Daughters of Bilitis
Les Daughters of Bilitis (raccourci en DOB, et signifiant Filles de Bilitis), créé en 1955 à San Francisco, sont considérées comme la première organisation lesbienne historique des États-Unis.
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Organisation lesbienne |
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Histoire
modifierLe groupe est fondé à San Francisco en 1955[1] par Del Martin et Phyllis Lyon et six autres femmes[2]. La romancière Marion Zimmer Bradley comptait parmi les membres du groupe dans les années 1950[réf. nécessaire]. L'association était conçue comme une alternative explicitement lesbienne à d'autres groupes homophiles de cette époque comme la Mattachine Society.
Les Daughters of Bilitis étaient destinées à susciter un écho avec d'autres associations sororales américaines telles que les Filles de la révolution américaine, les « Daughters of the Republic of Texas », et les « United Daughters of the Confederacy ». Bilitis est le nom donné à une lesbienne grecque fictive du VIe siècle avant J.-C., contemporaine de Sappho[3], par le poète français Pierre Louÿs dans son recueil de 1894 Les Chansons de Bilitis[4]. Les fondatrices déclarent que ce nom leur permettra toujours de clamer être un club de poésie[5].
La publication périodique des DOB s'appelait The Ladder, elle est lancée en 1956[6] avec l'aide de ONE, Inc. (en) et de la Mattachine Society, avec laquelle les DOB gardèrent des relations amicales. En 1970, des féministes séparatistes s'emparent de la liste d'adresse et déplacent l'équipement de production de The Ladder ; le magazine cesse de paraître en 1972[7]. Le nom du journal fait référence à la hiérarchie pédagogique de Platon, « l'échelle de la beauté[8] ».
DOB eut une grande influence tout le long des années 1950 et 1960, mais éclate en plusieurs factions dans les années 1970. Ses membres se séparent pour soutenir soit les droits des homosexuels, soit le féminisme. Un groupe de DOB survit de nos jours à Cambridge, dans le Massachusetts[9].
Choix du nom
modifierLe groupe baptisa le club lors de sa deuxième réunion. Bilitis est le nom donné par le poète français Pierre Louÿs, dans son œuvre de 1894, Les Chants de Bilitis, à une lesbienne fictive contemporaine de la poétesse grecque Sappho[10]. Bilitis vivait sur l'île de Lesbos aux côtés de Sappho. Les femmes choisirent ce nom pour son côté énigmatique ; même Martin et Lyon ignoraient sa signification. « Daughters » (Filles) était censé évoquer l'association avec d'autres organisations sociales américaines, telles que les Filles de la Révolution américaine.
Les premières membres du DOB (Daughters of the British Club) se sentaient obligées de concilier deux approches contradictoires : recruter des membres potentielles intéressées et rester discrètes. Martin et Lyon justifièrent le nom, écrivant plus tard : « Si on nous posait la question, on pourrait toujours dire qu'on appartient à un club de poésie » . Elles créèrent également un insigne pour se reconnaître entre elles, choisirent les couleurs du club et votèrent pour la devise « Qui vive ». L'organisation a déposé une charte pour le statut de société à but non lucratif en 1957, rédigeant une description si vague, se souvient Phyllis Lyon, « qu'elle aurait pu être une charte pour un club d'élevage de chats ».[réf. nécessaire]
Références
modifier- ↑ (en) « 'Homophiles': The LGBTQ rights movement began long before Stonewall », sur NBC News (consulté le )
- ↑ (en) « Daughters of Bilitis | American organization », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
- ↑ (en-US) Judy Klemesrud, « The Disciples Of Sappho, Updated (Published 1971) », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Daughters of Bilitis | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le )
- ↑ Meeker, Martin. Contacts Desired: Gay and Lesbian Communications and Community, 1940s–1970s. p. 78. University of Chicago Press, 2006. (ISBN 0226517357)
- ↑ « L'histoire du roman révolutionnaire derrière le film "Carol" qui passe sur Arte », sur Le HuffPost, (consulté le )
- ↑ (en-US) « Why do we need LGBTQ media? (Photos) », sur Los Angeles Blade: LGBTQ News, Rights, Politics, Entertainment, (consulté le )
- ↑ Stéphanie Delon, « Aux sources du mouvement lesbien américain », sur Jeanne Magazine, (consulté le )
- ↑ (en) « Boston Daughters of Bilitis Collection and Focus/MaidenVoyage Publication », sur historyproject.org
- ↑ « Pierre Louÿs - Les Chansons de Bilitis (1894) », sur mediterranees.net (consulté le )