Deganya Alef
Deganya Alef (hébreu : דגניה א׳) est un kibboutz situé dans le nord d'Israël, sur la rive sud de la mer de Galilée, à l'endroit où le Jourdain quitte le lac. Fondé en 1910, il est considéré comme le premier kibboutz de l'histoire et surnommé la « mère des kibboutzim ». En 2024, sa population s'élève à 664 habitants.
Histoire
modifierEn 1909, un premier groupe de sept pionniers de la Deuxième Aliyah s'installe sur des terres achetées par le Fonds national juif, sur le site connu sous le nom arabe d'Umm Juni. Cette première tentative se disperse après une année. En octobre 1910, un second groupe de douze pionniers, dix hommes et deux femmes, reprend l'exploitation du site et fonde durablement la communauté, sous l'impulsion du sociologue et dirigeant sioniste Arthur Ruppin. Le nom Deganya, dérivé du mot hébreu dagan (« céréale »), est choisi en référence aux cultures de la région. La communauté fonctionne selon des principes fondateurs de coopérative de production, de consommation et d'éducation, qui serviront de modèle à l'ensemble du mouvement kibboutznik[1],[2].
Dès ses débuts, Deganya Alef met en œuvre une égalité de fait entre les sexes dans le travail agricole, principe alors nouveau dans la région. L'une des deux pionnières fondatrices, Miriam Baratz, doit toutefois apprendre secrètement les rudiments de la traite des vaches dans un village arabe voisin, afin de faire la preuve de sa capacité à s'occuper de l'élevage bovin, alors réservé aux hommes au sein de la communauté[2].
Parmi les personnalités ayant vécu ou travaillé à Deganya Alef figurent le penseur et idéologue du mouvement ouvrier juif Aharon David Gordon, mort sur place en 1922, ainsi que le militant sioniste et héros de guerre Joseph Trumpeldor et la poétesse Rachel Bluwstein. Le général et homme politique israélien Moshe Dayan, futur ministre de la Défense et des Affaires étrangères, y naît en 1915[1].
En 1920, un désaccord relatif à l'organisation de l'éducation des enfants conduit à la scission de la communauté originelle. Une partie des membres fonde alors un second kibboutz à quelques centaines de mètres, nommé Deganya Bet, l'établissement d'origine prenant alors le nom de Deganya Alef[3].
Le 20 mai 1948, quelques jours après la proclamation de l'État d'Israël, une colonne de blindés syriens atteint les abords de Deganya Alef, dans le cadre de l'offensive syrienne dans la vallée du Jourdain. Les défenseurs du kibboutz, peu nombreux et sous-équipés, parviennent à stopper l'avancée grâce à des tirs d'artillerie et l'usage de cocktails Molotov. L'un des chars syriens, immobilisé lors de l'affrontement, demeure exposé à l'entrée du kibboutz en mémoire de cet épisode[4].
Distinction
modifierEn 1981, Deganya Alef reçoit le prix Israël pour sa contribution particulière à la société et à l'État, ainsi que pour son rôle pionnier social et humanitaire[2].
Références
modifier- 1 2 « 1909 : Degania , premier Kibboutz », sur monbalagan.com (consulté le )
- 1 2 3 (en) dev, « Degânia Alef, mother of all kibbutzim », sur Morashá, (consulté le )
- ↑ (en-US) « Kibbutz Degania Alef », sur Visit a Kibbutz in Israel • Kibbutz Tours (consulté le )
- ↑ (en-US) Bill Slott, « The Blogs: The Tank at the Gates of Degania » (consulté le )
