Denis Gokana
Denis Gokana, de son nom complet Denis Marie-Auguste Gokana, né le à Brazzaville en république du Congo, est un homme politique, un homme d'affaires et chef d'entreprise. Spécialiste du secteur pétrolier, il fonde en 2003, l'entreprise privée Africa Oil & Gas Corporation (AOGC) puis dirige la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) entre 2005 et 2010. Il est depuis 2002, conseiller spécial du président Denis Sassou-Nguesso sur les ressources naturelles, notamment sur les questions pétrolières, attributions réattribuées en .
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Denis Marie-Auguste Gokana |
| Nationalité |
Congolaise |
| Formation | |
| Activité |
Homme politique, Homme d'affaires |
| Appartenance ethno-culturelle |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Propriétaire de |
Africa Oil and Gas Corporation (AOGC) |
| Parti politique | |
| Dir. de thèse |
Christian Fluhr[1] |
| Personne liée |
Biographie
modifierCarrière professionnelle
modifierDébuts à Elf et SNPC
modifierDenis Gokana travaille pendant dix ans, de 1988 à 1998, au sein du groupe pétrolier Elf. Il prend ensuite la tête du bureau londonien de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC)[2]. En , il est nommé par le président Denis Sassou-Nguesso au poste clé de PDG de la SNPC, en remplacement de Bruno Itoua, nommé ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique dans le nouveau gouvernement congolais. Il dirige la SNPC comme président directeur général de 2005 à 2010[4], remplacé par Jérôme Koko [5].
Conseiller spécial
modifierIl est nommé en conseiller spécial du président Denis Sassou-Nguesso, chef du département des ressources naturelles (mines et hydrocarbures notamment), poste qu'il occupe durablement au sein de l'appareil présidentiel[6]. Il est membre du Parti congolais du travail dont il fait partie du comité central[7].
En , les questions liées aux hydrocarbures sont retirées de son champ d’attributions et confiées à Stev Simplice Onanga, un proche du ministre des hydrocarbures Bruno Jean Richard Itoua, nommé conseiller du président de la République, chef du département des hydrocarbures[8],[9].
Homme d’affaires et chef d'entreprise
modifierEntre 2000 et 2002, Denis Gokana a fondé deux sociétés : International Trading Management & Services (ITMS) en France et Sphynx UK à Londres. Ces entreprises sont spécialisées dans l’assistance technique et la commercialisation de pétrole brut[3].
Il fonde en la société Africa Oil & Gas Corporation (AOGC)[10],[11], active dans l'exploration et la production pétrolières[12]. AOGC a obtenu plusieurs blocs pétroliers, et collaboré avec des entreprises étrangères telles qu'Eni[13]. AOGC a pris de l’ampleur dans le secteur pétrolier congolais, obtenant plusieurs permis d’exploration au large de Pointe-Noire. Elle exploite notamment le champ pétrolier de Pointe-Indienne et procède régulièrement à des enlèvements de cargaisons pour le compte de la SNPC[3]. La société détient également des parts dans plusieurs permis pétroliers : 8 % dans Mwafi II (aux côtés d’ENI Congo à 58 % et de la SNPC à 34 %), 10 % dans Kitina II (ENI Congo 50 %, SNPC 40 %), 8 % dans Djambala II (ENI Congo 58 %, SNPC 34 %) et 10 % dans Foukanda[3].
Controverses
modifierLa gestion de Denis Gokana a suscité plusieurs polémiques. En 2005, un rapport de l’ONG Global Witness et une décision de la Haute Cour de Londres ont révélé qu’il contrôlait secrètement plusieurs sociétés (Sphynx UK, Sphynx Bermuda) en dehors de AOGC, à travers lesquelles du pétrole congolais était revendu à prix réduit à des partenaires privés, causant un manque à gagner pour l’État[4].
Depuis 2002, ces sociétés appartenant à Denis Gokana ont acheté du pétrole à la SNPC pour un montant au moins égal à environ 472 millions de dollars US à des prix considérablement inférieurs au prix du marché, pour ensuite le revendre à profit à des négociateurs indépendants[12],[14].
Les sociétés Sphynx UK, Sphynx Bermuda ont été établis par Denis Gokana en 2002 et en 2003 alors que celui-ci occupait le poste de conseiller spécial du Président congolais, Denis Sassou Nguesso. Ces sociétés ont continué d’acheter du pétrole à la SNPC jusqu’en 2005, après la promotion de Denis Gokana au poste de responsable de la compagnie, en infraction avec les statuts de la SNPC[12].
Le , sur une plainte de la société Kensington International, un jugement d'un tribunal britannique a révélé que des officiels congolais avaient participé à la vente du pétrole de l'État congolais, à travers un réseau de sociétés offshore. Le tribunal britannique a identifié un trafic d'au moins 472 millions de dollars US, qui ont transité à travers deux sociétés, Sphynx Bermuda et Africa Oil and Gas Corporation. Africa Oil and Gas Corporation a récupéré la majeure partie des bénéfices dégagés par les ventes[12].
Par ailleurs, la société AOGC a également été impliquée dans une enquête judiciaire italienne portant sur des soupçons de corruption liés au groupe pétrolier Eni. Gokana aurait présidé le comité congolais qui a attribué des permis à AOGC, dans un contexte de contreparties illégales[13].
Notes et références
modifier- ↑ Gokana, Denis Marie-Auguste, « Modélisation de l’endommagement des matériaux métalliques par la méthode des éléments finis », sur theses.fr, Université Paris-Saclay, (consulté le )
- 1 2 « Denis Gokana », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
- 1 2 3 4 « CONGO : Denis Gokana, l'influent monsieur pétrole de Denis Sassou Nguesso », sur Africa Intelligence, (consulté le )
- 1 2 « Des hauts fonctionnaires impliqués dans le scandale de la vente du pétrole congolais (Rép. du Congo) », sur Business & Human Rights Resource Centre, (consulté le )
- ↑ Département Communication, « Passation des pouvoirs entre le DGP sortant et le DG entrant », sur Groupe SNPC, (consulté le )
- ↑ Fanny Pigeaud, « Traders douteux et commissions opaques : la manne pétrolière ne profite toujours pas au peuple congolais », sur Basta!, (consulté le )
- ↑ « Comité Central - PARTI CONGOLAIS DU TRAVAIL », sur www.particongolaisdutravail.org (consulté le )
- ↑ « Avec la chute de Denis Gokana, le ministre des hydrocarbures Bruno Jean-Richard Itoua renforce ses positions », Africa Intelligence, (lire en ligne)
- ↑ Mamadou Ousmane, « Stev Simplice Onanga. Nouvel homme de confiance de Denis Sassou-Nguesso », Pouvoirs Afrique, (lire en ligne)
- ↑ « lasemaineafricaine - A.o.g.c (Africa oil and gas corporation) : Après dix ans de succès, le groupe va se lancer dans la conquête du continent », sur lasemaineafricaine.net (consulté le )
- ↑ « AOGC : le développement durable est l’un des piliers du développement d’une entreprise | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur www.adiac-congo.com (consulté le )
- 1 2 3 4 (en) Jonathan Kent, « Congo oil scam firm faces being wound up », sur The Royal Gazette, (consulté le )
- 1 2 (en) Joe Bavier, Emilio Parodi et Stephen Jewkes, « Congo Republic president’s adviser awarded oil licenses at heart of Eni probe », sur Reuters, (consulté le )
- ↑ « Congo, cache-cache financier et corruption », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )