Darwinisme universel

théorie

Le darwinisme universel, également connu sous le nom de darwinisme généralisé, théorie de la sélection universelle[1] ou encore métaphysique darwinienne[2],[3],[4], est un ensemble d’approches qui étendent la théorie du darwinisme au-delà de son domaine d’origine de l’évolution biologique sur Terre. Il vise à formuler une version généralisée des mécanismes de variation, de sélection et d’hérédité proposés par Charles Darwin, afin qu’ils puissent s’appliquer à l’évolution dans une grande variété d’autres domaines, notamment la physique, la chimie, la biologie, les sciences cognitives, la psychologie, les sciences des systèmes, l’économie, la culture.

Charles Darwin

Le darwinisme universel est une notion proche de celle de Big History, cadre conceptuel qui retrace l'histoire de l'univers, de la Terre, de la vie et de l'humanité; certains chercheurs y voient un socle théorique commun pour cette discipline plutôt qu'un domaine autonome[5].

Mécanismes et cadre conceptuel

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Cycle variation sélection rétention

Au niveau le plus fondamental, la théorie de l'évolution de Charles Darwin stipule que les organismes évoluent et s'adaptent à leur environnement par un processus itératif, que l'on peut concevoir comme un algorithme évolutionniste explorant l'espace des formes possibles — le paysage adaptatif — à la recherche des mieux adaptées. Ce processus repose sur trois composantes :

  • la Variation d'une forme ou d'un modèle donné, généralement (mais pas nécessairement) considérée comme aveugle ou aléatoire, et se produit typiquement par mutation ou recombinaison ;
  • la Sélection des variants les plus aptes, c'est-à-dire les mieux adaptés pour survivre et se reproduire dans leur environnement donné, les variants inadaptés étant éliminés ;
  • l' Hérédité ou rétention, c'est-à-dire la conservation et la transmission des caractéristiques des variants adaptés, par exemple à leur descendance.

Une fois retenus, ces variants adaptés peuvent à nouveau subir des variations, directement ou à travers leur descendance, initiant ainsi un nouveau cycle d'itération. Ce mécanisme global est similaire aux procédures de résolution de problèmes par essais et erreurs ou de recherche par force brute : l'évolution y est vue comme une recherche de la meilleure solution au problème de la survie et de la reproduction, par génération de nouveaux essais, test de leur performance, élimination des échecs et conservation des réussites.

Critères de généralisation

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La généralisation opérée dans le darwinisme "universel" consiste à remplacer la notion "d'organisme" par n'importe quel modèle, phénomène ou système reconnaissable, sous trois conditions. Premièrement, ce modèle doit pouvoir "survivre" (se maintenir, être conservé) suffisamment longtemps ou "se reproduire" (se répliquer, être copié) assez fréquemment pour ne pas disparaître immédiatement: c'est la composante d'hérédité, l'information contenue dans le modèle devant être conservée ou transmise. Deuxièmement, lors de la survie et de la reproduction, une variation — de petites modifications du modèle — doit pouvoir survenir. Troisièmement, il doit exister une "préférence" sélective, de sorte que certaines variantes tendent à "mieux" survivre ou se reproduire que d'autres. Si ces conditions sont réunies le modèle évolue, par la logique de la sélection naturelle, vers des formes mieux adaptées.

Parmi les modèles considérés comme soumis à la variation et à la sélection, et donc à l'adaptation, figurent notamment : les gènes, les idées (les mèmes), les théories, les technologies, les neurones et leurs connexions, les mots, les programmes informatiques, les entreprises, les anticorps, les institutions, les lois et systèmes judiciaires, les états quantiques et même des univers entiers[6].

Histoire et diffusion du concept

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Précurseurs (XIXe siècle)

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D’un point de vue conceptuel, les réflexions évolutives sur les phénomènes culturels, sociaux et économiques précédaient Darwin, mais il leur manquaient encore le concept de sélection naturelle[7]. Darwin lui-même, ainsi que des penseurs du XIXe siècle comme Herbert Spencer, Thorstein Veblen, James Mark Baldwin et William James, appliquent rapidement l’idée de sélection à d’autres domaines, tels que le langage, la psychologie, la société et la culture[1]. Cette tradition évolutionniste est cependant largement délaissée par les sciences sociales au début du XXe siècle, — la Première Guerre mondiale marquant un tournant où le recours à des concepts et métaphores biologiques devient risqué sur le plan académique dans ces disciplines —, un rejet auquel contribue notamment l'association ultérieure de ces idées au darwinisme social, mobilisé pour justifier des inégalités sociales au nom de la sélection naturelle[1].

Formalisation par Donald Campbell

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À partir des années 1950, Donald T. Campbell est l’un des premiers et des plus influents auteurs à raviver cette tradition et à formuler un algorithme darwinien généralisé, applicable directement à des phénomènes extérieurs à la biologie[8]. Il s’inspire notamment de la vision de William Ross Ashby sur l’auto-organisation et l’intelligence comme processus fondamentaux de sélection[9]. Son objectif était d’expliquer le développement de la science et des autres formes de connaissance en se concentrant sur la variation et la sélection des idées et des théories, posant ainsi les bases de l’épistémologie évolutionniste. Dans les années 1990, sa formulation du mécanisme BVSR « Blind-Variation-and-Selective-Retention/variation aveugle et rétention sélective » est développée et étendue à d’autres domaines sous les appellations de « théorie de la sélection universelle »[10]ou « sélectionnisme universel »[1] par ses disciples Gary Cziko[11],[12],[13], Mark Bickhard[14] et Francis Heylighen[15],[16]. Bickhard et Campbell, ainsi que Heylighen, présentent ce mécanisme comme un facteur de complexité émergente au sein des systèmes organisationnels — une lecture propre à ce courant, distincte de la manière dont la littérature économique ou épistémologique présentée en section « Débats et limites théoriques » caractérise le darwinisme généralisé.

Diffusion depuis les années 1980

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Richard Dawkins

Richard Dawkins emploie pour la première fois le terme « darwinisme universel » en 1983 pour désigner l'hypothèse selon laquelle toute forme de vie existant en dehors du système solaire évoluerait par sélection naturelle, comme sur Terre[17]. La même année, un article intitulé "The Darwinian Dynamic" développe une idée voisine à propos de l'évolution de l'ordre dans les systèmes vivants et dans certains systèmes physiques non vivants, suggérant que la « vie », où qu'elle existe dans l'univers, obéirait à une même dynamique darwinienne[18].

Le philosophe de l’esprit Daniel Dennett, dans Darwin's Dangerous Idea (1995), a développé l’idée d’un processus darwinien impliquant variation, sélection et rétention comme un algorithme générique neutre vis-à-vis du substrat, applicable à de nombreux domaines extérieurs à la biologie. Il a décrit le concept de sélection naturelle comme un « acide universel » qui ne peut être contenu dans aucun récipient, car il s’infiltre partout, se propage et transforme un nombre croissant de domaines, soulignant notamment son influence en mémétique [19],[12],[13].

Henry Plotkin, dans son livre de 1997 sur les machines darwiniennes, établit un lien entre le darwinisme universel et l'épistémologie évolutionniste de Campbell[20]. Susan Blackmore, dans The Meme Machine (1999), consacre un chapitre intitulé « darwinisme universel » à l'application des processus darwiniens à un large éventail de sujets scientifiques.

Conformément à la prédiction de Dennett, la perspective darwinienne s'est depuis largement étendue, en particulier dans les sciences sociales et cognitives ainsi qu'en physique et en informatique (voir Domaines d'application ci-dessous). L'auteur D. B. Kelley développe pour sa part, dans un ouvrage de 2013, l'idée d'une « survie des systèmes les plus aptes » qu'il présente comme le mécanisme fondamental de toute stabilité et évolution, des particules subatomiques à l'univers pris comme un tout depuis le Big Bang[21].

Domaines d'application

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Les approches suivantes illustrent des généralisations possibles des idées darwiniennes en dehors de leur domaine d'origine, la sélection des espèces. Ces « extensions darwiniennes » peuvent s'appliquer aussi bien en amont — aux différents domaines de la biologie, de la chimie ou de la physique — qu'en aval — à la psychologie, aux sciences sociales, ou à tout autre domaine lié à la culture au sens large. Ce découpage reste toutefois subjectif : il n'existe pas de séparation stricte entre ces domaines, ces différents niveaux d'organisation étant en interaction et s'influençant mutuellement (par exemple la coévolution gène-culture ou la théorie de la double hérédité). Si l'application des grands principes du darwinisme aux sciences sociales, à la culture ou à la biologie est aujourd'hui une idée largement répandue, il n'en va pas de même pour les aspects les plus fondamentaux de la physique, jusqu'aux constituants les plus élémentaires de la matière dès les premiers instants de l'univers.

Physique et chimie

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  • Big History : récit scientifique intégrant l'histoire de l'univers, de la Terre, de la vie et de l'humanité ; certains chercheurs considèrent le darwinisme universel comme un thème unificateur possible pour cette discipline [5].
  • Darwinisme quantique : considère l'émergence des états classiques en physique comme une sélection naturelle des propriétés quantiques les plus stables.
  • Sélection naturelle cosmologique : hypothèse selon laquelle les univers se reproduisent et sont sélectionnés en fonction de leurs constantes fondamentales maximisant leur « adaptabilité ».
  • Évolution minérale : hypothèse selon laquelle la minéralogie des planètes se complexifie sous l'effet de changements de l'environnement physique, chimique et biologique.

Biologie

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  • Hypothèse du monde à ARN : hypothèse selon laquelle l'ARN serait le précurseur de toutes les macromolécules biologiques (ADN et protéines).
  • Évolution moléculaire : étudie l'évolution au niveau de l'ADN, de l'ARN et des protéines.
  • Théorie de la sélection clonale : considère la création d'anticorps adaptés dans le système immunitaire comme un processus de variation et de sélection.
  • Darwinisme neuronal (en) : propose que les neurones et leurs synapses sont sélectionnés et élagués au cours du développement du cerveau.
  • Médecine évolutionniste : étudie l'origine des maladies en analysant l'évolution du corps humain et de ses parasites.

Sciences cognitives

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Évolution

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  • Darwinisme : théorie qui explique l'évolution biologique des espèces par la sélection naturelle.
  • Sélection multi-niveaux : application de la sélection naturelle à différentes échelles (génétique, groupe, etc.).
  • Évolution de l'évolutivité : capacité d'un organisme à évoluer en réponse à la sélection naturelle, c'est-à-dire à générer de la variabilité.

Psychologie

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Sociologie

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Science des systèmes

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  • Systèmes complexes adaptatifs : modélisent la dynamique des systèmes complexes en partie sur la base de la variation et de la sélection de leurs composants.
  • Théorie des jeux évolutionnaire : applique la théorie des jeux aux populations en évolution pour modéliser sélection naturelle, sélection de groupe, sélection sexuelle et altruisme comme des stratégies en compétition[25].
  • Vie artificielle : utilise des algorithmes darwiniens pour faire évoluer, en simulation logicielle, des agents informatiques ressemblant à des organismes.
  • Algorithmes génétiques : sous-ensemble du calcul évolutionnaire, modélisant la variation par des opérateurs « génétiques » (mutation et recombinaison).
  • Calcul évolutionnaire (en) : approche darwinienne de génération de programmes informatiques adaptés, dont la programmation génétique — évolution de programmes exécutables plutôt que de simples paramètres[26].
  • Robotique évolutionnaire (en) : applique les algorithmes darwiniens à la conception de robots autonomes.

Autres sciences

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  • Épistémologie évolutionniste : suppose que les théories scientifiques se développent par variation et sélection.
  • Archéologie évolutionniste (en) : approche darwinienne de l’évolution culturelle des outils.
  • Économie évolutionniste : étudie la variation et la sélection des phénomènes économiques — biens, technologies, institutions, organisations — depuis l'ouvrage fondateur de Nelson et Winter[27],[28],[29].
  • Évolution de la technologie (en) : explique le développement des artefacts techniques par diversité, continuité et sélection plutôt que par l'invention isolée d'individus ; certains auteurs contestent toutefois la portée de cette analogie pour les innovations radicales[30],[31]

Débats et limites théoriques

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Testabilité et statut épistémologique

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Certains auteurs se demandent si le darwinisme universel est réellement une théorie que l’on peut tester, ou s’il s’agit plutôt d’un cadre général de réflexion métaphysique. Dr Momme von Sydow, dont les travaux sont à l'origine de l'appellation « métaphysique darwinienne » utilisée pour désigner le domaine, soutient que l'affirmation de la « survie du plus apte » risque la tautologie — les survivants survivent — à moins que "l'aptitude" ne soit définie par des critères indépendants et testables ; il avertit qu’on peut passer implicitement d’une interprétation testable de la sélection naturelle à une interprétation impossible à vérifier, ce qui permettrait de la protéger contre toute remise en question par les faits[33].

Débats interdisciplinaires : le cas de l'économie évolutionniste

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Le programme de « darwinisme généralisé » porté par Geoffrey Hodgson et Thorbjørn Knudsen a suscité un débat contradictoire au sein de l'économie évolutionniste. Jack Vromen conteste la possibilité d'appliquer utilement le triptyque variation/sélection/rétention aux phénomènes économiques sans perte de contenu explicatif[34]. Werner Callebaut remet en question la nécessité de distinguer les "réplicateurs" des "interacteurs", comme le proposent Hodgson et Knudsen. Il estime que l’économie évolutionniste pourrait davantage s’inspirer de certaines avancées récentes de la biologie que du projet actuel de généralisation du darwinisme[35],[36]. Thomas Reydon et Markus Scholz se demandent si ces principes, une fois généralisés, peuvent encore vraiment être qualifiés de « darwiniens »[37]. Hodgson, Knudsen et d'autres auteurs ont répondu à ces critiques en soulignant que le cadre darwinien généralisé constitue pour les différentes sciences sociales, un outil utile pour explorer les phénomènes et fédérateur[38].

Critique récente

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Dans une conférence donnée pour la Cambridge Philosophical Society à l'occasion des quarante ans de l'article fondateur de Dawkins, le philosophe des sciences Tim Lewens soutient que la position du darwinisme universel ne résiste à l'examen que si ses affirmations centrales sont comprises de façon atténuées ou peu contraignantes, tout en reconnaissant qu'une forme d'interaction entre variation et sélection est effectivement à l'œuvre dans les cas qu'il examine — biologie évolutive, évolution culturelle, apprentissage automatique[39].

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Universal Darwinism » (voir la liste des auteurs).
  1. 1 2 3 4 Geoffrey Hodgson 2005-Generalizing Darwinism to social evolution: Some early attempts.
  2. von Sydow 2012-From Darwinian Metaphysics towards Understanding the Evolution of Evolutionary Mechanisms.
  3. von Sydow 2013-Darwinian Metaphysics.
  4. von Sydow 2014-Reflecting on Darwin.
  5. 1 2 David Baker 2013-The Darwinian Algorithm and a Possible Candidate for a Unifying Theme of Big History.
  6. John Campbell 2009-Bayesian Methods and Universal Darwinism.
  7. R. Nelson 2007-Universal Darwinism and evolutionary social science.
  8. Nathalie Gontier 2006-Evolutionary Epistemology.
  9. Donald Campbell 1960-Blind variation and selective retention in creative thought as in other knowledge processes.
  10. Donald Campbell 1990-Epistemological roles for selection theory. Evolution, cognition, and realism: Studies in evolutionary epistemology.
  11. Gary Cziko 1995-Without Miracles: Universal Selection Theory and the Second Darwinian Revolution.
  12. 1 2 Jan-Willem Stoelhorst 2008-Advances in Evolutionary Institutional Economics.
  13. 1 2 Wolfram Elsner 2008-Advances in Evolutionary Institutional Economics: Evolutionary Modules, Non-Knowledge, and Strategy.
  14. Mark H. Bickhard et Donald T. Campbell 2003-Variations in variation and selection: The ubiquity of the variation-and-selective-retention ratchet in emergent organizational complexity.
  15. Francis Heylighen 1992-Principles of Systems and Cybernetics: an evolutionary perspective.
  16. Francis Heylighen 1999-The Evolution of Complexity.
  17. D.S. Bendall 1983-Evolution from molecules to man (Universal Darwinism).
  18. Bernstein, Byerly, Hopf, Michod, Vemulapalli 1983-The Darwinian Dynamic.
  19. Daniel Dennett 1995-Darwin est-il dangereux ?, p. 352–360.
  20. Plotkin 1997-Darwin Machines and the Nature of Knowledge.
  21. D.B. Kelley 2013-The Origin of Everything via Universal Selection.
  22. August Schleicher 1869-Darwinism Tested by the Science of Language.
  23. Herbert Hovenkamp 1985-Evolutionary Models in Jurisprudence.
  24. Collectif 2026-Evolutionary Approaches to Religion.
  25. John Maynard Smith et Price 1973-The Logic of Animal Conflict.
  26. John Koza 1992-Genetic Programming: On the Programming of Computers by Means of Natural Selection.
  27. Richard R. Nelson et Winter 1982-An Evolutionary Theory of Economic Change.
  28. Yoshinori Shiozawa 2004-Evolutionary Economics in the 21st Century: A Manifesto.
  29. Yoshinori Shiozawa 2020-A new framework for analyzing technological change.
  30. George Basalla 1988-The Evolution of Technology.
  31. W. Brian Arthur 2009-The Nature of Technology: What It Is and How It Evolves.
  32. John Frazer 1995-An Evolutionary Architecture.
  33. von Sydow 2014-'Survival of the Fittest' in Darwinian Metaphysics – Tautology or Testable Theory ?.
  34. Vromen 2007-Generalized Darwinism in Evolutionary Economics: The Devil is in the Details.
  35. Callebaut 2011-Beyond Generalized Darwinism I.
  36. Callebaut 2011-Beyond Generalized Darwinism II.
  37. Reydon et Scholz 2015-Searching for Darwinism in Generalized Darwinism.
  38. Aldrich, Hodgson, Hull, Knudsen, Mokyr et Vanberg 2008-In defence of generalized Darwinism.
  39. Tim Lewens 2021-Universal Darwinism: A Health Check at Forty.

Voir aussi

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Articles connexes

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Bibliographie

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Liens externes

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