Deep Roots

album de jazz enregistré en 1962 par la chanteuse américaine Lorez Alexandria

Deep Roots est un album de jazz enregistré en 1962 à Chicago aux États-Unis par la chanteuse américaine Lorez Alexandria.

Deep Roots
Album de Lorez Alexandria
Sortie 1962
Enregistré 13 et
Chicago, États-Unis
Durée 29:11
Genre Jazz
Format Disque vinyle LP
Label Argo Records
Critique

Albums de Lorez Alexandria

Historique

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Contexte

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Lorez Alexandria est « une chanteuse que beaucoup considèrent comme la plus méconnue de l'histoire du jazz »[2].

Dans un article publié en 2019 dans le magazine Jazz Scene, le critique musical Scott Yanow écrit : « [Soixante] ans plus tard, il semble étrange que, non seulement, Lorez Alexandria n'ait pas réussi à percer, mais qu'elle soit aujourd'hui quelque peu tombée dans l'oubli. Ses talents de chanteuse étaient du même niveau que ceux d'Ella Fitzgerald et de Sarah Vaughan. »[2].

Enregistrement et production

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L'album Deep Roots est enregistré les 13 et à Chicago aux États-Unis par Lorez Alexandria accompagnée du trompettiste Howard McGhee, du pianiste John Young, du guitariste George Eskridge et du batteur Vernel Fournier[1],[3],[4].

L'enregistrement est supervisé par Ralph Bass[4].

Publication

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Deep Roots sort en disque vinyle LP en 1962 aux États-Unis sous la référence LP 694 sur le label Argo Records[4],[5].

La notice originale du LP (original liner notes) est de la main de Jimmy Lyons (1916 - 1994)[4], présentateur radio de la station KFRC à San Francisco, fondateur du Monterey Jazz Festival et son directeur de 1958 à 1992[6].

La pochette est réalisée par Don Bronstein, de Chicago[7].

Rééditions

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L'album est réédité à plusieurs reprises en LP au Japon, en 1973 et en 1977 sur le label Chess Records, en 1983 sur le label Cadet Records et en 2001 sur le label Argo[4].

Accueil critique

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Dans la notice du LP originel, Jimmy Lyons est très élogieux : « Avec son style chaleureux et sans chichis, Lorez passe de la ballade la plus lente au swing le plus enjoué avec une aisance étonnante. Elle semble adapter les nuances de sa voix au rythme, à l'ambiance, à l'histoire et surtout aux paroles d'une chanson. C'est là, dans ce qu'on appelle, je suppose, l'interprétation d'une chanson, que je trouve le plus grand plaisir à écouter Lorez. Prenez Travlin' Light. Combien de chanteuses tentent de l'interpréter comme le faisait Billie Holiday ? Écoutez maintenant Lorez la chanter. Ici, l'introduction et la conclusion du morceau sont d'une fraîcheur saisissante, comme je n'en avais pas entendu depuis très, très longtemps. Pour ce qui est de la douceur et de la tendresse, on ne peut imaginer interprétation plus plaintive de ce classique de Mundy. L'atmosphère des autres ballades de cet album est tout aussi tendre. »[8].

À l'époque de la sortie de l'album, le magazine Billboard l'épingle dans sa rubrique Special Merit albums : « La voix délicate et sensible de Lorez Alexandria, accompagnée par John Young au piano, Vernel Fournier à la batterie et George Ekridge à la basse, fait de cet album un choix jazz de premier ordre. Le répertoire est d'un ton modéré – ce n'est certainement pas du Dixieland, mais pas non plus du jazz moderne avant-gardiste – et va de ballades nostalgiques comme Nature Boy et Spring Will Be a Little Late This Year de Frank Loesser à des morceaux plus swingants comme No Moon at All et It Could Happen to You. La pochette, réalisée par Don Bronstein, de Chicago, dégage une excellente ambiance jazz. »[7].

Le site AllMusic attribue 4 étoiles à l'album. Son critique musical Thom Jurek est très élogieux : « Deep Roots […] a été enregistré avec un groupe exceptionnel comprenant le trompettiste Howard McGhee, le pianiste John Young, le guitariste George Eskridge, le bassiste Israel Crosby et le batteur Vernel Fournier (tous membres du groupe avec lequel Alexandria se produisait). Le répertoire est principalement composé de standards. On y retrouve les interprétations d'Alexandria de Nature Boy, I Want to Talk About You, Trav'lin' Light et Softly, As in a Morning Sunrise, dans son style caractéristique. »[1]. Parlant de la réédition avec l'album Early in the Morning, Jurek ajoute : « Ces enregistrements ont été remasterisés à partir de bandes analogiques et publiés par le label Phœnix, filiale de Lone Hill, ce qui en fait une collection incontournable pour les fans d'Alexandria »[1].

Mark Chilla, de l'Université de l'Indiana et de l'université Butler, décrit l'évolution du style de Lorez Alexandria au début des années 1960 : « Au début des années 1960, Lorez Alexandria quitte le label King Record pour rejoindre Argo Records, un autre label basé à Chicago, sa ville natale. Pour ce label, sur des albums tels que Early In The Morning et Deep Roots, elle continue à enregistrer des standards de jazz, tout en enrichissant son style d'un swing teinté de blues, qui n'est ni agressif ni déchirant, mais plutôt léger et souple. »[9].

En 2024, dans son ouvrage Popular Jazz in 1960s Black America, Mike Smith souligne la qualité des titres interprétés par Lorez Alexandria sur ses albums, dont deux titres qui figurent sur Deep Roots : « S'inspirant de la scène jazz dynamique de Chicago, sa ville natale, Alexandria a commencé sa carrière discographique à la fin des années 1950 en sortant des albums chez King Records, un label indépendant de Cincinnati qui n'était pas réputé pour ses disques de jazz (son plus grand succès était James Brown), et chez Argo Records, la branche jazz de Chess Records. Bien que ces disques aient été enregistrés à la va-vite et avec un budget très limité, Alexandria a su tirer le meilleur parti de la situation : elle swingue (comme sur Almost Like Being in Love de 1962), elle chante le blues (écoutez son interprétation de Early in the Morning avec le Ramsey Lewis Trio), elle est à l’aise dans le scat (It Could Happen to You), elle interprète les ballades avec douceur (écoutez But Beautiful de 1960) et elle sait chanter à pleine voix avec les meilleurs d’entre eux sur un morceau spectaculaire à la manière de Broadway (comme elle le fait sur Just One of Those Things de Cole Porter). »[2].

Liste des titres

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Le LP comprend les 10 titres suivants[1],[4],[5],[10] :

NoTitreAuteurDurée
1.Nature BoyEden Ahbez2:50
2.I Was a FoolJohnny Pate3:23
3.No Moon at AllRedd Evans2:11
4.Spring Will Be a Little Late This YearFrank Loesser3:03
5.Softly, as in a Morning SunriseOscar Hammerstein II2:36
6.Detour Ahead3:40
7.It Could Happen to YouJohnny Burke / Jimmy Van Heusen2:45
8.Trav'lin' LightJohnny Mercer3:27
9.Almost Like Being in LoveAlan Jay Lerner / Frederick Loewe2:22
10.I Want to Talk About YouBilly Eckstine2:54
29:11

Musiciens

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Références

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  1. 1 2 3 4 5 (en) Thom Jurek, « Lorez Alexandria - Early in the Morning + Deep Roots », sur AllMusic (consulté le ).
  2. 1 2 3 (en) Mike Smith, Popular Jazz in 1960s Black America, University Press of Mississippi, .
  3. Livret du CD Early in the Morning + Deep Roots, Lorez Alexandria, CD Lone Hill Jazz LHJ10314.
  4. 1 2 3 4 5 6 (en) « Lorez Alexandria – Deep Roots », sur Discogs (consulté le ).
  5. 1 2 (en) David Edwards et Mike Callahan, « Both Sides Now: Argo Album Discography, Part 1: Jazz Series (1956–1965) », sur Both Sides Now Publications, (consulté le ).
  6. (en) « Jimmy Lyons », sur Discogs (consulté le ).
  7. 1 2 (en) « Billboard Music Week - A Billboard Pick - Deep Roots - Lorez Alexandria. Argo 694 », Billboard, , p. 32 (lire en ligne).
  8. (en) Jimmy Lyons, notice originale (original liner notes) du LP Deep Roots Argo LP 694, 1962.
  9. (en) Mark Chilla, « The Underrated Lorez Alexandria and Ethel Ennis », sur Indiana Public Media, .
  10. (en) « Argo/Cadet discography (LP 601 to LP 699) », sur jazzlists.com (consulté le ).

Voir aussi

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