Sextoy (DJ)

DJ française
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Sextoy, pseudonyme de Delphine Palatsi[1], est une DJ française née le à Saint-Mandé et morte le à Nogent-sur-Marne.

Sextoy
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Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Delphine PalatsiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Vue de la sépulture.

Elle compte parmi les premières femmes à s'imposer dans un milieu techno alors très majoritairement masculin ; à sa mort, Le Monde la présente même comme la première DJ femme à avoir atteint une telle notoriété, et lui attribue un rôle déterminant dans le renouveau des nuits parisiennes et l'ouverture de la profession à une génération de femmes DJ[1].

Sextoy était ouvertement lesbienne[2].

Biographie

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Jeunesse

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Delphine Palatsi naît à Saint-Mandé dans une famille bourgeoise ; son père, Serge Palatsi, est chef opérateur à la télévision.

Adolescente réservée, elle envisage d'abord de suivre une voie proche de celle de son père, avant que la house et la techno, qu'elle découvre au Studio A puis dans les raves organisées près du pont de Tolbiac, ne réorientent sa trajectoire.

Elle s'initie seule au mix une fois équipée de platines, et convertit la cave de la maison familiale en lieu de soirées improvisées[3].

Débuts

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Nicole Miquel la programme pour la première fois en public en 1993, au Scandalo, l'un des tout premiers bars lesbiens parisiens[4].

Sa progression est ensuite rapide, portée par son charisme et ses choix musicaux[1] : Christophe Vix-Gras, alors directeur artistique de Radio FG, lui propose une émission et la programme régulièrement au Queen[5].

Genèse du personnage Sextoy

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Le virage vers le personnage de Sextoy s'opère en 1995, après un séjour à New York. C'est à cette occasion qu'elle croise, avec son amie Anastasia Mordin, un inconnu arborant des points tatoués en guise de sourcils : les deux femmes se font tatouer le même motif, qui deviendra l'un des signes distinctifs de Sextoy. Elle poursuit ce travail sur son apparence par des piercings, des canines limées, des grillz en or et plusieurs interventions de chirurgie esthétique[3].

« Esthète du corps » selon Le Monde, elle est alors couverte de tatouages, sa silhouette menue tranchant avec des sets DJ extrêmes et une attitude volontiers excentrique[1].

Personnalité

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Sa proche, la journaliste Axelle Le Dauphin, la décrit comme une « personnalité magnifiquement charismatique », capable de provoquer des réactions et d'inspirer son entourage, et comme quelqu'un de « très expressif, doué d'un éclectisme musical assez rare »[1].

Scène lesbienne parisienne et Le Pulp

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Sextoy mixe dans plusieurs clubs parisiens, dont le Rex Club et Le Batofar, et devient résidente permanente au Pulp, tout en se produisant également au Bataclan. Elle mixe aussi pour des défilés de Jean-Paul Gaultier, et sa notoriété dépasse dès la fin des années 1990 les frontières françaises, avec des sollicitations venues du Japon, du Royaume-Uni, des États-Unis et de Russie. Le critique Philippe Manœuvre la surnomme même la « rock star »[1].

Au Scandalo, elle forme avec Axelle Le Dauphin, alors DJ sous le nom de DJ Tampax, et Sophie Lesné, un trio d'amies en quête, dans le Paris des années 1990, d'un lieu de nuit lesbien à leur image ; c'est là qu'elles rencontrent Michelle Cassaro[6]. Elle vit alors à la Villa du Progrès, une maison-colocation du 19ᵉ arrondissement (2 rue de l'Égalité, quartier de la Mouzaïa), où logent également Cassaro et la réalisatrice Anastasia Mordin[7].

C'est sur une idée de Sextoy que le club, ouvert en 1997 dans les anciens locaux du club l'Entracte, prend le nom de « Pulp »[6] : selon Michelle Cassaro, elle aurait lancé ce nom depuis son lit, réveillée en pleine nuit pendant l'Europride, avant de se rendormir aussitôt[7]. Ouvert de 1997 à 2007 au 25 boulevard Poissonnière, Le Pulp devient un rendez-vous majeur de la scène électro et queer parisienne, revendiqué sur ses supports de communication comme « une boîte de filles où les garçons aiment bien venir aussi » [6],[7].

Sextoy y mixe notamment le jeudi aux côtés de Chloé et Jennifer Cardini[7], dans une programmation qui réunit aussi bien de jeunes DJ que des noms promis à devenir des figures de la French Touch, comme Arnaud Rebotini, Mirwais ou les membres du collectif Kill the DJ [6]. Avec Cardini, elle forme le duo Pussy Killers, qu'elles jouent cagoulées [1],[3].

Elle organise par ailleurs des lectures avec Virginie Despentes [5].

Elle y côtoie plus largement une génération de femmes actives dans la nuit comme dans la création : Fany Corral, à l'époque programmatrice du Pulp mais aussi fondatrice du label Kill the DJ, les vidéastes et photographes Axelle Le Dauphin et Anastasia Mordin, ou l'artiste Dana Wyse, qui installe les bureaux de son fanzine Housewife trois étages au-dessus du dancefloor[3],[7].

Le club donne la priorité d'accès aux femmes, les hommes n'étant admis qu'accompagnés, sans espace VIP ni hiérarchie affichée entre les publics [6].

Inspirations

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Ses sets combinent la hard house new-yorkaise de Junior Vasquez, le rock de The Clash et Lou Reed, ainsi que des extraits de bandes-son de films d'horreur et de films pornographiques, dans lesquels elle glisse aussi des choix volontairement kitsch comme la bande originale de La Boum ou « Boys » de Sabrina[3].

Grande amatrice de mangas[3], elle voue un culte à David Bowie au point de se faire tatouer le mot « heroes » sur le ventre, en référence à l'album du même nom. Dans la presse rock, notamment Rock'n'Folk, elle revendique elle-même une esthétique punk et glam-rock[1]. Elle nourrit cet éclectisme par de nombreux séjours à New York et sa participation aux premières rave parties organisées en France[3].

Au tournant des années 2000, dix ans de nuits intensives et le poids du personnage qu'elle s'est construit finissent par l'épuiser ; elle traverse aussi une période de dépendance dont elle cherche à se défaire, évoquant à son entourage l'envie d'arrêter le deejaying pour se tourner vers la production musicale[3]. Axelle Le Dauphin la décrit alors comme « visiblement épuisée » après une décennie passée dans le milieu des clubs[1].

À l'annonce de sa mort, Le Monde écarte le récit convenu d'une disparition liée aux excès, le cliché du « sex, drugs and rock'n'roll », et l'attribue plutôt au surmenage accumulé en dix ans de carrière menée « tête baissée », évoquant au passage sa passion pour les voitures de sport comme reflet d'une vie vécue à grande vitesse[1].

Elle meurt d'un arrêt cardiaque le 3 février 2002[8] et est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 28). Le Monde relève la coïncidence de cette date avec celle de la mort de Sid Vicious, autre idole de la DJ[1].

Inspiratrice

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Sextoy apparaît dans plusieurs films et vidéos de la réalisatrice Anna Margarita Albelo, dite « La Chocha », notamment comme l'une des héroïnes du court-métrage Kiko (1997), aux côtés d'Axelle Le Dauphin[3].

Elle inspire l'artiste photographe et vidéaste Rebecca Bournigault : dans la vidéo October Love Song (1998), on les voit toutes les deux écouter leurs disques préférés en chantant[5].

Le personnage d'Alex, dans le roman Superstars d'Ann Scott (Flammarion, 2000), s'inspire en partie de Sextoy, avec qui la romancière fut un temps en couple[1],[9]. Ann Scott lui consacre également un récit dans le recueil Poussières d'anges (Librio, 2002).

En 2022, pour les vingt ans de sa disparition, un hommage lui est rendu au Rosa Bonheur sur Seine, le 27 mars, réunissant ses proches : musiciens, DJ, écrivains, performeurs, photographes et cinéastes[3].

Postérité

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Selon la journaliste Géraldine Sarratia, Sextoy incarne, aux côtés de Dana Wyse et Jennifer Cardini, une nouvelle image de la lesbienne dans les médias français, succédant à des représentations plus consensuelles comme celles de Josiane Balasko dans Gazon maudit ou de la chanteuse Catherine Lara[6].

Vingt ans après la fermeture du Pulp (en 2007), elle reste citée comme une figure mythique de cette scène : la créatrice du site Lesbien Raisonnable, Lauriane Nicol, évoque ainsi « la superbe DJ héroïne de la scène électro, morte en février 2002 à 33 ans » [6].

Discographie

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Compilations mixées

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  • Lick, 2000 (Human/UWE)
  • Club Pride 2001, 2001 (Pschent)

Filmographie

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  • Projet Sextoy (Anastasia Mordin et Lidia Terki, 2014 -75 min)
  • Sextoy Stories (Anastasia Mordin et Lidia Terki, 2014 - 52 min)

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 « Sex, toy and rock'n'roll », sur Le Monde.fr (consulté le )
  2. « Sextoy ne mixera plus | Les Inrocks », sur https://www.lesinrocks.com/ (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « 20 ans de la mort de Sextoy : itinéraire d’une enfant gâtée », sur TSUGI, (consulté le )
  4. Maria Atkina, « Sextoy : DJ légendaire du Pulp • WODJ MAG », sur WODJ MAG, (consulté le )
  5. 1 2 3 [vidéo] « SEXTOY STORIES », Anastasia Mordin (réalisatrice), Lidia Terki (réalisatrice), (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 6 7 Clémentine Goldszal, « Souvenirs du Pulp, paradis perdu de la culture lesbienne parisienne », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  7. 1 2 3 4 5 Technikart, « Le Pulp (1997-2007) : Revolution on the Dancefloor », sur Technikart, (consulté le )
  8. « Mort de la DJ Sex Toy », sur Liberation.fr (consulté le )
  9. « Ann Scott, lauréate du prix Renaudot : portrait d’une aristo punk », sur L'Express, (consulté le )

Liens externes

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