Darkness and Hope
Darkness and Hope est le cinquième album studio du groupe portugais de metal gothique Moonspell, sorti en 2001.
| Sortie | |
|---|---|
| Enregistré | Studios Finnvox, Helsinki |
| Durée | 51:34 |
| Genre | Metal gothique, rock gothique |
| Format | CD, vinyle LP[1], digital[2] |
| Auteur | Fernando Ribeiro |
| Compositeur | Moonspell |
| Producteur | Hiili Hiilesmaa |
| Label | Century Media |
Albums de Moonspell
Singles
- Nocturna
Sortie :
Production
modifierL'album, composé durant l'une des périodes les plus difficiles de l'histoire du groupe, est enregistré aux studios Finnvox, à Helsinki, avec le producteur Hiili Hiilesmaa. Se trouver en Finlande, pays qui a une grande culture metal, permet au groupe de reprendre confiance après l'échec commercial de The Butterfly Effect[3]. Néanmoins, le guitariste Ricardo Amorim, tenu à l'écart de l'aspect créatif des deux albums précédents, peine à se remettre d'aplomb et traverse une phase dépressive, mettant beaucoup de temps à enregistrer ses parties[4].
Après ses deux albums précédents au son expérimental, Moonspell revient avec cet album à un son de metal gothique plus classique. Fernando Ribeiro, qui considère Darkness and Hope comme l'album qu'il apprécie le moins de la discographie du groupe, estime à ce sujet que c'était une réaction naturelle à l'accueil difficile que le public avait réservé à The Butterfly Effect, déclarant : « À certains moments nous sommes allés trop loin à vouloir essayer de nous réconcilier avec les gens avec Darkness And Hope, [qui] était une étrange transition, c'était un peu un canot de sauvetage, mais je pense que nous aurions pu nager un peu plus longtemps dans ces eaux troubles. Je l'aime bien mais je n'en ai pas de grands souvenirs ; pour moi, c'est un album très incomplet. Il contient de super chansons, mais c'était aussi la pire période pour Moonspell. Nous étions un groupe triste, pas très uni, nous n'avions pas d'argent, pas de perspective et pas de concert, notre label nous collait constamment aux basques, genre : « Pourquoi est-ce que vous avez fait ça ? »… Ce n'était pas facile à gérer, mais avec le recul, musicalement, nous aurions pu formuler une meilleure réponse »[5].
Le chanteur estime néanmoins que certaines chansons sont très réussies, notamment How We Became Fire, « qui rend vraiment super bien »[6], et Ghostsong, « la chanson la plus spéciale, mais aussi la plus dangereuse et douloureuse de tout l'album, car elle se focalise sur les thématiques de la mort, des adieux et de la visite d'une personne qui était, et est toujours, très chère à mon cœur : ma grand-mère »[7].
Ricardo Amorim ajoute pour sa part : « Je crois que le plus gros souci de cet album, c'est l'écriture des morceaux. On était pas dedans »[6]. À l'inverse, le batteur Mike Gaspar affirme : « C'est un excellent album de transition. On s'était trop éloignés de notre style, et ce disque nous a permis de retrouver une sonorité avec laquelle on se sentait plus à l'aise et sans nous répéter »[6].
Les quatre premiers vers en portugais de Than the Serpents in My Arms sont de Mário Cesariny[8].
Sortie et promotion
modifierPlusieurs versions de l'album sont diffusées, présentant différentes pistes bonus. L'édition standard européenne inclut une reprise du titre Os Senhores da guerra, à l'origine du groupe portugais Madredeus, tandis que l'édition américaine inclut la reprise du morceau Mr. Crowley, initialement du chanteur de heavy metal britannique Ozzy Osbourne[9]. La version brésilienne fournit, quant à elle, une reprise de Love Will Tear Us Apart, une chanson du groupe de rock britannique Joy Division[10].
La pochette de l'album arbore le « trident Moonspell » conçu par l'artiste polonais Wojciech Blasiak. Ce signe devient, dès lors, le symbole distinctif et artwork du groupe.
Réception
modifierL'album a atteint la 21e place des charts en Finlande[11], la 43e en Allemagne[12], et la 99e en France[13].
AllMusic lui donne 3/5, estimant que l'album « voit à nouveau le quintette portugais de longue date produire un metal très atmosphérique qui doit autant à The Sisters of Mercy qu'à Black Sabbath. Les chansons de Darkness and Hope privilégient généralement l'ambiance générale plutôt que les refrains accrocheurs, mais certaines sont mémorables, comme le morceau épuré Devilred et le sombre et métallique Rapaces. À mi-chemin entre Type O Negative et Tiamat, Moonspell allie une férocité menaçante à une grâce majestueuse »[14]. Sputnikmusic lui donne 4/5, estimant que c'est « un album qui réussit à créer une atmosphère mélancolique incroyable et sur lequel Moonspell compose certaines de ses meilleures chansons à ce jour, telles que Darkness and Hope, Firewalking et How We Became Fire. Fernando Ribeiro continue de s'épanouir en tant que chanteur sur cet album et chante plus magnifiquement que jamais dans sa carrière » alors que c'est « Ricardo Amorim (guitare) qui se distingue le plus avec de superbes moments de jeu doux, de riffs puissants et de solos grandioses »[15]. Sur Metal Storm, il obtient 9/10, le chroniqueur concluant : « Deux ans après le surprenant The Butterfly Effect, Darkness And Hope a tourné la page de l'aspect ultra-expérimental de Moonspell tout en conservant une grande partie de la recherche compositionnelle. Ainsi, l'album se rapproche davantage de Sin/Pecado et Irreligious que de leur précédent opus. Cependant, Darkness And Hope est plus fluide, moins monotone et nettement plus mature »[16]. Le site web Sea of Tranquility lui donne 4/5, estimant que « Moonspell a réussi à éliminer les éléments superflus de sa psyché fracturée et à organiser le reste dans un modèle plus facile à gérer pour les compositions solides que l'on trouve ici. On y trouve autant de références légitimes à la vieille école gothique qu'au metal, comme les maniérismes vocaux de Fernando Ribeiro, à mi-chemin entre Dave Gahan et Nick Cave, ou les accords cultes de Heartshaped Abyss et Nocturna »[17]. Le site web Nightfall in Metal Earth lui donne 3/5, estimant que « les compos sont bonnes sans être extraordinaires et que Moonspell se rapproche du très bon Irreligious, la créativité et l'émotion en moins » malgré « trois merveilleux morceaux pour démarrer l'album »[18].
Tournée
modifierEn 2001, Moonspell participe notamment aux festivals de Sziget et Summer Breeze. En , le groupe effectue une tournée nord-américaine avec Lacuna Coil en première partie[19]. En , il se lance dans une tournée européenne en co-tête d'affiche avec Tiamat et avec Flowing Tears en ouverture[20]. Au cours de la première tournée, Ricardo Amorim, mal dans sa peau depuis quelques années mais ayant tout gardé pour lui en raison de sa personnalité introvertie, finit par exploser et se dispute violemment avec Fernando Ribeiro. Le guitariste décide de quitter le groupe à la fin de la deuxième tournée mais celle-ci se déroule dans une ambiance au beau fixe et connaît un grand succès. Amorim revient alors sur sa décision, au grand soulagement de ses partenaires, qui ont de leur côté réalisé à quel point ses talents de musicien et de compositeur étaient importants pour le groupe[21]. La formation est ensuite à l'affiche des festivals Wave-Gotik-Treffen et Graspop.
Nocturna est de très loin le titre le plus joué en concert par le groupe, les autres chansons de l'album n'étant quasiment plus interprétées en live depuis le début des années 2000[22].
Liste des titres
modifierToutes les paroles sont écrites par Fernando Ribeiro, toute la musique est composée par Moonspell.
| Édition standard européenne | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Durée | |||||||
| 1. | Darkness and Hope | 4:47 | |||||||
| 2. | Firewalking | 3:06 | |||||||
| 3. | Nocturna | 3:52 | |||||||
| 4. | Heartshaped Abyss | 4:08 | |||||||
| 5. | Devilred | 3:26 | |||||||
| 6. | Ghostsong | 4:21 | |||||||
| 7. | Rapaces | 5:32 | |||||||
| 8. | Made of Storm | 4:09 | |||||||
| 9. | How We Became Fire | 5:48 | |||||||
| 10. | Than the Serpents in My Arms | 5:54 | |||||||
| 11. | Os Senhores da guerra (Reprise de Madredeus, album O espirito da paz (1994)) | 6:33 | |||||||
| 51:34 | |||||||||
| Édition alternative américaine (Century Media, ) | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Durée | |||||||
| 11. | Mr. Crowley (Reprise de Ozzy Osbourne, album Blizzard of Ozz (1980)) | 4:27 | |||||||
| 49:33 | |||||||||
| Titre bonus - Édition brésilienne (Century Media, 2001) | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Durée | |||||||
| 12. | Love Will Tear Us Apart (Reprise de Joy Division (1980)) | 3:39 | |||||||
| 55:13 | |||||||||
| Vidéo bonus - Édition limitée enhanced digipack (Century Media, 27/08/2001)[23] | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| No | Titre | Album original | Durée | ||||||
| 12. | Magdalene (Special Video Remix) | The Butterfly Effect (1999) | 3:59 | ||||||
| 13. | Butterfly FX (Uncensored Version) | 2econd Skin (EP, 1997) | 3:51 | ||||||
| 59:24 | |||||||||
Crédits
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Membres du groupemodifier
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Équipes technique et productionmodifier
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Notes et références
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Darkness and Hope » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) « Darkness and Hope » (album), sur Discogs - Édition vinyle LP, Allemagne (Century Media, 2001)
- ↑ (en) « Moonspell: Darkness and Hope (Édition US) », sur iTunes.com, AppleStore (consulté le )
- ↑ Amorim 2021, p. 240-242.
- ↑ Amorim 2021, p. 242-243.
- ↑ Nicolas Gricourt, « Moonspell : le papillon bat encore des ailes », sur radiometal.com, (consulté le ).
- 1 2 3 Amorim 2021, p. 244.
- ↑ Amorim 2021, p. 245.
- ↑ (en) « Moonspell – Portuguese Gothic Metal Band », sur portugalmusic.co.uk, (consulté le ).
- ↑ (en) « Darkness and Hope » (album), sur Discogs et Darkness and Hope sur MusicBrainz - Édition alternative États-Unis (Century Media, 18/09/2001)
- ↑ (en) « Darkness and Hope » (album), sur Discogs et Darkness and Hope sur MusicBrainz - Édition Brésil inclus 1 titre bonus (Century Media, 2001)
- ↑ (fi) « Moonspell - Darkness and Hope », sur ifpi.fi (consulté le ).
- ↑ (de) « Moonspell - Darkness and Hope », sur offiziellecharts.de (consulté le ).
- ↑ « Moonspell - Darkness and Hope », sur lescharts.com (consulté le ).
- ↑ (en) Andy Hinds, « Moonspell: Darkness and Hope Review », sur AllMusic.com (consulté le ).
- ↑ (en) « Darkness and Hope Review », sur sputnikmusic.com, (consulté le ).
- ↑ (en) « Darkness and Hope Review », sur metalstorm.net, (consulté le ).
- ↑ (en) Jeremy Ulrey, « Review - Darkness and Hope », sur seaoftranquility.org, (consulté le ).
- ↑ « Moonspell - Darkness and Hope », sur nightfall.fr, (consulté le ).
- ↑ Amorim 2021, p. 246.
- ↑ Garry Sharpe-Young, Anthologie du metal, t. 2, Camion blanc, (ISBN 978-2-35779-187-9), p. 224.
- ↑ Amorim 2021, p. 246-249.
- ↑ (en) « Moonspell Albums », sur setlist.fm (consulté le ).
- ↑ (en) « Darkness and Hope » (album), sur Discogs et Darkness and Hope sur MusicBrainz - Édition limitée "enhanced" digipack inclus 2 vidéos bonus (Century Media, 27/08/2001)
Bibliographie
modifier- Ricardo S. Amorim (trad. du portugais par Arnold Petit), Des loups parmi les hommes : L'Histoire officielle de Moonspell, Flammes noires, , 472 p. (ISBN 9782957137251).

Liens externes
modifier- (en) « Darkness and Hope » (album), sur Discogs
- (en) « Darkness and Hope » (fiche album), sur AllMusic
- Darkness and Hope sur MusicBrainz