef du Parti Wildrose, elle s'affirme favorable à une législation visant la liberté de conscience des travailleurs de la santé et s'oppose au financement public des chirurgies de changement de sexe[29].
Plus récemment, durant la course à la chefferie du PCU en 2022, à l'occasion d'un débat traitant de l'inclusion des athlètes transgenres dans la catégorie du genre auquel ils s'identifient, Smith propose des alternatives afin de pouvoir laisser concourir ces athlètes dans la catégorie de leur choix, notamment via une évaluation du taux de testostérone[30]. Durant la pandémie de Covid-19, elle prend également la défense du mouvement anti-mesures sanitaires des camionneurs, auteur de nombreux blocages[31].
Elle entretient des relations étroites avec la sphère trumpiste[32].
Notes et références
modifier- ↑ (en-CA) James Wood, « Party leader profile: Wildrose Party Danielle Smith », Calgary Herald, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en-CA) Lorne Gunter, « Danielle Smith's proposed sovereignty act sucks all the oxygen from the UCP leadership room », sur edmontonsun.com, (consulté le ).
- ↑ (en) Jordan Kanygin, « Danielle Smith's proposed Alberta Sovereignty Act would create a 'banana republic': Kenney », sur CTV News Calgary, (consulté le ).
- ↑ Agence QMI, « Alberta: Danielle Smith succède au premier ministre Jason Kenney », sur Le Journal de Montréal, (consulté le ).
- ↑ « Danielle Smith devient officiellement première ministre de l’Alberta », sur Radio Canada, .
- ↑ Agence QMI, « Discrimination contre les non-vaccinés : Danielle Smith précise sa pensée », sur TVA Nouvelles, (consulté le ).
- ↑ (en) Kieran Leavitt, « On first day in office, Alberta Premier Danielle Smith calls unvaxxed people the ‘most discriminated against group’ she’s ever seen », sur thestar.com, (consulté le ).
- ↑ (en) Dean Bennett, « Alberta Premier Danielle Smith says she distrusts World Economic Forum, province to cut ties », sur cbc.ca, (consulté le ).
- ↑ (en) Dean Bennett, « Danielle Smith captures victory in Brooks-Medicine Hat byelection », sur cbc.ca, (consulté le ).
- ↑ AFP/LT, « Au Canada, l’Alberta se munit d’une «loi sur la souveraineté» pour ignorer certaines lois fédérales », sur Le Temps, (consulté le ).
- ↑ « Au Canada, bataille autour des ressources naturelles : la guerre est déclarée entre la riche province de l’Alberta et Ottawa », Le Monde.fr, (lire en ligne).
- ↑ (en) Hana Mae Nassar, « Alberta UCP wins majority, Danielle Smith to remain premier », sur CityNews Calgary, (consulté le )
- ↑ (en) Alejandro Melgar, « Danielle Smith wins Brooks-Medicine Hat riding », sur CityNews Edmonton, (consulté le )
- ↑ (en-CA) « Alberta announces pause on renewable energy, citing rural concerns », edmontonjournal, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ (en) Matthew Black, « Alberta brings in new restrictions on renewable power projects as moratorium set to end Thursday », sur edmontonjournal.com, (consulté le )
- ↑ (en) Robson Fletcher, « The unravelling of Danielle Smith's case for Alberta's renewables pause », sur cbc.ca, (consulté le )
- ↑ (fr-CA) Charles Delisle, « Danielle Smith a des revendications pour « l’équipe Canada » », sur ici.radio-canada.ca, (consulté le )
- ↑ (fr-CA) Emmanuel Prince-Thauvette, « Danielle Smith a rencontré Donald Trump à Mar-a-Lago », sur ici.radio-canada.ca, (consulté le )
- ↑ (en) Jack Farrell, « Alberta to change rules to ensure books in schools are 'age-appropriate' », sur cbc.ca, (consulté le )
- ↑ (en) The Local Journalism Initiative, « Conservative activists gave Alberta government list of ‘inappropriate’ books in school libraries », sur CTVNews, (consulté le )
- ↑ (en-CA) Temur Durrani et Carrie Tait, « Alberta pauses ban on school library books with sexually explicit content », The Globe and Mail, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en) Eli Ridder, « Recall petition targeting Alberta Premier Danielle Smith approved », sur cbc.ca, (consulté le )
- ↑ (en) Jack Farrell, « Danielle Smith becomes first Alberta premier in 90 years to face citizen recall », sur ElliotLakeToday.com, (consulté le )
- ↑ (en) Jack Farrell, « Recall bids against Alberta premier, two caucus members fail to get enough signatures », sur St. Albert Gazette, (consulté le )
- ↑ (en) Pattison Media, « UPDATE: WATCH, Premier Smith live press conference following TV address », sur rdnewsnow.com (consulté le )
- ↑ (en) Michelle Bellefontaine, « Alberta to hold fall referendum on whether to have binding referendum on separating from Canada », sur cbc.ca, (consulté le )
- ↑ (en-CA) Bill Graveland, « Wildrose Leader says she is pro-choice and supports gay rights », The Globe and Mail, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Calgary Herald, « And the First Big Issue is - Prostitution? Read Redford's attack, Smith's old column », sur calgaryherald.com, (consulté le ).
- ↑ (en) CBC News, « Sex-change surgery funding gets mixed reaction in Alberta », CBC, (lire en ligne).
- ↑ (en) Vincent McDermott, « Pride YMM calls Brian Jean's comments on transgender athletes in women's sports 'transphobic' », sur fortmcmurraytoday.com, (consulté le ).
- ↑ (fr-CA) Agence QMI, « Le blocus de Coutts, une «victoire» pour la première ministre albertaine », sur Le Journal de Montréal, (consulté le ).
- ↑ « Les Etats-Unis veulent s’appuyer sur la province de l’Alberta pour déstabiliser le Canada », Le Monde, (lire en ligne)
Liens externes
modifier- (en) Site officiel