Danièle Saint-Bois
Danièle Saint-Bois, née en 1943 à Cazères (Haute-Garonne), est une romancière française. Révélée par Galapagos, Galapagos en 1979, elle est l'autrice d'une quinzaine d'ouvrages mêlant récits autobiographiques, romans contemporains et romans noirs. Son œuvre aborde notamment les relations familiales, la mémoire, l'émancipation des femmes, l'identité sexuelle et l'observation critique de la société contemporaine.
| Alias |
Angela Forrest |
|---|---|
| Naissance |
Cazères (Haute-Garonne) |
| Nationalité | Française |
| Pays de résidence | France (Béarn) |
| Diplôme |
Brevet élémentaire |
| Activité principale | |
| Formation |
Autodidacte |
| Descendants |
3 enfants |
| Langue d’écriture | Français |
|---|---|
| Genres |
Œuvres principales
- Galapagos, Galapagos (1979)
- Frère (1984)
- Le Ravin de la femme sauvage (1999)
- Marguerite, Françoise et moi (2009)
- Trois amours de ma jeunesse (2018)
Biographie
modifierNée en 1943 à Cazères en Haute-Garonne[1], Danièle Saint-Bois grandit dans un milieu modeste[2]. Elle obtient son brevet élémentaire à dix-sept ans, mais ne poursuit pas d'études secondaires[3]. Mariée à dix-huit ans, installée à Arudy (Pyrénées-Atlantiques) à partir de 1962[4], elle divorce[5] puis élève ses trois enfants tout en développant une pratique autodidacte de l'écriture[5].
Elle travaille notamment dans la boulangerie de son village[6].
En 1977, après avoir lu dans Les Nouvelles Littéraires un hommage du poète Jean Fanchette à Anaïs Nin, elle lui adresse les premières pages de Galapagos, Galapagos. Impressionné par le manuscrit, Jean Fanchette contribue à sa publication aux éditions Stock[7]. Cette rencontre marque le début de sa carrière littéraire[1]. Elle publie ensuite Frère (Two Cities, 1984)[8], La Reine de Barcelone (Albin Michel, 1990)[9] puis Ma mère : celle qui m'a tout donné et tout pris (Christian de Bartillat, 1993)[3].
En 1992, avec le soutien de Roger Grenier, elle publie un texte dans la Nouvelle Revue de psychanalyse[10].
À la fin des années 1990, elle rejoint les éditions Julliard[11], où paraît l'essentiel de son œuvre pendant près de vingt ans. Le Ravin de la femme sauvage (1999) marque ainsi l'aboutissement d'une ambition ancienne : être publiée par « l'éditeur de ses rêves », auquel elle avait adressé un premier manuscrit dès le début des années 1960[12].
Elle publie également sous le pseudonyme d'Angela Forrest le roman Si toi aussi... (2002), sélectionné pour le Prix des libraires[13].
Fin 2000, les droits d'adaptation cinématographique de son roman Au premier sang sont acquis par Nelka Films, alors à la recherche d'un metteur en scène[14].
En 2008, elle est accueillie en résidence à la Villa Marguerite Yourcenar, à Saint-Jans-Cappel [15].
En 2022, elle rejoint les éditions Mialet-Barrault pour la publication de Elle leur dira dans la prairie[16].
En novembre 2025 paraît Mémoires de la véranda, ultime roman publié par les éditions Mialet-Barrault avant leur fermeture[17].
Œuvre
modifierGenres et thématiques
modifierL’œuvre de Danièle Saint-Bois se partage entre récits autobiographiques, romans contemporains et romans noirs.
Ses quatre premiers livres forment un ensemble largement inspiré de son histoire familiale. Galapagos, Galapagos (1979) puise dans sa propre expérience ; Frère (1984) est consacré à son frère atteint du syndrome de Little ; La Reine de Barcelone (1990) retrace la vie de sa grand-mère paternelle, artiste de music-hall sous le nom de Lulú Dallyx ; Ma mère : celle qui m'a tout donné et tout pris (1993), explore les relations mère-fille[2]. Cette dimension autobiographique a conduit certains commentateurs à voir en elle une pionnière de l'autofiction[18].
À partir de son arrivée chez Julliard, son œuvre se diversifie[4]. Elle publie des romans noirs comme Le Ravin de la femme sauvage (1999) ou L'Âme des soleils noirs (2010)[2], des pamphlets sur fond de roman noir comme Ma Voisine a disparu (2013)[19], ainsi que des romans de société à l'image de Dies irae (2005), consacré à la question de l'euthanasie[20].
Avec Marguerite, Françoise et moi (2009), elle revient sur sa vocation littéraire et une période de panne d'écriture, dans un livre placé sous la protection de Marguerite Yourcenar et Françoise Sagan[21].
Trois amours de ma jeunesse (2018) marque un retour à l'autobiographie. L'autrice y évoque la découverte de son homosexualité dans la France rurale des années 1960[22]. Cette thématique, déjà évoquée dans ses ouvrages précédents[12] occupe ensuite une place centrale dans La fille du troisième (2020), « polar lesbien[22] » qui aborde notamment le coming out, l'homoparentalité et la violence dans les couples lesbiens[12].
Influences
modifierDanièle Saint-Bois cite parmi ses influences Anaïs Nin[23], Flannery O'Connor[4], Joyce Carol Oates[5], William Faulkner[4], Raymond Carver[2], Richard Price[2], ainsi que Marguerite Yourcenar et Françoise Sagan[21], puis Georges Pérec et Patrick Modiano[4].
Processus d'écriture
modifierDanièle Saint-Bois décrit son écriture comme un travail de construction progressive, qu'elle compare à « un labyrinthe » ou à une « mayonnaise »[10]. Selon elle, chacun de ses romans naît d'« un bout de page[10] » avant de se développer progressivement, sans plan prédéfini[16]. Bien que plusieurs de ses ouvrages relèvent de l'autobiographie, Danièle Saint-Bois revendique une part importante de transposition et de réécriture dans son travail romanesque, affirmant que « ce n'est pas l'histoire qui [l']intéresse, c'est la façon de l'écrire[16] ».
Réception critique
modifierÀ sa parution en 1979, Galapagos, Galapagos reçoit un accueil favorable. André Bercoff évoque dans Le Matin un « cri du cœur[23] », tandis que Jane Hervé, dans Les Nouvelles Littéraires, le décrit comme « le merveilleux cri d'une louve des steppes[24] ».
Frère est salué pour la force de son sujet et son traitement littéraire[25]. Le roman obtient deux voix lors de l'attribution du prix Méridien 1984[26].
Publié en 1999, Le Ravin de la femme sauvage est remarqué par Jérôme Béglé dans Le Figaro littéraire, qui souligne son « atmosphère lourde et un suspense digne des Cinq dernières minutes[11] ». François Lagarde, professeur de Littérature émérite à l'Université du Texas à Austin, estime que « ce roman mériterait d'être analysé avec attention tant il paraît être la sécrétion d'un inconscient qui semble en savoir beaucoup sur un certain malheur de l'immigration[27] ». L'ouvrage reçoit la même année le Grand Prix du jury des Journées du livre d'Orthez[28].
À propos de Dies irae (2005), consacré à la question de l'euthanasie, Richard Cannavo évoque dans TéléObs « un livre bref et violent comme un uppercut, cinglant comme un alcool, et qui vous ronge comme un acide[29] ».
Dans Le Monde, Josyane Savigneau présente Marguerite, Françoise et moi comme un « manuel de survie pour écrivain » dont elle souligne « l'humour jubilatoire[21] ».
Les ouvrages ultérieurs sont également remarqués pour leur mélange de suspense, de critique sociale et d'humour. L'Âme des soleils noirs (2010) est ainsi salué pour sa « verve gouailleuse et insolente[30] », tandis que Voyage en Suède (2015) est présenté comme un livre « qui refuse d'appartenir à un genre particulier[31] », qui marie satire sociale au polar à l'anglaise[19]. Trois amours de ma jeunesse (2018) surprend pour son « regret plein de rage pour de belles années soumises aux conventions... puis offertes à la plume d'un esprit aussi sensible qu'incisif[32] ».
La critique a souvent relevé la manière avec laquelle Danièle Saint-Bois associe satire sociale[19], mémoire et identité[19],[33], éléments empruntés au roman noir[2] et humour corrosif[33].
Distinctions
modifier- Prix Jean-Louis Curtis pour l'ensemble de son œuvre autobiographique (1996)[10].
- Grand Prix du jury des Journées du livre d'Orthez pour Le Ravin de la femme sauvage (1999)[28].
- Sélection du Prix des libraires pour Si toi aussi... sous le pseudonyme d'Angela Forrest (2002)[13].
- Sélection au Prix Cazes-Brasserie Lipp pour Trois amours de ma jeunesse (2018).
- Sélection au Prix Méditerranée Polar pour La fille du troisième (2020).
Publications
modifierRomans
modifier- Danièle Saint-Bois, Galapagos, Galapagos, Paris, Stock, , 236 p. (ISBN 978-2-234-00998-1)
- Danièle Saint-Bois, Frère, Paris, Two Cities, , 195 p. (ISBN 978-2-86235-003-5)
- Danièle Saint-Bois, La Reine de Barcelone, Paris, Albin Michel, , 233 p. (ISBN 978-2-226-04137-1)
- Danièle Saint-Bois, Ma mère : celle qui m'a tout donné et tout pris, Étrépilly, Christian de Bartillat, , 272 p. (ISBN 2-905563-92-3)
- Danièle Saint-Bois, Le Ravin de la femme sauvage, Paris, Julliard, , 208 p. (ISBN 978-2-260-01522-2)
- Danièle Saint-Bois, Au premier sang, Paris, Julliard, , 191 p. (ISBN 978-2-260-01562-8)
- Danièle Saint-Bois, Dies irae, Paris, Julliard, , 95 p. (ISBN 978-2-260-01678-6)
- Danièle Saint-Bois, Marguerite, Françoise et moi, Paris, Julliard, , 284 p. (ISBN 978-2-260-01808-7)
- Danièle Saint-Bois, L'Âme des soleils noirs, Paris, Julliard, , 318 p. (ISBN 978-2-260-01840-7)
- Danièle Saint-Bois, Villa Bianca, Paris, Julliard, , 229 p. (ISBN 978-2-260-02004-2)
- Danièle Saint-Bois, Ma voisine a disparu, Paris, Julliard, , 259 p. (ISBN 978-2-260-02120-9)
- Danièle Saint-Bois, Voyage en Suède, Paris, Julliard, , 274 p. (ISBN 978-2-260-02451-4)
- Danièle Saint-Bois, Trois amours de ma jeunesse, Paris, Julliard, , 182 p. (ISBN 978-2-260-03222-9)
- Danièle Saint-Bois, La fille du troisième, Paris, Julliard, , 256 p. (ISBN 978-2-260-05324-8)
- Danièle Saint-Bois, Elle leur dira dans la prairie, Paris, Mialet-Barrault, , 249 p. (ISBN 978-2-08-026818-1)
- Danièle Saint-Bois, Mémoires de la véranda, Paris, Mialet-Barrault, , 281 p. (ISBN 978-2-08-046659-4)
Sous le pseudonyme d'Angela Forrest
modifier- Angela Forrest, Si toi aussi..., Paris, Julliard, , 258 p. (ISBN 978-2-260-01603-8)
Nouvelles et articles de revues
modifierOuvrages collectifs et participations
modifier- Danièle Saint-Bois, « Dire l'exil d'un frère et l'enfance brisée », dans Charles Gardou (dir.), Frères et sœurs de personnes handicapées : le handicap en visages, Ramonville-Saint-Agne, Érès, (ISBN 978-2-86586-499-7), p. 75-94 ; rééd. 2012 (ISBN 978-2-7492-1656-0).
- Danièle Saint-Bois, « Barbara », dans Charles Gardou (dir.), Au nom de la fragilité : des mots d'écrivains, Toulouse, Érès, (ISBN 978-2-7492-1137-4), p. 53-61
- Villa Marguerite Yourcenar (ill. Louis Monier), Paroles d'écrivains (1998-2007) : 20 ans, Lille, Département du Nord, Dircom, , 121 p.
- Danièle Saint-Bois, « Z comme... Zéphyr ou le climat béarnais », dans Jean Marziou (dir.), L'Abécédaire passionné du Béarn, Orthez, Éditions Gascogne, (ISBN 978-2-36666-124-8), p. 297-304
Notes et références
modifier- 1 2 Evelyne Lahana, « La dame du noir et son double », La République des Pyrénées,
- 1 2 3 4 5 6 Marion Dupuis, « La fureur d'écrire », TéléObs,
- 1 2 J.H., « Ma mère, celle qui m'a tout donné et tout pris », CFDT Magazine,
- 1 2 3 4 5 Philippe Tugas, « Arudy et les jours d'avant », La République des Pyrénées,
- 1 2 3
- ↑ Eric de Saint-Angel, « Une femme en colère », Ciné Télé Obs,
- ↑ Christiane Poulin, « Two Cities : Saluons une renaissance », Sud-Ouest,
- ↑ Josane Duranteau, « À lire ou à relire », Vertiges des lettres,
- ↑ Christiane Poulin, « Les intermittences de la mémoire », Sud-Ouest,
- 1 2 3 4 Renée Mourgues, « La terre des beaux esprits », La République des Pyrénées,
- 1 2 Jérôme Béglé, « Le Ravin de la femme sauvage de Danièle Saint-Bois », Le Figaro littéraire,
- 1 2 3 Stéphanie Delon, « La Fille du troisième, le nouveau roman de Danièle Saint-Bois », Jeanne Magazine,
- 1 2 « Si toi aussi... », Livres Hebdo,
- ↑ « 18e salon du livre de Pau : "Au premier sang" », La République des Pyrénées,
- ↑ « Danièle Saint-Bois », sur Villa Marguerite Yourcenar (consulté le )
- 1 2 3 « Trois romancières racontent comment elles écrivent des romans d'amour », Fémitude,
- ↑ Souen Léger, « Clap de fin pour Mialet-Barrault », Livres Hebdo,
- ↑ Nicolas Rebière, « Arudy : les instants volés et enchanteurs de l’écrivaine Danièle Saint-Bois », sur La République des Pyrénées, (consulté le )
- 1 2 3 4 Marc-Olivier Parlatano, « Ma Voisine a disparu », Le Courrier,
- ↑ Josyane Savigneau, « Trois regards aigus sur les aléas de l'existence », Le Monde des livres,
- 1 2 3 Josyane Savigneau, « Marguerite, Françoise et moi, de Danièle Saint-Bois : manuel de survie pour écrivain », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- 1 2 Christophe Mangelle, « L'amour au féminin », La Fringale Culturelle,
- 1 2 André Bercoff, « Premier roman : Galapagos, Galapagos de Danièle Saint-Bois », Le Matin,
- ↑ Jane Hervé, « Galapagos, Galapagos de Danièle Saint-Bois », Les Nouvelles Littéraires,
- ↑ M. Ch., « Pour vivre heureux... », Témoignage chrétien,
- ↑ « Prix Méridien 1984 », Le Monde,
- ↑ François Lagarde, Français aux États-Unis (1990-2005) : migration, langue, culture et économie, Bern, Peter Lang, 2007, pp. 103-104.
- 1 2 Francis Amalric, « Les "Plumes de Fébus" décernées », La République des Pyrénées,
- ↑
- ↑ Bruno D'Epenoux, « L'Âme des soleils noirs », Télé Z, 13-19 novembre 2010
- ↑ Isabelle Potel, « Doublure de star », Madame Air France,
- ↑ F. del V., « Boîte de Pandore », Point de vue, 24-30 janvier 2018
- 1 2 I.M.-C., « La doublure de la doublure les a doublés », Sud-Ouest,