Denham Town est un quartier de l'ouest de Kingston, en Jamaïque. Il doit son nom à Edward Brandis Denham, gouverneur de la Jamaïque de 1935 à 1938.

Denham Town
Administration
Pays Drapeau de la Jamaïque Jamaïque
Paroisse Kingston
Géographie
Coordonnées 17° 59′ 00″ nord, 76° 48′ 22″ ouest
Superficie 1 100 ha = 11 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Jamaïque
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Denham Town

Géographie et histoire

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Denham Town occupe la partie occidentale de Kingston, dans la circonscription électorale de West Kingston, sur une superficie d'environ onze kilomètres carrés. Ses limites sont les suivantes : au nord, Brentford Road ; à l'est, Slipe Road puis North Street ; au sud, Matthews Lane, et au sud-est, le front de mer. À l'ouest, East Avenue, depuis la raffinerie Petrojam, et Maxfield Avenue forment la frontière.[1].

Rietti's Town, l'ancêtre de l'actuel quartier, compte parmi les faubourgs planifiés qui se développent à la périphérie de la ville entre 1810 et 1820[2]. Ce dernier est surtout destiné aux classes ouvrières inférieures[2].

Le quartier est en partie réduit en cendre lors du du grand incendie de 1843, qui ravage la moitié est de la ville[3].

C'est là que sont identifiés les deux premiers cas sont identifiés de choléra lors de l'épidémie de choléra 1850 qui emporte plus d'un dixième de la population de Kingston en deux ans. Les conditions de vie insalubres sont dénoncées dans la presse locale dès 1892[4]. Spanish Town Road traverse le quartier d'est en ouest et en constitue l'axe principal. Le commissariat de police est situé à l'intersection d'Albert Street, de Spanish Town Road et d'Industrial Terrace, à proximité du cimetière de May Pen.

La violence politique gagne vite le quartier après l'indépendance de 1962. Entre 1976 et 1982, des affrontements détruisent des rues entières et laissent une vaste zone non reconstruite connue sous le nom de « No Man's Land »[5]. Ces conflits entrainent une chute brutale de la population du quartier. Denham Town, qui compte 12 653 habitants en 1960, n'en recense plus que 7 573 en 1982, avant de se stabiliser à 8 345 en 2001[6].

Aujourd'hui, l'activité économique locale repose principalement sur le travail indépendant, notamment grâce à la participation au marché de Coronation, situé à proximité, ainsi que sur des métiers tels que la mécanique automobile, la construction et la couture. Les principaux employeurs formels sont le Kingston Public Hospital et les docks de Kingston Wharves[7].

Situation socio-économique

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Denham Town est confronté à une pauvreté structurelle prononcée. Une grande partie de la population active occupe des emplois précaires, notamment comme journaliers itinérants ou travailleurs domestiques, et un nombre significatif de résidents se trouve sans emploi, sans distinction de sexe. De nombreuses entreprises ont fermé ou se sont délocalisées, laissant le tissu économique local fortement appauvri[1].

Les conditions de logement sont particulièrement difficiles. Les habitations sont surpeuplées et souvent insalubres. Le quartier connaît un afflux continu de migrants et de résidents plus démunis, qui occupent les logements abandonnés par ceux qui ont quitté la zone[1].

Le quartier figure parmi les communautés classées comme garrisons, c'est-à-dire des fiefs politiques contrôlés par un parti, situés dans la partie sud-ouest de Kingston[8]. Il constitue un fief traditionnel du Jamaica Labour Party au sein de la circonscription de West Kingston[9]. Ce régime armé se distingue par sa permanence dans le temps, entretenu par des arrangements durables entre le gang et les structures partisanes locales[10]. L'accès aux ressources de l'État y est faible et le soutien extérieur limité, tandis que plusieurs organismes de microcrédit opèrent dans le quartier[9].

Une enquête menée en 2005 et 2006 auprès de 382 pères résidant dans le quartier révèle un niveau d'instruction particulièrement faible[11].

Sécurité

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Denham Town est considéré comme l'un des quartiers les plus violents de Kingston[12]. La crainte de la violence conduit de nombreux résidents à restreindre leurs déplacements, et les établissements scolaires comme les commerces font appel à des services de sécurité privés[1].

En , le quartier est désigné Zone d'opérations spéciales (Zone of Special Operations), statut qui confère aux forces militaires des pouvoirs élargis pour lutter contre la criminalité. Les tensions entre habitants et forces de sécurité demeurent élevées, les autorités maintenant le déploiement militaire dans le secteur[13].

Équipements

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Le quartier dispose d'un commissariat de police et de trois établissements d'enseignement, Denham Town Primary, St. Alban's Primary et Denham Town High.

Vie culturelle

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Denham est quartier historique de la culture des dancehalls. Spanish Town Road accueille ainsi depuis une soirée dansante gratuite connue sous le nom de Passa Passa, qui se tient chaque mercredi soir jusqu'au jeudi matin[14].

Personnalités liées au quartier

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  • Ken Boothe (né le ), chanteur de reggae et de rocksteady, figure majeure du label Studio One.

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 Jamaica Constabulary Force 1997.
  2. 1 2 (en) Michelle Stewart, « Creole Language in Kingston : The Emergence of Basilectal Varieties, 1692–1865 », Caribbean Quarterly, vol. 51, nos 3-4, , p. 109-130
  3. (en) Michelle Stewart, « Creole Language in Kingston : The Emergence of Basilectal Varieties, 1692–1865 », Caribbean Quarterly, vol. 51, nos 3-4, , p. 109-130
  4. (en) Patricia Anderson, « The Challenge of Housing and Community Conflict in East and West Kingston », Social and Economic Studies, vol. 56, no 3, , p. 33-70
  5. (en) Patricia Anderson, « The Challenge of Housing and Community Conflict in East and West Kingston », Social and Economic Studies, vol. 56, no 3, , p. 33-70
  6. (en) Patricia Anderson, « The Challenge of Housing and Community Conflict in East and West Kingston », Social and Economic Studies, vol. 56, no 3, , p. 33-70
  7. Anderson 2012, p. 58.
  8. Hossein 2016a, p. 350.
  9. 1 2 Hossein 2016b, p. 72.
  10. Rivera 2020, p. 156.
  11. Anderson 2012, p. 59.
  12. (en) Daraine Luton, « West Kingston fury – Four killed as police-gunmen clash in Tivoli and Denham Town », sur Jamaica Gleaner, (consulté le )
  13. (en) Paula Valdés, « Regional Overview : Mexico, Central America, and the Caribbean, 23 April–6 May 2022 », Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED), 12 mai 2022.
  14. Gaye 2011, p. 109.

Sources

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Document institutionnel

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  • (en) Jamaica Constabulary Force, Area 4 Division, Project background and rationale, Kingston,

Ouvrages

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  • (en) Enrique Desmond Arias, Criminal Enterprises and Governance in Latin America and the Caribbean, Cambridge, Cambridge University Press,
  • (en) Caroline Shenaz Hossein, Politicized Microfinance : Money, Power, and Violence in the Black Americas, Toronto, University of Toronto Press,

Articles

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  • Abdoulaye Gaye, « De l'espace dancehall comme refuge cathartique à la Jamaïque », Espaces et sociétés, nos 144-145, , p. 105-119
  • (en) Caroline Shenaz Hossein, « Going local in downtown Kingston, Jamaica : doing political ethnography and qualitative research in a volatile urban environment », Qualitative Research Journal, vol. 16, no 4, , p. 345-361
  • (en) Patricia Anderson, « Measuring Masculinity in an Afro-Caribbean Context », Social and Economic Studies, vol. 61, no 1, , p. 49-93
  • (en) Mauricio Rivera, « Drugs, Crime, and Nonstate Actors in Latin America », Latin American Politics and Society, vol. 62, no 4, , p. 154-162

Voir aussi

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