Davide Stucchi
Davide Stucchi, né en 1988 à Vimercate (Italie), est un artiste visuel italien dont la pratique se situe au croisement de la sculpture, de l'installation et de la scénographie. Formé à l'Académie des beaux-arts de Brera à Milan, il développe un travail sur les qualités physiques et symboliques des matériaux ordinaires. Il vit et travaille à Milan.
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Activité | |
| Formation |
Son œuvre utilise des objets du quotidien – vêtements, ventilateurs, savon, dispositifs lumineux. À travers des gestes de déplacement, de soustraction ou de mise en lumière, Stucchi explore les tensions entre visibilité et effacement.
Présent sur la scène artistique italienne et internationale depuis le début des années 2010, il a participé à des expositions collectives et personnelles dans des institutions telles que le Centro per l'arte contemporanea Luigi Pecci ou la Quadriennale de Rome, et a effectué des résidences en Europe.
Biographie
modifierDavide Stucchi se forme à l'Académie des beaux-arts de Brera à Milan[1]. Sa carrière prend une dimension internationale avec des résidences et des expositions en Europe. En 2016, il effectue une résidence de recherche au centre d'art contemporain Triangle-Astérides à Marseille, une étape pour son introduction dans le milieu artistique français[2].
Pratique artistique
modifierL'œuvre de Stucchi se caractérise par une manipulation minimale d'objets du quotidien et de matériaux industriels ou éphémères (vêtements, ventilateurs, savon, lumière)[3]. À travers des gestes de « soustraction » ou de détournement, il interroge la fragilité du corps humain et la mémoire émotionnelle des espaces domestiques[4]. Sa pratique inclut des collaborations interdisciplinaires, comme la conception de scénographies d'expositions pour d'autres artistes[5].
Réception critique
modifierLa critique souligne chez Davide Stucchi une pratique fondée sur la soustraction et sur le geste minimum[6],[7]. Ses interventions, souvent décrites comme des « chorégraphies de la passion », se situent à la frontière de l'invisible, utilisant des objets quotidiens pour évoquer des corps absents et des mémoires privées[6],[7],[8].
Espace, lumière et lisibilité
modifierÀ l'occasion de son exposition personnelle Light Lights (2025) au Centro Pecci, des commentateurs relèvent sa capacité à transformer l'architecture par des jeux de lumière subtils et des « dessins spatiaux »[8],[9]. Son approche est qualifiée de « raffinée et auto-ironique », déconstruisant les récits de genre à travers un fétichisme du détail technique[9]. Cependant, cette même subtilité suscite des lectures divergentes : si certains y voient une maîtrise de l'espace, d'autres relèvent que l'œuvre peut paraître « insaisissable » ou « énigmatique »[7],[6]. Le recours systématique à l'effacement, salué pour sa poésie minimaliste, est parfois interprété comme un obstacle à une lisibilité immédiate, demandant au spectateur un effort de décodage important face à des messages « chuchotés »[6],[8],[10].
Méthodologie et narration
modifierDes revues comme Mousse Magazine notent l'habileté de Stucchi à mêler sculpture, mode et scénographie, créant une esthétique qualifiée d'« innovante et classique »[6]. Son travail est perçu comme une proposition de déconstruction de l'idéal masculin par une méthodologie de production non conventionnelle[7]. Cette radicalité formelle, louée pour son caractère expérimental, fait également l'objet de questionnements : la critique observe que son minimalisme frôle parfois l'évanescence, rendant la narration publique de ses œuvres aussi précaire que les objets vulnérables qu'il emploie[7],[9],[6],[11],[12]. Cette tension entre raffinement formel et fragilité narrative constitue l'un des axes centraux du débat critique sur son œuvre.
Expositions (sélection)
modifierSon travail a été présenté dans des institutions et des galeries internationales :
- 2025 : Light Lights, exposition personnelle au Centre pour l'art contemporain Luigi Pecci (Prato), explorant l'utilisation de la lumière comme matériau sculptural[13].
- 2023 : exposition collective à la galerie Mendes Wood DM (Paris), marquant une présence continue sur la scène parisienne[14].
- 2020 : participation à la 17e Quadriennale de Rome (Palazzo delle Esposizioni), au sein de l'exposition FUORI[15].
- 2016 : Ateliers Portes Ouvertes à la Friche la Belle de Mai (Marseille), suite à sa résidence artistique[16].
- 2015 : exposition personnelle chez Taylor Macklin (Zurich)[17].
Prix et distinctions
modifier- 2025 : Lauréat du Matteo Viglietta Award, 4e édition organisée par la Collezione La Gaia lors d'Artissima. L'artiste est représenté par la galerie Martina Simeti (Milan) et l'œuvre gagnante est acquise par la collection[18].
- 2024 : Co-lauréat (avec Monia Ben Hamouda et AliPaloma) de l'Audience Award du Museion de Bolzano, dans le cadre de l'exposition RENAISSANCE, récompensant les œuvres les plus appréciées par les visiteurs[19].
- 2013 : Finaliste du Furla Art Award, IX édition, prix italien consacré à l'art contemporain émergent[20].
Notes et références
modifier- ↑ (en) « Davide Stucchi - CV », sur martinasimeti.com (consulté le ).
- ↑ « Davide Stucchi - Résident », sur triangle-asterides.org (consulté le ).
- ↑ (it) « Davide Stucchi : fare luce », sur flash---art.it (consulté le ).
- ↑ (en) « Davide Stucchi in Conversation with Alex Bennett », sur moussemagazine.it (consulté le ).
- ↑ « Entretien avec Luca Lo Pinto », sur finestresullarte.info (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 6 (en) Alex Bennett, « Cue: Highlight, Fade. Davide Stucchi in Conversation with Alex Bennett », sur Mousse Magazine, 2024-2025 (consulté le ).
- 1 2 3 4 5 (en) « Davide Stucchi - Textes critiques », sur Galerie Deborah Schamoni (consulté le ).
- 1 2 3 (it) Giorgio Di Domenico, « Davide Stucchi, fare luce », sur Flash Art, (consulté le ).
- 1 2 3 (en) Stefano Collicelli Cagol, « Davide Stucchi : Light Lights », sur Centro per l'arte contemporanea Luigi Pecci, Prato, (consulté le ).
- ↑ (en) « Davide Stucchi: Luminous Stumbles », sur collectible DRY magazine, (consulté le ).
- ↑ (en) « Davide Stucchi Shines Light on Habits, Desires and Biological Needs », sur Frieze, (consulté le )
- ↑ (en) « Davide Stucchi », sur Artforum, (consulté le ).
- ↑ (it) « Davide Stucchi : l'intervista su Light Lights », sur vogue.it (consulté le ).
- ↑ (it) « Mendes Wood DM Parigi : I see no difference... », sur artslife.com (consulté le ).
- ↑ (it) « Davide Stucchi - Quadriennale 2020 », sur quadriennale2020.com (consulté le ).
- ↑ « Événements - Ateliers Portes Ouvertes », sur lafriche.org (consulté le ).
- ↑ (en) « Davide Stucchi at Taylor Macklin », sur artviewer.org (consulté le ).
- ↑ (en) « Winners of the prizes », sur Artissima, (consulté le )
- ↑ (en) « The Museion audience awards three artists from the exhibition RENAISSANCE », sur Museion, (consulté le )
- ↑ (it) « Davide Stucchi », sur Fondazione Furla, (consulté le )
Publications
modifier- (en) Davide Stucchi, Davide Stucchi : Light Lights, Milan / Dijon, Mousse Publishing / Les presses du réel, (ISBN 978-88-6749-711-9)